FIERTÉ DE LA LÉKIÉ : ESSOMBA ASSE AUGUSTE, UN HOMME D’ACTION AU SERVICE DE LA JEUNESSE ET DE LA NATION

Originaire de Sa’a, dans le département de la Lékié, Essomba Asse Auguste s’illustre par son engagement politique, ses responsabilités dans le secteur hospitalier et ses actions sociales. De Yaoundé à Douala, en passant par la diaspora camerounaise de New York et du Canada, son parcours lui vaut des témoignages de reconnaissance. Il est des personnalités dont le parcours se construit au croisement de l’engagement politique, du service public et de la solidarité. Essomba Asse Auguste est présenté par ses soutiens comme l’une de ces figures qui placent l’action au cœur de leur engagement. Originaire de Sa’a, dans le département de la Lékié, région du Centre, il bénéficie d’une reconnaissance particulière auprès de ses proches, des jeunes et de membres de la diaspora camerounaise, qui saluent son attachement à ses racines et son implication dans la vie nationale. Sur le plan politique, Essomba Asse Auguste est connu pour ses fonctions de président du Bureau national de l’Organisation des jeunes du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (OJRDPC). À ce poste, il s’est investi dans la mobilisation et l’encadrement de la jeunesse, notamment à l’occasion de l’élection présidentielle de 2018. Son engagement dans cette dynamique lui a valu le Prix spécial du meilleur acteur jeune de la victoire, décerné par l’Agence camerounaise de communication (ACACOM), selon les informations communiquées par ses soutiens. Au-delà de son engagement partisan, son parcours est également marqué par ses responsabilités dans le secteur de la santé. Il occupe la fonction de président du conseil d’administration de l’Hôpital général de Yaoundé, l’une des principales formations sanitaires du Cameroun. Cette responsabilité l’inscrit au cœur des enjeux de gouvernance hospitalière, d’amélioration des services de santé et de prise en charge des patients. Un engagement social revendiqué C’est toutefois sur le terrain de la solidarité que ses admirateurs souhaitent particulièrement mettre en lumière son action. Soutien aux personnes vulnérables, attention accordée aux orphelins, dons et accompagnement social : autant d’initiatives que ses proches présentent comme les expressions d’un engagement guidé par l’humanisme et la générosité. À travers ces gestes, Essomba Asse Auguste est décrit comme un homme accessible, attaché aux relations humaines et soucieux de maintenir un lien avec les communautés auxquelles il appartient. Ses soutiens mettent notamment en avant sa disponibilité et son intérêt pour les préoccupations des jeunes, qu’il s’agisse de leur encadrement ou de leur participation à la construction nationale. Son nom est également associé, dans les témoignages de ses partisans, aux préoccupations liées à l’accès aux soins et à la dignité des patients, notamment à l’Hôpital Laquintinie de Douala. Ils évoquent son plaidoyer en faveur des populations et les efforts visant à améliorer leurs conditions de prise en charge. Ces appréciations s’inscrivent dans une reconnaissance plus large de son implication dans le domaine sanitaire.   De Sa’a à la diaspora, un attachement aux racines À Zamengouer et dans d’autres localités de la Lékié, son origine constitue un motif de fierté pour ceux qui voient en lui un fils du terroir demeuré proche de sa communauté. À Yaoundé comme à Douala, son engagement politique et social nourrit également les témoignages de personnes qui apprécient sa présence dans les initiatives collectives. La diaspora camerounaise, notamment celle de New York et du Canada, est elle aussi évoquée parmi les communautés qui lui témoignent leur considération. Pour ses admirateurs, la distance géographique ne doit pas effacer les liens avec le pays d’origine, les traditions de solidarité et la responsabilité envers les générations montantes. Cette reconnaissance repose sur une image que ses soutiens souhaitent préserver : celle d’un responsable qui conjugue responsabilités publiques, engagement politique et actions de proximité. Dans un contexte où les attentes des populations envers leurs élites sont importantes, ils mettent en avant la nécessité de transformer les engagements annoncés en réalisations concrètes et durables.   La jeunesse au cœur de son engagement En tant que responsable de l’OJRDPC, Essomba Asse Auguste porte également une ambition liée à la place des jeunes dans la vie publique. Leur mobilisation, leur encadrement et leur participation aux initiatives nationales figurent parmi les axes associés à son action politique. Pour ses partisans, l’enjeu dépasse la seule activité partisane : il s’agit de donner aux jeunes des repères, de favoriser leur implication citoyenne et de les encourager à prendre part au développement du Cameroun. De la Lékié à Yaoundé, de Douala à New York et au Canada, les témoignages de sympathie adressés à Essomba Asse Auguste traduisent ainsi la volonté de ses soutiens de saluer un parcours placé, à leurs yeux, sous le signe du service et de l’attachement à la communauté. Aku-delà des hommages, le véritable défi reste celui de la continuité : consolider les acquis, poursuivre les initiatives sociales et contribuer, dans le cadre de ses responsabilités, à l’amélioration des conditions de vie des populations. Pour ceux qui le considèrent comme une fierté de la Lékié et un interlocuteur privilégié de la jeunesse, Essomba Asse Auguste incarne l’espoir d’un engagement qui ne se limite pas aux discours, mais entend se mesurer à ses effets sur le terrain.

Pêche illicite au Cameroun : les risques potentiels du poisson contaminé au cœur des préoccupations

La pêche illicite au Cameroun soulève des préoccupations qui dépassent la préservation des ressources halieutiques et des écosystèmes aquatiques. L’utilisation de certaines substances toxiques pour capturer les poissons pourrait également poser des risques pour la sécurité sanitaire des aliments. Cette alerte a été au centre d’un atelier de formation des journalistes organisé le vendredi 9 octobre au siège de l’AMCO, à Yaoundé, auquel ont pris part une vingtaine de professionnels des médias issus des réseaux REMAPSEN et MEFAR. Au Cameroun, le poisson occupe une place importante dans l’alimentation des populations et constitue une source essentielle de protéines. Mais les conditions dans lesquelles certaines captures sont réalisées suscitent des interrogations sur la qualité sanitaire des produits mis sur le marché. Parmi les pratiques préoccupantes figurent notamment l’utilisation de substances chimiques toxiques et le recours aux explosifs, qui sont susceptibles de porter atteinte aux organismes aquatiques et à leurs habitats. Lors de cet atelier, Ysaac Chavely Mbile Nguema, responsable du programme Pêche et Économie bleue à l’African Marine Conservation Organization (AMCO), a attiré l’attention sur les conséquences possibles de ces pratiques pour les consommateurs. « Le poison qui va dans les poissons va naturellement se retrouver sur les tables des consommateurs », a-t-il averti. Cette déclaration souligne la nécessité d’examiner les risques de transfert de substances dangereuses vers la chaîne alimentaire. Toutefois, sur le plan scientifique, la présence d’un produit toxique dans le milieu aquatique ne suffit pas à démontrer que les poissons capturés dans cette zone contiennent des concentrations dangereuses pour l’être humain. Le risque dépend notamment de la nature de la substance, de sa concentration, de sa persistance dans l’environnement, de son éventuelle accumulation dans les tissus des organismes aquatiques et de l’exposition des consommateurs. Le cyanure, par exemple, est une substance hautement toxique pour les organismes vivants. Son utilisation dans les milieux aquatiques peut entraîner des effets néfastes sur les poissons et d’autres espèces. Cependant, déterminer si des poissons exposés présentent un risque sanitaire pour les consommateurs nécessite des analyses adaptées, capables d’identifier les substances recherchées et d’en mesurer les concentrations. La pêche à l’explosif présente, quant à elle, des conséquences environnementales importantes. Elle peut provoquer la destruction d’habitats, tuer des organismes non ciblés et perturber l’équilibre des écosystèmes aquatiques. Ces dommages sont établis indépendamment de la question d’une éventuelle contamination chimique des poissons. Il convient donc de distinguer les effets directs des explosifs sur le milieu aquatique des risques liés à l’utilisation de substances toxiques. En l’absence de données analytiques permettant de caractériser la contamination des produits halieutiques concernés, il serait prématuré d’affirmer que tous les poissons capturés au moyen de pratiques illicites sont contaminés ou qu’ils provoquent systématiquement des maladies. Une évaluation rigoureuse nécessite des prélèvements représentatifs, des analyses en laboratoire et une interprétation des résultats au regard des seuils sanitaires applicables et des niveaux d’exposition. Cette prudence scientifique ne diminue en rien l’importance de l’alerte. Elle souligne plutôt la nécessité de mettre en place des dispositifs de surveillance capables de documenter le phénomène, d’identifier les substances éventuellement présentes et d’évaluer les risques pour les populations. La prévention doit ainsi s’appuyer sur des données fiables, tout en tenant compte de la toxicité connue de certaines substances et des dommages causés par les méthodes de pêche interdites. Pour l’AMCO, la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée doit intégrer cette dimension sanitaire. Depuis 2022, l’organisation accompagne les efforts du gouvernement camerounais dans ce domaine, notamment à travers le projet Stop Illegal Fishing in Cameroon, conduit avec le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA) et des partenaires. L’efficacité de cette lutte repose sur plusieurs leviers complémentaires : l’application effective de la réglementation, le renforcement des contrôles sur les sites de pêche et dans les circuits de commercialisation, la sensibilisation des pêcheurs et le suivi sanitaire des produits lorsque des risques de contamination sont suspectés. La traçabilité des captures et des circuits de distribution peut également contribuer à mieux identifier l’origine des produits et à faciliter les interventions en cas de problème sanitaire. La formation des journalistes constitue, dans ce contexte, un moyen de mieux informer le public sur les liens entre pratiques de pêche, environnement et sécurité alimentaire. Les médias ont un rôle important à jouer pour rendre ces enjeux compréhensibles sans confondre les risques potentiels avec des contaminations effectivement démontrées. Il importe également de rappeler qu’un poisson d’apparence normale n’est pas nécessairement exempt de contaminants chimiques. Inversement, son origine dans une zone où des pratiques illicites sont signalées ne suffit pas à prouver qu’il est contaminé. L’aspect visuel ne permet donc pas, à lui seul, d’évaluer la sécurité sanitaire du produit. Par ailleurs, la cuisson ne garantit pas l’élimination de toutes les substances toxiques : son efficacité dépend de la nature du contaminant. La protection des consommateurs ne peut dès lors reposer uniquement sur les précautions individuelles. Elle nécessite des contrôles officiels, des capacités d’analyse suffisantes, une coopération entre les services chargés de la pêche, de l’environnement et de la sécurité sanitaire des aliments, ainsi qu’une communication transparente sur les résultats obtenus. Au terme de cet atelier, un enjeu majeur se dégage : renforcer la lutte contre la pêche illicite tout en améliorant les connaissances scientifiques sur ses éventuelles conséquences sanitaires. Préserver les écosystèmes aquatiques et garantir la sécurité des produits destinés à la consommation sont deux objectifs complémentaires, qui nécessitent des mesures de prévention, de contrôle et de surveillance adaptées. L’alerte lancée par Ysaac Chavely Mbile Nguema invite ainsi les autorités, les professionnels de la filière et les chercheurs à accorder une attention accrue aux risques potentiels liés aux méthodes de pêche dangereuses. La priorité est de documenter ces risques, de faire respecter la réglementation et de protéger les consommateurs sans présenter comme établies des contaminations qui n’auraient pas été confirmées par des analyses.

Journalisme scientifique : Yaoundé s’apprête à accueillir le président de la Fédération mondiale

La science a beau façonner les décisions publiques, transformer les systèmes de santé et influencer les réponses aux crises environnementales, elle reste un domaine exigeant pour les professionnels chargés de la raconter au grand public. Entre complexité des données, circulation des fausses informations et essor de l’intelligence artificielle, les journalistes sont confrontés à la nécessité de renouveler leurs méthodes de travail. C’est dans ce contexte que Yaoundé accueillera, du 24 au 28 novembre prochain, Ben Deighton, président de la Fédération mondiale des journalistes scientifiques. L’annonce a été faite le 7 octobre à Yaoundé par Joseph Joslain Mbeng Boum, président de la Confédération africaine des journalistes scientifiques, vice-président de la WFSJ et directeur général du groupe Médias Échos Santé, lors d’une conférence de presse organisée au Centre international de référence Chantal Biya (CIRCB). Cette visite de travail entend donner une nouvelle impulsion au journalisme scientifique sur le continent, avec le Cameroun comme point de convergence des initiatives annoncées. L’un des temps forts de cette visite sera la Masterclass internationale d’élite certifiante prévue le 26 novembre à l’auditorium du ministère de la Communication. Plus de 100 journalistes africains sont attendus pour des travaux consacrés à trois domaines stratégiques : l’investigation épidémiologique, le fact-checking et la vulgarisation de la Couverture santé universelle, auxquels s’ajouteront des ateliers pratiques sur l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle. L’objectif est de renforcer la capacité des professionnels des médias à traiter des sujets scientifiques avec méthode, à vérifier les informations sensibles et à rendre les connaissances accessibles sans en dénaturer le contenu. Dans le domaine de la santé notamment, la qualité du traitement médiatique peut contribuer à éclairer les choix des citoyens et à mieux faire comprendre les politiques publiques. L’intégration de l’intelligence artificielle dans cette formation témoigne également des mutations qui traversent les rédactions. Si ces outils offrent de nouvelles possibilités de recherche, de traitement et de présentation de l’information, leur utilisation appelle une vigilance particulière quant à la fiabilité des contenus, à la vérification des sources et à la responsabilité éditoriale. La formation devrait s’achever par la remise d’attestations cosignées par la WFSJ, la CAJS et le ministère de la Communication, selon le programme annoncé par les organisateurs. Le séjour de Ben Deighton ne se limitera pas aux activités de formation. La journée du 25 novembre prévoit une série d’audiences auprès de plusieurs institutions camerounaises, notamment le Haut-Commissariat de Grande-Bretagne, la Présidence de la République, la Primature, le ministère de l’Enseignement supérieur, le ministère de la Communication, le ministère de la Santé publique et le ministère de l’Administration territoriale. Une conférence de presse internationale conjointe est également annoncée au ministère de la Communication dans l’après-midi. Ces rencontres doivent permettre aux organisateurs de présenter les ambitions de cette mission et de favoriser les échanges autour de la place du journalisme scientifique dans les politiques de développement. Le programme prévoit par ailleurs, le 27 novembre, des visites professionnelles au sein du groupe Médias Échos Santé, à la radiotélévision nationale, au CIRCB à Melen, ainsi que dans des formations hospitalières. Ces étapes doivent rapprocher le responsable de la WFSJ de plusieurs acteurs de la production, de la diffusion et de la vulgarisation des connaissances scientifiques au Cameroun. Au-delà de la présence du dirigeant de la WFSJ, les organisateurs mettent en avant un autre enjeu : l’installation opérationnelle à Yaoundé du siège continental de la Confédération africaine des journalistes scientifiques. La CAJS entend fédérer les associations nationales et régionales légalement constituées, promouvoir les pratiques professionnelles du journalisme scientifique et contribuer à l’émergence de modèles économiques capables d’assurer la pérennité des médias spécialisés. Elle ambitionne également de stimuler le débat public sur la contribution de la science au développement des sociétés africaines. Le choix de Yaoundé est notamment justifié par les organisateurs par le bilinguisme du Cameroun, sa position géographique en Afrique centrale et la présence d’institutions de recherche et de santé reconnues. Parmi les structures citées figurent le CIRCB, le Centre Pasteur du Cameroun, la Faculté de médecine et des sciences biomédicales de l’Université de Yaoundé I, le Centre hospitalier universitaire et les hôpitaux généraux. Cette implantation pourrait offrir un cadre de coordination aux réseaux de journalistes scientifiques du continent. Sa portée dépendra toutefois de la capacité de la confédération à fédérer durablement les associations, à développer des partenariats et à mettre en œuvre des programmes répondant aux réalités des rédactions africaines. Cette visite coïncidera avec les dix années de parution ininterrompue du groupe Médias Échos Santé. Pour marquer cet anniversaire, les organisateurs annoncent, le 27 novembre à l’hôtel Concorde Prestige, un gala placé sous le haut patronage du Premier ministre, avec quelque 600 invités attendus. La soirée doit notamment comprendre la présentation d’un ouvrage de type mook, la remise de 100 Trophées de la Santé ainsi que des distinctions annoncées par les organisateurs. Elle s’inscrit dans une démarche de valorisation des acteurs du secteur sanitaire et de mise en lumière des initiatives liées à la couverture médiatique de la santé. Le programme doit s’achever le 28 novembre par une réunion bilan, la signature du Mémorandum de Yaoundé, une visite du Monument de la Réunification et le départ officiel de Ben Deighton pour Londres. Avec cette visite, les promoteurs de l’initiative veulent inscrire Yaoundé dans une dynamique de coopération entre journalistes, institutions scientifiques et organisations professionnelles. L’enjeu sera désormais de traduire les annonces en actions durables : des journalistes mieux outillés, des réseaux africains davantage structurés et une information scientifique plus rigoureuse, au service des citoyens et du développement du continent.

TaxiGo : les chauffeurs historiques reclament leur place dans les aeroports

Le bras de fer autour du projet TaxiGo prend une nouvelle tournure. Seize organisations syndicales annoncent une grève le 12 octobre 2026 pour dénoncer les conditions d’intégration des chauffeurs dans le dispositif déployé par les Aéroports du Cameroun et ALO Technologies. Au cœur de la colère : une caution de 800 000 FCFA, le coût des véhicules et la crainte de voir des professionnels ayant parfois plusieurs décennies d’ancienneté écartés des plateformes aéroportuaires. Pour les organisations mobilisées, le projet soulève des préoccupations financières et sociales qui menaceraient les intérêts des chauffeurs exerçant déjà dans les aéroports internationaux de Douala et de Yaoundé-Nsimalen. Elles réclament une concertation avec les responsables des ADC et les pouvoirs publics afin de revoir les conditions d’intégration au dispositif. TaxiGo, au cœur du bras de fer Présenté comme une initiative de modernisation du transport des passagers dans les plateformes aéroportuaires, TaxiGo prévoit la mise en place d’un dispositif organisé autour de véhicules sélectionnés et de chauffeurs recrutés pour assurer le service. L’ambition affichée est d’améliorer l’accueil des voyageurs, la qualité des prestations et les conditions de transport à la sortie des aéroports. Mais les modalités de déploiement du projet suscitent une vive contestation parmi une partie des professionnels déjà en activité. Au centre des désaccords figure notamment une caution de 800 000 FCFA exigée des chauffeurs souhaitant intégrer le dispositif. Les syndicats s’interrogent également sur le coût des véhicules, qu’ils évaluent à 23,5 millions de FCFA, contre un prix initial de 10,2 millions de FCFA qu’ils avancent dans leurs revendications. Ces montants, évoqués par les représentants syndicaux lors de leur conférence de presse soulèvent des interrogations sur les conditions financières proposées aux conducteurs. Les modalités de financement, la répartition des charges et les conditions de rémunération constituent ainsi des points sensibles du dossier. Au-delà des considérations financières, les organisations contestataires dénoncent le risque de mise à l’écart des chauffeurs qui exercent depuis de nombreuses années dans les aéroports. Elles estiment que la modernisation du service ne devrait pas se faire au détriment des professionnels déjà installés. 95 chauffeurs concernés selon les syndicats La résistance au projet se manifeste notamment à travers les chiffres avancés par les responsables syndicaux. Selon Charles Essomba Onana, président de la Fédération nationale des syndicats des travailleurs des transports et activités connexes du Cameroun (FENSTTAC), 60 chauffeurs exercent à l’aéroport de Douala et 35 à celui de Yaoundé-Nsimalen dans le groupe concerné par la contestation. À Douala, seuls deux ou trois conducteurs auraient déposé leurs dossiers sans verser la caution exigée, affirme-t-il. À Yaoundé, aucun des 35 chauffeurs concernés n’aurait adhéré à la procédure, selon ses déclarations. Ces données, qui restent celles communiquées par les syndicats, traduisent le faible niveau d’adhésion qu’ils attribuent au dispositif parmi les chauffeurs qu’ils représentent. Elles illustrent également la difficulté à faire converger les objectifs de modernisation des services aéroportuaires et les attentes des professionnels déjà en activité. Pour ces derniers, l’enjeu est aussi celui de la préservation de leur emploi et de leurs revenus. Certains chauffeurs travaillent dans les aéroports depuis plusieurs décennies et redoutent que les nouvelles conditions d’accès au marché ne compromettent la poursuite de leur activité. Une colère qui dépasse le projet TaxiGO Si TaxiGo constitue le principal point de crispation, les revendications des organisations syndicales couvrent un champ plus large. Le collectif dénonce notamment la concurrence qu’il juge déloyale des plateformes numériques de transport avec chauffeur (VTC), ainsi que la présence de motos-taxis en dehors des zones réglementées dans les grandes agglomérations. Le transport clandestin figure également parmi les préoccupations soulevées lors de la conférence de presse. Les syndicats estiment que ces pratiques fragilisent les professionnels régulièrement établis et appellent à une application plus rigoureuse de la réglementation. À ces griefs s’ajoute le blocage de certains textes relatifs aux assurances et au Fonds de garantie automobile, dont les discussions remonteraient à 2018. Les responsables syndicaux dénoncent, plus largement, ce qu’ils considèrent comme une insuffisante prise en compte des droits des travailleurs du secteur. Cette accumulation de revendications donne au mouvement annoncé une portée qui dépasse le seul transport aéroportuaire. Les syndicats veulent faire de leur mobilisation un moyen de pression pour obtenir des réponses des pouvoirs publics et des différents acteurs concernés. Le projet avance malgré les contestations Pendant que les syndicats préparent leur mobilisation, les Aéroports du Cameroun poursuivent les opérations liées au déploiement de TaxiGo. Au cours du mois de septembre 2026, des communications relatives au projet ont fait état de formations organisées à l’intention des chauffeurs sélectionnés et de la signature de contrats. Les sessions devaient notamment porter sur l’accueil des passagers, la gestion des bagages, la sécurité routière et la qualité du service. À Yaoundé-Nsimalen, les informations publiées autour du recrutement faisaient état de 50 chauffeurs retenus, auxquels s’ajoutaient sept candidats inscrits sur une liste d’attente. À Douala, 49 conducteurs auraient été sélectionnés au début du mois de septembre. Ces chiffres concernent les candidats retenus dans le cadre de TaxiGo et ne doivent pas être confondus avec les effectifs de chauffeurs évoqués par les syndicats pour décrire les professionnels concernés par la contestation. L’avancement du projet contraste ainsi avec les réserves exprimées par une partie des acteurs du transport. La question centrale demeure celle de la coexistence entre le nouveau dispositif et les chauffeurs qui exercent déjà dans les plateformes aéroportuaires. À cinq jours de l’échéance annoncée, le conflit place les ADC, ALO Technologies et les organisations syndicales devant un défi majeur : parvenir à un compromis sur les conditions d’intégration des chauffeurs, les exigences financières et la protection des professionnels déjà en activité. Les syndicats affirment vouloir obtenir des réponses à leurs préoccupations et appellent à une mobilisation le 12 octobre. De son côté, le déploiement du projet se poursuit, alors que les modalités contestées restent au cœur des tensions. L’issue dépendra notamment de la possibilité d’ouvrir des discussions avant la date annoncée. Faute d’accord, le mouvement pourrait perturber le fonctionnement habituel du transport par taxi dans les deux principaux aéroports internationaux du Cameroun. La mobilisation

Féminicides au Cameroun : et si la crise de la famille était aussi au cœur du mal ?

A la fondation Tandeng Muna , dans la cité capitale, la question des féminicides a été abordée le 2 Octobre dernier sous un angle qui se veut différent. Réunis dans le cadre de Coffee, Think, Talk & Act (CTT-A), sous l’égide d’Africa Lobby et du mouvement Give Back to Mama, plusieurs acteurs ont engagé une réflexion sur le thème : « Mettre fin au féminicide et reconstruire la famille et l’identité camerounaises : un dialogue inclusif ». L’ambition affichée par les organisateurs est de ne pas limiter le débat aux actes de violence eux-mêmes, mais de remonter jusqu’aux mécanismes qui les favorisent. Famille, identité, éducation, culture, justice, responsabilité individuelle et collective : plusieurs dimensions ont ainsi été mises sur la table.   Une violence qui dépasse le seul féminicide Pour le chef traditionnel Pr Guy Tsala Ndzomo, le féminicide doit être replacé dans un phénomène plus large : celui de la montée de la violence dans la société. L’intervenant estime que l’augmentation des assassinats de femmes ne peut être examinée isolément. Avant même que le terme « féminicide » ne s’impose dans le débat public, observe-t-il, la société camerounaise était déjà confrontée à une progression des violences. Son interrogation porte donc sur les causes profondes : qu’est-ce qui a changé dans la société ? Quelles valeurs se sont fragilisées ? Pourquoi certaines formes de violence semblent-elles gagner du terrain ? Pour lui, il ne suffit donc pas de chercher une réponse exclusivement destinée aux femmes. Il faut également comprendre les ressorts généraux de la violence et identifier les ruptures sociales qui peuvent conduire aux passages à l’acte. L’objectif de la rencontre était dès lors de faire émerger des pistes susceptibles de contribuer à réduire, voire à enrayer, ces violences.   Les hommes appelés à prendre leurs responsabilités Autre idée forte développée durant les échanges : la nécessité d’impliquer davantage les hommes dans la lutte contre les féminicides. Pour Samuel Ervé Mandeng, promoteur du mouvement Give Back to Mama, puisque les auteurs des féminicides sont majoritairement des hommes, ceux-ci doivent également se placer au premier rang de la réflexion sur les solutions. Il ne s’agit cependant pas, selon lui, d’opposer les hommes aux femmes. La lutte doit plutôt être menée conjointement, les hommes assumant leur part de responsabilité et travaillant avec les femmes à la recherche de réponses adaptées. Cette approche conduit à interroger le rôle de l’homme dans la famille et dans la société camerounaise, mais aussi la manière dont les enfants sont éduqués et dont les rapports entre les sexes sont transmis d’une génération à l’autre.   « Il y a des féminicides invisibles » La réflexion s’est également étendue aux violences qui ne conduisent pas immédiatement à la mort. Ervé Mandeng a également insisté sur l’existence de ce qu’il appelle des « féminicides invisibles ». Derrière cette expression se trouvent les violences psychologiques, la domination, les humiliations, les violences conjugales et d’autres formes de maltraitance qui peuvent progressivement détruire une femme sans que sa mort physique survienne immédiatement. Cette lecture élargit donc le débat : prévenir le féminicide suppose aussi de repérer et de combattre les violences qui peuvent le précéder. La question devient alors celle de la capacité de la famille, de l’école, de la communauté et des institutions à identifier les signaux d’alerte et à intervenir avant que la situation ne dégénère.   La famille au cœur du diagnostic Pour les promoteurs de l’initiative, la famille constitue précisément l’un des points de départ de cette réflexion. Nfinyo Mabu, coordonnateur du dialogue, défend l’idée selon laquelle la crise de la famille et celle de l’identité doivent être examinées simultanément.   La question posée est simple, mais profonde : que signifie être Camerounais aujourd’hui ? Au-delà des symboles nationaux et des appartenances communautaires, il s’agit, selon cette approche, de retrouver et de transmettre certaines valeurs culturelles et sociales susceptibles de favoriser le respect, la responsabilité et la cohésion. L’école pourrait également jouer un rôle dans cette transmission. L’éducation à la famille, aux responsabilités sociales, au respect de l’autre et aux valeurs citoyennes pourrait, selon les participants, contribuer à agir en amont.   « Un bon diagnostic est 50 % de la cure » La rencontre entend surtout rompre avec une approche exclusivement fondée sur la sensibilisation. Pour Nfinyo Mabu, avant de multiplier les campagnes, il faut comprendre précisément le phénomène, en identifier les causes et déterminer les réponses les plus adaptées. L’idée résumée durant les échanges est qu’un bon diagnostic constitue déjà une partie importante de la solution. La démarche se veut donc multidisciplinaire : éducation, sociologie, culture, religion, droit et action communautaire doivent pouvoir être mobilisés pour comprendre le phénomène et élaborer des réponses concrètes.   Justice et responsabilité institutionnelle La question de la sanction n’a pas été absente des discussions. Les participants ont souligné l’importance de mécanismes juridiques efficaces permettant de poursuivre les auteurs de violences et de faire appliquer les sanctions prévues par la loi. La justice ne constitue toutefois qu’un volet de la réponse. La prévention, la protection des victimes et des survivantes, l’accompagnement des familles et l’éducation doivent intervenir en amont. L’enjeu consiste ainsi à construire une chaîne de prévention et de protection suffisamment solide pour éviter que les violences familiales ne conduisent à des conséquences irréversibles.   Une mobilisation qui dépasse les frontières Le dialogue entend également associer les Camerounais vivant à l’étranger. Pour les promoteurs de l’initiative, les violences qui touchent les familles camerounaises ne s’arrêtent pas aux frontières du pays. Les communautés camerounaises établies à l’étranger sont elles aussi confrontées à ces réalités. L’objectif est donc de favoriser une réflexion qui puisse être partagée entre le Cameroun et sa diaspora, afin que les solutions élaborées puissent être adaptées aux différentes réalités vécues par les familles camerounaises.   Du constat à l’action Au terme de cette rencontre, aucune solution miracle n’a été présentée. Les organisateurs revendiquent plutôt une première étape : établir un diagnostic collectif et faire émerger des propositions. Le message central est finalement celui d’une responsabilité partagée. La

Santé : le Cameroun veut transformer les stratégies en résultats sur le terrain

Accès aux soins, préparation aux épidémies, gouvernance, financement, santé numérique et prévention : la nouvelle stratégie de coopération entre le Cameroun et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) entend apporter des réponses plus concrètes aux difficultés du système de santé. Avec une exigence désormais clairement affichée : que les orientations stratégiques se traduisent par des résultats perceptibles dans la vie des populations. Comment rapprocher les soins des populations difficiles d’accès ? Comment mieux anticiper les épidémies et répondre aux urgences sanitaires ? Comment améliorer la gouvernance et le financement du système de santé ? Et surtout, comment faire en sorte que les ressources mobilisées produisent davantage d’effets sur le terrain ? C’est autour de ces préoccupations que se dessine la nouvelle Stratégie de coopération pays (SCP) 2025-2029 entre le Cameroun et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Ce cadre de collaboration s’inscrit dans les orientations du 14e Programme général de travail de l’OMS et décline, au niveau national, quatre grandes priorités stratégiques. Rapprocher les soins des populations Le premier défi est celui de l’accès aux services de santé. Dans certaines zones, notamment celles difficiles d’accès, la disponibilité et la proximité des soins restent des enjeux majeurs. La stratégie entend ainsi renforcer la couverture en services de santé essentiels, en mettant l’accent sur les soins de santé primaires et communautaires. L’objectif est notamment de mieux répondre aux besoins des populations et de contribuer aux progrès vers la couverture sanitaire universelle. Ce volet concerne également des problématiques majeures telles que le VIH/sida et la santé de la mère et de l’enfant. Le diagnostic présenté par l’OMS fait notamment état de difficultés persistantes d’accès aux services de santé au Cameroun. Mais améliorer l’accès aux soins suppose aussi de disposer d’un système capable de mieux se piloter, de mobiliser les ressources nécessaires et de s’adapter aux nouvelles technologies. Un système plus performant et plus connecté La gouvernance et le financement de la santé figurent ainsi parmi les priorités de la nouvelle coopération. La transformation numérique doit également accompagner cette évolution, dans un contexte où les données et les outils numériques prennent une place croissante dans le fonctionnement des systèmes de santé. L’enjeu est de disposer d’un système mieux organisé, capable d’identifier ses besoins, de suivre ses performances et d’orienter les ressources vers les priorités. Pour le Dr Magaran Monzon Bagayoko, représentant résident de l’OMS au Cameroun, cette stratégie traduit au niveau national les grandes orientations de l’Organisation mondiale de la Santé. Il rappelle qu’elles reposent notamment sur trois axes : promouvoir la santé, assurer l’accès à la santé et protéger les populations contre les menaces sanitaires. Au Cameroun, ces orientations sont déclinées en quatre priorités : le pilotage du secteur de la santé, l’extension de la couverture en services de santé essentiels, la préparation et la réponse aux urgences de santé publique, ainsi que l’action sur les déterminants de la santé et la promotion du bien-être. Mieux anticiper les épidémies Autre préoccupation : la sécurité sanitaire. La surveillance des maladies, le renforcement des laboratoires, la préparation des équipes et la capacité à intervenir rapidement face aux épidémies constituent un autre grand chantier. Il s’agit de renforcer la capacité du pays à détecter les menaces, à les anticiper et à organiser une réponse rapide lorsqu’une urgence survient. La nouvelle stratégie accorde ainsi une place importante à la préparation et à la réponse aux urgences de santé publique. Cette réponse doit également s’inscrire dans l’approche « One Health », qui rapproche les enjeux de santé humaine, animale et environnementale. Pour le Dr Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique, cette approche impose de décloisonner les interventions, de partager davantage l’information et de construire des réponses conjointes face aux menaces sanitaires. L’intégration doit, selon lui, permettre de dépenser moins et d’être plus efficace. Agir sur les causes, pas seulement sur les conséquences La quatrième priorité élargit la réponse aux facteurs qui déterminent l’état de santé des populations. Eau, assainissement, hygiène, sécurité sanitaire des aliments, salubrité, conditions de logement, nutrition, tabagisme et consommation excessive d’alcool font partie des domaines sur lesquels il faut agir en amont. La santé ne se construit en effet pas uniquement dans les hôpitaux et les centres de santé. Elle dépend aussi des conditions de vie, de l’environnement, de l’alimentation et des comportements. Les effets du changement climatique et les transformations sociales et environnementales renforcent cette nécessité d’agir davantage sur la prévention et la promotion de la santé. « Moins d’ateliers et plus d’actions sur le terrain » Pour le Dr Manaouda Malachie, la réussite de cette stratégie dépendra toutefois de sa capacité à sortir du cadre des documents pour entrer dans celui de l’action. Le ministre a été particulièrement explicite sur ce point. Il estime que les activités sont aujourd’hui largement dominées par les ateliers, dans une proportion qu’il situe à 70 %, contre 30 % d’actions de terrain. Ce ratio constitue une appréciation du ministre et non une statistique nationale établie par une étude. Il traduit surtout sa volonté de réorienter davantage les efforts vers les interventions directement perceptibles par les populations. « Moi, je voudrais moins d’ateliers et plus d’actions sur le terrain », a-t-il déclaré. Pour le ministre, l’objectif est de passer « des orientations aux activités, des activités aux résultats, et des résultats à un impact perceptible » sur la santé et le bien-être des Camerounaises et des Camerounais. Au-delà des financements ponctuels, le gouvernement souhaite une coopération qui contribue au renforcement durable des institutions et des compétences nationales. Le transfert de compétences, l’alignement des interventions sur les priorités nationales et la consolidation des acquis constituent ainsi des attentes importantes. La nouvelle stratégie ouvre donc une phase de mise en œuvre au cours de laquelle les orientations devront se traduire en interventions précises, coordonnées et mesurables. Dans les districts de santé, notamment, cette ambition devra accompagner la dynamique de viabilisation engagée par le pays. La véritable mesure du succès se situera finalement au-delà des salles de réunion : dans la capacité du système à rapprocher les soins des

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