Quand on rencontre Milly Nadège FOKAM pour la première fois, on est immédiatement frappé par sa simplicité désarmante, sa courtoisie naturelle et cette chaleur humaine qui émane d’elle spontanément. Rien dans son attitude ne trahit le parcours exceptionnel de cette femme d’affaires franco-camerounaise, qui dirige depuis la France deux structures entrepreneuriales au Cameroun avec une vision aussi claire qu’ambitieuse : faire du Cameroun un pays où le talent n’attend plus une chance, il en crée. Un parcours forgé dans l’excellence et la diversité Milly Nadège FOKAM est de celles qui ne font jamais les choses à moitié. Titulaire d’un MBA en Management et Administration des Entreprises option Marketing, obtenu en école de commerce, elle pousse plus loin son excellence académique avec un Master en Administration des Entreprises option Ressources Humaines. Une double formation qui lui forge très tôt une vision globale et transversale du monde de l’entreprise. Avant de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale camerounaise, elle forge son expérience à la tête de plusieurs entreprises dans des secteurs aussi variés que le prêt-à-porter, les télécommunications et le transport. À chaque étape, elle occupe des postes de direction, affûtant sa capacité à gérer, à innover et à anticiper. Installée en France depuis 25 ans, elle aurait pu, comme beaucoup, se contenter de construire sa réussite personnelle en Europe. Mais ce n’est pas le chemin qu’elle a choisi. Un engagement né d’une indignation constructive C’est une réalité qui lui était devenue insupportable : des jeunes camerounais brillants, diplômés bac+4, bac+5, bac+7, réduits au chômage faute d’opportunités. Des compétences exceptionnelles, invisibles. Des talents qui s’éteignent avant même d’avoir eu la chance de briller. Face à ce constat, Milly Nadège FOKAM ne se contente pas de s’indigner — elle agit. En 2015, elle crée Promillys au Cameroun, une entreprise multisectorielle basée à Yaoundé, positionnée autour de trois départements stratégiques : les Solutions Ressources Humaines, la Communication – Marketing – Digital, et les Formations Professionnelles & Renforcement de Capacités. Son idée directrice ? Proposer des services d’externalisation de compétences et des solutions RH innovantes pour donner un emploi concret à un maximum de jeunes diplômés camerounais. « Mon objectif premier était de pouvoir donner un emploi à un maximum de jeunes diplômés », confie-t-elle avec cette franchise qui la caractérise. Aujourd’hui, Promillys emploie une équipe dont 80% des collaborateurs sont des femmes — un chiffre qui n’est pas le fruit du hasard, mais d’une politique de recrutement délibérément inclusive et favorable à l’employabilité féminine. Promillys Academy : former pour transformer Parallèlement à Promillys, Milly Nadège FOKAM développe Promillys Academy, centre de formation agréé par le MINEFOP — ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle du Cameroun. Une structure qui propose des formations professionnelles en présentiel et en ligne, couvrant des domaines aussi variés que le marketing digital, l’intelligence artificielle, les langues étrangères, la gestion de projet, la comptabilité, la photographie, la décoration ou encore les arts culinaires. Promillys Academy, c’est la conviction profonde que la formation est le levier le plus puissant de transformation sociale et économique. Former un individu, c’est changer une trajectoire. Changer une trajectoire, c’est transformer une famille. Transformer une famille, c’est contribuer au développement d’un pays. Une équation simple, mais dont Milly Nadège FOKAM a fait sa philosophie de vie. L’entrepreneuriat féminin, un combat du quotidien Au-delà de la gestion de ses structures, Milly Nadège FOKAM s’engage personnellement et concrètement en faveur de l’entrepreneuriat féminin. Elle coache et encadre des femmes entrepreneures, les accompagnant dans le développement et la structuration des entreprises qu’elles ont déjà créées. Pour elle, accompagner une femme dans son projet entrepreneurial, c’est démultiplier l’impact social et économique de son action. « Il y a des femmes extraordinaires au Cameroun, qui ont des projets, des idées, de l’énergie. Ce dont elles ont besoin, c’est d’un cadre, d’un accompagnement et d’une confiance. C’est ce que j’essaie de leur apporter », explique-t-elle avec cette bienveillance qui définit sa relation aux autres. Son engagement pour l’employabilité des femmes ne se limite pas au discours. Il se traduit par des actes concrets, mesurables et durables, au sein même de ses structures et dans l’écosystème entrepreneurial camerounais qu’elle contribue à façonner jour après jour. Une diaspora qui donne, pas qui prend Milly Nadège FOKAM incarne une vision positive et engagée de la diaspora africaine. Loin des clichés, elle ne perçoit pas l’entrepreneuriat comme un simple levier de croissance financière ou matérielle. Pour elle, entreprendre au Cameroun depuis la France, c’est avant tout participer activement à la vie économique de son pays d’origine, contribuer à la réduction du chômage et assumer une responsabilité sociale réelle. « Quand on embauche dans un pays, on participe à la réduction du chômage. C’est une forme d’action sociale directe », affirme-t-elle avec conviction. Une philosophie qui se prolonge bien au-delà des murs de ses entreprises, à travers des actions sociales menées en faveur des personnes démunies et défavorisées — un engagement discret, pudique, mais profondément ancré dans ses valeurs. La grandeur dans la simplicité Ce qui frappe ceux qui ont la chance de croiser Milly Nadège, c’est cette rare combinaison entre l’excellence professionnelle et l’humilité personnelle. Une femme de conviction, respectueuse de ses aînés et de ceux qui l’ont précédée, d’une politesse et d’une courtoisie exemplaires, qui avance avec la certitude tranquille de celle qui sait pourquoi elle se bat. Dans un monde entrepreneurial souvent dominé par l’ego et l’apparence, Milly Nadège FOKAM choisit la voie de la substance et de l’impact. Et c’est précisément cette authenticité qui fait d’elle une figure inspirante, non seulement pour les femmes entrepreneures camerounaises et africaines, mais pour tous ceux qui croient que l’entrepreneuriat peut et doit être un outil de transformation sociale. Martial Obiona