Santé maternelle et développement : l’UNFPA et la BAD scellent un partenariat stratégique pour l’Afrique

Santé maternelle et développement : l’UNFPA et la BAD scellent un partenariat stratégique pour l’Afrique Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et la Banque Africaine de Développement (BAD) renforcent leur coopération en faveur de la santé maternelle et du développement du capital humain en Afrique. Les deux institutions ont signé un nouveau protocole d’accord visant à faire de la santé des femmes et de la dynamique démographique des leviers majeurs de transformation économique du continent. L’accord a été conclu en marge des Assemblées annuelles de la Banque Africaine de Développement. À travers ce partenariat, les deux organisations entendent promouvoir une approche qui considère désormais la santé maternelle non seulement comme une question sanitaire, mais aussi comme un investissement stratégique pour la croissance économique, la productivité et la résilience des pays africains. Faire de la santé des femmes un moteur de croissance Pour l’UNFPA et la BAD, l’Afrique dispose d’un important potentiel démographique capable de soutenir son développement économique, à condition d’investir davantage dans les femmes et les jeunes. « Le progrès économique du continent ne sera possible que si nous faisons de la santé des femmes une priorité », a déclaré Diene Keita, Directrice exécutive de l’UNFPA, soulignant que les décès maternels évitables demeurent l’un des défis majeurs du développement en Afrique. Malgré les avancées enregistrées ces dernières années dans la réduction de la mortalité maternelle, plusieurs obstacles persistent encore, notamment les inégalités d’accès aux soins de santé de qualité, les insuffisances des infrastructures sanitaires et les difficultés de financement. Des investissements ciblés pour renforcer les systèmes de santé Dans le cadre de cette nouvelle collaboration, l’UNFPA et la BAD prévoient d’explorer des mécanismes innovants de financement afin d’accompagner les États africains dans leurs investissements en faveur de la santé et de la jeunesse. Les priorités identifiées concernent notamment : la modernisation des ressources humaines en santé à travers la formation digitalisée ; le renforcement des chaînes locales d’approvisionnement médical ; l’amélioration des infrastructures sanitaires adaptées aux effets du changement climatique ; ainsi que la numérisation des systèmes d’information sanitaire. Les deux partenaires souhaitent également placer les questions démographiques au centre des stratégies nationales de financement afin de mieux préparer les pays africains aux évolutions futures de leur population. Des résultats déjà visibles dans plusieurs pays africains L’UNFPA et la Banque Africaine de Développement collaborent depuis 1992 sur plusieurs projets liés à la santé, aux données démographiques et au développement humain. Au Cameroun, cette coopération a notamment permis d’améliorer l’accès aux soins obstétricaux et néonatals d’urgence dans 11 districts sanitaires. Selon les données présentées, le taux de couverture des soins prénatals a atteint 90 % dans les zones ciblées, tandis que la prévalence contraceptive moderne a progressé au-delà de la moyenne nationale. En Côte d’Ivoire, le partenariat a contribué à la modernisation des données démographiques grâce au recensement de la population, facilitant ainsi l’élaboration de projections fiables sur la fécondité, les migrations et la mortalité. À Madagascar, des actions de sensibilisation associant hygiène, assainissement et santé reproductive ont été menées dans plusieurs régions rurales. La collaboration a également permis d’intégrer les questions de santé sexuelle, de genre et de protection dans les plans d’adaptation au changement climatique de plusieurs pays d’Afrique de l’Est et australe. À travers ce partenariat renouvelé, l’UNFPA et la BAD ambitionnent de renforcer les politiques publiques en faveur des femmes et des jeunes, considérés comme des acteurs essentiels du développement africain. Pour les deux institutions, investir dans la santé reproductive, les droits des femmes et le capital humain constitue désormais un enjeu stratégique pour permettre à l’Afrique de tirer pleinement profit de son dividende démographique et d’assurer une croissance durable au cours des prochaines décennies.

Tabac au Cameroun : la C3T dénonce l’influence persistante des industriels sur les politiques de santé

Tabac au Cameroun : la C3T dénonce l’influence persistante des industriels sur les politiques de santé La Coalition Camerounaise Contre le Tabac (C3T) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur l’ingérence de l’industrie du tabac dans les politiques publiques au Cameroun. C’était à l’occasion de l’atelier de vulgarisation du rapport 2025 sur l’indice d’ingérence de l’industrie du tabac, organisé mardi 26 mai à Yaoundé, en prélude aux activités marquant la Journée mondiale sans tabac 2026. Les travaux étaient présidés par le Pr Joseph Marie Mendimi Nkodo, Conseiller technique N°2 au ministère de la Santé publique. Dans ce rapport, la C3T met en évidence les multiples pressions exercées par les industriels du tabac pour ralentir, voire bloquer, plusieurs réformes sanitaires engagées au Cameroun. Même si le pays enregistre une légère amélioration de son indice d’ingérence — passé de 81 en 2023 à 76 en 2025 — la société civile estime que la situation demeure préoccupante. Plus de 4 500 décès chaque année Selon les données présentées, le tabagisme provoque environ 4 532 décès par an au Cameroun. Au-delà des pertes humaines, son coût économique est évalué à plus de 85 milliards de FCFA chaque année. Le rapport souligne également les conséquences sociales du phénomène. Dans certaines familles, les dépenses consacrées au tabac absorbent une part importante des revenus, au détriment de l’alimentation, de l’éducation et des soins de santé. La consommation du tabac contribue par ailleurs à la progression des maladies non transmissibles comme les cancers, les AVC et le diabète, qui représentent près de 43 % des décès dans le pays. Des textes toujours bloqués La C3T dénonce le retard accusé dans l’adoption de plusieurs textes réglementaires majeurs. Parmi eux figure le décret d’application de la loi de 2006 interdisant la publicité, la promotion et le parrainage du tabac, toujours en attente après près de deux décennies. L’organisation rappelle aussi que le projet de loi nationale sur le contrôle du tabac, transmis à la Présidence de la République depuis 2011, n’a jamais été examiné par le Parlement. Le rapport évoque également le dossier controversé de la chicha. Selon les auteurs, certaines mesures de restriction envisagées par le ministère de la Santé publique auraient été freinées par une correspondance du ministère de l’Administration territoriale datant de septembre 2024. Le retard des avertissements sanitaires pointé du doigt Autre sujet d’inquiétude : le renouvellement des avertissements sanitaires graphiques sur les paquets de cigarettes. La réglementation prévoit pourtant une rotation des images tous les deux ans afin de renforcer leur impact préventif. Mais depuis juin 2023, la nouvelle série d’illustrations attend toujours d’être validée. Pour la société civile, ce retard illustre l’influence persistante des industriels sur certaines décisions administratives. Des conflits d’intérêts dénoncés Le rapport met également en cause certains avantages fiscaux accordés aux fabricants locaux de cigarettes, ainsi que la présence de représentants de l’industrie du tabac dans certains organes techniques et institutions publiques. La Coalition regrette surtout l’absence d’un cadre réglementaire clair encadrant les relations entre les pouvoirs publics et les groupes de pression du secteur du tabac. La société civile appelle à des mesures urgentes Face à cette situation, la C3T appelle les autorités camerounaises à appliquer pleinement les dispositions de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac. L’organisation recommande notamment : l’adoption rapide de la loi nationale antitabac ; la validation de la nouvelle série d’avertissements sanitaires graphiques ; la création d’un registre public des activités de lobbying ; ainsi qu’un encadrement strict des interactions entre responsables publics et industriels du tabac. À travers cet atelier, les acteurs de la lutte antitabac ont voulu rappeler que la question dépasse désormais le simple cadre réglementaire. Pour eux, il s’agit d’un véritable enjeu de santé publique et de protection des jeunes générations au Cameroun.

Éducation au Cameroun : ces règles qui éloignent silencieusement des jeunes filles des salles de classe

Éducation au Cameroun : ces règles qui éloignent silencieusement des jeunes filles des salles de classe Il est presque 8 h 30 ce vendredi 20 mars 2026. Dans la salle de classe de 6e C3 du lycée de Nkoabang, situé dans l’arrondissement de Nkolafamba, département de la Méfou-et-Afamba, l’agitation habituelle du début des cours règne déjà. Les élèves s’installent, échangent quelques mots avant l’arrivée de l’enseignant. Mais au premier banc de la troisième rangée, Adriana reste silencieuse. Depuis son réveil, une douleur persistante lui serre le bas-ventre. Ces fameuses crampes sont de retour. Elle connaît déjà cette sensation. Chaque mois, c’est presque le même scénario. La veille encore, elle espérait que cette fois serait différente. Mais ce matin, elle peine à se concentrer. Entre les douleurs abdominales et l’inquiétude d’une éventuelle fuite sur son uniforme, une question revient sans cesse dans son esprit : pourra-t-elle tenir jusqu’à la fin des cours ? Pour beaucoup de jeunes filles camerounaises, cette réalité est loin d’être exceptionnelle. Derrière les chiffres sur la scolarisation se cache un combat discret : celui de la précarité menstruelle. Un phénomène souvent réduit à un simple manque de protections hygiéniques, alors qu’il touche aussi la santé physique, le bien-être psychologique et le parcours scolaire. Des douleurs et des inconforts qui éloignent les filles des salles de classe Pour certaines adolescentes, les périodes menstruelles deviennent des journées particulièrement difficiles à gérer. Elles doivent faire face aux douleurs abdominales, aux malaises, à la fatigue ou aux inconforts qui accompagnent parfois les règles. Les douleurs menstruelles sont souvent considérées comme un phénomène normal auquel il faudrait simplement s’habituer. Pourtant, certaines jeunes filles décrivent des crampes si intenses qu’elles éprouvent des difficultés à marcher, à rester assises longtemps ou à suivre les explications en classe. Dans plusieurs cas, les conséquences sont directes : certaines élèves préfèrent rester à la maison pendant un ou plusieurs jours. D’autres viennent à l’école mais passent une grande partie de leur temps à essayer de supporter leurs douleurs plutôt qu’à suivre les cours. À long terme, ces absences répétées peuvent avoir des répercussions sur les résultats scolaires, la participation en classe et même la motivation à poursuivre les études. Le poids du silence et des tabous Au-delà de la douleur physique, plusieurs jeunes filles affrontent une autre difficulté : l’absence de dialogue. Certaines adolescentes n’osent pas parler de leurs règles à leurs parents. Par gêne, par peur des réactions ou parce que le sujet reste très sensible dans certaines familles, elles apprennent à gérer seules une réalité qu’elles découvrent parfois sans préparation suffisante. Certaines utilisent des solutions improvisées lorsqu’elles ne disposent pas de protections adaptées. D’autres gardent leurs douleurs pour elles et préfèrent souffrir en silence. Cette solitude peut progressivement affecter leur confiance en elles. À force d’éviter certaines situations ou de craindre les moqueries et les jugements, certaines jeunes filles finissent par s’isoler davantage. Dans plusieurs établissements, notamment dans certaines zones rurales ou périurbaines, l’insuffisance des infrastructures sanitaires complique davantage la situation. Toilettes peu adaptées, manque d’eau ou absence d’espaces offrant une certaine intimité rendent la gestion des menstruations encore plus difficile. La question dépasse ainsi le simple cadre de l’hygiène pour toucher directement l’éducation, la santé et l’égalité des chances. Car derrière une chaise vide dans une salle de classe se cache parfois une adolescente qui ne manque pas les cours par manque de volonté, mais parce qu’elle tente simplement de gérer seule une douleur, une inquiétude ou une réalité dont on parle encore trop peu.   Denise EBELLE

Forêts au Cameroun : quand les paysans deviennent les premiers gardiens de la biodiversité

Forêts au Cameroun : quand les paysans deviennent les premiers gardiens de la biodiversité Et si la restauration des forêts ne se jouait pas dans les grandes déclarations politiques, mais dans les champs des paysans et au cœur des villages ? Au Cameroun, des expériences menées sur le terrain montrent qu’en donnant une valeur économique aux arbres locaux, les communautés deviennent elles-mêmes des acteurs de la conservation. « Quand la collecte de semences autochtones rapporte à un villageois deux millions de FCFA en un an, la forêt cesse d’être une cible à abattre pour devenir un capital à préserver ». Cette conviction portée par le Dr Marius Ekué, représentant au Cameroun de l’Alliance Bioversity International-CIAT, résume une approche qui mise davantage sur les populations locales que sur les campagnes classiques de reboisement. Selon lui, plus de 2 200 collecteurs de semences répartis sur le territoire national utilisent désormais l’application MyFarm Tree Collector pour identifier et cartographier les arbres semenciers. Dans certaines zones rurales, cette activité a permis à des collecteurs d’engranger jusqu’à deux millions de FCFA de revenus supplémentaires en une année. Cette initiative s’appuie sur un mécanisme numérique de suivi baptisé MyFarm Tree. L’outil permet notamment de cartographier les exploitations agricoles, d’identifier avec les producteurs les essences adaptées aux territoires et d’assurer un suivi de la survie des plants. Une fois les arbres entretenus et leur présence vérifiée après une année, les producteurs peuvent recevoir des paiements directs via Mobile Money, sans intermédiaires. Parallèlement, le carbone capté par ces plantations est évalué afin d’ouvrir la voie à une intégration dans les marchés climatiques internationaux. Cette approche a été présentée lors d’un échange en ligne organisé par la branche camerounaise du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la biodiversité, commémorée chaque 22 mai autour du thème : « Agir localement pour un impact mondial ». Au cours des discussions, le spécialiste a également attiré l’attention sur les défis de la restauration forestière au Cameroun. Le pays affiche l’ambition de restaurer 12 millions d’hectares de terres d’ici 2030 dans le cadre de la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes et de l’initiative africaine AFR100. Un objectif ambitieux qui, selon plusieurs observateurs, peine encore à produire des résultats visibles sur le terrain. Pour le Dr Marius Ekué, la restauration ne peut se résumer à des opérations massives de plantation d’espèces exotiques. « On ne fait pas de la restauration en plantant des eucalyptus ou des pins qui assèchent les nappes phréatiques et dégradent les sols. Restaurer, c’est ramener la vie avec des espèces qui appartiennent naturellement à nos écosystèmes », soutient-il. L’organisation qu’il dirige au Cameroun mène déjà plusieurs actions dans trois régions du pays. Dans l’Ouest, un travail d’inventaire biologique, de régénération naturelle assistée et de renforcement des capacités est réalisé autour de 354 forêts sacrées dans les communes de Baham et Bayangam. Dans la Lékié et aux environs de Mbalmayo, des projets d’agroforesterie sont développés, tandis que dans l’Extrême-Nord, des interventions adaptées aux réalités sahéliennes sont conduites dans des localités comme Kaélé, Moutourwa et Mindif. Les résultats enregistrés montrent une importante mobilisation de la diversité biologique : 458 essences locales d’arbres et d’arbustes ont été identifiées pour leurs intérêts alimentaires, médicinaux, aromatiques ou écologiques. Parmi elles, 216 espèces ont déjà été documentées et modélisées dans des outils scientifiques, tandis que 112 espèces natives ont été produites puis plantées au cours des trois dernières années. Au-delà des chiffres, une idée se dégage progressivement : la préservation des forêts pourrait dépendre moins des promesses et davantage de la capacité à faire des communautés rurales les bénéficiaires directs des efforts de conservation. Denise Ebelle

Construction de la route Ebolowa–Akom II–Kribi : le calendrier des travaux en cours d’ajustement avant le lancement du chantier

Construction de la route Ebolowa–Akom II–Kribi : le calendrier des travaux en cours d’ajustement avant le lancement du chantier Le lancement effectif des travaux de construction de la route Ebolowa–Akom II–Kribi ainsi que l’examen du chronogramme présenté par l’entreprise ICM Construction Limited ont constitué les principaux points examinés lors de la réunion de Cabinet présidée, ce 25 mai 2026, par le Ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi. Au cours des travaux, le maître d’ouvrage a procédé à une analyse détaillée des différentes étapes préparatoires au démarrage du projet. Dans une logique d’anticipation, l’entreprise avait été sollicitée dès le 12 mai 2026 afin de soumettre une version actualisée du calendrier des opérations préalables à sa mobilisation sur le terrain. Le document transmis le 22 mai fera l’objet d’ajustements visant à optimiser les installations et à privilégier une mise en œuvre rapide des activités sur le chantier. Le Ministre des Travaux publics a également prescrit une mobilisation efficace de l’entreprise sur plusieurs fronts d’intervention répartis tout au long du tracé. Il a notamment recommandé la mise en place de deux ateliers complets entre le point kilométrique zéro et la fin du projet, auxquels devra s’ajouter un atelier mobile positionné au centre de l’itinéraire afin d’accélérer le rythme des travaux. Dans la même dynamique, il a insisté sur la validation diligente des études d’exécution, par sections comprises entre 5 et 10 kilomètres, avec un délai maximal fixé à quatre jours, tout en rappelant l’exigence du maintien permanent de la circulation durant les travaux. Concernant les indemnisations des personnes affectées par le projet, des mesures préparatoires avaient déjà été engagées il y a un an. Toutefois, les ressources nécessaires à leur mise en œuvre restent attendues. Les commissions départementales de la Mvila et de l’Océan devraient entamer dans les prochains jours l’examen des différentes requêtes enregistrées. Dans le département de l’Océan, les opérations d’évaluation des biens impactés sur l’axe Ebemvok–Akom II–Kribi sont déjà achevées. Au terme de cette réunion, le Ministre a également instruit une implication renforcée de la maîtrise d’œuvre publique nationale, notamment de LABOGENIE et ECTA BTP, dans le suivi technique du projet. Projet majeur pour la région du Sud, la route Ebolowa–Akom II–Kribi est fortement attendue par les populations. Sa réalisation devrait améliorer la mobilité des personnes et des marchandises, renforcer les échanges économiques autour du Port en eau profonde de Kribi et contribuer à l’amélioration des conditions de vie des communautés riveraines.

Téléphones non dédouanés : la Douane serre l’étau, les opérateurs de téléphonie appelés à bloquer les appareils dès le 25 mai

La collaboration entre la Direction Générale des Douanes (DGD) et les opérateurs de téléphonie mobile franchit une nouvelle étape au Cameroun. Réunis le 22 mai 2026 à Yaoundé autour du Directeur général des douanes, Fongod Edwin Nuvaga, les représentants des sociétés de téléphonie mobile ont été invités à accélérer la mise en œuvre du nouveau mécanisme de contrôle des téléphones et autres terminaux numériques importés dans le pays. Au cours de cette audience, le Directeur Général des Douanes a salué l’implication des opérateurs dans le déploiement du dispositif électronique de collecte des droits et taxes de douane sur les téléphones portables, tablettes et autres équipements numériques. Les échanges entre les différentes parties ont notamment permis d’identifier  près de 700 000 téléphones introduits clandestinement sur le territoire national. Selon les informations communiquées, ces appareils ont été connectés au réseau national des télécommunications après le 1er avril 2026 sans que les droits et taxes exigibles n’aient été acquittés. Une période de régularisation avait alors été accordée aux détenteurs concernés, à la suite d’un appel lancé par le Ministre des Finances afin qu’ils se rapprochent des services douaniers compétents. Si une partie des usagers a procédé aux démarches nécessaires, permettant ainsi le maintien de l’accès au réseau, plusieurs autres n’ont pas encore régularisé leur situation. La période de tolérance touche désormais à sa fin. Face à cette situation, la Direction Générale des Douanes a officiellement demandé à MTN, Orange et Camtel de procéder au blocage effectif des terminaux non répertoriés sur la plateforme d’identification matérielle des téléphones portables, tablettes et autres terminaux numériques importés au Cameroun. La mesure prendra effet à compter du lundi 25 mai 2026. D’après les autorités douanières, cette décision s’appuie sur les dispositions prévues par la Loi de Finances 2023 ainsi que sur la Décision conjointe du 25 mars 2026 fixant les modalités spécifiques de collecte des droits et taxes applicables aux terminaux numériques importés. Dans cette nouvelle configuration, les opérateurs de téléphonie mobile devront désormais assurer une double mission : le blocage mais également le déblocage des appareils concernés. Les autorités précisent également que toute connexion au réseau local d’un appareil non dédouané pourrait engager la responsabilité de l’opérateur ayant autorisé son accès. Les services douaniers tiennent toutefois à rassurer certains utilisateurs : cette mesure ne concernera ni les téléphones déjà connectés au réseau national avant le 1er avril 2026, ni les appareils en roaming, encore moins ceux utilisés par les touristes en séjour temporaire au Cameroun. Au-delà du contrôle fiscal, les autorités estiment que cette opération pourrait contribuer à un assainissement du marché des téléphones mobiles, en limitant les circuits parallèles et les activités de contrebande. Les détenteurs de stocks non régularisés sont ainsi invités à se rapprocher des services douaniers compétents afin de mettre leurs appareils en conformité. Par ailleurs, les consommateurs sont appelés à plus de vigilance avant tout achat. Ils peuvent vérifier gratuitement le statut douanier d’un téléphone via la plateforme : mpie.camcis.cm⁠ Une nouvelle phase s’ouvre donc dans la coopération entre la Douane camerounaise et les opérateurs de téléphonie mobile, avec un mot d’ordre désormais clair : seuls les appareils en règle auront accès au réseau national.

Téléphones non dédouanés : la Douane serre l’étau, les opérateurs de téléphonie appelés à bloquer les appareils dès le 25 mai

Téléphones non dédouanés : la Douane serre l’étau, les opérateurs de téléphonie appelés à bloquer les appareils dès le 25 mai La collaboration entre la Direction Générale des Douanes (DGD) et les opérateurs de téléphonie mobile franchit une nouvelle étape au Cameroun. Réunis le 22 mai 2026 à Yaoundé autour du Directeur Général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, les représentants des sociétés de téléphonie mobile ont été invités à accélérer la mise en œuvre du nouveau mécanisme de contrôle des téléphones et autres terminaux numériques importés dans le pays. Au cours de cette audience, le Directeur Général des Douanes a salué l’implication des opérateurs dans le déploiement du dispositif électronique de collecte des droits et taxes de douane sur les téléphones portables, tablettes et autres équipements numériques. Les échanges entre les différentes parties ont notamment permis d’identifier *près de 700 000 téléphones introduits clandestinement sur le territoire national.* Selon les informations communiquées, ces appareils ont été connectés au réseau national des télécommunications après le 1er avril 2026 sans que les droits et taxes exigibles n’aient été acquittés. Une période de régularisation avait alors été accordée aux détenteurs concernés, à la suite d’un appel lancé par le Ministre des Finances afin qu’ils se rapprochent des services douaniers compétents. Si une partie des usagers a procédé aux démarches nécessaires, permettant ainsi le maintien de l’accès au réseau, plusieurs autres n’ont pas encore régularisé leur situation. La période de tolérance touche désormais à sa fin. Face à cette situation, la Direction Générale des Douanes a officiellement demandé à MTN, Orange et Camtel de procéder  au blocage effectif des terminaux non répertoriés sur la plateforme d’identification matérielle des téléphones portables, tablettes et autres terminaux numériques importés au Cameroun. La mesure prendra effet à compter du lundi 25 mai 2026. D’après les autorités douanières, cette décision s’appuie sur les dispositions prévues par la Loi de Finances 2023 ainsi que sur la Décision conjointe du 25 mars 2026 fixant les modalités spécifiques de collecte des droits et taxes applicables aux terminaux numériques importés. Dans cette nouvelle configuration, les opérateurs de téléphonie mobile devront désormais assurer une double mission : le blocage mais également le déblocage des appareils concernés. Les autorités précisent également que toute connexion au réseau local d’un appareil non dédouané pourrait engager la responsabilité de l’opérateur ayant autorisé son accès. Les services douaniers tiennent toutefois à rassurer certains utilisateurs : cette mesure ne concernera ni les téléphones déjà connectés au réseau national avant le 1er avril 2026, ni les appareils en roaming, encore moins ceux utilisés par les touristes en séjour temporaire au Cameroun. Au-delà du contrôle fiscal, les autorités estiment que cette opération pourrait contribuer à un assainissement du marché des téléphones mobiles, en limitant les circuits parallèles et les activités de contrebande. Les détenteurs de stocks non régularisés sont ainsi invités à se rapprocher des services douaniers compétents afin de mettre leurs appareils en conformité. Par ailleurs, les consommateurs sont appelés à plus de vigilance avant tout achat. Ils peuvent vérifier gratuitement le statut douanier d’un téléphone via la plateforme : mpie.camcis.cm⁠ Une nouvelle phase s’ouvre donc dans la coopération entre la Douane camerounaise et les opérateurs de téléphonie mobile, avec un mot d’ordre désormais clair : seuls les appareils en règle auront accès au réseau national.

Maladie à virus Ebola : la prévention demeure l’arme la plus efficace contre la propagation

Maladie à virus Ebola : la prévention demeure l’arme la plus efficace contre la propagation Face aux risques de flambées épidémiques, la prévention et la mobilisation communautaire restent les principaux remparts contre la maladie à virus Ebola (MVE). C’est l’un des principaux messages délivrés ce samedi par le Dr Abdoulaye Bousso, responsable du Centre des opérations d’urgence à l’OMS Afrique, au cours d’une discussion en direct organisée sur la page Facebook de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon l’expert, la lutte contre Ebola ne repose pas uniquement sur la prise en charge des malades, mais aussi sur un ensemble d’actions coordonnées visant à interrompre rapidement la chaîne de transmission. Parmi les mesures essentielles figurent la surveillance épidémiologique, l’identification et le suivi des personnes ayant été en contact avec les malades, les soins cliniques, les analyses en laboratoire, les pratiques d’inhumation sécurisées ainsi que la sensibilisation des populations. La maladie à virus Ebola est une infection virale grave qui peut évoluer rapidement et provoquer d’importantes complications lorsqu’elle n’est pas détectée et traitée à temps. Elle appartient à la famille des Orthoebolavirus et touche aussi bien les êtres humains que certaines espèces animales. La transmission initiale à l’être humain se produit généralement à travers un contact avec des animaux sauvages infectés, notamment certaines espèces de chauves-souris frugivores, de singes ou d’autres primates. La consommation de viande contaminée insuffisamment cuite peut également constituer un facteur de risque. La transmission entre humains se produit principalement lors d’un contact direct avec le sang, les sécrétions ou d’autres liquides biologiques d’une personne infectée. Les objets souillés, notamment les vêtements, le linge de lit ou le matériel médical contaminé, peuvent également contribuer à la propagation du virus. Pour limiter les risques, les autorités sanitaires recommandent d’éviter les contacts physiques rapprochés avec les personnes malades, de respecter les règles d’hygiène des mains, d’adopter les mesures de protection adaptées dans les structures de santé et de signaler rapidement tout cas suspect. L’OMS insiste également sur le rôle déterminant des communautés dans la riposte. Une population correctement informée est davantage en mesure d’adopter des comportements préventifs et de participer activement à la maîtrise des flambées épidémiques. L’organisation internationale accompagne par ailleurs les pays dans leurs efforts de prévention en assurant la surveillance des maladies, l’élaboration des plans de préparation et le déploiement d’équipes d’intervention lorsque des cas sont détectés. Son action couvre aussi la recherche des contacts, la vaccination, les analyses de laboratoire, l’appui logistique, la prise en charge médicale ainsi que la formation des personnels de santé. Pour les experts, une détection précoce, une réponse rapide et une implication active des populations restent les clés pour freiner la propagation du virus Ebola et réduire ses conséquences sur la santé publique.

ÉDUCATION : La précarité menstruelle, un défi majeur pour l’éducation des jeunes filles au Cameroun

ÉDUCATION : La précarité menstruelle, un défi majeur pour l’éducation des jeunes filles au Cameroun Derrière les murs des salles de classe, des milliers de jeunes filles camerounaises vivent chaque mois une réalité souvent ignorée : celle de la précarité menstruelle. Bien plus qu’un simple problème d’hygiène, cette situation constitue aujourd’hui un véritable frein à l’éducation, à la santé mentale et à l’épanouissement des adolescentes. C’est dans ce contexte que s’est tenu, le 19 mai dernier, un café média en ligne organisé par l’Association CHERREL, une organisation à but non lucratif engagée dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la santé reproductive au Cameroun. La rencontre portait sur le thème : « La précarité menstruelle, défi majeur pour l’éducation de la jeune fille ». La conférence a été animée par le Dr Afounde Jeannette, conseillère technique régionale en santé de la reproduction à plan-international. Un combat silencieux dans les écoles Pour de nombreuses adolescentes, les périodes menstruelles riment avec peur, anxiété et humiliation. La crainte des fuites sur l’uniforme, les moqueries des camarades ou encore l’absence d’installations sanitaires adaptées poussent certaines jeunes filles à manquer les cours plusieurs jours par mois. Dans plusieurs établissements scolaires, notamment en zones rurales et périurbaines, l’accès à l’eau potable, au savon et à des toilettes sécurisées reste insuffisant. Les élèves doivent parfois partager des latrines insalubres, sans intimité ni conditions minimales d’hygiène. Selon le Dr Afounde Jeannette, la gestion menstruelle ne se limite pas à la distribution de serviettes hygiéniques. Elle implique également un environnement scolaire sûr, un accès à l’information et un accompagnement sans stigmatisation. Des conséquences lourdes sur la scolarité La précarité menstruelle a des répercussions directes sur le parcours éducatif des jeunes filles : absentéisme répété ; baisse de concentration en classe ; perte de confiance en soi ; isolement social ; risque accru de décrochage scolaire. À cela s’ajoute la banalisation des douleurs menstruelles. Trop souvent, les souffrances exprimées par les adolescentes sont minimisées, alors qu’elles peuvent parfois révéler des pathologies plus graves comme l’endométriose. « Certaines adolescentes apprennent à disparaître socialement quelques jours par mois avant même d’avoir appris à croire pleinement en elles-mêmes », a souligné la conférencière. Une vulnérabilité encore plus forte chez certaines filles Les inégalités sont davantage accentuées chez les jeunes filles vivant en situation de handicap, dans des zones en conflit ou issues de familles en grande précarité économique. Le coût des protections hygiéniques, aggravé par la hausse des prix, devient pour plusieurs ménages une charge difficile à supporter. Briser le tabou et agir Face à cette réalité, les participants au café média ont insisté sur l’urgence de briser le silence autour des menstruations. Plusieurs pistes d’action ont été évoquées : améliorer les infrastructures sanitaires dans les écoles ; garantir l’accès à l’eau et au savon ; sensibiliser aussi bien les filles que les garçons ; former les enseignants et les parents à mieux accompagner les adolescentes ; ouvrir le débat sur l’accessibilité financière des protections hygiéniques. Au Cameroun, le manque de données statistiques sur la précarité menstruelle constitue encore un obstacle à une prise en charge efficace du problème. Pourtant, les acteurs de la société civile et les organisations engagées estiment qu’il s’agit désormais d’un enjeu majeur de santé publique et d’égalité des chances. Permettre aux jeunes filles de vivre leurs menstruations dans la dignité ne relève pas du luxe, mais d’un droit fondamental. Car tant que les règles resteront synonymes de peur ou de honte à l’école, l’égalité des chances demeurera incomplète.

Douanes camerounaises : technologies, sécurité et protection économique à l’honneur aux Journées portes ouvertes

Douanes camerounaises : technologies, sécurité et protection économique à l’honneur aux Journées portes ouvertes À la veille de la célébration de la 54ᵉ édition de la Fête nationale de l’Unité, le stand du ministère des Finances animé par les Douanes camerounaises à la Base aérienne 101 de Yaoundé a attiré une forte affluence ce 19 mai. Entre démonstrations technologiques, présentation des saisies et échanges avec les visiteurs, l’administration douanière a profité de cette occasion pour présenter ses missions et exposer les outils modernes qui renforcent aujourd’hui son action. Parmi les visiteurs de marque, le ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, accompagné d’une importante suite, a effectué une visite remarquée au sein du stand. Pendant plus de quinze minutes, le membre du gouvernement a pris le temps de parcourir les différents espaces et de découvrir les innovations mises en œuvre par les Douanes camerounaises. Le ministre s’est montré particulièrement attentif aux explications portant sur les dispositifs technologiques et les mécanismes modernes utilisés pour renforcer le contrôle des marchandises, sécuriser les frontières économiques et lutter contre les nouvelles formes de criminalité transfrontalière. Au-delà de son rôle souvent associé à la lutte contre les trafics illicites, l’administration douanière assure plusieurs missions essentielles au fonctionnement de l’État. Elle participe à la mobilisation des recettes publiques à travers la collecte des droits et taxes, contribue à la protection de l’économie nationale contre la fraude et la concurrence déloyale, veille à la sécurisation des échanges commerciaux, protège les consommateurs contre les produits dangereux ou contrefaits et participe à la surveillance des frontières économiques du pays. Elle joue également un rôle d’accompagnement des opérateurs économiques en facilitant les échanges commerciaux à travers des procédures modernisées et plus rapides. Anong Aroga, CTD des Douanes « Cette année, nous exposons les outils modernes que nous utilisons chaque jour dans notre travail. Nous présentons nos outils numériques ainsi que nos innovations récentes. Parmi elles figure le mécanisme de dédouanement des téléphones et autres équipements numériques. Nous expliquons aux visiteurs comment ce mécanisme participe à la protection des consommateurs, à la lutte contre la vie chère et à la sécurisation des usages. » L’autre innovation présentée est un système technologique moderne de ciblage et de contrôle des marchandises transportées dans les conteneurs au niveau des ports. « Cet outil permet le contrôle, l’analyse et le suivi des marchandises. Il contribue à renforcer notre capacité de lutte contre plusieurs formes de criminalité, notamment la contrebande, la fraude et les trafics illicites », explique-t-il. Cette démonstration a également permis de mettre en lumière le processus de modernisation engagé depuis plusieurs années par la Douane camerounaise. Avec l’intégration croissante des technologies numériques, la dématérialisation des procédures, les systèmes intelligents de contrôle et le renforcement des capacités techniques, l’institution entend gagner en efficacité tout en facilitant les opérations pour les usagers. Parmi les espaces les plus visités figure celui consacré aux produits saisis Andjeh Raissa, contrôleur adjoint des Douanes « Beaucoup de personnes se demandent ce que fait concrètement la douane au quotidien. Nous avons plusieurs missions : des missions économiques, des missions de surveillance ainsi que des missions d’assistance. Nous présentons ici les différentes saisies réalisées. Il peut s’agir de produits contrefaits ou encore de marchandises qui n’ont pas fait l’objet du paiement des droits et taxes de dédouanement. » Médicaments, produits cosmétiques, drogues, vêtements, cigarettes et plusieurs autres produits retirés des circuits illicites ont ainsi été exposés au public. Le stand a aussi suscité des vocations auprès des jeunes visiteurs venus s’informer sur les métiers de la douane. « Nous recevons beaucoup de jeunes qui souhaitent savoir comment devenir contrôleur des douanes, quelles études suivre ou comment se préparer aux concours. Certains arrivent avec une idée précise de leur avenir, tandis que d’autres repartent inspirés par les métiers qu’ils découvrent ici », confie un responsable. Simo Gladir, élève en classe de Terminale « J’ai été particulièrement intéressée par les saisies des marchandises que je viens de voir. Le nouveau mécanisme de dédouanement des téléphones m’intéresse aussi beaucoup. J’ai des frères et des oncles en Europe qui ont l’habitude de m’envoyer des téléphones portables. J’aimerais désormais savoir à quoi m’en tenir. » Comme elle, de nombreux visiteurs, jeunes et moins jeunes, ont cherché à mieux comprendre le travail quotidien de la Douane camerounaise. Une institution qui, aujourd’hui, ne se limite plus à la perception des droits et taxes, mais se positionne aussi comme un acteur majeur de la protection économique, de la sécurité nationale et de la modernisation des services publics.