De Douala aux réalités du terrain : repenser l’impact de la coopération pour les femmes au Cameroun

De Douala aux réalités du terrain : repenser l’impact de la coopération pour les femmes au Cameroun Du 27 au 28 avril 2026, Douala n’a pas seulement accueilli un atelier institutionnel : la ville est devenue le théâtre d’un engagement renouvelé pour l’égalité de genre, vu à travers les attentes concrètes des femmes camerounaises et les défis encore bien présents. Derrière les discours officiels et les échanges stratégiques de la Revue Annuelle 2025 de la coopération entre le Gouvernement et ONU Femmes, une réalité s’impose : les besoins sur le terrain restent importants, parfois urgents. Accès limité aux ressources, sous-représentation dans les instances décisionnelles, difficultés économiques… autant de barrières qui freinent encore l’autonomisation pleine et entière des femmes. Si la Représentante Résidente d’ONU Femmes, Marie Pierre Raky Chaupin, a mis en avant les progrès réalisés — renforcement des capacités, appui à l’entrepreneuriat féminin, promotion du leadership — son intervention laisse aussi transparaître une préoccupation centrale : comment faire mieux, avec des moyens de plus en plus contraints dans un contexte international marqué par la raréfaction des financements ? Du côté gouvernemental, le message se veut lucide et mobilisateur. Le représentant du MINEPAT, Smith Enow Arrey, reconnaît les avancées, mais insiste sur la nécessité de transformer les engagements en impacts visibles pour les femmes. Pour lui, l’enjeu dépasse les politiques : il s’agit de créer des conditions réelles permettant aux femmes de s’épanouir et de contribuer pleinement au développement du pays. Ainsi, cet atelier apparaît moins comme une simple évaluation technique que comme un moment de vérité. Il met en lumière l’écart persistant entre les ambitions affichées et les réalités vécues, tout en soulignant l’importance d’une action collective plus efficace, mieux coordonnée et surtout plus proche des besoins des bénéficiaires. Au-delà des salles de conférence, le véritable enjeu reste clair : faire en sorte que chaque décision prise à Douala ait un impact tangible dans la vie quotidienne des femmes, qu’elles soient entrepreneures, rurales, jeunes ou engagées dans la vie publique. Car c’est à ce niveau que se mesurera réellement le succès de cette coopération.

Gymnastique artistique : Célestin Simba offre au Cameroun une médaille de bronze aux Championnats d’Afrique de Yaoundé

Gymnastique artistique : Célestin Simba offre au Cameroun une médaille de bronze aux Championnats d’Afrique de Yaoundé Au terme de la 19e édition des Championnats d’Afrique de gymnastique artistique, disputée au Palais polyvalent des sports de Yaoundé, le Cameroun a évité une sortie sans médaille grâce à la performance d’un jeune athlète : Célestin Simba. Engagé chez les juniors, il a décroché le bronze au saut de cheval, offrant au pays son unique podium à domicile. Pendant plusieurs jours, l’espoir d’une médaille a animé le public camerounais, sans concrétisation. Il aura fallu attendre les dernières épreuves pour voir la situation évoluer. Presque discrètement, Célestin Simba est venu changer le cours du bilan national en s’imposant parmi les meilleurs de sa catégorie. Pour le jeune gymnaste, l’exploit a une résonance particulière. « C’est une grosse fierté pour moi, surtout que c’est ma toute première compétition internationale. J’ai commencé la gymnastique il y a seulement deux ans. En finale, je me suis dit que je n’avais rien à perdre, alors j’ai tout tenté », confie-t-il, encore marqué par l’émotion. Et d’ajouter : « Le simple fait d’être en finale était déjà une victoire. Et finalement, je repars avec cette médaille pour mon pays. » Dans les gradins comme au sein de la délégation, cette performance a été accueillie comme un soulagement dans une compétition globalement difficile pour les représentants camerounais. Avec 17 athlètes engagés, toutes catégories confondues, le pays espérait mieux figurer, mais a peiné à rivaliser avec les nations les plus structurées du continent. Sur le plan collectif, le Cameroun termine à la 4e place des qualifications par équipe, derrière des nations comme l’Égypte, l’Algérie et l’Afrique du Sud, plus expérimentées et régulières à ce niveau. Au classement général, l’Algérie et l’Égypte dominent la compétition avec 16 médailles chacune, tandis que l’Afrique du Sud complète le podium. Le Maroc et la Tunisie suivent plus loin, confirmant la hiérarchie actuelle de la gymnastique africaine. Au-delà des résultats, cette édition des Championnats d’Afrique aura surtout servi de baromètre à quelques mois des grandes échéances internationales, notamment les Championnats du monde prévus à Rotterdam, et dans la perspective des Jeux olympiques de 2028 à Los Angeles. Dans ce contexte, la médaille de Célestin Simba dépasse sa simple valeur sportive. Elle symbolise à la fois une promesse et un point d’appui pour l’avenir. Encore au début de sa carrière, le jeune gymnaste affiche déjà des ambitions, notamment une qualification aux Jeux olympiques de la jeunesse. Au moment de la clôture, une image résume cette performance : celle d’un jeune athlète porté en triomphe par ses coéquipiers. Une scène simple, mais forte, qui incarne la seule véritable éclaircie du Cameroun dans ces championnats.

Women Elevate : quand l’engagement féminin devient un levier de transformation sociale

Women Elevate : quand l’engagement féminin devient un levier de transformation sociale Le 25 avril 2026 à Yaoundé, une nouvelle impulsion a été donnée à la réflexion sur la place des femmes dans la société. Plus qu’une simple conférence, Women Elevate s’est imposée comme un espace stratégique où se dessinent des trajectoires d’influence, d’autonomie et de leadership féminin. À l’initiative de Susy Thérèse Atangana, également engagée à travers sa fondation, cette rencontre a rassemblé des femmes venues d’horizons variés, du Cameroun comme de la diaspora. L’objectif n’était pas seulement de débattre, mais de provoquer une évolution des mentalités et d’encourager une prise de position concrète dans les sphères sociale, économique et politique. Au cœur des échanges, une réalité persistante : les obstacles structurels qui freinent encore l’épanouissement des femmes. Manque de reconnaissance, accès limité aux opportunités, pressions sociales ou économiques… autant de défis qui ont été abordés sans détour. Mais loin d’un discours victimisant, les intervenants ont insisté sur la nécessité pour les femmes de reprendre le contrôle de leur trajectoire. L’idée centrale : transformer les contraintes en leviers d’action. Repenser l’identité et le pouvoir au féminin Les discussions se sont articulées autour de trois axes majeurs : l’identité, le pouvoir et la réussite. Ces notions, souvent abordées de manière théorique, ont ici été ramenées à des expériences concrètes. Construire son identité dans un environnement parfois contraignant, s’approprier les mécanismes du pouvoir, et redéfinir les critères de réussite : autant de défis qui exigent à la fois lucidité et stratégie. L’intervention de Samuel Ervé Mandeng a notamment apporté une dimension structurée à ces réflexions, en mettant en avant des approches méthodiques du leadership et de la progression personnelle. De l’inspiration à l’action L’un des points forts de cette rencontre réside dans son orientation résolument pratique. Témoignages, conseils et partages d’expériences ont permis aux participantes de repartir avec des outils concrets, directement applicables dans leur quotidien. Pour plusieurs d’entre elles, cette conférence marque un tournant : une prise de conscience suivie d’une volonté de transmission, notamment au sein de leurs communautés et associations. Au-delà de cet événement inaugural, Women Elevate se projette déjà comme une initiative à long terme. L’ambition est claire : créer un réseau solide basé sur le mentorat, la collaboration et la valorisation des parcours féminins. Dans un contexte où les perceptions évoluent lentement, cette dynamique collective apparaît comme un facteur clé de changement. Elle contribue à repositionner les femmes non plus seulement comme participantes au développement, mais comme actrices centrales de transformation. Ce que propose Women Elevate, au fond, c’est un changement de regard. Il ne s’agit plus de prouver que les femmes sont capables, mais de créer les conditions pour qu’elles exercent pleinement leur potentiel. Dans cette perspective, l’événement s’inscrit comme un point de départ : celui d’un mouvement où ambition, solidarité et vision se conjuguent pour redéfinir les contours du leadership au féminin.

Gymnastique : Kaylia Nemour décroche une troisième médaille d’or et confirme son règne à Yaoundé

Gymnastique : Kaylia Nemour décroche une troisième médaille d’or et confirme son règne à Yaoundé La moisson continue pour Kaylia Nemour. Aux Championnats d’Afrique de gymnastique artistique disputés à Yaoundé, la jeune prodige a une nouvelle fois marqué les esprits en s’adjugeant une troisième médaille d’or, consolidant son statut de référence incontournable sur le continent. Lors de la finale à la poutre, discipline exigeante par excellence, Nemour a livré une prestation maîtrisée, alliant précision, grâce et difficulté technique. Cette performance lui permet de dominer une fois de plus la compétition et d’inscrire son nom en lettres d’or dans cette 19e édition. Derrière elle, l’Algérie continue d’imposer sa suprématie. Sa compatriote Djenna Laraoui s’est illustrée en décrochant la médaille d’argent dans la même épreuve, confirmant la profondeur et la qualité de l’équipe nationale. Avec ces nouveaux résultats, la délégation algérienne porte son total à 13 médailles, dont 5 en or, 5 en argent et 3 en bronze. Une performance remarquable qui place le pays parmi les grandes nations de ces championnats, qui réunissent 12 pays et un total de 20 athlètes algériens engagés. Au-delà de ses exploits à Yaoundé, Kaylia Nemour incarne une trajectoire exceptionnelle. Née en 2006 en France, elle choisit de représenter l’Algérie sur la scène internationale, pays dont elle est originaire. Spécialiste des barres asymétriques, elle s’est rapidement imposée parmi l’élite mondiale grâce à son style audacieux et à la complexité de ses enchaînements. Sacrée sur la scène internationale et déjà médaillée dans de grandes compétitions, Nemour symbolise aujourd’hui une nouvelle génération de gymnastes africaines capables de rivaliser avec les meilleures au monde. À Yaoundé, elle ne se contente pas de gagner : elle inspire, tout en portant haut les couleurs de l’Algérie et du continent africain. À mesure que la compétition touche à sa fin, une certitude s’impose : Kaylia Nemour n’est pas seulement une championne en devenir, elle est déjà une figure majeure de la gymnastique mondiale. Denise Ebelle

Réaction – Diversity Days 2026 : « avancer avec le niveau que le pays nous propose »

Réaction – Diversity Days 2026 : « avancer avec le niveau que le pays nous propose » À l’occasion de la 2ᵉ journée des Diversity Days 2026, organisés à Yaoundé du 21 au 25 avril autour du thème « Enfant différent – Enfance & Handicap », Yves Wansi, Co- fondateur de DVLV ONG Cameroun, figure incontournable des questions liées au handicap, revient sur les échanges marquants, les défis de l’inclusion et les perspectives encore en construction pour l’accompagnement des enfants en situation de handicap, en lien notamment avec UNICEF. « Cette année, on a voulu mettre l’accent sur l’enfance, même si, personnellement, j’ai longtemps travaillé sur les adultes en situation de handicap. Le contexte ici est différent, et on est encore en phase d’apprentissage. Les échanges que nous avons eus, notamment lors des conférences, nous ont permis de mieux comprendre comment construire quelque chose de durable avec les structures locales et avec des partenaires comme l’UNICEF. Aujourd’hui, on ne va pas dire qu’on a déjà toutes les solutions. Ce serait faux. Mais on a une base. On a des informations, des retours d’expérience, et surtout une volonté claire de s’engager sur le long terme pour mieux accompagner les enfants. La conférence sur les enfants en situation de handicap a été particulièrement marquante. On avait autour de la table des associations, des institutions, des experts, mais aussi des familles. Il y avait des désaccords, parfois de la tension, mais c’est justement ce qui permet d’avancer. Ces regards croisés sont essentiels pour faire émerger des solutions adaptées à notre réalité. Ce qui m’a le plus marqué, ce sont les témoignages des parents. Beaucoup ont parlé de leurs enfants, notamment des enfants autistes, avec beaucoup d’émotion. Ça rappelle que derrière les chiffres, il y a des vies, des parcours, des défis quotidiens. Nous devons avancer, mais avancer à notre rythme, avec les réalités du pays. Il y a déjà des choses qui se font, et il faut les renforcer. Diversity Days, c’est aussi une expérience personnelle. Moi-même, je suis malvoyant. Avant d’être un adulte, j’étais un enfant en situation de handicap. Et souvent, on ne comprend pas ce qui nous arrive, ni comment être accompagné. C’est encore plus difficile pour les parents qui n’ont pas toujours les outils. C’est pour cela que cette deuxième journée est importante : on présente des solutions concrètes. Le braille, par exemple, qui doit s’apprendre très tôt. Des innovations comme la veste haptique pour les personnes sourdes, ou encore la réalité virtuelle pour aider certains enfants, notamment autistes, à apprendre autrement. L’objectif est simple : donner plus d’autonomie aux enfants. Leur permettre d’apprendre, de comprendre, de s’exprimer à leur manière. On est au début de quelque chose. Mais si on continue à travailler ensemble, avec les familles, les associations et les partenaires, on pourra construire des solutions adaptées et durables. »

Diversity Days 2026 à Yaoundé : un plaidoyer fort pour les enfants en situation de handicap

Diversity Days 2026 à Yaoundé : un plaidoyer fort pour les enfants en situation de handicap Depuis le 21 avril 2026, la 4ᵉ édition des Diversity Days bat son plein à l’Université de Yaoundé I. Porté par DVLV ONG Cameroun, en partenariat avec UNICEF, cet événement majeur s’inscrit sous le thème évocateur : « Enfant Différent – Enfance & Handicap ». Pendant trois journées (21, 22 et 25 avril), acteurs institutionnels, entreprises, familles, associations et grand public se réunissent autour d’un objectif commun : faire avancer l’inclusion des enfants en situation de handicap au Cameroun. Un enjeu majeur de société Aujourd’hui, selon les données de l’UNICEF, près de 240 millions d’enfants vivent avec un handicap dans le monde. Au Cameroun, la réalité est tout aussi préoccupante : 23 % des enfants âgés de 2 à 9 ans vivent avec un handicap Environ 370 000 enfants concernés Jusqu’à 9 enfants sur 10 exclus du système scolaire Ces chiffres traduisent une urgence : celle de repenser les politiques publiques, renforcer les dispositifs existants et briser les barrières sociales et structurelles qui freinent l’inclusion. Les Diversity Days 2026 ne se limitent pas à un simple événement de sensibilisation. Ils constituent un véritable espace de plaidoyer pour : Le droit à une éducation inclusive et adaptée La reconnaissance des besoins spécifiques des enfants handicapés La mise en place de solutions concrètes favorisant leur insertion sociale Au cœur de ce plaidoyer, une conviction forte : voir l’enfant avant le handicap. Il s’agit de promouvoir une société qui valorise les capacités plutôt que les limitations. Le rôle essentiel des familles, notamment des mères L’événement met également en lumière un pilier souvent invisibilisé : les mamans. Leur engagement quotidien, leur résilience et leur rôle dans le développement et le bien-être des enfants sont essentiels. Reconnaître et soutenir ces femmes, c’est renforcer toute la chaîne d’accompagnement et construire une société plus solidaire. Des espaces d’échange, d’innovation et d’action Organisées notamment à l’Université de Yaoundé I, les activités incluent : Des conférences et panels d’experts sur l’éducation inclusive et les droits de l’enfant; Des ateliers interactifs et espaces ludiques; La présentation de solutions innovantes (applications inclusives, outils immersifs, supports pédagogiques adaptés); Des moments de rencontre entre acteurs institutionnels, associatifs et professionnels; Une randonnée inclusive prévue le 25 avril vient également symboliser une société où chacun avance ensemble, sans exclusion. Des avancées, mais encore de nombreux défis Le Cameroun a enregistré des progrès, passant de 5 écoles inclusives en 2012 à plus de 720 en 2023. Mais ces efforts restent insuffisants face à l’ampleur des besoins. Les défis persistent : Manque d’infrastructures adaptées; Insuffisance de formation des éducateurs; Accès limité aux ressources pour les familles. À travers cette 4ᵉ édition, DVLV ONG et ses partenaires lancent un message clair : l’inclusion des enfants en situation de handicap est une responsabilité collective. Le partenariat avec UNICEF renforce cette dynamique en apportant expertise, crédibilité et portée internationale à ce plaidoyer. Les Diversity Days 2026 rappellent que chaque enfant mérite : d’apprendre, de s’épanouir, de participer pleinement à la société. Au-delà des discours, l’enjeu est désormais d’agir durablement. Car une société inclusive ne se décrète pas : elle se construit, ensemble, jour après jour.

Milly Nadège FOKAM: entreprendre au Cameroun comme acte de foi

Quand on rencontre Milly Nadège FOKAM pour la première fois, on est immédiatement frappé par sa simplicité désarmante, sa courtoisie naturelle et cette chaleur humaine qui émane d’elle spontanément. Rien dans son attitude ne trahit le parcours exceptionnel de cette femme d’affaires franco-camerounaise, qui dirige depuis la France deux structures entrepreneuriales au Cameroun avec une vision aussi claire qu’ambitieuse : faire du Cameroun un pays où le talent n’attend plus une chance, il en crée.   Un parcours forgé dans l’excellence et la diversité Milly Nadège FOKAM est de celles qui ne font jamais les choses à moitié. Titulaire d’un MBA en Management et Administration des Entreprises option Marketing, obtenu en école de commerce, elle pousse plus loin son excellence académique avec un Master en Administration des Entreprises option Ressources Humaines. Une double formation qui lui forge très tôt une vision globale et transversale du monde de l’entreprise. Avant de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale camerounaise, elle forge son expérience à la tête de plusieurs entreprises dans des secteurs aussi variés que le prêt-à-porter, les télécommunications et le transport. À chaque étape, elle occupe des postes de direction, affûtant sa capacité à gérer, à innover et à anticiper. Installée en France depuis 25 ans, elle aurait pu, comme beaucoup, se contenter de construire sa réussite personnelle en Europe. Mais ce n’est pas le chemin qu’elle a choisi.   Un engagement né d’une indignation constructive C’est une réalité qui lui était devenue insupportable : des jeunes camerounais brillants, diplômés bac+4, bac+5, bac+7, réduits au chômage faute d’opportunités. Des compétences exceptionnelles, invisibles. Des talents qui s’éteignent avant même d’avoir eu la chance de briller. Face à ce constat, Milly Nadège FOKAM ne se contente pas de s’indigner — elle agit. En 2015, elle crée Promillys au Cameroun, une entreprise multisectorielle basée à Yaoundé, positionnée autour de trois départements stratégiques : les Solutions Ressources Humaines, la Communication – Marketing – Digital, et les Formations Professionnelles & Renforcement de Capacités. Son idée directrice ? Proposer des services d’externalisation de compétences et des solutions RH innovantes pour donner un emploi concret à un maximum de jeunes diplômés camerounais. « Mon objectif premier était de pouvoir donner un emploi à un maximum de jeunes diplômés », confie-t-elle avec cette franchise qui la caractérise. Aujourd’hui, Promillys emploie une équipe dont 80% des collaborateurs sont des femmes — un chiffre qui n’est pas le fruit du hasard, mais d’une politique de recrutement délibérément inclusive et favorable à l’employabilité féminine.   Promillys Academy : former pour transformer Parallèlement à Promillys, Milly Nadège FOKAM développe Promillys Academy, centre de formation agréé par le MINEFOP — ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle du Cameroun. Une structure qui propose des formations professionnelles en présentiel et en ligne, couvrant des domaines aussi variés que le marketing digital, l’intelligence artificielle, les langues étrangères, la gestion de projet, la comptabilité, la photographie, la décoration ou encore les arts culinaires. Promillys Academy, c’est la conviction profonde que la formation est le levier le plus puissant de transformation sociale et économique. Former un individu, c’est changer une trajectoire. Changer une trajectoire, c’est transformer une famille. Transformer une famille, c’est contribuer au développement d’un pays. Une équation simple, mais dont Milly Nadège FOKAM a fait sa philosophie de vie.   L’entrepreneuriat féminin, un combat du quotidien Au-delà de la gestion de ses structures, Milly Nadège FOKAM s’engage personnellement et concrètement en faveur de l’entrepreneuriat féminin. Elle coache et encadre des femmes entrepreneures, les accompagnant dans le développement et la structuration des entreprises qu’elles ont déjà créées. Pour elle, accompagner une femme dans son projet entrepreneurial, c’est démultiplier l’impact social et économique de son action. « Il y a des femmes extraordinaires au Cameroun, qui ont des projets, des idées, de l’énergie. Ce dont elles ont besoin, c’est d’un cadre, d’un accompagnement et d’une confiance. C’est ce que j’essaie de leur apporter », explique-t-elle avec cette bienveillance qui définit sa relation aux autres. Son engagement pour l’employabilité des femmes ne se limite pas au discours. Il se traduit par des actes concrets, mesurables et durables, au sein même de ses structures et dans l’écosystème entrepreneurial camerounais qu’elle contribue à façonner jour après jour.   Une diaspora qui donne, pas qui prend Milly Nadège FOKAM incarne une vision positive et engagée de la diaspora africaine. Loin des clichés, elle ne perçoit pas l’entrepreneuriat comme un simple levier de croissance financière ou matérielle. Pour elle, entreprendre au Cameroun depuis la France, c’est avant tout participer activement à la vie économique de son pays d’origine, contribuer à la réduction du chômage et assumer une responsabilité sociale réelle. « Quand on embauche dans un pays, on participe à la réduction du chômage. C’est une forme d’action sociale directe », affirme-t-elle avec conviction. Une philosophie qui se prolonge bien au-delà des murs de ses entreprises, à travers des actions sociales menées en faveur des personnes démunies et défavorisées — un engagement discret, pudique, mais profondément ancré dans ses valeurs.   La grandeur dans la simplicité Ce qui frappe ceux qui ont la chance de croiser Milly Nadège, c’est cette rare combinaison entre l’excellence professionnelle et l’humilité personnelle. Une femme de conviction, respectueuse de ses aînés et de ceux qui l’ont précédée, d’une politesse et d’une courtoisie exemplaires, qui avance avec la certitude tranquille de celle qui sait pourquoi elle se bat. Dans un monde entrepreneurial souvent dominé par l’ego et l’apparence, Milly Nadège FOKAM choisit la voie de la substance et de l’impact. Et c’est précisément cette authenticité qui fait d’elle une figure inspirante, non seulement pour les femmes entrepreneures camerounaises et africaines, mais pour tous ceux qui croient que l’entrepreneuriat peut et doit être un outil de transformation sociale. Martial Obiona

Corridor Douala-Bangui: le MINTP mobilise le secteur privé autour du programme d’aménagement

Le Ministre des Travaux Publics a tenu, le 14 avril 2026, un atelier d’information, d’échanges et de consultation à l’intention des acteurs du secteur privé, dans le cadre du programme d’aménagement du corridor Douala-Bangui, soutenu par plusieurs partenaires financiers, dont la Banque mondiale. Cette rencontre avait pour objectif d’évaluer l’intérêt du marché pour le projet, de recueillir les observations des participants sur les exigences, les risques et les opportunités, ainsi que d’identifier des partenaires capables de proposer des solutions innovantes pour la réalisation des travaux. Elle a également permis d’engager une réflexion sur la structuration optimale du projet, en amont du lancement d’un éventuel appel d’offres. Présidée par le Ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, la session a permis au Directeur Général des Études Techniques de préciser que cette phase est consacrée au partage d’informations et à la collecte de contributions. Il a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas du démarrage du processus de passation des marchés, et que la participation à cet atelier ne confère aucun avantage pour les procédures futures. Le corridor concerné couvre plusieurs axes stratégiques, notamment :   la route Yaoundé–Douala (215 km), dont la reconstruction est envisagée ;   les sections Yaoundé–Ayos–Bonis (332 km) et Bonis–Bertoua–Garoua-Boulaï (253 km), qui feront l’objet de travaux de réhabilitation La mise en œuvre du programme bénéficie de l’appui de plusieurs partenaires, parmi lesquels la Banque mondiale, la Banque islamique de développement (BID), l’Agence française de développement (AFD), l’Union européenne (UE) et la Banque européenne d’investissement (BEI). Il s’inscrit dans les orientations du Président de la République, en cohérence avec la Stratégie nationale de développement à l’horizon 2030 et le programme spécial de relèvement du réseau routier. Selon le Ministre Emmanuel Nganou Djoumessi, ce projet vise à répondre à la fois aux attentes des usagers et aux besoins des populations riveraines. Dans la perspective de renforcer la participation des entreprises de construction et des bureaux d’études, le Coordonnateur de la Cellule des projets routiers à financements conjoints a soumis plusieurs axes de réflexion aux participants, notamment : les méthodes de passation des marchés les plus adaptées ; les facteurs influençant la décision de soumissionner (taille des marchés, délais, conditions contractuelles, etc.) ; les incitations contractuelles susceptibles de stimuler la participation (avances, primes de performance, etc.) ; les principaux risques liés au projet et les mesures d’atténuation ; les leviers d’amélioration de l’attractivité des marchés ; ainsi que les modalités de valorisation des couches de chaussée existantes. Les contributions attendues alimenteront les prochaines concertations, dans une démarche de co-construction du projet avec l’ensemble des parties prenantes.

Entretien routier: le Cameroun amorce un virage stratégique vers la prévention et la performance

Le Ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a présidé le 14 avril 2026 un atelier consacré à la refonte du système d’entretien du réseau routier camerounais. Cette rencontre a réuni partenaires techniques et financiers, administrations sectorielles ainsi que les professionnels du domaine, autour d’une étude en cours conduite par le groupement EGIS Cameroun/MESNO et financée par la Banque mondiale. L’objectif est de renforcer durablement le système d’entretien du réseau routier national, dans un contexte marqué par l’extension continue des infrastructures, impulsée par le Président de la République, Paul Biya. Face aux défis liés à la durabilité des routes, les pouvoirs publics entendent opérer un changement de paradigme en privilégiant désormais une approche préventive et mieux planifiée. Cette nouvelle orientation repose sur un diagnostic approfondi de l’état du réseau, l’élaboration d’une stratégie réaliste et finançable, ainsi que la définition d’une feuille de route opérationnelle. Les échanges ont permis de mettre en lumière plusieurs priorités, notamment le renforcement du financement de l’entretien, le contrôle des charges à l’essieu pour limiter la dégradation des routes, et l’amélioration de l’accès des entreprises locales aux marchés publics. Les participants ont également insisté sur la nécessité de professionnaliser davantage le secteur, à travers la formation et le renforcement des capacités, tout en intégrant des outils modernes de gestion. La digitalisation, notamment des stations de pesage, ainsi que le développement de systèmes d’aide à la décision ont été identifiés comme des leviers essentiels pour améliorer l’efficacité globale du dispositif. Le Ministre des Travaux publics a appelé à une mobilisation accrue de l’ensemble des parties prenantes afin de garantir le succès de cette réforme, avec pour ambition de doter le Cameroun d’un système d’entretien routier moderne, performant et durable. À travers cette démarche, le Cameroun entend poser les bases d’une gestion plus proactive et efficiente de son patrimoine routier, en phase avec les exigences de développement et de durabilité.   Réaction de Stéphane Dagba, Directeur des opérations à EGIS Cameroun: « Cette stratégie que nous élaborons a pour ambition de répondre aux grandes orientations de l’État, notamment la vision à l’horizon 2035, la SND30 et les enjeux liés au développement durable et aux changements climatiques. Elle va nous permettre de poser un diagnostic clair de l’état actuel du patrimoine routier et d’identifier l’ensemble des acteurs afin de créer de véritables synergies. À partir de ce travail, nous allons définir une feuille de route qui précisera les politiques et les actions à mettre en œuvre pour améliorer la gestion du réseau, que ce soit en matière de financement, d’organisation des acteurs ou encore de gestion des matériaux. L’objectif est de fournir des outils fiables et opérationnels à toutes les parties prenantes. Concernant les PME, il est essentiel de mieux connaître leurs capacités réelles et de revoir certains mécanismes, notamment les conditions d’accès aux marchés, les modalités de financement, les avances de démarrage et les délais de paiement, qui constituent aujourd’hui de véritables contraintes. Il s’agit de créer un environnement plus favorable à leur développement. S’agissant des stations de pesage et des péages, rien n’est encore arrêté à ce stade. Nous sommes encore en phase de cadrage, mais nous allons analyser les possibilités de digitalisation et d’automatisation, notamment pour améliorer le contrôle et la prise en compte des données. Enfin, il ne faut pas oublier que l’entretien routier est une responsabilité partagée. La réussite de cette stratégie reposera aussi sur une bonne communication et sur l’implication de tous les acteurs, y compris les usagers, afin d’encourager un véritable changement de comportement. »

Buea accueille un camp de codage pour autonomiser les jeunes filles dans le numérique

La ville de Buéa a servi de cadre hier au lancement du camp national de codage pour jeunes filles, organisé dans le cadre de l’initiative African Girls Can Code Initiative (AGCCI), portée par l’International Telecommunication Union en collaboration avec ONU Femmes et la Commission de l’Union africaine. Ce programme ambitieux vise à réduire la fracture numérique entre les sexes en dotant les jeunes filles âgées de 14 à 25 ans de compétences essentielles en technologies de l’information et de la communication (TIC), en programmation et en innovation numérique. Le camp, qui s’étend sur une semaine, combine une formation en présentiel avec un apprentissage en ligne via la plateforme ITU Academy. Cette approche hybride permet aux participantes de développer à la fois des compétences techniques et transversales. Au programme figurent notamment : L’introduction à la programmation (Scratch, HTML, bases du Python); Le développement web La cybersécurité et la sécurité en ligne; L’intelligence artificielle et la robotique; Le design graphique, l’animation et les jeux; L’entrepreneuriat et le développement de modèles économiques Les participantes sont également initiées aux grandes priorités continentales telles que l’Agenda 2063 et les Objectifs de Développement Durable (ODD).   Combler le fossé entre les genres dans les STEM Dans un contexte où le secteur des TIC constitue un pilier majeur des économies africaines, les organisateurs soulignent l’urgence de renforcer la participation des femmes dans les filières scientifiques et technologiques. « Les jeunes filles et les femmes restent largement sous-représentées dans les domaines des TIC et des STEM, malgré leur immense potentiel », a déclaré une représentante d’ONU FEMMES « Cette initiative vise à leur donner les moyens de devenir des leaders et des innovatrices dans l’économie numérique. >> Au-delà des compétences techniques, le camp met un accent particulier sur le développement personnel : leadership, travail en équipe, résolution de problèmes et esprit entrepreneurial. Les participantes auront l’opportunité de concevoir et de présenter des projets innovants à la fin de la formation, lors d’une session de démonstration suivie de la remise des certificats.   Un partenariat stratégique pour l’avenir numérique du Cameroun L’événement bénéficie du soutien de plusieurs partenaires institutionnels et académiques, dont le Higher Institute of Management Studies of Buea, illustrant l’importance de la collaboration pour promouvoir l’inclusion numérique. Ce camp s’inscrit dans une série d’initiatives déployées dans plusieurs pays africains, notamment le Cameroon, le Ghana, le Kenya, le Nigeria et l’Éthiopie. Dans son allocution, la représentante résidente a encouragé les jeunes filles à croire en leur potentiel : « Osez apprendre, créer et innover. Les compétences que vous acquerrez ici ouvriront des portes vers l’emploi, l’entrepreneuriat et vous permettront de contribuer activement au développement de votre pays. » Alors que le Cameroun poursuit sa transformation numérique, des initiatives comme l’AGCCI apparaissent comme des leviers essentiels pour bâtir une société plus inclusive, où aucune fille n’est laissée de côté. « Si vous éduquez une fille, vous éduquez une nation. »