Dialogue social : le droit de grève au cœur des échanges au Mintss
Dialogue social : le droit de grève au cœur des échanges au Mintss
L’exercice du droit de grève, les conditions de travail, la protection sociale ainsi que l’adaptation du cadre législatif aux mutations du monde professionnel ont dominé les débats lors des 48e et 49e sessions du Comité de concertation sociale, tenues le 30 juin à Yaoundé sous la présidence du ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona.
La rencontre a réuni les représentants des organisations syndicales, des fédérations professionnelles et des administrations publiques autour d’un objectif commun : renforcer le dialogue social afin de préserver la paix sociale et promouvoir le travail décent au Cameroun.
Au centre des discussions figurait la question du droit de grève. Tout en rappelant que cette liberté est consacrée par les textes nationaux et les conventions internationales ratifiées par le Cameroun, le ministre du Travail a souligné la nécessité d’un exercice responsable de ce droit. « Le droit de grève, auquel nous sommes fondamentalement attachés, doit s’effectuer dans le respect des lois de la République et de la préservation de l’ordre public social », a déclaré Grégoire Owona.
Les échanges ont également permis de mettre en lumière plusieurs défis auxquels sont confrontés les travailleurs. Stress professionnel, épuisement au travail, harcèlement, troubles musculo-squelettiques, violences en milieu professionnel et précarité de l’emploi ont été évoqués. Face à ces préoccupations, le gouvernement a plaidé pour une mobilisation accrue des partenaires sociaux en faveur d’un environnement de travail plus sûr et plus protecteur.
Prenant la parole au nom des organisations syndicales, la présidente de la Confédération camerounaise du travail (CCT), Ekoan Antoinette, a insisté sur la nécessité de rendre le dialogue social plus efficace et davantage orienté vers des résultats concrets. Elle a notamment attiré l’attention sur la montée du chômage des jeunes, le respect des normes internationales du travail et l’extension de la couverture sociale.
La responsable syndicale a par ailleurs plaidé pour une révision du Code du travail de 1992, estimant que celui-ci ne répond plus entièrement aux réalités actuelles du marché de l’emploi. Selon elle, l’émergence des métiers du numérique, des plateformes digitales et du télétravail impose une actualisation du cadre juridique national. Elle a également appelé au respect effectif des conventions collectives conclues entre partenaires sociaux.
Abordant la question des principes et droits fondamentaux au travail, Ekoan Antoinette a reconnu que le droit de grève constitue un acquis majeur garanti par la Constitution et les conventions internationales relatives à la liberté syndicale. Toutefois, elle a relevé plusieurs obstacles à son exercice effectif, d’où la nécessité, selon elle, de revisiter certaines dispositions législatives et réglementaires.
Les préoccupations spécifiques de certains secteurs d’activité ont aussi été portées à l’attention des pouvoirs publics. Président de la Confédération générale des syndicats des transporteurs du Cameroun, Pierre Ntamack Nyemeck a salué l’existence de ce cadre de concertation, qu’il considère comme un instrument privilégié de dialogue entre les travailleurs et les autorités.
Le responsable syndical a notamment évoqué les pratiques de corruption sur certains axes routiers, les dysfonctionnements observés dans les postes de contrôle de charge ainsi que la circulation de véhicules en surcharge sur les corridors sous-régionaux. Il a également dénoncé la prolifération du carburant frelaté en provenance du Nigeria, qu’il considère comme une menace pour les transporteurs et les opérateurs formels du secteur pétrolier.
Au terme des travaux, les participants ont réaffirmé leur attachement au dialogue social comme outil privilégié de prévention et de règlement des conflits professionnels. Gouvernement et partenaires sociaux se sont accordés sur la nécessité de poursuivre les concertations afin d’améliorer les conditions de travail, de renforcer la protection sociale des travailleurs et d’adapter progressivement la législation aux transformations économiques et technologiques.
Pour le ministère du Travail et de la Sécurité sociale, la consolidation du dialogue entre les différents acteurs du monde du travail demeure un levier essentiel pour préserver la stabilité sociale, améliorer la productivité des entreprises et accompagner durablement le développement du Cameroun.
























































































