Or camerounais : l’État veut reprendre le contrôle d’un secteur qui échappe encore à la nation

Or camerounais : l’État veut reprendre le contrôle d’un secteur qui échappe encore à la nation
La bataille pour la maîtrise des ressources minières camerounaises est lancée. Au centre des préoccupations du gouvernement : l’écart entre les quantités réellement produites dans les zones d’exploitation aurifère et celles déclarées officiellement, une situation qui représente un manque à gagner pour l’État.
Face au public du Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO 2026), le 9 juin, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique a placé la restructuration de l’exploitation artisanale et semi-mécanisée au cœur des priorités.
Selon le membre du gouvernement, une partie de l’or extrait du sous-sol camerounais ne correspondrait pas aux volumes déclarés à l’extérieur. Pour lui, cette différence traduit des insuffisances dans les mécanismes actuels de production, de collecte et de traçabilité.
La réforme engagée vise donc à mieux encadrer le secteur. L’État veut notamment imposer des critères plus stricts aux opérateurs semi-mécanisés, afin de s’assurer que les exploitations disposent de capacités réelles de production et contribuent effectivement aux recettes publiques.
Le ministre a également rappelé la place que doivent occuper les nationaux dans cette activité. Pour l’exploitation semi-mécanisée, les Camerounais doivent détenir au moins 51 % des intérêts conformément aux règles en vigueur. Selon lui, les pratiques illégales entraînent au contraire une perte de contrôle des acteurs camerounais sur leurs propres ressources.
La riposte est déjà engagée sur le terrain judiciaire. Le ministre a indiqué que 110 sociétés, parmi celles identifiées lors des opérations de contrôle, ont été traduites devant les tribunaux de l’Est et de l’Adamaoua. L’objectif affiché par le gouvernement est d’assainir le secteur et de rétablir un cadre plus transparent.
Cette volonté de reprise en main intervient alors que le Cameroun veut accélérer son entrée dans une nouvelle phase minière. Le ministre a rappelé que le pays est désormais engagé dans plusieurs grands projets structurants.
Parmi eux figurent les projets de fer de Grand Zambi, des Mamelles de Kribi porté par Sinosteel, ainsi que le projet de bauxite de Minim-Martap. Ce dernier est présenté comme l’un des chantiers les plus avancés, avec des travaux déjà engagés sur les volets transport, mine et terminal minéralier. Les premières exportations de bauxite sont annoncées pour septembre 2026.
Le gouvernement a également évoqué plusieurs projets aurifères en développement, notamment dans les régions septentrionales, qui devraient contribuer à diversifier les revenus issus des ressources extractives.
À travers ces investissements et la réforme du secteur artisanal, l’ambition affichée est de faire des mines un véritable moteur de croissance et d’industrialisation. Mais le premier défi reste de garantir que la richesse produite dans les profondeurs du pays bénéficie pleinement à l’économie nationale.
Denise Ebelle






































































