François Bingono Bingono : « Le numérique doit être le contenant de notre culture »

François Bingono Bingono : « Le numérique doit être le contenant de notre culture »
Présentée officiellement le 28 mai 2026 à Yaoundé, la plateforme numérique Aňdjeun ambitionne de démocratiser l’accès au savoir, à la culture et à la formation à travers une bibliothèque numérique pensée pour la jeunesse africaine. Au cours de cette cérémonie qui a réuni acteurs du monde culturel, éducatif et numérique, plusieurs personnalités ont salué cette initiative portée par Gabriel Fopa. Parmi elles, le journaliste, écrivain et homme de culture François Bingono Bingono a livré une réflexion profonde sur les liens entre culture, langue et transformation numérique, plaidant pour un développement technologique enraciné dans les réalités africaines.
Journaliste, écrivain et homme de culture, Bingono Bingono a salué l’initiative Aňdjeun, qu’il considère comme une réponse pertinente au défi de la transmission des savoirs africains à l’ère du numérique. Dans une intervention à la fois philosophique et engagée, il a insisté sur l’importance des langues locales et de l’ancrage culturel dans les projets de transformation numérique.
Prenant la parole au cours de la cérémonie, Bingono Bingono a d’abord rappelé le rôle central de la langue dans la construction des peuples. Selon lui, la langue peut devenir un instrument de domination lorsqu’elle est imposée au détriment des langues locales. À l’inverse, elle constitue un puissant levier d’émancipation lorsqu’elle permet à une communauté de transmettre ses valeurs, son histoire et sa vision du monde.
L’homme de culture a ainsi plaidé pour une meilleure valorisation des langues africaines, qu’il considère comme des vecteurs essentiels de mémoire et d’identité.
Poursuivant son propos, il a salué l’initiative portée par Gabriel Fopa à travers la plateforme Aňdjeun, dont le nom puise ses racines dans le patrimoine linguistique camerounais. Dans plusieurs langues bamiléké, notamment le ghomala’ et le fe’efe’, « Aňdjeun » désigne une source d’eau potable.
Pour Bingono Bingono, ce choix n’est pas anodin. Il y voit une métaphore forte du rôle que doit jouer la connaissance dans la société.
« L’eau est source de vie. Elle irrigue les terres, nourrit les hommes et assure la continuité de l’existence. Dans la cosmologie africaine, elle occupe une place centrale. Donner ce nom à une bibliothèque numérique, c’est affirmer que le savoir doit être une source accessible à tous », a-t-il expliqué.
L’écrivain a également mis en avant la nécessité de construire une véritable alliance entre la culture et le numérique. Selon lui, les technologies modernes ne doivent pas être de simples outils de consommation de contenus venus d’ailleurs, mais des espaces de valorisation du patrimoine intellectuel africain.
Pour illustrer sa pensée, il a eu recours à une image simple : le numérique représente le contenant, tandis que la culture africaine en constitue le contenu.

« Nous disposons aujourd’hui d’outils technologiques performants. Mais leur véritable valeur dépend de ce que nous y mettons. Si nous remplissons ces outils de nos savoirs, de nos langues, de notre histoire et de nos savoir-faire, alors le numérique deviendra un puissant moteur de développement pour le Cameroun et pour l’Afrique », a-t-il affirmé.
Pour François Bingono Bingono, l’avenir du continent passe précisément par cette rencontre harmonieuse entre innovation technologique et héritage culturel. Une vision qui rejoint pleinement l’ambition portée par Aňdjeun : faire du numérique un vecteur de diffusion des connaissances, de préservation des identités et d’émancipation des jeunes générations africaines.
Cette version est rédigée dans un style de reportage de presse et assure une transition fluide entre le contexte de l’événement et l’intervention de François Bingono Bingono.






































































