Accaparement des terres forestières : les résultats d’une étude régionale dévoilés à Yaoundé

  Accaparement des terres forestières : les résultats d’une étude régionale dévoilés à Yaoundé   Réunis le 30 mars 2026 à Yaoundé, chercheurs, universitaires et acteurs du développement ont pris part à l’atelier de clôture d’un projet de recherche sur l’économie politique de l’accaparement et de la conversion des terres forestières dans le Bassin du Congo. Une rencontre qui met en lumière les responsabilités des élites et les impacts majeurs sur les communautés et l’environnement. Organisée par un consortium réunissant CIFOR-ICRAF, Green Development Advocates et l’Université de Yaoundé 1, avec le soutien de l’Union européenne dans le cadre du programme RESSAC, cette rencontre visait à restituer les principaux résultats d’une étude menée au Cameroun, au Gabon et au Congo. Les travaux présentés ont permis de revenir sur la notion d’accaparement des terres, caractérisée par l’acquisition à grande échelle de surfaces foncières par des acteurs puissants, dans un contexte marqué par un déséquilibre entre les parties prenantes. Ce processus se traduit souvent par la dépossession des communautés locales de leurs terres coutumières, essentielles à leur subsistance. Bien que ce phénomène ne soit pas nouveau, il a connu une accélération notable depuis la fin des années 2000, en lien avec les crises alimentaires et économiques mondiales. Aujourd’hui, l’Afrique apparaît comme la région la plus touchée, concentrant une part importante des transactions foncières à grande échelle. Le Cameroun figure parmi les pays les plus exposés, avec une proportion significative de terres cédées à des investisseurs, tandis que le Gabon et le Congo sont également concernés, bien que dans des proportions moindres. Des conséquences socioéconomiques et environnementales majeures L’étude met en évidence les effets multiples de l’accaparement et de la conversion des terres forestières. Sur le plan social, ces dynamiques fragilisent les communautés rurales, en réduisant leur accès aux ressources foncières et en accentuant les inégalités. Sur le plan économique, elles influencent les économies nationales, tout en renforçant la concentration des richesses entre les mains d’une élite. Les impacts environnementaux sont tout aussi préoccupants. La conversion des forêts entraîne une perte importante de biodiversité et une dégradation des services écosystémiques, indispensables à l’équilibre des territoires et au bien-être des populations.   Un regard nouveau sur le rôle des élites L’un des apports majeurs de cette recherche réside dans son approche analytique. Contrairement aux études traditionnelles centrées sur les investisseurs étrangers, celle-ci met en lumière le rôle des élites locales dans les processus d’accaparement des terres. Cette lecture permet de mieux comprendre les dynamiques internes propres aux pays du Bassin du Congo et d’identifier des pistes d’action adaptées aux réalités locales. Au-delà de la production scientifique, cet atelier s’inscrit dans une démarche de vulgarisation des résultats. Les organisateurs ont souhaité associer un large éventail d’acteurs — décideurs publics, organisations de la société civile, chercheurs et médias — afin de favoriser une meilleure compréhension des enjeux. L’objectif est de renforcer le dialogue entre les différentes parties prenantes et d’encourager la mise en œuvre de solutions concrètes. Pour une gouvernance foncière plus inclusive Les échanges ont mis en évidence la nécessité d’améliorer la gouvernance foncière dans les pays concernés. Parmi les priorités évoquées figurent la sécurisation des droits des communautés locales, la transparence dans les transactions foncières et la prise en compte des enjeux environnementaux dans les politiques publiques. À travers ce projet, le consortium ambitionne de contribuer à l’émergence de politiques plus équitables et durables, capables de concilier développement économique, justice sociale et préservation des écosystèmes dans le Bassin du Congo.   Denise Ebelle

Réforme des taxes sur les téléphones : le Cameroun bascule dans le contrôle numérique dès le 1er avril

Réforme des taxes sur les téléphones : le Cameroun bascule dans le contrôle numérique dès le 1er avril À la veille de l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation, le directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, a présenté à Yaoundé un dispositif entièrement digitalisé de taxation des terminaux numériques. Objectif : freiner la contrebande, améliorer la traçabilité des appareils et restaurer des recettes fiscales en forte chute. À compter du 1er avril 2026, la douane camerounaise amorce un tournant décisif dans la gestion des importations de téléphones portables et autres terminaux connectés. Cette réforme, dévoilée le 31 mars à Yaoundé lors d’une rencontre avec la presse, vise avant tout à moderniser le système de contrôle en s’appuyant sur des outils numériques, plutôt que d’alourdir la pression fiscale. La mobilisation autour de cette annonce a été remarquable. De nombreux médias, tant nationaux qu’internationaux, ont répondu présents, remplissant entièrement la salle. Face aux journalistes, le directeur général des Douanes a pris le temps de répondre à toutes les interrogations, apportant des éclairages sur les modalités pratiques, les coûts et les objectifs de cette transformation. Cette réforme intervient dans un contexte préoccupant pour les finances publiques. En effet, les recettes issues de la taxation des téléphones portables ont connu une chute spectaculaire au fil des années. Alors qu’elles atteignaient en moyenne 2 milliards de FCFA par mois au début des années 2000, elles plafonnent aujourd’hui à environ 100 millions de FCFA en 2025. Une baisse drastique, d’autant plus paradoxale que le marché des télécommunications a généré près de 829,9 milliards de FCFA de revenus en 2024. Cette situation met en lumière l’ampleur des pratiques informelles et de la contrebande qui échappent au contrôle de l’État. Depuis plusieurs années, l’administration douanière faisait face à de nombreuses failles : importations non déclarées, sous-évaluation des marchandises et limites du contrôle physique aux frontières. Pour corriger ces dysfonctionnements, les autorités ont opté pour une solution technologique basée sur l’identification des appareils via leur numéro IMEI, véritable identifiant unique. Concrètement, le nouveau dispositif repose sur un processus entièrement numérisé. Lors de l’importation, les opérateurs économiques doivent transmettre les numéros IMEI des appareils à travers un manifeste électronique. Ces données sont ensuite analysées par le système douanier, qui identifie automatiquement les caractéristiques des terminaux — marque, modèle et catégorie — afin de générer une déclaration. Celle-ci permet de calculer les droits et taxes selon une grille prédéfinie. Une fois les frais acquittés, les informations sont transmises aux opérateurs de téléphonie mobile, qui autorisent alors l’accès au réseau. En revanche, tout appareil non enregistré ou non régularisé pourra être bloqué, rendant son utilisation impossible. Le taux de taxation est fixé autour de 33,33 %, mais il s’applique sur des valeurs de référence ajustées en fonction des catégories d’appareils. Cette approche permet de limiter l’impact réel sur les consommateurs tout en élargissant la base fiscale. Ainsi, un smartphone haut de gamme d’une valeur d’environ 1,5 million FCFA sera taxé sur une base réduite, avec des droits estimés entre 150 000 et 160 000 FCFA. Un téléphone de milieu de gamme, d’une valeur de 80 000 FCFA, sera imposé sur une base d’environ 25 000 FCFA, soit près de 8 000 FCFA à payer. Les téléphones basiques, quant à eux, restent faiblement taxés, avec des droits avoisinant 1 500 FCFA. Le dispositif prévoit également une mesure d’assouplissement importante. Les téléphones, tablettes et autres terminaux déjà en circulation et ayant été connectés au moins une fois aux réseaux nationaux sont exonérés de toute régularisation. Cette disposition vise à garantir une transition progressive et à éviter toute perturbation pour les utilisateurs actuels. En revanche, les appareils importés mais encore inactifs devront obligatoirement être déclarés et dédouanés avant leur mise en service. Les voyageurs bénéficient, pour leur part, d’un régime temporaire : leurs équipements peuvent fonctionner en itinérance pendant une période d’un mois, au-delà de laquelle une régularisation devient nécessaire. Au-delà de la dimension fiscale, cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large. Elle vise à renforcer la traçabilité des équipements, à lutter contre les téléphones contrefaits ou clonés, à améliorer la qualité des réseaux et à sécuriser les usages. Elle entend également responsabiliser les acteurs de la chaîne de distribution : les vendeurs agréés devront désormais s’assurer de la conformité douanière des appareils, sous peine de sanctions. À terme, des outils numériques permettront aux consommateurs de vérifier instantanément le statut douanier d’un téléphone avant son achat, renforçant ainsi leur protection. Dans un secteur qui représente près de 81 % du chiffre d’affaires des télécommunications au Cameroun, cette réforme apparaît comme un enjeu majeur de souveraineté économique. En instaurant un système plus transparent, plus équitable et mieux contrôlé, l’administration douanière entend remettre de l’ordre dans un marché en pleine expansion mais longtemps fragilisé par les circuits informels.   Denise EBELLE

CASTEL révèle les étoiles du rire : La Relève Afrique All Stars 2026 prend son envol depuis Yaoundé

CASTEL révèle les étoiles du rire : La Relève Afrique All Stars 2026 prend son envol depuis Yaoundé « L’humour n’est pas seulement pour les hommes… même les femmes peuvent être belles et drôles aussi. » Par ces mots forts, la comédienne Joyce Alade a immédiatement donné le ton. À ses côtés, les membres du comité d’organisation ont levé le voile sur une édition qui s’annonce déjà historique. C’est à Yaoundé, lors d’un point de presse tenu ce 30 mars 2026, que les contours de La Relève Afrique All Stars ont été officiellement dévoilés. Une rencontre stratégique réunissant organisateurs, partenaires et acteurs majeurs du projet, portée par Castel Beer et adossée au prestigieux Montreux Comedy Festival. Une compétition d’élite, pensée pour marquer l’histoire Cette édition spéciale réunira 16 humoristes parmi les plus marquants du continent : 14 All Stars, issus des cinq dernières saisons 2 rookies, sélectionnés via un casting en ligne Un casting déjà en cours, comme l’a rappelé un responsable présent : « Les castings sont déjà lancés, ils sont déjà en ligne… il faudra encore deux rookies pour rejoindre les quatorze All Stars déjà sélectionnés. » Les candidatures se font exclusivement en ligne via la plateforme officielle : www.larelevemontreuxcomedy.com⁠ Une mécanique de compétition spectaculaire Au cœur de cette édition : un format explosif. Des auditions à Cotonou aux demi-finales, jusqu’aux battles d’improvisation sur un véritable ring, les candidats devront faire preuve de créativité, de répartie et de charisme. Les punchlines seront arbitrées par des figures reconnues comme Paul de Saint Sernin ou Florent Peyre, avant une grande finale présentée par Valéry Ndongo. CASTEL, partenaire engagé pour la jeunesse Partenaire clé de cette aventure, Castel Beer entend jouer un rôle actif dans la valorisation des talents africains. Prenant la parole lors du point de presse, Fomboy Merlin, représentant des Boissons du Cameroun, a insisté sur l’importance de cette initiative : « On va simplement convier nos internautes à aller sur la page Castel Beer Cameroun afin d’être au parfum de tout ce qui est organisé pour cette compétition. » Un appel clair à la mobilisation du public autour de ce projet continental. Une opportunité unique pour une génération montante À la clé pour le grand gagnant : 5 millions FCFA Une prestation au Montreux Comedy Festival Une tournée sur le circuit international Mais au-delà des récompenses, c’est une véritable rampe de lancement pour une carrière artistique. Ce point de presse aura marqué bien plus qu’une annonce. Il acte le passage de La Relève Afrique à une nouvelle dimension : celle d’une plateforme continentale capable de révéler, structurer et exporter les talents africains. Aux côtés du comité d’organisation, la présence de Joyce Alade symbolise cette nouvelle génération : ambitieuse, assumée et prête à conquérir les scènes du monde. Une chose est sûre : avec CASTEL, le rire africain n’a jamais été aussi prêt à briller. Denise EBELLE

Stratégie au Cameroun: les Organisations de la société civile formées aux appels à projets

Le 7 mars 2026 à Yaoundé, plusieurs organisations de la société civile ont suivi un programme de formation sur la mobilisation des ressources.   Au 21ème siècle, la capacité à structurer et présenter un projet détermine souvent son financement. C’est dans cette perspective que l’association Nature Gives Back, à travers sa présidente fondatrice Mache Dolorès, a organisé une formation sur la mobilisation des ressources, réunissant des acteurs clés des OSC camerounaises. « L’objectif de cette activité était surtout le renforcement des capacités des membres des OSC pour qu’ils puissent être capables de rédiger des grants, c’est-à-dire des réponses pertinentes aux appels à candidatures pour la mise en œuvre de leurs projets. Nous nous sommes rendu compte que nous avons souvent de nombreuses idées, mais manquons des ressources nécessaires pour leur concrétisation. Ce qui fait réellement défaut, c’est la compétence sur la rédaction de projets », a expliqué Dolorès, l’initiatrice du projet. Pendant plusieurs heures, les participants ont été plongés dans des séances de simulation et des ateliers pratiques, conçus pour reproduire le processus réel de préparation d’un projet. Chaque étape de la rédaction a été minutieusement explorée : identification des besoins, structuration du plan, évaluation de la durabilité, et stratégies de suivi post-mise en Pour Esther Lehdufe, participante active de cette formation, l’enjeu est clair : « Mon but était d’acquérir des compétences pour rédiger des projets et obtenir des financements pour mon association. Nous avons beaucoup postulé à des appels à projets, mais nous n’avons pas toujours été retenus. Nous espérons qu’avec cette formation, tout ira pour le mieux dans nos initiatives ». Les échanges ont également mis en lumière les raisons fréquentes des rejets de projets. Selon Joseph Lambert, formateur et expert en managing partner, « ce qui fait qu’on rejette un projet, c’est souvent le souci du détail. La durabilité du projet ou le suivi après la mise en œuvre sont des aspects qui comptent énormément pour les bailleurs de fonds ». Au-delà de la théorie, la formation a offert un espace de partage d’expériences entre participants. La session s’est conclue sur la promesse d’un suivi rigoureux. Après l’acquisition de ces compétences, une évaluation permettra de mesurer leur appropriation et leur impact sur les capacités de mobilisation des OSC. Les organisateurs soulignent que la maîtrise de ces techniques n’est pas seulement un outil administratif, mais une véritable stratégie pour transformer des idées en actions concrètes et durables. Marcial Nzemie  

Jeux concours inter-universitaire : le triomphe du Club environnement de l’IRIC

Lors de la célébration de la Journée internationale des Forêts le 21 mars 2026 à Yaoundé, cette association estudiantine de l’IRIC s’est illustrée en matière d’engagement écologique, raflant deux distinctions majeures.   Dans l’enceinte de l’Institut des relations internationales du Cameroun (IRIC), la Journée internationale des Forêts 2026 a pris des allures de véritable laboratoire d’idées et d’actions. Le Club environnement de l’IRIC a marqué cette édition par une performance remarquable lors du concours inter-universitaire. Organisée par Greenpeace Afrique et Mboa Hub, en partenariat avec le Club environnement de l’IRIC, la rencontre a réuni plusieurs institutions académiques, dont l’UCAC et le CRESA Forêt-Bois. Objectif: sensibiliser sur la gestion durable des forêts tout en stimulant l’innovation estudiantine. Dans ce cadre, le Grand Quizz de la forêt et la présentation de projets ont constitué les temps forts d’une compétition où rigueur intellectuelle et créativité étaient de mise.   Concours inter-universitaire, houleux Face à des concurrents de taille, les étudiants de l’IRIC ont su tirer leur épingle du jeu. Grâce à une préparation méthodique et une maîtrise approfondie des problématiques forestières, ils ont remporté le prestigieux trophée du Grand Quizz de la forêt. Une distinction qui récompense non seulement leurs connaissances, mais aussi leur capacité à analyser les enjeux complexes liés à la déforestation, à l’exploitation minière et aux droits des communautés locales. Mais le véritable coup d’éclat du Club environnement a résidé dans l’obtention du trophée de la meilleure initiative « Campus vert et innovant ». Ce prix consacre une vision ambitieuse. Faire de l’IRIC un laboratoire de solutions durables, capable d’inspirer d’autres universités camerounaises. Le projet présenté par les étudiants met en avant des approches concrètes pour intégrer les principes de durabilité dans la gestion quotidienne du campus. Pour le président du Club environnement, Alain Marcial Nzemie Leuwat, cette victoire est le fruit d’un engagement collectif : « toute l’équipe s’est donné à fond pour cette compétition. Chaque compétiteur s’est concentré sur sa rubrique et cela a permis au club environnement de l’IRIC de remporter deux trophées sur trois. Les autres n’ont pas démérité parce que la compétition était rude ». Fort de ce succès, le Club environnement de l’IRIC ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Les organisateurs ont annoncé un accompagnement technique pour concrétiser le projet « Campus Vert et Innovant », avec l’ambition d’en faire un modèle reproductible à l’échelle nationale.   Une perte de forêt primaire estimée à près de 270 000 hectares Ce triomphe intervient dans un contexte marqué par des défis environnementaux majeurs. Les résultats d’investigations menées par des journalistes au Cameroun révèlent une expansion alarmante de l’activité minière dans l’Est du pays. En seulement 14 ans, la superficie minière y a augmenté de 5 000 %, passant de 82 hectares en 2010 à plus de 4 600 hectares en 2024. Cette dynamique s’est accompagnée d’une perte estimée à près de 270 000 hectares de forêt primaire. Or, les forêts jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat, en particulier à l’échelle locale, et contribuent, avec les sols, au stockage du carbone. De même, selon le rapport de l’Ong Mighty Earth en juillet 2025, le Cameroun a enregistré 782 797 hectares de pertes de forêts depuis 2020, soit environ 4,2% du couvert forestier du pays en 5 ans. Les débats ont notamment mis en lumière les tensions entre exploitation économique et droits fonciers des communautés locales, souvent marginalisées dans les projets extractifs. « L’exploitation des ressources naturelles se fait très souvent sur des terres revendiquées par les communautés au titre de leurs droits fonciers coutumiers. Loin de favoriser le développement local, ces projets causent des dommages environnementaux et sociaux considérables et menacent des écosystèmes que les communautés protègent depuis des générations ». Stella Tchoukep, Chargée de la campagne Forêts chez Greenpeace Afrique à l’occasion de la célébration de la Journée internationale des forêts, le 21 mars 2026, sous le thème « Les forêts et les économies ». Lucie Mbessa  

Social Behaviour Change : la première promotion de certifiés, opérationnelle

A l’Amphithéâtre 300 de l’Université de Yaoundé I jeudi 26 mars 2026, a eu lieu la sortie officielle de la première cohorte du programme de certification en Social Behaviour Change (SBC). Fruit d’un partenariat avec le Fonds des nations unies pour l’enfance(Unicef), cette formation pionnière en Afrique centrale dote le Cameroun d’experts capables de transformer la société par les sciences comportementales.   Sous le thème : « Une sociologie ancrée dans un terroir et ouverte au monde », la cérémonie de remise des parchemins aux lauréats de la certification Social Behaviour Change (SBC) s’impose comme étant l’acte de naissance d’une expertise qui ne coure pas les rues. Une première dans l’hitoire au Cameroun. Comme le Pr Armand Leka Essomba, chef du département de sociologie, l’a dit avec joie : « C’est la toute première fois en Afrique centrale qu’une telle offre de formation existe ». Validé fin 2024 et mis en œuvre sur une durée de six mois, ce programme ne se contente pas de délivrer des titres ; il répond à une réforme de l’université camerounaise consistant à substituer aux « savoirs-savants » sans débouchés, un « savoir-faire » immédiatement opérationnel.   Une collaboration dynamique entre l’Université et l’Unicef Cette réussite, faut-il le rappeler, est l’aboutissement d’une alliance ficelée en août 2025 entre l’Université de Yaoundé I et l’Unicef Cameroun. Pour Nadine Perrault, représentante résidente de l’agence onusienne, il ne s’agit pas que du cadre académique. L’objectif ? Trouver des solutions aux blocages au développement. « Au-delà des enjeux économiques, il faut identifier les comportements à changer pour modifier durablement la société », a-t-elle martelé. Elle a illustré son propos par la question du droit à l’éducation, précisant que comprendre pourquoi un parent refuse d’envoyer sa fille à l’école exige une analyse fine des déterminants socioculturels, bien au-delà de la simple précarité financière. Ces nouveaux experts sont donc perçus comme les piliers indispensables pour la pleine réalisation des droits de l’enfant sur le terrain.   Des modules de formation tournés vers l’action Le contenu pédagogique de cette certification a été pensé pour répondre aux défis des politiques publiques. Les apprenant, issus de divers horizons professionnels, ont été outillés dans des domaines tels que : Sciences comportementales appliquées Engagement communautaire Planification, budgétisation et programmation Suivi-évaluation et gestion des urgences humanitaires Cette approche pluridisciplinaire permet de passer d’une logique de projets « parachutés » à une logique de solutions « co-créées ». C’est ce qu’attestent les témoignages des récipiendaires, à l’instar de Jonas Yédidia Alirou. Acteur du développement depuis 2011, il confie avoir souvent fait face à l’échec malgré des budgets conséquents, faute d’adhésion des populations. « Grâce à cette formation, nous avons appris à travailler avec la population, à obtenir des évidences et à concevoir ensemble les solutions », explique-t-il.   La sociologie et l’innovation publique Pour le décanat de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines (FALSH), cette certification est la preuve que l’université peut anticiper les besoins de l’État. Elle s’inscrit en droite ligne de l’arrêté ministériel d’août 2024 sur les formations certifiantes, visant à professionnaliser les cursus de sciences humaines. Le doyen de la FALSH a d’ailleurs salué l’engagement du recteur, le Pr Rémi Magloire Edzoa, dans le soutien de ce programme qui « donne les armes de la professionnalisation ». L’université ne se veut plus seulement un lieu de théorisation, mais un véritable laboratoire social capable de produire des résultats tangibles dans les campus, les familles et les administrations.   Un Master professionnel et une deuxième cohorte en vue Loin d’être un coup d’essai sans lendemain, le programme SBC s’apprête déjà à monter en puissance. Fort du succès de cette première édition qualifiée de « structurante », le département de sociologie a annoncé le lancement imminent d’une deuxième cohorte. Des ajustements seront apportés pour affiner encore davantage la qualité des enseignements. À plus long terme, l’ambition affichée est la création d’un Master professionnel dédié au Social Behaviour Change. En positionnant la capitale camerounaise comme le pôle d’excellence de cette discipline en Afrique centrale, l’Université de Yaoundé I confirme son rôle d’acteur principal du développement national et sous-régional. Les nouveaux certifiés, désormais ambassadeurs du changement, ont maintenant la lourde tâche de transformer ces compétences académiques en progrès social sur le terrain.                      

Droits des femmes : l’émancipation et la justice par le sport

Pour briser les tabous sur le harcèlement et promouvoir une inclusion réelle des femmes, avec ou sans handicap, dans l’arène sportive camerounaise, une table ronde a été organisée jeudi 26 mars 2026 au Campus de Sup’ptic à Yaoundé-Cameroun. Plus de 200 participants ont pris d’assaut la salle des cérémonies de Sup’ptic jeudi 26 mars 2026. Étudiants, athlètes, coachs et représentants d’institutions internationales telles qu’ONU Femmes, l’UNFPA, Plan International et Sightsavers ont ainsi décidé de faire du sport, un véritable outil de leadership. Organisé sous le thème national « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles », l’événement a été baptisé « Equal Play, Equal Power ». Pour Dr Victorine Fomum, figure de proue de l’organisation Global Women Emancipation in Sports (GWES), le constat est sans appel : malgré les avancées, les normes de genre et l’accès limité aux infrastructures freinent encore l’épanouissement des sportives. Le sport ne doit plus être un simple loisir, mais un espace sécurisé où la justice sociale s’exerce concrètement pour chaque jeune fille, peu importe sa condition physique.   Sécurité et harcèlement : briser la loi du silence L’un des moments forts de cette journée a été l’intervention de Dieudonné Eboko Mokonda, Délégué Régional des Sports et de l’Éducation Physique. Avec une franchise remarquée, il a abordé la question complexe de l’insécurité dans le milieu sportif, qu’elle soit physique, morale ou psychologique. « L’insécurité peut être physique ou psychologique, mais nous devons nous attarder sur le harcèlement », a-t-il précisé. Qu’il provienne d’un entraîneur ou d’un président de club, ce comportement est un poison pour le leadership collectif. Le délégué a insisté sur la nécessité de mettre en place des solutions, à savoir : Des cellules d’écoute pour recueillir les témoignages ; Une sécurité judiciaire accrue pour protéger les victimes ; Des sanctions exemplaires, allant de l’exclusion définitive du groupe à des poursuites pénales (amendes ou emprisonnement). L’appel est clair : les leaders sportifs doivent devenir des remparts contre les abus et non leurs auteurs.   Connaître ses droits pour mieux se défendre Le débat a également permis de relever un déficit d’information chez les athlètes. Si des textes réglementaires existent au sein des fédérations et des ligues régionales depuis 2007, ils restent trop souvent méconnus des premières concernées. « Il faudrait que les athlètes s’approprient les règlements et les statuts pour connaître leurs droits et leurs devoirs », a rappelé Dieudonné Eboko Mokonda. Cette éducation juridique est le premier pas vers l’autonomisation. En connaissant les dispositifs de protection prévus par le gouvernement et les instances sportives, les femmes peuvent plus facilement dénoncer les dérives et exiger un environnement de pratique sain.   Inclusion et handicap : le défi du sport pour toutes Le panel d’experts, enrichi par l’expertise de Sightsavers et de Plan International, a mis un accent particulier sur l’inclusion des filles et femmes vivant avec un handicap. Le sport inclusif ne doit pas être une option, mais une norme. Les stratégies discutées visent à adapter les programmes sportifs pour garantir que le handicap ne soit plus une barrière à la participation sociale. À travers des sessions dédiées au leadership, les intervenants ont démontré que les compétences acquises sur un terrain de sport -résilience, esprit d’équipe, discipline- sont directement transposables dans la vie professionnelle et publique. Le sport devient ainsi un accélérateur de carrière aligné sur les priorités de développement du Cameroun.   Des engagements scellés L’événement de Sup’ptic ne s’est pas limité à des discours. Il a permis de sceller des engagements entre la société civile, représentée par GWES, et les partenaires au développement. Les recommandations issues des échanges visent à créer une synergie durable pour améliorer la sécurité et l’inclusion dans chaque stade et chaque gymnase du pays. Les témoignages poignants d’athlètes féminines ont renforcé la détermination des participants. En clôturant cette journée, l’ambition était affichée : faire du Cameroun un modèle où le sport est un sanctuaire de droits et un moteur de puissance pour toutes les femmes.                          

Élections 2026 au Cameroun : ELECAM engage une année charnière entre réformes et mobilisation citoyenne

Élections 2026 au Cameroun : ELECAM engage une année charnière entre réformes et mobilisation citoyenne À Yaoundé, la première session ordinaire du Conseil électoral pour l’exercice 2026 a été officiellement lancée le 26 mars par Enow Abrams Egbe, président dudit conseil. Cette rencontre institutionnelle marque le démarrage d’une séquence décisive dans la préparation des prochaines consultations électorales. Dans son allocution d’ouverture, le président du Conseil électoral a posé les bases d’une année qu’il qualifie de déterminante. L’institution entend s’appuyer sur les enseignements tirés des scrutins de 2025 pour renforcer ses mécanismes, corriger les insuffisances relevées et garantir une organisation plus rigoureuse des élections municipales et législatives à venir. L’une des annonces majeures concerne la possibilité d’un réaménagement du calendrier électoral. Cette éventualité, liée à l’examen en cours de certaines dispositions législatives, reste encadrée par une exigence stricte : le respect des lois en vigueur et la préservation de la transparence du processus électoral. Sur le terrain, la dynamique d’inscription sur les listes électorales affiche des résultats encourageants. Près de 70 000 nouveaux électeurs ont récemment été enregistrés, portant le total national à plus de 8 millions. Une progression que les responsables d’ELECAM interprètent comme un signe de confiance renouvelée des citoyens envers le système électoral. Toutefois, des efforts supplémentaires sont attendus pour renforcer la participation des jeunes, des femmes, des personnes vivant avec un handicap et des groupes socialement vulnérables. Parallèlement, l’institution poursuit le renforcement de ses capacités à travers des partenariats stratégiques avec plusieurs organisations internationales, notamment les Nations Unies, le Commonwealth, l’Organisation internationale de la Francophonie et l’Union africaine. La récente réunion du comité de pilotage du projet d’assistance électorale 2025-2027 a permis d’évaluer les priorités opérationnelles et de confirmer une gestion jugée conforme aux standards de transparence. Les travaux de cette session s’annoncent particulièrement denses. Plusieurs dossiers structurants seront examinés, notamment les comptes administratifs et de gestion, ainsi que l’état d’exécution du budget de la Commission électorale. Les membres analyseront également le rapport d’activités du premier trimestre 2026, avec pour objectif d’ajuster les actions en fonction des recommandations issues des précédentes élections. En outre, une mission de terrain est prévue du 4 au 18 avril 2026. Elle visera à superviser la révision des listes électorales, à renforcer les actions d’éducation civique et à recueillir les retours des différents acteurs impliqués dans le processus électoral. À travers cette session inaugurale, ELECAM réaffirme son ambition : consolider la crédibilité des scrutins, renforcer la participation citoyenne et contribuer à la stabilité démocratique du Cameroun. Un engagement qui s’inscrit dans une démarche de rigueur, de transparence et de collaboration avec l’ensemble des parties prenantes.   Denise EBELLE

Coopération Cameroun–ONUDI : Raymond Tavares fait ses adieux après une mission marquante

  Coopération Cameroun–ONUDI : Raymond Tavares fait ses adieux après une mission marquante Le Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (ai), Fuh Calistus Gentry, a reçu en audience, le mercredi 18 mars 2026, le Représentant résident de Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) au Cameroun et en Afrique centrale, Raymond Tavares. Le diplomate était accompagné de ses collaborateurs pour cette rencontre empreinte de solennité. Cette audience s’inscrivait dans un contexte particulier, celui de la fin de mission de Raymond Tavares. L’occasion pour lui d’exprimer sa gratitude aux autorités camerounaises pour l’accueil chaleureux et la qualité de la collaboration dont il a bénéficié tout au long de son séjour. Dans une atmosphère conviviale, il a tenu à adresser ses adieux officiels au ministère, saluant les avancées enregistrées dans le cadre du partenariat entre le Cameroun et l’ONUDI. Les échanges ont permis de revisiter les acquis de cette coopération, tout en se projetant vers l’avenir. Au cœur des discussions, le Programme de Partenariat Pays (PCP) a été présenté comme un levier stratégique pour accélérer l’industrialisation du Cameroun. Ce cadre de coopération favorise une synergie entre l’État, les partenaires techniques et financiers ainsi que le secteur privé, en vue de mettre en œuvre des projets structurants, notamment dans les domaines de l’agro-industrie, de l’énergie verte et du renforcement de la compétitivité industrielle.   Raymond Tavares a également mis en lumière les perspectives offertes par le « Partnership Industry Program », dont la prochaine édition sera dédiée à la « Journée des femmes dans l’industrie ». Une initiative qui traduit la volonté de promouvoir l’inclusion et de renforcer la participation des femmes dans le tissu industriel. Au terme de la rencontre, les deux parties ont réaffirmé leur engagement à consolider les acquis de cette coopération et à poursuivre les efforts en faveur du développement industriel durable. L’audience s’est achevée dans une ambiance chaleureuse, marquée par une photo de famille et des vœux de succès adressés à Raymond Tavares pour la suite de son parcours professionnel. Denise EBELLE

Anniversaire du RDPC à Bétaré-Oya : une mobilisation exceptionnelle dans une ambiance de ferveur populaire

Anniversaire du RDPC à Bétaré-Oya : une mobilisation exceptionnelle dans une ambiance de ferveur populaire   À Bétaré-Oya, la célébration du 41e anniversaire du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) a pris des allures de grande démonstration de force politique, dans une atmosphère à la fois festive, patriotique et hautement symbolique. Organisé à la maison du parti, l’événement s’est tenu en début d’après-midi ce 24 mars, rassemblant une foule impressionnante de militants et sympathisants venus réaffirmer leur attachement au parti. Très tôt, les artères de la ville ont été animées par des vagues de militants convergeant vers le lieu de la cérémonie. À mesure que l’heure avançait, la maison du parti s’est transformée en un véritable carrefour de mobilisation, vibrant au rythme d’une ferveur collective remarquable. L’ambiance était particulièrement électrisante. Des groupes de danse traditionnelle et d’animation se sont relayés pour égayer la cérémonie, offrant un spectacle haut en couleurs. Au son des tam-tams et des tambours qui résonnaient avec intensité, les militants laissaient éclater leur enthousiasme. Les coups de sifflets fusaient, accompagnant les pas de danse et les chants, dans une atmosphère qui rappelait les grandes heures de rassemblement populaire. Les chants patriotiques, entonnés en chœur, ont constitué l’un des moments les plus marquants de la célébration. Ils magnifiaient à la fois la patrie camerounaise et l’unité nationale, tout en exprimant un soutien affirmé au président national du parti. À plusieurs reprises, la foule scandait avec force : « Paul Biya, notre président ! », en référence à Paul Biya, dans une démonstration de fidélité et d’adhésion collective. Sur le plan visuel, la mobilisation offrait un spectacle saisissant. Les militants, hommes, femmes et jeunes, étaient majoritairement vêtus des tenues du parti : pagnes, chemises, T-shirts et autres accessoires à l’effigie du RDPC. Cette uniformité vestimentaire traduisait une identité commune, une discipline assumée et un engagement partagé. Dans cet ensemble harmonieux, chacun incarnait les valeurs du parti, contribuant à renforcer l’image d’un bloc uni et structuré. Cadres, responsables locaux et militants ont pris part à une cérémonie mêlant solennité et enthousiasme. La maison du parti, ce lieu hautement symbolique, s’est imposé comme un espace de réaffirmation politique et de consolidation organisationnelle. Une mobilisation suivie d’un message de discipline et d’unité   S’exprimant au nom de la hiérarchie du parti, Blaise Moussa, a livré un discours mobilisateur. Il est revenu sur le parcours du RDPC, insistant sur son rôle dans la stabilité et la construction nationale, avant d’appeler à davantage de discipline, de cohésion et d’engagement sur le terrain. Les interventions des différentes composantes du parti, notamment celles des jeunes et des femmes, ont renforcé cet appel à l’unité. À travers leurs prises de parole, elles ont exhorté les militants à maintenir une présence active et à poursuivre les efforts de mobilisation. La cérémonie a également été marquée par un acte politique significatif : l’adhésion officielle de dix militants issus du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN). Accueillis sous les ovations, ces nouveaux membres ont rejoint les rangs du RDPC, illustrant une dynamique d’élargissement et de consolidation des bases. Dans le même élan, une collecte de fonds a été organisée pour la réhabilitation de la permanence du parti. Une initiative qui a suscité une forte participation, traduisant l’implication concrète des militants dans la vie du RDPC. Cette célébration en début d’après-midi à la maison du parti de Bétaré-Oya aura été bien plus qu’un anniversaire. Entre effervescence populaire, chants patriotiques, animations culturelles et engagement politique, le RDPC a démontré sa capacité de mobilisation et son ancrage local. Une dynamique résolument tournée vers les échéances futures, sous le signe de l’unité, de la discipline et de la fidélité au parti   Denise EBELLE