Cameroun : le premier symposium national sur les maladies non transmissibles s’achève sur des recommandations fortes

Cameroun : le premier symposium national sur les maladies non transmissibles s’achève sur des recommandations fortes
Le premier symposium national et table ronde pour l’action contre les maladies non transmissibles (MNT) s’est achevé le 9 avril 2026 à Yaoundé, marquant une étape décisive dans la lutte contre ces pathologies devenues un enjeu majeur de santé publique au Cameroun.
Organisé par la Reconciliation and Development Association (RADA), en collaboration avec le ministère de la Santé publique et plusieurs partenaires, ce rendez-vous de deux jours a réuni des acteurs gouvernementaux, des experts de santé, des organisations internationales et la société civile autour du thème : « Nutrition et maladies non transmissibles ».
Une urgence sanitaire confirmée
Les échanges ont été dominés par un constat alarmant : les maladies non transmissibles, notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète et les cancers, représentent désormais environ 43 % des décès annuels au Cameroun. Une progression inquiétante largement attribuée à l’évolution des habitudes alimentaires, marquée par une consommation croissante d’aliments ultra-transformés riches en sucre, en sel et en graisses.
Les données présentées lors du symposium ont également révélé une augmentation préoccupante du surpoids chez les enfants, signe que la crise sanitaire pourrait s’aggraver dans les années à venir.
Le gouvernement prêt à passer à l’action
La clôture des travaux a été marquée par l’engagement des autorités publiques. Représentant le Premier ministre, le Dr Gustave Iyong a assuré les organisateurs du soutien du gouvernement, appelant à une finalisation rapide des recommandations pour leur transmission au ministère de la Santé publique en vue d’une action exécutive.
Cette implication traduit une volonté de passer d’une phase de plaidoyer à une véritable mise en œuvre de politiques publiques.
Des recommandations structurantes
Au terme des discussions, plusieurs mesures prioritaires ont été formulées :
Adoption urgente d’un système d’étiquetage nutritionnel simplifié (Front-of-Package Warning Labelling) pour informer clairement les consommateurs sur la qualité des produits alimentaires ;
Finalisation du modèle de profil nutritionnel (Nutrient Profile Model), base scientifique indispensable à cette politique ;
Taxation des boissons sucrées et des aliments ultra-transformés, afin de réduire leur consommation ;
Renforcement de la sensibilisation des populations, notamment dans les écoles et les zones périurbaines ;
Promotion d’aliments locaux sains et accessibles, pour encourager un retour à des habitudes alimentaires traditionnelles ;
Affectation des recettes fiscales issues de ces taxes au financement du système de santé.
Les participants ont également insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les ministères clés, notamment ceux de la Santé, des Finances, du Commerce et de l’Industrie, pour garantir l’efficacité des politiques à venir.
Le rôle clé des partenaires internationaux
Les partenaires techniques et financiers ont réaffirmé leur engagement à accompagner le Cameroun dans cette transition.

Nicole Ide, conseillère technique senior pour le programme nutrition de Resolve to Save Lives, a souligné l’importance d’une action durable : « Une politique ne vit pas sur le papier ; elle a besoin de mise en œuvre, de suivi et d’application. »
Elle a également alerté sur l’impact de la commercialisation des aliments ultra-transformés, qui fragilise les régimes alimentaires traditionnels autrefois protecteurs pour les populations.
Au-delà des recommandations, les organisateurs ont insisté sur la nécessité de pérenniser cette initiative. Le symposium, présenté comme le premier d’une série, devrait ouvrir la voie à un cadre de concertation régulier pour suivre les progrès et ajuster les stratégies.
Dans un contexte où les maladies non transmissibles progressent silencieusement, le Cameroun semble désormais déterminé à engager une réponse structurée, combinant politiques publiques, sensibilisation et mobilisation multisectorielle.





























































