FEMMES AU CAMEROUN : ONU FEMMES VEUT ACCÉLÉRER LE CHANGEMENT

L’organisation ouvre une nouvelle réflexion stratégique pour les cinq prochaines années, avec en ligne de mire la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, leur autonomisation économique et une plus grande présence dans les espaces de décision. Les progrès en matière d’égalité entre les femmes et les hommes restent encore insuffisants au Cameroun. C’est l’un des constats qui ressort du discours prononcé par la représentante résidente d’ONU Femmes, à l’ouverture, ce 8 septembre 2026 à Yaoundé, des travaux consacrés à l’élaboration de la nouvelle Note stratégique de l’organisation pour la période 2027-2031. Pendant deux jours, les participants sont invités à examiner les principaux défis auxquels sont confrontées les femmes et les filles et à dégager les priorités sur lesquelles ONU Femmes devra concentrer son action au cours des cinq prochaines années. Les violences, une urgence persistante Parmi les préoccupations majeures figure la persistance des violences faites aux femmes et aux filles. La représentante résidente a notamment mis en avant les féminicides, qualifiés de forme la plus extrême des violences fondées sur le genre. Cette situation impose, selon elle, de renforcer les mécanismes de prévention, la protection des victimes et leur accès à la justice. Mais l’action ne devrait pas se limiter à la prise en charge des victimes. ONU Femmes entend également s’attaquer aux normes sociales et aux inégalités qui contribuent à maintenir ces violences. La nouvelle stratégie devra ainsi mieux articuler prévention, protection et réponse judiciaire, tout en tenant compte des réalités vécues par les femmes dans les différentes régions du pays. Autonomisation économique : lever les obstacles L’autonomie économique constitue un autre défi de taille. Malgré leur contribution à l’économie nationale et à la vie des communautés, les femmes continuent de rencontrer d’importants obstacles dans l’accès aux ressources économiques, au financement et aux opportunités d’emploi. Pour ONU Femmes, l’enjeu est donc de contribuer à créer des conditions permettant aux femmes de disposer davantage de ressources et de moyens pour développer leurs activités et renforcer leur indépendance économique. Cette question sera au cœur des discussions consacrées à l’autonomisation économique des femmes. L’organisation veut identifier, avec ses partenaires, les interventions susceptibles de produire des effets durables plutôt que de multiplier des actions dispersées. Davantage de femmes dans les lieux de décision La participation des femmes à la vie publique et politique demeure également un chantier prioritaire. ONU Femmes souhaite renforcer leur leadership et leur présence dans les espaces où se prennent les décisions. L’objectif est de faire en sorte que les femmes ne soient pas seulement bénéficiaires des politiques publiques, mais qu’elles participent pleinement à leur conception et à leur mise en œuvre. Cette ambition concerne également les situations de crise et de conflit. À travers l’agenda « Femmes, paix et sécurité », ONU Femmes entend promouvoir une participation effective des femmes à la prévention et à la résolution des conflits, à la consolidation de la paix et à la prise de décision. Ne laisser aucune femme de côté La nouvelle Note stratégique devra par ailleurs accorder une attention particulière aux femmes et aux filles les plus vulnérables ou exposées au risque d’exclusion. Les crises humanitaires, les déplacements, l’insécurité et les changements climatiques ont des conséquences différenciées sur les femmes et les filles et appellent des réponses adaptées. L’organisation entend également tirer les leçons de son Programme pays 2022-2026. Qu’est-ce qui a fonctionné ? Quelles approches doivent être renforcées ? Que faut-il faire différemment au cours des cinq prochaines années ? Les réponses à ces questions doivent permettre de bâtir une stratégie davantage orientée vers les résultats. Pour mesurer efficacement les progrès, ONU Femmes mise aussi sur les données sensibles au genre. Leur disponibilité, leur qualité et leur utilisation doivent être renforcées afin de mieux comprendre les inégalités et d’orienter les politiques et les investissements. La représentante résidente a par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer les partenariats. Gouvernement, système des Nations unies, partenaires au développement, société civile, organisations de femmes et de jeunes, secteur privé et universités sont appelés à unir davantage leurs efforts. La société civile, et particulièrement les organisations de défense des droits des femmes, devrait jouer un rôle déterminant grâce à son expérience de terrain et à sa proximité avec les communautés. Au terme des travaux, ONU Femmes espère disposer d’une vision commune des priorités pour 2027-2031. L’ambition affichée est de faire de cette nouvelle Note stratégique non pas un simple document de programmation, mais une véritable feuille de route pour accélérer les changements en faveur des femmes et des filles au Cameroun. Yvonne Leopoldine Akoa, présidente de l’Association Camerounaise des Femmes Juristes (ACAFEJ) : « Nous avons besoin d’une loi sur les violences basées sur le genre » « L’ONU Femmes a invité la société civile dans le cadre des consultations pour l’élaboration de sa note stratégique pour les cinq prochaines années. L’Association Camerounaise des Femmes Juristes (ACAFEJ) entretient un partenariat avec ONU Femmes, qui nous accompagne notamment dans le renforcement des capacités de nos membres. Chaque fois qu’ONU Femmes organise des activités, nous sommes à ses côtés en qualité de personnes-ressources. L’ACAFEJ constitue un véritable vivier de compétences en matière juridique, avec en son sein des magistrates, des avocates, des notaires, des juristes d’entreprise, des enseignantes d’université et bien d’autres professionnelles du droit. Aujourd’hui, le Cameroun fait face à un problème majeur de violences basées sur le genre, notamment les féminicides. Il ne se passe pratiquement pas un jour sans que nous recevions, à l’ACAFEJ, une femme venue se plaindre de violences. La période de rentrée scolaire constitue également un moment particulièrement sensible dans les foyers. Les difficultés liées aux dépenses scolaires et aux ressources financières peuvent parfois devenir des sources supplémentaires de tensions et de violences au sein des couples. Lorsqu’on nous demande quelles devraient être les priorités immédiates, je ne peux pas ne pas insister sur la nécessité pour le Cameroun de se doter d’une loi spécifique sur les violences basées sur le genre. C’est une urgence. » Dieudonné Annir Tina, maire de Yoko : « Nous

PRIX DE L’EAU : LE CAMEROUN FAIT LE CHOIX D’UN TARIF ENCADRÉ

D’un pays africain à l’autre, l’eau potable est rarement facturée selon un tarif unique. Tranches de consommation, tarifs sociaux et bornes-fontaines constituent autant de mécanismes utilisés pour préserver l’accès des ménages à ce service essentiel. Le modèle camerounais s’inscrit dans cette logique. Comparer le prix de l’eau en Afrique peut sembler simple : il suffirait de convertir les tarifs en francs CFA et de les classer. La réalité est beaucoup plus complexe. Les opérateurs appliquent des tranches différentes, certains ajoutent des frais fixes, d’autres intègrent l’assainissement ou différentes taxes. Une comparaison sérieuse doit donc tenir compte de ces paramètres. Au Cameroun, le système appliqué par CAMWATER repose notamment sur deux niveaux pour les consommateurs domestiques : 293 FCFA HT/m³ jusqu’à 10 m³ et 364 FCFA HT/m³ au-delà. Les bornes-fontaines bénéficient quant à elles d’un tarif de 293 FCFA HT/m³. Ce dispositif place la consommation au centre de la tarification et offre une protection particulière aux petits volumes. Cette construction progressive n’est pas propre au Cameroun. Dans plusieurs pays africains, les autorités de régulation ou les opérateurs publics utilisent également des tranches pour éviter que les ménages consommant peu ne supportent les mêmes charges unitaires que les gros consommateurs. Au Kenya, par exemple, le système tarifaire de Nairobi prévoit lui aussi plusieurs tranches pour les consommateurs résidentiels. Au Ghana, le régulateur PURC utilise également un « lifeline tariff » destiné aux petits consommateurs. Le principe commun est donc moins le niveau absolu du prix que la recherche d’un équilibre entre coût du service et capacité de paiement des ménages. Le cas camerounais : le tarif comme instrument d’accessibilité Au Cameroun, cette logique est particulièrement visible avec les bornes-fontaines. CAMWATER a récemment mis en service plusieurs équipements de ce type à Ngaoundéré et dans ses environs, avec un tarif de 293 FCFA HT/m³. L’entreprise présente cette politique comme un moyen de renforcer l’accès à l’eau potable dans les zones urbaines et périurbaines. L’intérêt de ces équipements est double. Ils rapprochent le point d’eau des populations qui ne disposent pas nécessairement d’un branchement individuel et proposent un tarif inférieur à celui appliqué aux ménages raccordés. L’action sociale se situe donc également dans l’infrastructure : lorsqu’un réseau est étendu, lorsqu’une borne-fontaine est installée ou lorsqu’un quartier jusque-là mal desservi est raccordé, c’est la capacité d’accès au service qui progresse. Un service dont les coûts sont loin du seul prix affiché La comparaison internationale permet également de replacer le tarif camerounais dans son contexte économique. Le budget 2026 de CAMWATER s’élève à 84,024 milliards de FCFA. Sur cette enveloppe, 9,615 milliards de FCFA sont consacrés au développement des infrastructures et près de 32,921 milliards à la gestion de l’exploitation. À cela s’ajoutent des dépenses indispensables au traitement de l’eau. Pour 2026, l’entreprise a prévu une mobilisation de 10,66 milliards de FCFA pour l’acquisition de produits chimiques destinés au traitement de l’eau potable. Ces données ne permettent pas, à elles seules, de calculer le coût complet d’un mètre cube. Elles montrent cependant l’importance des ressources mobilisées pour faire fonctionner le service. C’est pourquoi comparer uniquement « le prix du mètre cube » peut être trompeur. Le véritable coût supporté par le système inclut une chaîne beaucoup plus large : production, traitement, énergie, transport, maintenance, renouvellement des équipements et extension des réseaux. Dans cette perspective, le tarif de 364 FCFA HT/m³ appliqué aux ménages camerounais doit être lu comme le résultat d’un système tarifaire encadré, et non comme le reflet automatique de l’ensemble des dépenses engagées pour fournir l’eau. La question centrale devient alors celle de l’équilibre : comment maintenir l’eau potable à un niveau accessible tout en donnant à l’opérateur les moyens de moderniser ses infrastructures et d’améliorer la qualité du service ? C’est sur cette ligne de crête que se situe la dimension sociale de CAMWATER. Elle se manifeste dans la tarification, mais également dans les investissements destinés à rapprocher l’eau potable des populations. L’enjeu dépasse donc la facture individuelle. Il touche à une question fondamentale de service public : permettre au plus grand nombre d’accéder à une eau potable à un coût supportable, tout en assurant la pérennité des infrastructures qui rendent cette desserte possible. Dans ce modèle, le prix du mètre cube n’est qu’une partie de l’histoire. L’autre se trouve dans les milliards mobilisés pour que l’eau puisse effectivement. Denise Ebelle

CAMWATER : L’ACCÈS À L’EAU DEVIENT UNE QUESTION DE SOLIDARITÉ

Derrière le prix du mètre cube se cache une réalité moins visible : celle des investissements, des infrastructures et des charges nécessaires pour faire parvenir l’eau potable aux ménages. Au Cameroun, la tarification encadrée et les actions de proximité de CAMWATER donnent au service public de l’eau une dimension sociale. À première vue, il ne s’agit que d’un chiffre sur une facture. Pourtant, les 364 FCFA HT le mètre cube appliqués aux ménages racontent une réalité beaucoup plus large. Derrière ce montant se trouvent des stations de production et de traitement, des kilomètres de canalisations, de l’énergie, des produits chimiques, des équipes techniques et des interventions quotidiennes pour maintenir la desserte. Le dispositif tarifaire prévoit par ailleurs un niveau inférieur pour certaines catégories. À Ngaoundéré, par exemple, CAMWATER indique que l’eau destinée aux bornes-fontaines est facturée 293 FCFA HT/m³, contre 364 FCFA HT/m³ pour les ménages. L’objectif affiché est notamment de rapprocher l’eau potable des populations des zones urbaines et périurbaines. Une tarification qui tient compte des petits consommateurs La dimension sociale apparaît d’abord dans la structure même du tarif. Les données disponibles font état d’un tarif de 293 FCFA HT/m³ pour une consommation allant jusqu’à 10 m³, puis de 364 FCFA HT/m³ au-delà. Cette différenciation mérite d’être soulignée. Elle traduit le choix d’un système dans lequel la consommation des ménages est prise en compte plutôt que l’application d’un prix uniforme quelle que soit la quantité consommée. Le cas des bornes-fontaines est encore plus révélateur. À Ngaoundéré, dix nouvelles bornes-fontaines ont été mises en service dans plusieurs quartiers et dans l’arrondissement de Dang. CAMWATER indique que cette opération s’inscrit dans sa volonté d’élargir l’accès à l’eau potable en milieu urbain et périurbain. Des milliards mobilisés derrière un mètre cube Le prix payé par l’usager ne permet cependant pas, à lui seul, de mesurer les efforts nécessaires à la fourniture du service. Pour l’exercice 2026, le conseil d’administration de CAMWATER a arrêté le budget de l’entreprise à 84,024 milliards de FCFA. Sur cette enveloppe, 9,615 milliards de FCFA, soit 11,44 %, sont destinés au développement des infrastructures, tandis que plus de 32,9 milliards sont affectés à l’exploitation. Ces chiffres donnent une autre dimension au débat sur le prix de l’eau. Produire et distribuer de l’eau potable suppose en effet des dépenses permanentes, auxquelles s’ajoutent les investissements nécessaires pour augmenter les capacités et desservir de nouvelles populations. En février 2026, CAMWATER a notamment engagé 10,66 milliards de FCFA pour l’acquisition de produits chimiques destinés au traitement de l’eau potable. Cette dépense, financée sur le budget de fonctionnement 2026, illustre le poids des opérations indispensables avant même que l’eau n’arrive au robinet du consommateur. L’investissement comme autre forme d’action sociale Dans le secteur de l’eau, l’action sociale ne se résume donc pas nécessairement à des dons. Elle peut également se traduire par la capacité à maintenir un tarif encadré, à installer une borne-fontaine dans une zone insuffisamment desservie ou à étendre un réseau vers des populations jusque-là éloignées du service. À Dang, par exemple, les travaux de densification et d’extension du réseau ont porté sur plus de 35 kilomètres, selon les informations publiées par CAMWATER. La mise en service de nouvelles bornes-fontaines est venue compléter cette extension. Cette approche donne un contenu concret à la notion d’accessibilité : il ne suffit pas que l’eau soit disponible dans une ville ; encore faut-il qu’elle puisse atteindre les quartiers et les ménages qui en ont besoin. Préserver l’équilibre L’enjeu pour CAMWATER consiste dès lors à maintenir un équilibre délicat : garantir un service public accessible tout en disposant de ressources suffisantes pour exploiter, entretenir et moderniser ses infrastructures. Le prix de l’eau apparaît ainsi comme bien davantage qu’un simple tarif commercial. Il constitue l’un des éléments d’un système dans lequel se rencontrent les impératifs économiques du service public et la nécessité de préserver l’accès des populations à une ressource essentielle. À 364 FCFA HT le mètre cube pour les ménages, le consommateur ne voit qu’une ligne sur sa facture. Derrière cette ligne se déploie pourtant toute une chaîne technique et financière destinée à faire parvenir l’eau potable jusqu’à lui. C’est dans cet écart entre le prix payé et l’ensemble des moyens mobilisés que se mesure une partie de la dimension sociale du service public de l’eau. Denise Ebelle

À Yaoundé, une nouvelle promotion d’éducateurs se forme à l’inclusion

Seize professionnels de l’éducation ont achevé, le 31 août 2026, une formation intensive consacrée à l’accompagnement des apprenants à besoins éducatifs particuliers. Une première expérience portée par l’IFPEC-B et le CJARC, avec des participants camerounais et étrangers.   L’inclusion scolaire se construit aussi dans les salles de formation. À Ekie, à Yaoundé, l’Institut de formation professionnelle inclusive Coco Bertin (IFPEC-B) a célébré, le 31 août 2026, la fin d’une session intensive consacrée à l’éducation inclusive. Initiée par le Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC), cette première promotion a rassemblé 16 participants venus se perfectionner dans la prise en charge des apprenants présentant des besoins éducatifs spécifiques.   La particularité de cette promotion tient à sa diversité. Elle compte 14 femmes et deux hommes, issus de plusieurs régions et villes du Cameroun, parmi lesquelles Yaoundé, Mfou, Foumban, Bamenda, Dschang et Foumbot. Des participants de Guinée équatoriale et du Ghana ont également pris part à la session.   Durant huit semaines, les stagiaires ont travaillé sur dix modules destinés à leur fournir des outils immédiatement utilisables dans les établissements scolaires. Les enseignements ont notamment porté sur les relations entre l’école, la famille et la communauté, les méthodes d’enseignement différencié, l’adaptation pédagogique, le braille, la langue des signes et les technologies d’assistance destinées aux personnes ayant des déficiences visuelles ou des troubles de l’apprentissage. La formation s’est également intéressée aux réponses pédagogiques adaptées aux différents profils d’apprenants. L’installation d’un élève malvoyant à une place appropriée, l’utilisation de supports agrandis ou du braille, le recours à des consignes orales pour certains apprenants, mais aussi l’adaptation du rythme de travail pour les élèves présentant des troubles de l’apprentissage figurent parmi les pratiques abordées.   Pour les personnes présentant des troubles neurodéveloppementaux, notamment l’autisme ou le TDAH, les participants ont été sensibilisés à l’importance d’un cadre structuré, des repères visuels et des espaces favorisant l’autorégulation.   Cette approche a progressivement modifié la perception des stagiaires sur la notion même d’inclusion. Dans son intervention, Ntenjem Marcel Nshutpuen, représentant des apprenants, a expliqué que l’expérience leur avait permis de comprendre que placer un enfant handicapé dans une classe ordinaire ne suffit pas. L’inclusion exige également de revoir les méthodes d’apprentissage, les supports, les modalités d’évaluation et l’organisation de l’espace scolaire.   Mme Monesso épouse Efa Marie Gerard Secondine, conseillère d’orientation et co-représentante de la promotion, a, elle aussi, insisté sur la dimension opérationnelle des connaissances acquises. Elle a notamment appelé les administrations compétentes à valoriser ces nouvelles compétences en facilitant le recrutement d’éducateurs formés à l’inclusion dans les services déconcentrés et les établissements publics.   Les performances de la promotion viennent conforter cette première expérience. Tous les participants ont obtenu leur diplôme, soit un taux de réussite de 100 %. Les moyennes enregistrées vont de 12,78/20 à 16,22/20. Yonga Tchouameni Nadia Gisèle, avec 16,22/20, s’est distinguée comme major de la promotion. La cérémonie de sortie a réuni plusieurs acteurs institutionnels. Les ministères des Affaires sociales (MINAS), de l’Éducation de base (MINEDUB), des Enseignements secondaires (MINESEC) et de l’Emploi et de la Formation professionnelle (MINEFOP) y étaient représentés. Au nom du MINAS, le délégué régional des Affaires sociales a salué l’initiative et l’importance du renforcement des capacités dans le domaine de l’inclusion.   Pour le CJARC, cette session constitue une première étape. Coco Bertin, cofondateur de l’organisation, a rappelé que le programme de deux mois avait été conçu comme une formation accélérée destinée notamment aux professionnels en exercice. Le cursus régulier de l’IFPEC-B demeure, quant à lui, établi sur douze mois.   L’établissement prévoit déjà la suite. Les inscriptions pour l’année académique 2026-2027 doivent s’ouvrir en septembre 2026. L’objectif affiché est d’élargir progressivement le recrutement, notamment aux candidats issus d’autres pays de la sous-région.   Avec cette première promotion, le CJARC et l’IFPEC-B entendent ainsi contribuer à faire évoluer les pratiques éducatives. Car derrière le principe d’inclusion se trouve une exigence concrète : donner aux professionnels les compétences nécessaires pour que chaque enfant puisse apprendre dans un environnement réellement adapté à ses besoins.   Denise Ebelle

CENAJES : 573 lauréats reçoivent leurs attestations au Palais des Sports de Yaoundé

 Ils étaient 573 à recevoir, mercredi 26 août au Palais des Sports de Yaoundé, leurs attestations de fin de formation après deux années d’études dans les Centres nationaux de la jeunesse et des sports (CENAJES) de Dschang, Bertoua, Garoua et Bamenda. Présidée par le ministre des Sports et de l’Éducation physique, la cérémonie a consacré la fin de leur formation et leur entrée dans le monde professionnel. Le moment fort de la cérémonie aura été la remise personnelle, par le ministre des Sports et de l’Éducation physique, des attestations aux cinq premiers de chacun des quatre CENAJES. Une distinction qui a permis de mettre à l’honneur les meilleurs résultats enregistrés au terme de la formation. Le corps enseignant n’a pas été oublié. Quatre enseignants ont également été récompensés pour leur contribution à la formation des apprenants, avec notamment une distinction attribuée au meilleur enseignant de chacun des CENAJES concernés. Aux côtés du ministre des Sports et de l’Éducation physique, la présence du ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobé, a été particulièrement remarquée. Sa participation a été saluée par le ministre des Sports, qui a exprimé sa gratitude pour cette présence aux côtés de la communauté du sport et de l’éducation physique. 573 lauréats dans trois catégories Les 573 lauréats sont répartis en trois catégories : 314 maîtres principaux d’éducation physique et sportive, 151 maîtres d’éducation physique et sportive et 108 maîtres-adjoints d’éducation physique et sportive. Cette formation de deux ans vise à préparer les apprenants aux métiers liés à l’enseignement de l’éducation physique et sportive ainsi qu’à l’encadrement des activités sportives. Au cours de leur parcours, les futurs professionnels sont appelés à acquérir des connaissances et des compétences dans les disciplines sportives, mais également dans les sciences et techniques des activités physiques et sportives. À travers les CENAJES, le ministère des Sports et de l’Éducation physique entend ainsi disposer de ressources humaines mieux préparées pour répondre aux besoins du secteur de l’éducation physique et du mouvement sportif. Au-delà de la cérémonie et des distinctions, les responsables des établissements de formation ont également mis en avant les difficultés auxquelles restent confrontés les CENAJES. Les besoins concernent notamment les équipements sportifs, le matériel didactique et les moyens nécessaires à la formation pratique. Pour des établissements dont l’enseignement repose en grande partie sur la pratique sportive, la disponibilité d’équipements adaptés demeure un enjeu important pour améliorer les conditions de formation. La question des ressources humaines a également été soulevée. La représentante des CENAJES a appelé au pourvoi des postes vacants et au renforcement des effectifs d’enseignants dans les différents centres. L’objectif est de permettre aux établissements de mieux répondre à leurs missions de formation. Renforcer les compétences des formateurs La formation continue figure également parmi les perspectives évoquées au cours de la cérémonie. Des actions de renforcement des capacités sont envisagées au profit des enseignants de l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS) et des CENAJES. L’objectif est notamment de renforcer les compétences des personnels appelés à assurer la formation des futurs professionnels du sport et de l’éducation physique. La réflexion porte également sur la poursuite des réformes visant à améliorer le fonctionnement et les capacités de formation des établissements. Au terme de cette cérémonie, les 573 lauréats ont été appelés à mettre leurs compétences au service de l’éducation physique et sportive et de l’encadrement des activités sportives. Une nouvelle étape s’ouvre ainsi pour ces professionnels formés dans lels quatre CENAJES, avec l’enjeu de traduire les acquis de leur formation en compétences utiles sur le terrain. Réaction Tawa Vanessa Sagesse : « Nous avons été préparés pour le terrain »  La satisfaction se lisait sur le visage de Tawa Vanessa Sagesse, nouvelle lauréate de la formation en Sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) à l’Université de Dschang. Après deux années de formation, elle a reçu, ce 26 août au Palais polyvalent des sports de Yaoundé (PAPOSY), son attestation de fin de formation. Athlète de haut niveau, la jeune lauréate considère cette étape comme l’aboutissement d’un travail de longue haleine. « Mon sentiment après avoir reçu ce diplôme… je suis juste un peu contente. Mais c’est le fruit de mon travail, en fait, que j’ai enduré pendant deux années de formation », confie-t-elle. Pour elle, le parcours effectué à Dschang s’est déroulé dans de bonnes conditions. Elle estime avoir bénéficié d’une préparation adaptée aux exigences de son futur métier, notamment à travers les stages préprofessionnels. « On nous a bien formés en tant que cadres d’éducation physique et sportive, on nous a bien formés, on nous a préparés pour le terrain », explique Tawa Vanessa Sagesse. Elle souligne également l’apport des stages préprofessionnels dans sa préparation à l’exercice professionnel. La réception de l’attestation ne marque toutefois pas la fin de ses ambitions. La lauréate, qui précise avoir suivi la formation en tant qu’auditrice libre, ne s’inscrit pas dans une attente immédiate de recrutement. Elle indique avoir déjà déposé des dossiers pour des vacations dans des établissements secondaires, avec l’objectif d’exercer comme enseignante d’éducation physique et sportive. Son ambition va au-delà de l’enseignement. En tant qu’athlète de haut niveau, Tawa Vanessa Sagesse souhaite également contribuer à la formation et à l’accompagnement de jeunes sportifs appelés à évoluer vers le haut niveau. « On a déposé les dossiers comme de vacation dans les établissements secondaires pour être enseignante d’EPS, pour former aussi des athlètes de haut niveau comme moi je le suis aussi. Oui, c’est notre objectif », affirme-t-elle. Une première expérience professionnelle qu’elle entend ainsi mettre au service de deux passions : l’éducation physique et sportive et la formation des futurs athlètes de haut niveau. Denise Ebelle

Élisabeth Atangana : « Nous devons décider ensemble de ce que nous faisons pour une meilleure alimentation »

La deuxième rencontre du Bassin du Congo consacrée à l’agroécologie, aux systèmes alimentaires durables, à la biodiversité et à la justice climatique s’est ouverte ce 25 août à Yaoundé. Les travaux ont été officiellement ouverts par Son Excellence Gabriel Mbaïrobe, ministre de l’Agriculture et du Développement rural du Cameroun. L’initiative réunit des acteurs venus des pays du Bassin du Congo autour de la nécessité de renforcer la coopération régionale en faveur de systèmes alimentaires plus durables.

BASSIN DU CONGO : À YAOUNDÉ, L’AGROÉCOLOGIE VEUT PASSER DU PLAIDOYER À L’ACTION

 Comment nourrir une population en croissance tout en préservant les forêts, la biodiversité et les moyens de subsistance des communautés ? C’est l’une des principales questions au cœur de la deuxième Conférence du Bassin du Congo, ouverte mardi 25 août à Yaoundé. Pendant trois jours, gouvernements, organisations paysannes, société civile, chercheurs, communautés autochtones, femmes et jeunes confrontent leurs expériences autour de l’agroécologie, de la souveraineté alimentaire et de la justice climatique. Organisée par l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) et ses partenaires, la rencontre se tient jusqu’au 27 août sous le thème : « Agroécologie pour l’inclusion, systèmes alimentaires durables, biodiversité et justice climatique dans le Bassin du Congo ». L’AFSA avait confirmé en amont la tenue de cette rencontre à Yaoundé et son objectif d’aboutir à une Déclaration de Yaoundé 2026 ainsi qu’à une feuille de route régionale. La rencontre de Yaoundé s’inscrit dans la continuité du sommet organisé à Kinshasa en août 2023. À l’époque, les participants avaient mis en évidence plusieurs défis étroitement liés : déforestation, pressions foncières, développement extractif, insuffisance des financements destinés aux initiatives communautaires, la faible soutien politique à l’agroécologie et la marginalisation persistante de certaines catégories d’acteurs, notamment les peuples autochtones, les femmes et les jeunes. Neuf groupes de travail avaient été constitués à Kinshasa autour de l’entrepreneuriat agroécologique, des droits communautaires, de la recherche, de la restauration des écosystèmes, de la consommation locale et de l’engagement des jeunes. À Yaoundé, l’objectif affiché est donc de faire le point sur les progrès accomplis depuis 2023 et surtout de renforcer la coordination régionale. L’AFSA présente cette nouvelle étape comme un passage vers des engagements plus concrets, avec une feuille de route destinée à structurer l’action collective. Pour les promoteurs de la conférence, l’agroécologie ne doit pas être considérée uniquement comme une technique agricole. Elle est présentée comme un levier permettant de rapprocher production alimentaire, protection des écosystèmes, valorisation des savoirs locaux et développement des économies rurales. Le coordonnateur général de l’AFSA, Million Belay, défend notamment une approche qui valorise la biodiversité, les sols, les connaissances autochtones et les économies locales. Le plaidoyer de l’organisation accorde une place importante aux petites exploitations agricoles, auxquelles sont associés semences conservées et sélectionnées par les agriculteurs, savoirs locaux et recherche scientifique. Cette orientation est également défendue par les autorités camerounaises. À l’ouverture de la conférence, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, représentant le Premier ministre, a appelé à dépasser le stade des déclarations d’intention et à accélérer les investissements dans l’agriculture durable, la recherche, l’innovation et le financement des exploitations familiales. La question des ressources constitue l’un des principaux défis soulevés par les participants. Selon les chiffres présentés lors de l’ouverture des travaux, l’Afrique centrale aurait besoin de 2,92 milliards de dollars par an pour promouvoir une agriculture durable et résiliente et contribuer à la restauration et à la protection du Bassin du Congo. On estime notamment à 2,19 milliards de dollars les besoins liés au soutien aux pratiques résilientes et à faibles émissions, et à 670 millions de dollars ceux consacrés aux systèmes d’alerte précoce et aux filets de sécurité adaptatifs. Plusieurs engagements financiers sont annoncés en faveur du Bassin du Congo, notamment de la Banque africaine de développement, de la BDEAC et de la Banque mondiale. Ces financements sont présentés comme des contributions à différents mécanismes et projets liés à la conservation et au développement durable de la région. Au-delà des questions agricoles, la conférence entend replacer les communautés au centre des politiques liées aux ressources naturelles et aux systèmes alimentaires. Les travaux portent sur les droits fonciers, la restauration des écosystèmes, la justice climatique, les mécanismes de financement et les partenariats. Un atelier spécifique est consacré aux jeunes, aux femmes et aux peuples autochtones, considérés par les organisateurs comme des acteurs importants de la transformation des territoires. Cette approche rejoint la volonté affichée par l’AFSA de faire entendre davantage les acteurs communautaires dans les décisions concernant l’avenir alimentaire et environnemental du continent. L’organisation indique rassembler 48 alliances membres actives dans 50 pays africains et toucher plus de 200 millions de personnes. Le principal résultat politique attendu de la rencontre est l’adoption de la Déclaration de Yaoundé 2026, accompagnée d’une feuille de route régionale.  Ladite déclaration devra traduire les recommandations issues des travaux en engagements concrets, en responsabilités et en mécanismes de suivi. L’enjeu est donc de mesurer la capacité des participants à dépasser les constats déjà formulés à Kinshasa et à faire émerger des engagements suffisamment précis pour orienter les politiques publiques, les financements et les initiatives communautaires. Environ trois ans après Kinshasa, Yaoundé apparaît ainsi comme une nouvelle étape dans la construction d’une dynamique régionale autour de l’agroécologie. La véritable mesure du succès de la conférence ne résidera toutefois pas seulement dans l’adoption d’une nouvelle déclaration, mais dans sa capacité à produire des actions suivies, financées et évaluables sur le terrain. Réaction Mme Foé Yvette : « Semez, bêchez, fouillez… » pour préserver la diversité semencière « Le laboureur et ses enfants, semez, bêchez, fouillez, ne laissez aucune place où la main ne passe et repasse, alors vous aurez le trésor. » C’est par cette citation tirée de « Le Laboureur et ses enfants » de Jean de La Fontaine que Mme Foé Yvette résume le message qu’elle souhaite adresser au public à l’occasion de la rencontre du Bassin du Congo à Yaoundé. Pour la représentante du RADD, le Réseau des acteurs du développement durable, le retour à la terre et la préservation des semences paysannes constituent des leviers essentiels pour renforcer la diversité alimentaire et lutter contre la faim. Présent sur le site de l’exposition, le RADD met en avant une importante diversité de semences et de produits agricoles locaux. L’objectif est de montrer au public la richesse du patrimoine semencier paysan et la nécessité de le préserver. « Nous sommes venus exposer une diversité vraiment semencière », explique Mme Foé Yvette. Parmi les produits présentés figurent notamment différentes variétés d’arachide, des tomates cerises rouges et

Approvisionnement en eau potable : le chantier du Port de Kribi réalisé à 95 %

Le projet d’alimentation en eau potable du Port autonome de Kribi (PAK) et de ses dépendances approche de son terme. Les travaux affichent un taux d’exécution de 95 %, au terme d’une visite de terrain effectuée à Kribi le 19 août dernier, par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, en présence notamment des directeurs généraux du PAK, Patrice Melom, et de la CAMWATER, Dr Blaise Moussa. Cette descente sur le terrain s’inscrit dans le cadre du suivi des grands projets destinés à accompagner le développement économique et industriel de la région de Kribi. La délégation ministérielle s’est également rendue sur les chantiers liés au secteur de l’énergie, notamment l’extension du poste de Kribi et la construction de la ligne 225 kV KPDC–PAK. L’alimentation régulière en eau potable constitue un enjeu important pour le développement du complexe industrialo-portuaire de Kribi. L’augmentation des activités portuaires, industrielles et logistiques entraîne en effet une croissance des besoins en eau des entreprises, des infrastructures et des différents usagers de la plateforme. C’est dans cette perspective que le projet d’alimentation en eau potable du PAK et de ses dépendances a été engagé. Sur le terrain, le ministre et les responsables des deux structures ont pu apprécier l’état d’avancement des différentes composantes de l’ouvrage, de la mobilisation de la ressource jusqu’au traitement et à l’acheminement de l’eau. Les équipes techniques ont présenté les installations réalisées ainsi que les opérations restant à effectuer avant leur mise en service. Dernières finitions avant la mise en service Avec un niveau de réalisation de 95 %, le chantier se trouve désormais dans sa phase finale. Les travaux restants portent principalement sur les finitions, les vérifications, les essais techniques et les opérations préparatoires à la mise en service des installations. La visite du ministre a ainsi permis de faire le point sur l’état réel du chantier et de s’assurer que les infrastructures réalisées répondent aux objectifs fixés. L’ambition est de disposer d’un dispositif suffisamment robuste pour accompagner l’évolution des besoins en eau liés à la montée en puissance du port et au développement progressif des activités économiques autour de cette plateforme. Un partenariat CAMWATER–PAK La réalisation de cette infrastructure s’inscrit dans le cadre de la coopération engagée entre la CAMWATER et le Port autonome de Kribi. Les deux institutions ont signé, le 29 octobre 2023, un protocole d’accord portant notamment sur la fourniture du service public de l’eau potable et l’assainissement liquide dans la zone portuaire. À l’occasion de cette signature, le directeur général de la CAMWATER, Dr Blaise Moussa, avait indiqué que le protocole couvrait « toutes les activités actuelles et futures du PAK » relatives à l’approvisionnement en eau potable et à l’assainissement liquide. Le projet en cours apparaît ainsi comme l’une des traductions opérationnelles de cette collaboration entre le concessionnaire du service public de l’eau potable et le gestionnaire du complexe portuaire. L’eau et l’énergie au cœur du développement de Kribi À Kribi, la disponibilité des infrastructures essentielles constitue un facteur déterminant pour l’attractivité du territoire. En parallèle du projet hydraulique, le ministre de l’Eau et de l’Énergie a suivi l’évolution de plusieurs infrastructures électriques destinées à renforcer l’alimentation de la zone. Cette approche traduit la nécessité d’accompagner le développement du complexe industrialo-portuaire par des réseaux d’eau et d’électricité adaptés à l’accroissement des activités. Avec un chantier désormais réalisé à 95 %, le projet d’alimentation en eau potable du PAK entre donc dans sa dernière ligne droite. L’enjeu est désormais d’achever les dernières opérations techniques et de réunir les conditions nécessaires à une mise en service efficace des ouvrages, afin de contribuer à la sécurisation durable de l’approvisionnement en eau potable du port et de ses dépendances.   Denise Ebelle

CAMWATER : Le top management fixe le cap d’une nouvelle culture de performance

 À la CAMWATER, l’heure est désormais à la consolidation des acquis et à l’accélération des résultats. Dans une communication adressée à l’ensemble de la chaîne managériale, le Directeur Général, Dr Blaise Moussa, appelle les responsables et collaborateurs de l’entreprise à franchir un nouveau palier, avec une exigence clairement affichée : davantage de performance, de responsabilité et de résultats. Le message intervient après plusieurs années marquées, selon la Direction Générale, par des efforts de restructuration, de réorganisation, de discipline et de clarification des responsabilités. Ces transformations doivent désormais produire des effets plus visibles sur les performances commerciales et opérationnelles de l’entreprise. « La performance est désormais une obligation» Pour le Directeur Général, les structures déconcentrées de la CAMWATER ne peuvent plus être considérées comme de simples relais administratifs. Délégations régionales, secteurs, agences et centres doivent fonctionner comme de véritables unités opérationnelles, avec des objectifs et des résultats à atteindre. Le mot d’ordre est résumé en quelques verbes : « Produire, distribuer, vendre, facturer et recouvrer davantage. » Les responsables sont ainsi invités à renforcer la distribution et la commercialisation de l’eau potable, à assurer une relève exhaustive des consommations, à améliorer la facturation et à intensifier le recouvrement. « Une agence n’est pas un reposoir. Un centre n’est pas un petit royaume », martèle le Dr Blaise Moussa, pour rappeler que chaque structure doit contribuer directement aux performances de l’entreprise. Du bureau au terrain Cette nouvelle dynamique doit également se traduire par une présence accrue des responsables sur le terrain. Pour la Direction Générale, les infrastructures nouvellement réalisées ne sauraient produire pleinement leurs effets sans une démarche commerciale permettant de convertir les extensions de réseaux en nouveaux branchements, en nouveaux abonnés et en consommations effectivement facturées. Les équipes sont donc appelées à aller davantage à la rencontre des ménages, entreprises et administrations, afin d’identifier les opportunités de branchement et d’élargir la base clientèle. À cette offensive commerciale doit s’ajouter une lutte plus déterminée contre la fraude et les branchements illicites. « Sortez. Bousculez les habitudes. Branchez. Contrôlez. Facturez. Recouvrez. Luttez contre la fraude. Performez », lance le Directeur Général. L’exigence de performance se décline également en objectifs chiffrés. Pour le mois en cours, la Délégation régionale de Douala est appelée à atteindre un niveau minimal de recouvrement de 1,1 milliard de FCFA, tandis que la DIVRY doit mobiliser 1,250 milliard de FCFA. Les autres délégations régionales sont, pour leur part, invitées à améliorer leurs performances de recouvrement d’au moins 15 %. Pour la Direction Générale, ces objectifs sont à la portée des équipes, à condition que les responsables assument pleinement leur rôle, organisent efficacement leurs collaborateurs et assurent un suivi régulier des résultats. Sécuriser les recettes La nouvelle orientation managériale concerne également la sécurisation des recettes. Le Directeur Général réaffirme ainsi l’obligation de procéder au reversement automatique, intégral et immédiat des encaissements conformément aux procédures en vigueur. La promotion des moyens de paiement électroniques figure aussi parmi les priorités. La direction en charge du marketing, en collaboration avec les services de communication et les autres parties prenantes, est appelée à intensifier la sensibilisation des usagers, alors qu’un ralentissement est observé sur ce segment. La réouverture des agences et centres le samedi devra, elle aussi, être accompagnée d’une communication efficace et surtout se traduire par des résultats concrets en matière de service aux usagers, de branchements, d’encaissements et de recouvrement. Faire de la contrainte financière un levier d’action Dans un contexte financier que la Direction Générale reconnaît difficile, le Dr Blaise Moussa refuse l’attentisme. Il mise plutôt sur une mobilisation accrue des ressources internes. L’amélioration du taux de facturation, l’exhaustivité de la relève, l’augmentation des recettes commerciales, le renforcement du recouvrement, la réduction des pertes liées à la fraude et l’accélération des branchements sont ainsi présentés comme autant de leviers susceptibles de renforcer progressivement l’autonomie financière de la CAMWATER. Le mérite comme moteur La transformation voulue par la Direction Générale repose également sur une plus grande valorisation du mérite. Les collaborateurs capables de mobiliser leurs équipes, d’innover et d’obtenir des résultats sont appelés à bénéficier d’une reconnaissance accrue et, le cas échéant, de nouvelles responsabilités. À l’inverse, la sous-performance persistante, le laxisme, la négligence ou l’absence d’initiative ne devraient plus être considérés comme sans conséquence. Mais le Directeur Général précise la finalité de cette approche : « La sanction n’est pas l’objectif. L’objectif est de faire réussir chacun et de faire réussir la CAMWATER. » Objectif : accéder à la deuxième catégorie Cette nouvelle feuille de route s’inscrit enfin dans une ambition plus large : améliorer durablement le positionnement de la CAMWATER parmi les entreprises publiques camerounaises. Après le classement de l’entreprise en troisième catégorie, le Directeur Général entend faire de cette évolution un point d’appui pour viser la deuxième catégorie lors de la prochaine évaluation, notamment à travers une progression significative et durable du chiffre d’affaires et une amélioration globale des performances. L’ambition dépasse donc les seuls indicateurs financiers. Elle touche également à la qualité du service rendu aux usagers et à la capacité de l’entreprise à transformer les efforts engagés ces dernières années en résultats durables. À travers cette communication, le Dr Blaise Moussa entend ainsi installer la performance comme une responsabilité partagée à tous les niveaux de la CAMWATER. Un changement de culture résumé dans son appel final : « Sortez. Branchez. Contrôlez. Facturez. Recouvrez. Luttez contre la fraude. Servez mieux nos usagers. Et surtout : performez ! » Denise Ebelle

FGI 2026

La startup Monetbil révolutionne le paiement mobile au Cameroun Le forum national sur la gouvernance de l’internet au Cameroun se déroule du 18 au 20 Août 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé: sous le thème :  » De la fragmentation à l’interopérabilité : faire de la donnée le socle des infrastructures numériques ». Ce grand rendez-vous placé sous la houlette du ministère des postes et télécommunications, avec la contribution de l’Antic , Camtel et plusieurs autres opérateurs de téléphonie mobile envisage de faire de l’internet , un moyen de lutte contre la pauvreté dans le monde, un outil efficace pour l’épanouissement des citoyens ainsi que pour le développement social , économique et culturel des États. En tant que partenaire du Forum, Monetbil Group SAS, une startup spécialisée dans le développement des logiciels et fournissant des services numériques en ingénierie informatique et intervenant dans l’agrégation des solutions de paiement mobiles a saisi l’occasion pour faire connaître son produit et créer une proximité d’avec le public dans un univers numérique désormais voué à la concurrence. L’ entreprise nourrie ainsi l’ambition de devenir le leader des paiements digitaux sur le continent en offrant aussi bien un interface ergonomique, des fonctionnalités puissantes ainsi que Aide et ressources. Une parfaite illustration de l’économie numérique que promeut le forum national sur la gouvernance de l’Internet au Cameroun. Monetbil propose ses activités aux E- Commerçants à travers un mode de paiement par téléphone portable, simple, rapide et sécurisé pour une rentabilité assurée. Aux développeurs d’applications ,elle fournit un paiement sécurisé leur permettant de vendre leurs services et produits en ligne. Monetbil en chiffres aujourd’hui, c’est une présence dans 11 pays notamment au : Cameroun, Mali, ‘Ouganda, Sénégal, Bénin, Congo Brazzaville, Liberia, Madagascar, Guinée Conakry, et le Gabon . C’est une mastodonte qui compte près de 6485 Marchands et 2,3 millions de clients finaux. Il faut noter que Monetbil est conçu pour s’integrer facilement à diverses plateformes et frameworks utilisés par les entreprises pour leurs sites web ou applications et utilise un modèle de facturation transparent. Réaction : Mme Fokoua Sotra , responsable des country Manager à Monetbil Notre solution Monetbil existe depuis 2016 , dans l’optique de bancariser toutes les populations qui n’ont pas accès à un compte bancaire, leur faciliter les paiements et les achats en ligne à travers le mobile money. Pour ce qui est de son fonctionnement, il vous suffit d’ aller sur le site marchand où vous voulez effectuer le paiement, vous choisissez l’article que vous voulez, vous cliquez sur  » payez maintenant » et la plateforme va vous diriger simplement vers la Monetbil. Et là dès que vous payez , vous recevez une facture Mobile money et une carte de confirmation de votre opérateur soit Orange money ou MTN mobile money avec ça vous vous présentez chez le marchand chez qui vous avez effectué le paiement pour qu’on vous délivre votre produit. A la différence de opérateurs MTN ou Orange, nous sommes des intermédiaires ou mieux encore agrégateur de paiement mobile en ligne. L’ avantage d’utiliser Monetbil, d’abord pour l’entreprise, c’est l’augmentation du chiffre d’affaires, la sécurisation des données de clients, ainsi que vos propres données, l’exportation rapide des fichiers en cas de vérification ou en cas de plainte, et aussi la rapidité du service client qui est est très actif. Après environ 10 ans de fonctionnement au Cameroun, nous sommes à plus de 5000 clients fidèles ,constitués essentiellement des entreprises et des E commerçants. Monetbil group SAS est basé au Quartier Nsimbok à Yaoundé et est accessible au site web : www.monetbil.com. Germaine Ngo Holl