GETEC 2026 : la Douane mise sur la proximité avec les étudiants et les jeunes entrepreneurs

GETEC 2026 : la Douane mise sur la proximité avec les étudiants et les jeunes entrepreneurs Présente à la 8e édition du Salon du Génie et du Talent de l’Étudiant Camerounais, du 11 au 14 août à Yaoundé, la Direction générale des Douanes entend mieux faire connaître ses missions, ses innovations et les opportunités offertes par le secteur douanier. À l’esplanade de la Place de l’Indépendance à Yaoundé, le public du GETEC 2026 ne découvre pas seulement des projets portés par les étudiants et jeunes entrepreneurs. Le rendez-vous constitue également une occasion pour plusieurs administrations publiques de se rapprocher de cette jeunesse appelée à jouer un rôle central dans la transformation de l’économie nationale. La Direction générale des Douanes a choisi d’y installer un espace consacré à l’information et aux échanges. Durant les quatre jours du salon, les visiteurs sont invités à mieux comprendre le fonctionnement de l’administration douanière, ses responsabilités et les transformations engagées ces dernières années. Au-delà de la mobilisation des recettes publiques, les agents présents sur le site mettent en avant les missions liées à la sécurisation du territoire, à la protection de l’économie et à la lutte contre les trafics illicites. La présence de la Douane au GETEC est aussi l’occasion de présenter les outils technologiques désormais utilisés dans ses opérations. Parmi eux figure le Cameroon Customs Information System (CAMCIS), qui accompagne la dématérialisation des procédures douanières. Le dispositif de suivi des marchandises en transit par géolocalisation, l’application COSMOS destinée au contrôle de l’effectivité du dédouanement des véhicules ainsi que les mécanismes de collecte électronique des droits et taxes sur certains terminaux numériques font également partie des innovations présentées au public. À travers ces solutions, l’administration entend montrer que le métier de douanier évolue avec les nouvelles technologies et que la modernisation constitue désormais un axe majeur de son fonctionnement. Le stand douanier sert par ailleurs de cadre aux échanges sur les questions de sécurité et de protection de la société. Les opérations de lutte contre les produits illicites et les stupéfiants menées par les unités opérationnelles, notamment dans le cadre de la mission spéciale HALCOMI III, sont expliquées aux visiteurs. L’objectif est de sensibiliser particulièrement les jeunes aux conséquences des trafics et à la nécessité de promouvoir une économie fondée sur les activités licites. La Douane profite également de cette rencontre pour présenter aux étudiants la diversité des métiers accessibles au sein de l’administration ainsi que les conditions d’accès à la fonction publique, notamment à travers les concours administratifs. Cette démarche s’inscrit dans l’esprit même du GETEC 2026, dont l’ouverture a été placée sous le signe de la professionnalisation et du rapprochement entre l’université et le monde de l’entreprise. Dans son discours d’ouverture, le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr Jacques Fame Ndongo, a insisté sur la nécessité de faire de l’université un véritable espace de production et de valorisation des compétences. L’ambition affichée est notamment d’encourager davantage de jeunes à entreprendre, de donner une plus grande visibilité aux projets issus des laboratoires et incubateurs universitaires et de renforcer l’accompagnement des étudiants-entrepreneurs. Une cohorte de 22 jeunes entrepreneurs ayant déjà concrétisé leurs projets grâce aux financements ministériels figure parmi les initiatives mises en avant. En participant à ce rendez-vous consacré au génie et au talent des étudiants camerounais, la Douane cherche ainsi à parler directement à une génération appelée à devenir entrepreneure, salariée, innovatrice ou future cadre de l’administration. Une manière pour l’institution de faire de la proximité avec les jeunes un levier supplémentaire de modernisation et de compréhension de l’action douanière.

CAMWATER accélère sa transformation numérique

CAMWATER accélère sa transformation numérique La Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER) a lancé, lundi 10 août à Yaoundé, un atelier consacré à l’intégration de ses nouvelles solutions digitales. Pendant cinq jours, l’entreprise entend harmoniser ses outils, renforcer les capacités de ses personnels et préparer le déploiement de son nouvel écosystème numérique. La transformation numérique de la CAMWATER franchit une nouvelle étape. Depuis lundi 10 août 2026, cadres dirigeants, responsables d’agences, personnels relais et partenaires techniques de l’entreprise sont réunis au Complexe MUNDI, à Yaoundé, dans le cadre d’un atelier consacré à la mise en cohérence des nouvelles solutions digitales. Les travaux, qui s’achèvent le 14 août, sont placés sous la présidence du Directeur général, Dr Blaise Moussa. L’objectif est de faire converger plusieurs outils numériques vers un même système afin d’améliorer le fonctionnement interne de l’entreprise, mais aussi la qualité des services proposés aux abonnés. Cette démarche intervient dans un contexte où la CAMWATER souhaite réduire la dépendance aux procédures manuelles, limiter les risques d’erreurs et renforcer le suivi de ses opérations commerciales et financières. Un écosystème numérique intégré Baptisé « WATERIS by CAMWATER », le nouvel environnement numérique regroupe huit solutions destinées à couvrir différentes étapes de l’activité de l’entreprise. WATERIS-METER est consacré à la relève et à la télérelève des index de consommation. WATERIS-COMMERCIAL constitue la plateforme de gestion du cycle commercial, notamment les contrats, la facturation, le suivi des abonnés, les réclamations et les interventions. À ces deux outils s’ajoutent WATERIS-STOCK, destiné à la gestion des magasins et des matériels, et WATERIS-PAY, qui doit faciliter le règlement des factures à travers les différents moyens de paiement électronique. WATERIS-INTEGRATION assure, pour sa part, la synchronisation des transactions de paiement avec la comptabilité client. Le dispositif comprend également WATERIS-GEC pour la gestion électronique des documents administratifs, WATERIS-MAIL pour la communication interne et WATERIS-DASHBOARD, consacré aux tableaux de bord de pilotage commercial et financier. L’enjeu de l’atelier est précisément de faire fonctionner ces différentes composantes comme un système intégré. Il ne s’agit donc plus seulement de disposer de plusieurs applications, mais de permettre leur interconnexion afin que les informations puissent circuler entre les différents maillons de la chaîne. De la démonstration à la mise en situation Le programme de la semaine prévoit une progression allant de la présentation des solutions à leur utilisation pratique. Après le cadrage général du projet et la présentation de WATERIS-GEC et WATERIS-MAIL lundi, les participants découvrent mardi WATERIS-COMMERCIAL et WATERIS-METER. La journée de mercredi est consacrée à WATERIS-STOCK, WATERIS-PAY, WATERIS-INTEGRATION et WATERIS-DASHBOARD. Elle doit également permettre aux participants d’échanger sur l’articulation entre les différentes solutions. Jeudi, les travaux passeront à une phase plus pratique avec la démonstration de l’ensemble de la chaîne, du branchement au paiement, en passant par la gestion du stock, la relève et la facturation. Des travaux en sous-groupes permettront ensuite d’aborder les problématiques techniques et les besoins liés aux métiers. La dernière journée sera consacrée à la restitution des travaux, à la consolidation du plan de déploiement et à l’élaboration du plan de renforcement des capacités. Miser sur l’appropriation des outils Au-delà de la technologie, la CAMWATER entend mettre l’accent sur la maîtrise des nouveaux outils par ses personnels. Les travaux portent ainsi sur deux volets : la sécurisation des infrastructures, la migration des données et l’interfaçage des systèmes d’une part ; le paramétrage des processus et la prise en main des applications selon les profils des agents d’autre part. Plusieurs partenaires techniques prennent part à cette démarche, aux côtés des équipes de la Direction des technologies, de la recherche et du développement (DITRAD). Une autre mesure accompagne le dispositif : les supports de formation sont transmis aux participants par courrier électronique à l’issueF3 de chaque session. À terme, la CAMWATER veut s’appuyer sur cette nouvelle architecture numérique pour améliorer le suivi de ses opérations, fluidifier les processus et renforcer le pilotage de son activité. Le déploiement progressif dans les agences locales constituera la prochaine étape, avec pour perspective d’étendre les bénéfices de cette transformation aux abonnés. Denise Ebelle

AGAB : les premières « diplômées » passent le relais à une nouvelle génération de jeunes filles

AGAB : les premières « diplômées » passent le relais à une nouvelle génération de jeunes filles À Yaoundé, la cérémonie de lancement de la deuxième cohorte du Conseil consultatif des adolescentes a aussi été l’occasion de célébrer les parcours de celles qui achèvent trois années d’engagement au sein de l’Adolescent Girls Advisory Board (AGAB). Entre plaidoyer, leadership et actions communautaires, plusieurs membres de la première cohorte ont reçu leur attestation avant de devenir, à leur tour, les mentors des nouvelles participantes. Lorsque Lydia Bife s’est avancée pour recevoir son attestation, les applaudissements ont largement couvert les mots du maître de cérémonie. En trois années de participation au programme AGAB, cette jeune femme vivant avec un handicap s’est particulièrement illustrée dans le plaidoyer et la prise de parole en public. Elle a notamment modéré des panels de haut niveau et représenté les filles du Cameroun au Sommet régional des filles pour l’Afrique centrale et de l’Ouest, tenu à Dakar en octobre dernier. Son expérience ne s’arrête pas à la prise de parole. Spécialisée dans les questions d’inclusion sociale au sein du groupe AGAP, Lydia a également mené des actions de sensibilisation sur le VIH et sur la compréhension du langage lié à la canne blanche. Désormais, elle change de positionnement sans quitter le programme : elle est appelée à accompagner la deuxième cohorte en qualité de coach et de mentor. Même passage de témoin pour Julienne. Étudiante en deuxième année, option analyse biologique, elle repart de cette expérience avec une compétence renforcée en plaidoyer et une confiance accrue dans ses capacités de leadership. Parmi ses engagements figure la sensibilisation à la prévention des cancers liés au papillomavirus humain (HPV). Mais son parcours au sein d’AGAB a également produit des effets dans sa propre famille : le dialogue parent-enfant instauré dans le cadre du programme lui a permis, selon son témoignage, de dépasser des difficultés de communication qui persistaient avec ses parents. Ces trajectoires donnent un aperçu de ce que la première cohorte laisse derrière elle. Damaris, autre bénéficiaire distinguée au cours de la cérémonie, s’est notamment investie dans la finance verte et les questions environnementales. Ingénieure en formation et consultante sur les thématiques environnementales au sein du groupe AGAP, elle a participé à une campagne de plantation d’arbres au lycée d’application ainsi qu’à des consultations de jeunes dans la région du Sud. De bénéficiaires à actrices du changement Ces expériences constituent désormais le socle sur lequel doit s’appuyer la deuxième cohorte. La cérémonie organisée le 7 août 2026 à l’hôtel Mérina de Yaoundé n’était donc pas seulement une cérémonie de lancement. Elle marquait aussi une transition entre deux générations de jeunes filles appelées à porter la voix de leurs pairs. Pour Marie Thérèse Abena Ondoa, ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, cette évolution traduit une nouvelle manière de considérer les adolescentes dans l’action publique. Elles ne sauraient être réduites au rôle de bénéficiaires des politiques conçues à leur intention. Leurs expériences, leurs aspirations et leurs propositions doivent également contribuer à orienter les réponses qui leur sont destinées. L’enjeu est d’autant plus important que l’adolescence constitue une période où se construisent la confiance en soi, les ambitions, le sens des responsabilités et les premiers engagements citoyens. Or, de nombreuses jeunes filles restent confrontées à des difficultés susceptibles de compromettre leur avenir : violences basées sur le genre, mariages précoces, grossesses en milieu scolaire, inégalités d’accès à l’éducation, difficultés d’accès aux services de santé, au numérique ou encore aux espaces de participation citoyenne. Dans ce contexte, le Conseil consultatif des adolescentes entend offrir un cadre où les jeunes filles peuvent non seulement exposer leurs préoccupations, mais également participer à la recherche de solutions. Pour la ministre, cette approche participe d’une gouvernance plus inclusive, dans laquelle les adolescentes deviennent progressivement des partenaires de la réflexion sur les politiques qui les concernent. Une école du leadership Le programme ne se limite donc pas aux échanges ou aux consultations. Au fil de leur parcours, les participantes sont formées à l’art oratoire, aux compétences de vie et aux outils numériques. Elles sont également initiées au plaidoyer, à la participation aux espaces de décision, au leadership transformationnel, au développement personnel et au travail en équipe. À cela s’ajoute la mise en œuvre de microprojets communautaires. L’objectif est de transformer les connaissances acquises en actions concrètes dans les communautés. Les thèmes sur lesquels les jeunes filles sont appelées à travailler couvrent notamment l’éducation de qualité, le mariage d’enfants et les grossesses précoces, la santé et les droits sexuels et reproductifs, les violences et abus, l’hygiène menstruelle ainsi que les changements climatiques. Autant de problématiques qui dépassent le cadre scolaire et touchent directement les conditions de vie et les perspectives d’avenir des adolescentes. Les anciennes comme guides des nouvelles La particularité de cette nouvelle étape réside ainsi dans la transmission. Celles qui ont expérimenté le plaidoyer, les espaces de décision et les actions communautaires deviennent désormais des repères pour les nouvelles membres. Lydia Bife en est déjà l’une des illustrations. Après avoir elle-même bénéficié de l’accompagnement du programme, elle contribue désormais à encadrer la deuxième cohorte. Une responsabilité qui prolonge, sous une autre forme, son engagement en faveur de l’inclusion et de la participation des jeunes filles. Cette logique de transmission rejoint la vision portée par l’UNICEF, partenaire de l’initiative. Chaque participante arrive avec une ambition, une préoccupation ou un projet personnel ; l’accompagnement vise à lui permettre de transformer cette volonté en capacité d’action. À travers cette deuxième cohorte, l’AGAB entend donc poursuivre un pari : faire de la parole des adolescentes un outil d’influence, mais surtout une force de proposition. Car, au-delà des attestations remises aux premières participantes, le véritable enjeu est désormais de voir leurs expériences se prolonger dans celles qui prennent le relais. Denise Ebelle

Cacao : le Cameroun ouvre une nouvelle campagne sous le signe de la confiance malgré les défis

Cacao : le Cameroun ouvre une nouvelle campagne sous le signe de la confiance malgré les défis Lancée le 6 août 2026 à l’Hôtel de Ville de Yaoundé par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, la campagne cacaoyère 2026-2027 s’est ouverte devant une salle comble, témoignant de l’intérêt que suscite une filière stratégique pour l’économie camerounaise. Malgré une baisse des volumes commercialisés lors de la campagne écoulée, les pouvoirs publics affichent leur confiance, portés par l’amélioration de la qualité des fèves, la progression de la transformation locale et la préparation du pays aux nouvelles exigences du marché international. La salle Ongola a fait le plein le 6 août 2026. Producteurs, exportateurs, transformateurs, coopératives, acheteurs, partenaires techniques, responsables des administrations publiques et autres acteurs de la chaîne de valeur cacao ont répondu massivement à l’invitation du ministère du Commerce pour le lancement officiel de la campagne cacaoyère 2026-2027. La forte mobilisation, dans une salle pleine à craquer, traduisait l’importance que revêt cette nouvelle saison pour une filière qui demeure l’un des principaux moteurs des exportations agricoles du Cameroun. Tous étaient venus prendre le pouls d’une campagne qui suscite autant d’attentes que d’interrogations. Devant cette assemblée, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a officiellement donné le coup d’envoi de la nouvelle campagne. « Je peux donc, avec une certaine fierté et satisfaction, dire que la campagne cacaoyère 2026-2027 est officiellement ouverte », a déclaré le membre du gouvernement, dans un discours visiblement d’optimisme. Un contexte plus favorable qu’il y a quelques mois Pour le ministre, plusieurs indicateurs permettent d’envisager la nouvelle campagne avec davantage de sérénité. Après les fortes turbulences observées au cours de la saison écoulée, le marché retrouve progressivement un meilleur équilibre. La précédente campagne avait en effet été marquée par une forte volatilité des prix bord champ. Si les producteurs avaient bénéficié de cours exceptionnellement élevés à certaines périodes, ils avaient également subi des replis importants, certains achats descendant jusqu’à environ 700 FCFA le kilogramme dans plusieurs bassins de production. Aujourd’hui, selon Luc Magloire Mbarga Atangana, le contexte apparaît plus favorable. Le marché intérieur affiche une plus grande vitalité, notamment grâce à la montée en puissance de la transformation locale, qui continue de créer davantage de valeur ajoutée pour les fèves camerounaises. Près de 250 000 tonnes de cacao auraient ainsi été transformées au cours de la précédente campagne, signe que l’industrie locale poursuit sa progression et réduit progressivement la dépendance exclusive aux exportations de fèves brutes. Une qualité qui fait désormais la réputation du cacao camerounais Autre motif de satisfaction : la qualité. Le cacao camerounais poursuit son ascension sur les marchés internationaux. Les efforts consentis ces dernières années en matière de bonnes pratiques agricoles, de collecte, de fermentation et de séchage permettent aujourd’hui au produit national de rivaliser avec les meilleurs standards internationaux. Cette amélioration qualitative constitue un avantage concurrentiel majeur dans un contexte où les acheteurs internationaux accordent une importance croissante à la traçabilité, à la durabilité et à la qualité des fèves. Le défi européen en ligne de mire L’entrée en vigueur, dès janvier 2027, du règlement européen sur la déforestation constitue l’un des principaux enjeux de cette nouvelle campagne. Cette réglementation imposera aux pays producteurs de démontrer que le cacao exporté vers l’Union européenne n’est pas issu de zones déboisées. Sur ce point, le ministre du Commerce s’est voulu rassurant. Selon lui, le Cameroun a multiplié les actions préparatoires afin de permettre aux producteurs, aux exportateurs et à l’ensemble des opérateurs de satisfaire aux nouvelles exigences de traçabilité imposées par ce marché stratégique. Une campagne précédente en net recul Cet optimisme gouvernemental contraste néanmoins avec les résultats de la campagne 2025-2026. Selon les données de l’Office national du cacao et du café (ONCC), les volumes officiellement commercialisés se sont établis à 247 914 tonnes contre 309 518 tonnes un an auparavant, soit une baisse de 61 604 tonnes représentant près de 20 %. Cette diminution met fin à la progression spectaculaire enregistrée lors de la campagne précédente, qui avait permis au Cameroun d’atteindre un niveau historique de commercialisation. Toutefois, cette baisse mérite d’être nuancée. Les statistiques publiées par l’ONCC concernent exclusivement les volumes passés par les circuits officiels de commercialisation. Elles n’intègrent ni les stocks conservés par les producteurs, ni les ventes différées, encore moins les éventuels flux échappant aux circuits déclarés. À ce stade, il demeure donc difficile d’attribuer ce recul uniquement à une baisse de la production nationale. Des contraintes structurelles toujours présentes Au-delà des chiffres, la filière continue de faire face à plusieurs défis de fond. Les changements climatiques, les épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, le vieillissement des plantations, la baisse de fertilité des sols ainsi que les attaques parasitaires affectent durablement les rendements. La Société de développement du cacao (Sodecao) indique d’ailleurs perdre entre 40 % et 60 % des jeunes plants dans certaines pépinières en raison du déficit hydrique, compliquant ainsi le renouvellement des vergers. Face à ces difficultés, des systèmes d’irrigation sont progressivement mis en place afin de sécuriser la production de plants destinés aux exploitants. Le Centre demeure le principal bassin de commercialisation La répartition géographique des achats confirme le poids de la région du Centre, qui concentre près de 45 % des volumes commercialisés. Elle est suivie du Sud-Ouest, du Littoral, du Sud, de l’Est et de l’Ouest, tandis que les régions septentrionales représentent encore une part marginale des transactions. Cette cartographie illustre davantage les lieux où les fèves sont commercialisées que leur origine exacte, une partie de la production transitant par différents centres de collecte avant d’être enregistrée. L’ouverture de la campagne cacaoyère 2026-2027 intervient ainsi dans un contexte paradoxal. D’un côté, les chiffres de la précédente saison rappellent la fragilité d’une filière confrontée aux aléas climatiques, aux fluctuations du marché et aux défis du renouvellement des plantations. De l’autre, l’amélioration continue de la qualité du cacao camerounais, la progression de la transformation locale et les préparatifs engagés pour répondre aux nouvelles normes européennes nourrissent l’espoir d’une

Cameroun-Union européenne : Jean-Marc Châtaigner dresse le bilan d’un partenariat « fiable et constant »

Cameroun-Union européenne : Jean-Marc Châtaigner dresse le bilan d’un partenariat « fiable et constant » En fin de mission au Cameroun, le chef de la délégation de l’Union européenne, Jean-Marc Châtaigner, a été reçu mercredi par le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi. À la sortie de cette audience, il a évoqué les principaux axes de la coopération entre le Cameroun et l’Union européenne, notamment les infrastructures, le développement du secteur privé, l’accompagnement des jeunes et des femmes, ainsi que la lutte contre les infox. La coopération entre le Cameroun et l’Union européenne s’est invitée au cœur des échanges entre le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, et le chef de la délégation de l’Union européenne au Cameroun, Jean-Marc Châtaigner. En fin de mission, le diplomate européen a profité de sa sortie d’audience pour dresser un aperçu des principaux programmes conduits par l’Union européenne aux côtés du Cameroun. Parmi les domaines évoqués figurent les infrastructures, secteur dans lequel l’Union européenne accompagne plusieurs projets structurants. Jean-Marc Châtaigner a notamment cité le pont sur le Logone, réalisé dans le cadre de la coopération entre le Cameroun et le Tchad, le barrage hydroélectrique de Nachtigal, ainsi que le projet de pont sur le Ntem avec la Guinée équatoriale. À travers ces différents projets, l’Union européenne entend contribuer à la mise en œuvre des politiques de développement du Cameroun et de sa Stratégie nationale de développement. « Nous soutenons les politiques de développement et la Stratégie nationale de développement du Cameroun », a-t-il souligné. Au-delà des grands projets d’infrastructures, le diplomate européen a insisté sur l’importance accordée au secteur privé. À ses yeux, le développement économique ne peut être durable sans un tissu entrepreneurial suffisamment fort. Il s’est dit particulièrement satisfait de l’accompagnement apporté par l’Union européenne dans ce domaine, mais aussi des initiatives destinées à soutenir la jeunesse et les femmes camerounaises. Des catégories qu’il considère comme essentielles pour les perspectives d’avenir du pays. Cette coopération, a-t-il relevé, repose sur une relation qui dépasse le seul cadre de l’aide au développement. Jean-Marc Châtaigner considère ainsi l’Union européenne comme un partenaire « fiable » et « constant » du Cameroun, avec lequel elle entretient des relations depuis plus de 50 ans. Le partenariat présente également, selon lui, des intérêts pour les deux parties. Pour l’Union européenne, le Cameroun représente notamment un marché et un espace de coopération économique. « C’est un intérêt commun que nous avons », a-t-il résumé. La communication et l’information ont également figuré parmi les sujets abordés lors de l’audience. Sur ce terrain, Jean-Marc Châtaigner a rappelé les échanges réguliers entre l’Union européenne et le ministère de la Communication autour de la lutte contre les fausses informations. Le diplomate a notamment insisté sur la nécessité de promouvoir une information fiable et vérifiée, dans un contexte marqué par la circulation rapide des infox. Cette coopération porte également sur la formation des journalistes, autre volet auquel l’Union européenne accorde une attention particulière. Pour Jean-Marc Châtaigner, la vérification de l’information demeure essentielle. « Il faut bien sûr toujours s’assurer d’une information fiable, vérifier », a-t-il insisté, soulignant l’importance de poursuivre les échanges avec les autorités camerounaises et les professionnels des médias sur ces questions. Des souvenirs marqués par la cuisine et la culture camerounaises Au moment de se projeter vers son départ, le chef de la délégation de l’Union européenne a également livré une dimension plus personnelle de son séjour au Cameroun. Interrogé sur les souvenirs qu’il conservera du pays, il a évoqué « beaucoup d’attachement » et « beaucoup d’amitié », mais aussi les personnalités rencontrées au cours de sa mission. La gastronomie camerounaise occupe une place particulière dans ces souvenirs. Le diplomate a cité avec enthousiasme le beignet-haricot de Maman Angèle à Akwa, le ndolé royal et le taro accompagné de sa sauce jaune. La musique et les musiciens camerounais figurent également parmi les éléments qui, dit-il, resteront dans sa mémoire. Une manière, pour le diplomate européen en fin de mission, de résumer une relation avec le Cameroun qui aura été à la fois institutionnelle, économique, mais aussi humaine et culturelle.  Denise Ebelle

CJARC: 38 ans d’engagement au service de l’autonomie des personnes déficientes visuelles

Au-delà de la célébration de son 38e anniversaire, le Centre pour Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC) a fait de cette journée du 4 août 2026, un plaidoyer en faveur de l’inclusion et de l’autonomisation des personnes déficientes visuelles. Placée sous le thème « 38 ans debout : Résilience, Inclusion, Autonomisation », la cérémonie a été marquée par la remise d’attestations à une nouvelle promotion d’apprenants en informatique spécialisée, illustrant la volonté du centre de préparer ses bénéficiaires aux défis du monde numérique. Dans une ambiance empreinte de convivialité, en présence du président du Conseil d’administration, Jean Libom Li Likeng, responsables, partenaires et bénéficiaires ont retracé près de quatre décennies d’actions en faveur de l’intégration sociale et professionnelle des personnes aveugles et malvoyantes. Pour le Directeur général du CJARC, Coco Bertin, ce 38e anniversaire est avant tout une invitation à poursuivre les efforts engagés. Revenant sur le parcours du centre, il a salué l’accompagnement constant du gouvernement camerounais, des partenaires techniques et financiers ainsi que des collaborateurs qui ont permis à l’institution de traverser les périodes les plus difficiles. « Les 38 ans ne constituent pas un aboutissement, mais un nouveau départ. Notre ambition est de célébrer, dans deux ans, les quarante ans du CJARC avec de nouvelles infrastructures, de nouvelles activités et de nouvelles réalisations », a-t-il déclaré. Le numérique, un passeport vers l’insertion La remise des attestations de fin de formation en informatique spécialisée a constitué le moment fort de la cérémonie. Grâce à ces compétences adaptées, les bénéficiaires disposent désormais d’outils leur permettant d’accéder plus facilement à l’information, de poursuivre leurs études et d’améliorer leurs perspectives d’insertion professionnelle dans une société de plus en plus numérisée. L’émotion était palpable chez les récipiendaires. « Cette formation nous ouvre une nouvelle voie. Elle nous a permis de découvrir l’outil informatique et de sortir de l’illettrisme numérique. C’est une autonomie supplémentaire que nous venons d’acquérir », s’est réjoui Gérard Ding Ler, l’un des bénéficiaires. La cérémonie a également été l’occasion pour les responsables du centre de lancer un appel en faveur d’un renforcement des partenariats afin de développer de nouveaux projets économiques au profit des personnes déficientes visuelles. Le président du Conseil d’administration, Jean Libom Li Likeng, a exprimé sa gratitude envers les administrations publiques, les partenaires et les mécènes qui soutiennent les actions du CJARC. Il a notamment évoqué le projet d’acquisition de vastes superficies agricoles destinées à être exploitées par les bénéficiaires dans des activités telles que l’aviculture, la culture de l’ananas ou encore du plantain. Après 38 années d’existence, le CJARC réaffirme ainsi sa vocation : offrir aux personnes aveugles et malvoyantes les moyens de construire leur autonomie et de participer pleinement au développement économique et social du Cameroun. Denise Ebelle

RDPC : le Mayo-Banyo mobilise plus de 5,5 millions de FCFA pour les séminaires de restitution du Comité central

RDPC : le Mayo-Banyo mobilise plus de 5,5 millions de FCFA pour les séminaires de restitution du Comité central  Les élites politiques, les cadres et les militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) originaires du département du Mayo-Banyo se sont réunis samedi dernier à Yaoundé afin de préparer les séminaires de restitution des orientations arrêtées lors du récent séminaire du Comité central du parti consacré à la préparation des prochaines élections législatives et municipales. Présidée par Abba Sadou, chef de la délégation permanente départementale du Comité central du RDPC pour le Mayo-Banyo, en présence du Secrétaire général adjoint de la Présidence de la République (SGPR), Mohamadou Moustapha, la rencontre s’est achevée par la mobilisation de plus de 5,5 millions de FCFA destinés à soutenir les activités de terrain. Cette initiative intervient dans le prolongement du séminaire organisé récemment à Yaoundé par le Comité central du RDPC à l’intention des présidents des délégations permanentes régionales et départementales. À l’issue de ces assises, ces derniers ont été chargés d’assurer la restitution des principales orientations auprès des structures locales du parti. Prenant la parole, Abba Sadou a indiqué que ces travaux avaient permis de préciser les enjeux politiques et organisationnels des prochaines consultations électorales, tout en définissant les méthodes de mobilisation des militants et des responsables du parti sur le terrain. « Il nous a été demandé d’assurer la restitution de ce séminaire. Les exposés étaient riches en instructions, en organisation et en explication des enjeux des prochaines élections », a-t-il déclaré, soulignant que l’objectif est de permettre aux différentes structures du parti de s’approprier les orientations arrêtées par le Comité central. Trois séminaires prévus dans le département Dans le Mayo-Banyo, cette restitution prendra la forme de trois séminaires qui seront organisés dans les différentes sections du parti, notamment à Banyo, Bankim et Madingring. Ces rencontres réuniront les responsables politiques, les élus ainsi que les cadres appelés à relayer les instructions du Comité central auprès des militants. Selon Abba Sadou, cette opération nécessite une importante organisation logistique, notamment pour assurer les déplacements des équipes d’encadrement et la tenue des différentes sessions de formation. Le responsable politique a rappelé que le RDPC fonctionne sur un principe d’autofinancement, d’où la décision des élites du département de mutualiser leurs contributions afin de financer ces activités. Plus de 5,5 millions de FCFA déjà réunis Interrogé au terme de la rencontre, Alamine Mahamat, membre du Comité central pour le Mayo-Banyo, a indiqué que les contributions recueillies dépassaient déjà 5,5 millions de FCFA, une enveloppe qui pourrait encore augmenter dans les prochains jours. « Nous sommes venus dans le cadre des instructions du Comité central. Nous avons contribué ce matin à plus de 5,5 millions de francs CFA et nous espérons mobiliser davantage d’ici la semaine prochaine », a-t-il expliqué. D’après lui, ces ressources permettront de financer la tournée de restitution conduite par la délégation permanente dans les différentes localités du département. Elles serviront également à accompagner les militants dans certaines démarches administratives, notamment l’établissement des cartes nationales d’identité, afin de faciliter leur participation au processus électoral. Les responsables du parti ont enfin insisté sur la nécessité de renforcer progressivement la mobilisation des militants avant l’ouverture officielle de la campagne électorale, estimant que cette phase préparatoire constitue un levier important pour assurer une meilleure organisation des structures du RDPC sur le terrain. Denise Ebelle

Douala : la CAMWATER anticipe les risques pour préserver l’alimentation en eau potable

Douala : la CAMWATER anticipe les risques pour préserver l’alimentation en eau potable À Japoma, la CAMWATER mène une intervention technique d’envergure sur une infrastructure stratégique afin de prévenir toute défaillance susceptible de perturber la desserte en eau potable de la capitale économique. Une opération qui s’inscrit dans la stratégie de modernisation et de sécurisation des installations de production. La CAMWATER poursuit son programme de sécurisation des infrastructures hydrauliques. Depuis le 3 août 2026, les équipes techniques de l’entreprise sont mobilisées sur le site de production d’eau potable de Japoma, à Douala, où une importante opération de maintenance préventive est en cours sur la station de pompage SP4. À l’origine de cette intervention figure la détection d’une dégradation avancée du cône de réduction de la conduite de refoulement DN800. Les inspections réalisées par les spécialistes de la Direction des Travaux et de la Maintenance (DTM), en collaboration avec la Division régionale de Douala Agglomération, ont mis en évidence un niveau d’usure susceptible d’affecter, à terme, le bon fonctionnement de cette infrastructure essentielle au transfert de l’eau produite vers les réseaux de distribution. Plutôt que d’attendre une panne, l’entreprise a choisi d’intervenir immédiatement afin de préserver l’intégrité de l’ouvrage et de garantir la continuité du service public. Une intervention adaptée aux réalités du terrain Les travaux mobilisent les équipes de la DTM, celles de la Division régionale ainsi qu’un prestataire spécialisé. Ensemble, elles procèdent au remplacement de l’équipement défectueux dans le respect des exigences de sécurité et de qualité imposées pour ce type d’ouvrage. Au cours du démontage, les techniciens ont cependant découvert une corrosion plus étendue que ne l’avaient révélé les premières inspections. Cette situation a nécessité une réorganisation rapide du chantier. Des éléments de conduite DN800 disponibles sur le site ont été réutilisés pour fabriquer des pièces de renfort destinées à consolider les zones sensibles de l’installation. Cette solution technique permet de restaurer la résistance mécanique de l’ouvrage tout en garantissant la fiabilité de la réparation. Garantir la fiabilité des installations Les opérations de soudage se poursuivent avant la phase des essais de résistance, des contrôles d’étanchéité et des vérifications techniques qui précéderont la remise en service de la conduite. Selon la CAMWATER, cette intervention illustre la priorité accordée à la maintenance préventive et à la maîtrise des risques industriels, conformément aux orientations définies par le Directeur général, Dr Blaise Moussa. Elle intervient également dans un contexte marqué par la poursuite du projet de réhabilitation et d’extension de l’usine de Japoma, destiné à accroître les capacités de production et de distribution d’eau potable vers les différents quartiers de Douala. En conjuguant entretien des ouvrages existants et investissements dans de nouvelles infrastructures, la CAMWATER entend renforcer durablement la sécurité de l’approvisionnement en eau de la métropole économique et répondre à une demande croissante liée à l’expansion urbaine. Denise Ebelle 

Eclairage public: le MINTP se forme aux solutions solaires de nouvelle génération

Les ingénieurs et techniciens du ministère des Travaux publics renforcent leurs compétences en matière d’éclairage public autonome. Pendant deux jours, ils se sont familiarisés avec les technologies solaires destinées à améliorer la sécurité routière tout en réduisant la consommation énergétique des infrastructures. Le ministère des Travaux publics (MINTP) poursuit son engagement en faveur de solutions innovantes pour le développement des infrastructures routières. Les 29 et 30 juillet 2026, cinquante et un ingénieurs, techniciens et cadres du département ministériel ont pris part à un atelier de formation consacré aux solutions d’éclairage public autonome à énergie solaire. Animée par les experts du Groupe RAGNI, cette session avait pour objectif de renforcer les capacités des responsables techniques appelés à concevoir, installer et gérer des systèmes d’éclairage adaptés aux exigences des infrastructures modernes. Au cours des travaux, les participants ont été initiés aux différentes technologies d’éclairage solaire, notamment au dimensionnement des installations, aux systèmes de stockage de l’énergie, aux techniques de pose, à la télégestion des équipements ainsi qu’aux dispositifs de signalisation lumineuse destinés à renforcer la sécurité des usagers. Les échanges ont également permis d’aborder les performances des équipements, les contraintes liées à leur exploitation ainsi que les conditions nécessaires à leur déploiement sur les réseaux routiers camerounais. Les experts du Groupe RAGNI ont présenté plusieurs solutions techniques tout en répondant aux préoccupations exprimées par les cadres du ministère. Au terme de cette formation, les participants disposent désormais d’outils leur permettant de mieux intégrer les technologies d’éclairage solaire dans les projets routiers. Ces solutions, autonomes en énergie, sont considérées comme une réponse aux enjeux de sécurité, de maîtrise des coûts d’exploitation et de transition énergétique. Pour le Groupe RAGNI, cette rencontre a également constitué une vitrine de son savoir-faire auprès des responsables techniques du MINTP et de leurs partenaires, ouvrant la voie à une réflexion plus large sur l’intégration de l’énergie solaire dans les infrastructures publiques du Cameroun. Denise Ebelle 

Pandemic Fund : le Cameroun investit près de 160 millions de dollars pour renforcer sa sécurité sanitaire

Pandemic Fund : le Cameroun investit près de 160 millions de dollars pour renforcer sa sécurité sanitaire  Qu’il s’agisse de la Covid-19, du choléra, de la Mpox ou encore des épidémies de rougeole et de méningite, les récentes crises sanitaires ont mis en évidence la nécessité pour le Cameroun de renforcer ses capacités de prévention et de riposte. C’est dans cette perspective que le ministre de la Santé publique, le Dr Malachie Manaouda, a procédé, mercredi à Yaoundé, au lancement officiel du projet Pandemic Fund, une initiative qui mobilise près de 160 millions de dollars pour bâtir un système de santé plus résilient face aux menaces épidémiques. Coordonné par le gouvernement camerounais avec l’appui de la Banque mondiale, de la FAO et de l’UNICEF, le projet repose sur l’approche « Une seule santé » (One Health). Celle-ci reconnaît l’interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et l’environnement afin d’anticiper plus efficacement les maladies émergentes. Le Cameroun bénéficie d’une subvention de 23,5 millions de dollars du Pandemic Fund. Cette enveloppe est renforcée par plus de 112 millions de dollars de cofinancements mobilisés auprès des partenaires techniques et financiers ainsi que 24 millions de dollars de contributions nationales. Au total, près de 160 millions de dollars seront investis entre 2026 et 2029 pour moderniser le dispositif national de sécurité sanitaire. Au-delà de l’apport financier, ce programme ambitionne de transformer durablement la capacité du pays à prévenir, détecter et contenir les menaces sanitaires avant qu’elles ne prennent une ampleur nationale ou régionale. Miser sur une détection plus rapide des épidémies Une part importante des investissements sera consacrée à la modernisation de la surveillance épidémiologique. Le projet prévoit notamment la digitalisation de la surveillance communautaire dans 42 municipalités, la création de sept centres régionaux d’appel, le renforcement du contrôle sanitaire aux frontières et aux principaux points d’entrée, ainsi que l’amélioration de l’interopérabilité des systèmes d’information sanitaire. Le développement de la surveillance de la résistance aux antimicrobiens figure également parmi les priorités, dans un contexte où ce phénomène constitue une menace grandissante pour la santé publique mondiale. Renforcer les capacités de terrain Le projet met également l’accent sur le développement des infrastructures sanitaires. Dix centres régionaux des opérations d’urgence de santé publique seront progressivement opérationnels afin de rapprocher les capacités de décision et d’intervention des populations. Parallèlement, cinquante laboratoires verront leurs capacités renforcées grâce à l’amélioration des procédures de diagnostic, de l’assurance qualité, du transport sécurisé des échantillons biologiques et de la surveillance génomique. L’investissement ne se limite toutefois pas aux équipements. Les ressources humaines occupent une place centrale dans cette stratégie. Des formations en épidémiologie de terrain, en épidémiologie vétérinaire et en gestion des urgences sanitaires seront dispensées aux professionnels de santé, aux vétérinaires, aux agents communautaires, aux collectivités territoriales ainsi qu’aux acteurs de l’environnement. Une réponse coordonnée aux défis sanitaires La mise en œuvre du projet mobilise plusieurs administrations, notamment les ministères de la Santé publique, de l’Élevage, de l’Agriculture, des Forêts et de la Faune ainsi que de l’Environnement. La Banque mondiale, la FAO et l’UNICEF accompagneront le gouvernement dans la gestion financière, l’assistance technique, le suivi des résultats et l’évaluation du projet. Le dispositif de gouvernance comprend un Comité de pilotage chargé des orientations stratégiques, un Comité technique multisectoriel, une Unité de gestion du projet ainsi que le Programme national de prévention et de lutte contre les zoonoses émergentes et ré-émergentes, garant de la coordination de l’approche One Health. Pour les autorités camerounaises, l’ambition est de réduire considérablement les délais de détection et de réponse aux urgences sanitaires. Le projet s’inscrit dans la cible internationale 7-1-7, qui recommande de détecter un événement sanitaire dans un délai de sept jours, de le notifier en un jour puis de déclencher une réponse efficace dans les sept jours suivants. Au cours de la cérémonie de lancement, le Dr Malachie Manaouda a rappelé que le succès du Pandemic Fund ne sera pas évalué à l’aune des réunions organisées ou des infrastructures réalisées, mais à la capacité du pays à protéger plus efficacement ses populations. Situé au cœur du bassin du Congo et partageant des frontières avec six pays, le Cameroun demeure particulièrement exposé aux risques de propagation des maladies liés aux mouvements de populations, à la transhumance, à l’urbanisation rapide et aux effets du changement climatique. Pour le gouvernement, ce projet constitue un investissement stratégique dans la résilience du système de santé et dans la protection durable des populations face aux pandémies de demain. Denise EBELLE