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Égalité hommes-femmes : ONU Femmes mobilise la jeunesse pour déconstruire les normes sociales discriminatoires

Égalité hommes-femmes : ONU Femmes mobilise la jeunesse pour déconstruire les normes sociales discriminatoires
 Comment faire des jeunes des acteurs du changement en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes ? La question était au cœur d’une rencontre organisée ce lundi 23 juin 2026 au Centre de ressources d’ONU Femmes à Yaoundé. Réunissant étudiants, jeunes professionnels et partenaires institutionnels, l’échange a permis d’aborder les défis liés aux normes sociales qui continuent de freiner le potentiel des jeunes filles et l’autonomisation des femmes.
Pendant près de deux heures, les participants ont échangé à bâtons rompus avec les responsables d’ONU Femmes et de l’Union internationale des télécommunications (UIT) sur les discriminations persistantes auxquelles sont confrontées les femmes et les filles dans les domaines de l’éducation, de l’économie et de la participation sociale.
Des discriminations qui persistent dès le parcours scolaire
Prenant la parole devant les jeunes, la représentante résidente d’ONU Femmes au Cameroun, Raky Chaupin, a rappelé que les inégalités entre les sexes demeurent une réalité mondiale, même si leur expression varie selon les contextes.
Elle a notamment évoqué les nombreux obstacles qui jalonnent le parcours éducatif des jeunes filles : grossesses précoces, violences sexuelles, charges domestiques, manque de ressources financières ou encore choix familiaux privilégiant parfois la scolarisation des garçons lorsque les moyens sont limités.
« Le chemin est parsemé d’embûches et d’obstacles. Pourtant, lorsque les jeunes filles accèdent à l’enseignement supérieur, elles doivent être fières de leur parcours et convaincues qu’aucune limite ne devrait être imposée à leurs ambitions », a-t-elle souligné.
Au-delà de l’éducation, la responsable d’ONU Femmes a également insisté sur les inégalités économiques qui maintiennent de nombreuses femmes dans le secteur informel, avec un accès limité aux financements, à la propriété foncière et aux opportunités de développement.
Faire des jeunes des acteurs de transformation sociale
Cette rencontre s’inscrivait dans la dynamique du Centre de ressources d’ONU Femmes, également appelé Gender Knowledge Center, mis en place pour offrir aux chercheurs et aux jeunes un espace de documentation sur les questions d’égalité de genre.
Selon Marie Pierre Raky Chaupin, l’objectif dépasse désormais la simple mise à disposition de ressources documentaires.
« Nous avons pensé qu’il fallait promouvoir des dialogues intergénérationnels pour permettre aux jeunes de mieux comprendre les questions liées aux normes sociales, aux discriminations et à l’égalité hommes-femmes, mais aussi les engager comme acteurs du changement », a-t-elle expliqué.
L’échange a également permis d’aborder la question des violences faites aux femmes et aux filles, ainsi que le rôle que chacun peut jouer dans leur prévention. La représentante d’ONU Femmes a rappelé l’importance des campagnes de sensibilisation menées à l’échelle mondiale, notamment les « 16 jours d’activisme » contre les violences basées sur le genre.
Les nouvelles technologies comme levier d’autonomisation
Invitée à partager son expertise, la représentante résidente de l’Union internationale des télécommunications (UIT) au Cameroun, S. Tahiry, a mis en avant le potentiel des technologies numériques pour favoriser l’émancipation économique et sociale des jeunes filles.
Selon elle, les télécommunications et les outils numériques ouvrent l’accès à l’information, à la formation et à de nouvelles opportunités professionnelles susceptibles de transformer durablement les trajectoires des jeunes femmes.
« Les nouvelles technologies sont des outils très efficaces pour autonomiser les filles et les femmes et leur permettre de prendre pleinement leur place dans la société », a-t-elle affirmé.
Interrogée sur la faible représentation féminine dans les filières STEM (Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques), elle a appelé les jeunes filles à dépasser les stéréotypes qui associent encore ces domaines aux seuls hommes.
« Les STEM ne sont pas faits uniquement pour les garçons. Les jeunes filles ont toutes les capacités nécessaires pour apprendre, innover et réussir dans ces métiers d’avenir », a-t-elle déclaré.
Le numérique pour réduire les inégalités
Parmi les participants figurait également Marc Daha, chef du projet X CODE PATH et ingénieur des travaux en développement des logiciels. Il a présenté ce programme de formation professionnalisante aux métiers du numérique et de l’intelligence artificielle, ouvert gratuitement aux jeunes sur l’ensemble du territoire national.
Selon lui, le partenariat avec ONU Femmes a permis d’accroîtren significativement la participation féminine au programme.
« Sur les mille participants enregistrés, près de 200 femmes ont rejoint la formation grâce à la sensibilisation et à l’accompagnement d’ONU Femmes », a-t-il indiqué.
D’une durée de six mois, le programme vise à renforcer l’employabilité des jeunes dans les métiers du digital à travers un dispositif accessible sans condition de diplôme à l’entrée.
À travers cette rencontre, ONU Femmes, l’UIT et leurs partenaires ont ainsi réaffirmé leur conviction que l’éducation, l’accès au numérique et la remise en question des normes sociales discriminatoires constituent des leviers essentiels pour construire une société plus inclusive, où filles et garçons disposent des mêmes chances de réussite.
Denise EBELLE

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