Réaction – Diversity Days 2026 : « avancer avec le niveau que le pays nous propose »

Réaction – Diversity Days 2026 : « avancer avec le niveau que le pays nous propose »
À l’occasion de la 2ᵉ journée des Diversity Days 2026, organisés à Yaoundé du 21 au 25 avril autour du thème « Enfant différent – Enfance & Handicap », Yves Wansi, Co- fondateur de DVLV ONG Cameroun, figure incontournable des questions liées au handicap, revient sur les échanges marquants, les défis de l’inclusion et les perspectives encore en construction pour l’accompagnement des enfants en situation de handicap, en lien notamment avec UNICEF.
« Cette année, on a voulu mettre l’accent sur l’enfance, même si, personnellement, j’ai longtemps travaillé sur les adultes en situation de handicap. Le contexte ici est différent, et on est encore en phase d’apprentissage. Les échanges que nous avons eus, notamment lors des conférences, nous ont permis de mieux comprendre comment construire quelque chose de durable avec les structures locales et avec des partenaires comme l’UNICEF.
Aujourd’hui, on ne va pas dire qu’on a déjà toutes les solutions. Ce serait faux. Mais on a une base. On a des informations, des retours d’expérience, et surtout une volonté claire de s’engager sur le long terme pour mieux accompagner les enfants.
La conférence sur les enfants en situation de handicap a été particulièrement marquante. On avait autour de la table des associations, des institutions, des experts, mais aussi des familles. Il y avait des désaccords, parfois de la tension, mais c’est justement ce qui permet d’avancer. Ces regards croisés sont essentiels pour faire émerger des solutions adaptées à notre réalité.
Ce qui m’a le plus marqué, ce sont les témoignages des parents. Beaucoup ont parlé de leurs enfants, notamment des enfants autistes, avec beaucoup d’émotion. Ça rappelle que derrière les chiffres, il y a des vies, des parcours, des défis quotidiens.
Nous devons avancer, mais avancer à notre rythme, avec les réalités du pays. Il y a déjà des choses qui se font, et il faut les renforcer.
Diversity Days, c’est aussi une expérience personnelle. Moi-même, je suis malvoyant. Avant d’être un adulte, j’étais un enfant en situation de handicap. Et souvent, on ne comprend pas ce qui nous arrive, ni comment être accompagné. C’est encore plus difficile pour les parents qui n’ont pas toujours les outils.
C’est pour cela que cette deuxième journée est importante : on présente des solutions concrètes. Le braille, par exemple, qui doit s’apprendre très tôt. Des innovations comme la veste haptique pour les personnes sourdes, ou encore la réalité virtuelle pour aider certains enfants, notamment autistes, à apprendre autrement.
L’objectif est simple : donner plus d’autonomie aux enfants. Leur permettre d’apprendre, de comprendre, de s’exprimer à leur manière.
On est au début de quelque chose. Mais si on continue à travailler ensemble, avec les familles, les associations et les partenaires, on pourra construire des solutions adaptées et durables. »































































