Social Behaviour Change : la première promotion de certifiés, opérationnelle
A l’Amphithéâtre 300 de l’Université de Yaoundé I jeudi 26 mars 2026, a eu lieu la sortie officielle de la première cohorte du programme de certification en Social Behaviour Change (SBC). Fruit d’un partenariat avec le Fonds des nations unies pour l’enfance(Unicef), cette formation pionnière en Afrique centrale dote le Cameroun d’experts capables de transformer la société par les sciences comportementales. Sous le thème : « Une sociologie ancrée dans un terroir et ouverte au monde », la cérémonie de remise des parchemins aux lauréats de la certification Social Behaviour Change (SBC) s’impose comme étant l’acte de naissance d’une expertise qui ne coure pas les rues. Une première dans l’hitoire au Cameroun. Comme le Pr Armand Leka Essomba, chef du département de sociologie, l’a dit avec joie : « C’est la toute première fois en Afrique centrale qu’une telle offre de formation existe ». Validé fin 2024 et mis en œuvre sur une durée de six mois, ce programme ne se contente pas de délivrer des titres ; il répond à une réforme de l’université camerounaise consistant à substituer aux « savoirs-savants » sans débouchés, un « savoir-faire » immédiatement opérationnel. Une collaboration dynamique entre l’Université et l’Unicef Cette réussite, faut-il le rappeler, est l’aboutissement d’une alliance ficelée en août 2025 entre l’Université de Yaoundé I et l’Unicef Cameroun. Pour Nadine Perrault, représentante résidente de l’agence onusienne, il ne s’agit pas que du cadre académique. L’objectif ? Trouver des solutions aux blocages au développement. « Au-delà des enjeux économiques, il faut identifier les comportements à changer pour modifier durablement la société », a-t-elle martelé. Elle a illustré son propos par la question du droit à l’éducation, précisant que comprendre pourquoi un parent refuse d’envoyer sa fille à l’école exige une analyse fine des déterminants socioculturels, bien au-delà de la simple précarité financière. Ces nouveaux experts sont donc perçus comme les piliers indispensables pour la pleine réalisation des droits de l’enfant sur le terrain. Des modules de formation tournés vers l’action Le contenu pédagogique de cette certification a été pensé pour répondre aux défis des politiques publiques. Les apprenant, issus de divers horizons professionnels, ont été outillés dans des domaines tels que : Sciences comportementales appliquées Engagement communautaire Planification, budgétisation et programmation Suivi-évaluation et gestion des urgences humanitaires Cette approche pluridisciplinaire permet de passer d’une logique de projets « parachutés » à une logique de solutions « co-créées ». C’est ce qu’attestent les témoignages des récipiendaires, à l’instar de Jonas Yédidia Alirou. Acteur du développement depuis 2011, il confie avoir souvent fait face à l’échec malgré des budgets conséquents, faute d’adhésion des populations. « Grâce à cette formation, nous avons appris à travailler avec la population, à obtenir des évidences et à concevoir ensemble les solutions », explique-t-il. La sociologie et l’innovation publique Pour le décanat de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines (FALSH), cette certification est la preuve que l’université peut anticiper les besoins de l’État. Elle s’inscrit en droite ligne de l’arrêté ministériel d’août 2024 sur les formations certifiantes, visant à professionnaliser les cursus de sciences humaines. Le doyen de la FALSH a d’ailleurs salué l’engagement du recteur, le Pr Rémi Magloire Edzoa, dans le soutien de ce programme qui « donne les armes de la professionnalisation ». L’université ne se veut plus seulement un lieu de théorisation, mais un véritable laboratoire social capable de produire des résultats tangibles dans les campus, les familles et les administrations. Un Master professionnel et une deuxième cohorte en vue Loin d’être un coup d’essai sans lendemain, le programme SBC s’apprête déjà à monter en puissance. Fort du succès de cette première édition qualifiée de « structurante », le département de sociologie a annoncé le lancement imminent d’une deuxième cohorte. Des ajustements seront apportés pour affiner encore davantage la qualité des enseignements. À plus long terme, l’ambition affichée est la création d’un Master professionnel dédié au Social Behaviour Change. En positionnant la capitale camerounaise comme le pôle d’excellence de cette discipline en Afrique centrale, l’Université de Yaoundé I confirme son rôle d’acteur principal du développement national et sous-régional. Les nouveaux certifiés, désormais ambassadeurs du changement, ont maintenant la lourde tâche de transformer ces compétences académiques en progrès social sur le terrain.




























































