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Accaparement des terres forestières : les résultats d’une étude régionale dévoilés à Yaoundé

 

Accaparement des terres forestières : les résultats d’une étude régionale dévoilés à Yaoundé

 

Réunis le 30 mars 2026 à Yaoundé, chercheurs, universitaires et acteurs du développement ont pris part à l’atelier de clôture d’un projet de recherche sur l’économie politique de l’accaparement et de la conversion des terres forestières dans le Bassin du Congo. Une rencontre qui met en lumière les responsabilités des élites et les impacts majeurs sur les communautés et l’environnement.

Organisée par un consortium réunissant CIFOR-ICRAF, Green Development Advocates et l’Université de Yaoundé 1, avec le soutien de l’Union européenne dans le cadre du programme RESSAC, cette rencontre visait à restituer les principaux résultats d’une étude menée au Cameroun, au Gabon et au Congo.

Les travaux présentés ont permis de revenir sur la notion d’accaparement des terres, caractérisée par l’acquisition à grande échelle de surfaces foncières par des acteurs puissants, dans un contexte marqué par un déséquilibre entre les parties prenantes. Ce processus se traduit souvent par la dépossession des communautés locales de leurs terres coutumières, essentielles à leur subsistance.

Bien que ce phénomène ne soit pas nouveau, il a connu une accélération notable depuis la fin des années 2000, en lien avec les crises alimentaires et économiques mondiales. Aujourd’hui, l’Afrique apparaît comme la région la plus touchée, concentrant une part importante des transactions foncières à grande échelle.

Le Cameroun figure parmi les pays les plus exposés, avec une proportion significative de terres cédées à des investisseurs, tandis que le Gabon et le Congo sont également concernés, bien que dans des proportions moindres.

Des conséquences socioéconomiques et environnementales majeures

L’étude met en évidence les effets multiples de l’accaparement et de la conversion des terres forestières. Sur le plan social, ces dynamiques fragilisent les communautés rurales, en réduisant leur accès aux ressources foncières et en accentuant les inégalités.

Sur le plan économique, elles influencent les économies nationales, tout en renforçant la concentration des richesses entre les mains d’une élite.

Les impacts environnementaux sont tout aussi préoccupants. La conversion des forêts entraîne une perte importante de biodiversité et une dégradation des services écosystémiques, indispensables à l’équilibre des territoires et au bien-être des populations.

 

Un regard nouveau sur le rôle des élites

L’un des apports majeurs de cette recherche réside dans son approche analytique. Contrairement aux études traditionnelles centrées sur les investisseurs étrangers, celle-ci met en lumière le rôle des élites locales dans les processus d’accaparement des terres.

Cette lecture permet de mieux comprendre les dynamiques internes propres aux pays du Bassin du Congo et d’identifier des pistes d’action adaptées aux réalités locales.

Au-delà de la production scientifique, cet atelier s’inscrit dans une démarche de vulgarisation des résultats. Les organisateurs ont souhaité associer un large éventail d’acteurs — décideurs publics, organisations de la société civile, chercheurs et médias — afin de favoriser une meilleure compréhension des enjeux.

L’objectif est de renforcer le dialogue entre les différentes parties prenantes et d’encourager la mise en œuvre de solutions concrètes.

Pour une gouvernance foncière plus inclusive

Les échanges ont mis en évidence la nécessité d’améliorer la gouvernance foncière dans les pays concernés. Parmi les priorités évoquées figurent la sécurisation des droits des communautés locales, la transparence dans les transactions foncières et la prise en compte des enjeux environnementaux dans les politiques publiques.

À travers ce projet, le consortium ambitionne de contribuer à l’émergence de politiques plus équitables et durables, capables de concilier développement économique, justice sociale et préservation des écosystèmes dans le Bassin du Congo.

 

Denise Ebelle

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