Dialogue social et droits des agents publics : la Douane camerounaise en vitrine à Yaoundé

  Dialogue social et droits des agents publics : la Douane camerounaise en vitrine à Yaoundé À quelques heures de la célébration de la 140ᵉ édition de la Fête du Travail, l’esplanade de la Direction Générale des Douanes a vibré au rythme d’une conférence aussi dense que captivante, consacrée au thème : « Agents publics: Quels recours face aux litiges professionnels ?>>. Sous un soleil de mi-journée, agents, cadres administratifs et experts en droit du travail ont pris d’assaut les lieux, ce 30 avril 2026, transformant l’esplanade en un véritable forum d’échanges. La forte mobilisation témoignait de l’intérêt particulier que suscite la question des droits et recours dans la fonction publique. Présidée par Jean Claude Ekoube, en présence du Directeur général des Douanes et de plusieurs panelistes, la rencontre s’inscrivait dans une dynamique de renforcement du dialogue social au sein de l’administration douanière. Très vite, les discussions ont pris une tournure interactive, avec un public attentif et particulièrement engagé. Prenant la parole, M. Tounde Eugène, cadre à la Direction Générale des Douanes, a structuré son intervention autour des mécanismes concrets dont disposent les agents publics pour faire face aux litiges professionnels. « L’agent public n’est pas démuni face à une situation qu’il estime injuste », a-t-il expliqué d’entrée de jeu, avant de détailler les trois principales voies de recours. Il a ainsi évoqué le recours gracieux préalable, première étape qui consiste pour l’agent à saisir sa hiérarchie par voie de requête afin d’exprimer son désaccord. « C’est une démarche qui privilégie le dialogue interne et laisse la possibilité à l’administration de corriger une éventuelle incompréhension », a-t-il précisé, insistant sur le respect des délais de réponse. Lorsque cette première tentative n’aboutit pas, l’agent peut saisir la Commission administrative paritaire. « Cette instance joue un rôle essentiel, car elle permet un examen plus structuré et souvent plus équilibré des situations », a-t-il ajouté. Enfin, en dernier recours, le contentieux administratif s’impose comme l’ultime voie. « À ce niveau, c’est le juge qui intervient pour dire le droit. C’est une garantie forte pour l’agent public », a-t-il souligné. Mais au-delà de ces considérations juridiques, c’est surtout la question du climat social au sein de la Douane qui a retenu l’attention. Interpellé sur la qualité du dialogue social dans cette administration, M. Tounde Eugène n’a pas éludé la question : « Je pense, sans vouloir flatter qui que ce soit, que le simple fait que cette conférence se tienne est8 déjà une preuve éloquente. Une hiérarchie fermée n’aurait pas permis un tel cadre d’échanges », a-t-il affirmé. Poursuivant sur un ton convaincu, il a insisté sur le rôle stratégique du dialogue : « En douane, nous sommes assujettis à des résultats. Et pour atteindre ces résultats, il faut nécessairement un climat apaisé. Le dialogue social n’est pas un luxe, c’est un outil de travail. C’est même un pilier fondamental de notre fonctionnement, aussi bien en interne avec les agents qu’en externe avec nos partenaires ». Des propos qui ont trouvé un écho favorable auprès de l’assistance, visiblement attentive et réactive. Tout au long de la rencontre, les questions ont fusé de toutes parts, traduisant un réel besoin d’information mais aussi une volonté d’implication des agents dans la gestion de leur environnement professionnel. Dans les couloirs comme à ciel ouvert, les échanges se sont poursuivis bien après les interventions officielles, donnant à cette rencontre une dimension conviviale et participative. Pour plusieurs participants, cette initiative marque une avancée significative dans la promotion des droits des travailleurs au sein de l’administration publique. En s’inscrivant dans le cadre des activités préparatoires à la Fête du Travail, cette conférence aura donc permis de conjuguer réflexion juridique et dialogue social, tout en renforçant les passerelles entre la hiérarchie et les agents. Une expérience que beaucoup espèrent voir se renouveler, tant elle contribue à bâtir une administration plus transparente, plus juste et résolument tournée vers l’écoute.

Recensement général : le gouvernement apporte des précisions

Recensement général : le gouvernement apporte des précisions Trois membres du gouvernement ont rencontré la presse hier à Yaoundé afin d’apporter des éclaircissements sur l’opération de recensement en cours depuis le 24 avril. C’est dans l’auditorium du ministère de la Communication que s’est tenue cette communication officielle portant sur le 4ᵉ recensement général de la population et de l’habitat, couplé au 2ᵉ recensement de l’agriculture et de l’élevage. Face aux professionnels des médias, René Emmanuel Sadi, Gabriel Mbairobe et Dr Taïga ont expliqué les enjeux de cette vaste opération. L’objectif principal de cette rencontre était d’impliquer les médias dans la sensibilisation des populations. En effet, les agents recenseurs ont déjà entamé la phase d’identification des ménages sur toute l’étendue du territoire national. L’opération, prévue pour durer environ un mois, vise à obtenir des données fiables sur la population et les activités agricoles et pastorales. Le ministre de la Communication a insisté sur l’importance de ce recensement pour mettre fin aux estimations approximatives du nombre d’habitants au Cameroun. « Certains avancent 25 millions, d’autres 30 millions. Cette opération permettra d’avoir des chiffres précis », a-t-il souligné. Les autorités ont également appelé les médias à relayer des messages simples et rassurants afin d’encourager les populations à fournir des informations exactes aux agents recenseurs, facilement identifiables grâce à leurs chasubles, casquettes et badges. De son côté, Gabriel Mbairobe a tenu à dissiper toute confusion entre cette collecte de données et une opération fiscale. Il a précisé que la méthodologie utilisée n’a aucun lien avec les services des impôts. La question des délais de publication des résultats a été abordée. Bernadette Françoise Mbarga, directrice générale du Bureau central des recensements et des études de population (Bucrep), a indiqué que les résultats pourraient être disponibles dans un délai de cinq à six mois après la fin de l’opération, le temps de réaliser les vérifications nécessaires pour garantir la fiabilité des données.