Coopération décentralisée : EFRACAM mise sur la diaspora pour accélérer le développement des territoires

Transformer les liens historiques entre le Cameroun et la France en investissements, partenariats et projets concrets au bénéfice des collectivités locales. C’est l’ambition affichée à l’ouverture des premières Assises de l’Association des Élus Français d’Origine ou de Nationalité Camerounaise (EFRACAM), qui se tiennent du 8 au 12 juillet dans plusieurs villes du pays. Lancée dans la salle Ongola Samba du Conseil régional du Centre à Yaoundé, cette rencontre réunit des élus locaux camerounais et français, des représentants d’institutions publiques, des partenaires techniques, des opérateurs économiques ainsi que des membres de la diaspora. Les travaux se poursuivront notamment à Buea, Elig-Mfomo, Kribi et Douala autour du thème : « Contribution des élus de la diaspora pour le développement des territoires ». L’objectif est de renforcer les passerelles entre les collectivités territoriales des deux pays afin de faire émerger des initiatives communes dans des secteurs tels que la gouvernance locale, les infrastructures, l’investissement, la formation ou encore le développement économique territorial. Partenaires de l’événement, les Communes et Villes Unies du Cameroun (CVUC) participent activement aux échanges. L’organisation entend contribuer aux réflexions sur le renforcement des capacités des collectivités locales et sur la création de nouvelles opportunités de coopération avec les élus issus de la diaspora. Dans son allocution d’ouverture, le président d’EFRACAM, Pierre de Gaëtan Djikam Mouliom, a rappelé que l’association se veut avant tout un cadre permanent de concertation entre les collectivités camerounaises et françaises, les institutions et les acteurs du développement. Selon lui, ces assises illustrent l’engagement d’élus exerçant des responsabilités en France tout en restant profondément attachés au développement de leur pays d’origine. Le président d’EFRACAM a également insisté sur la continuité de l’action de l’association au Cameroun. « EFRACAM n’a jamais quitté le Cameroun. Nous ne sommes pas de retour. Nous poursuivons la dynamique que nous avons enclenchée il y a deux ans à travers des démarches concrètes », a-t-il déclaré, soulignant que l’organisation privilégie désormais les réalisations aux intentions. Les enjeux économiques occupent également une place importante dans ces assises. Invité à la cérémonie d’ouverture, le directeur du Port de Bordeaux a qualifié le Cameroun de partenaire stratégique pour la France, mettant en avant le potentiel économique et démographique du pays ainsi que les perspectives qu’il offre pour le développement des échanges commerciaux. Le responsable français a plaidé pour la construction de nouvelles chaînes logistiques et industrielles entre les deux pays afin de renforcer leur compétitivité et de consolider des partenariats mutuellement bénéfiques. À ses yeux, le Port de Bordeaux a tout intérêt à intensifier sa coopération avec le Cameroun dans une logique de développement partagé. Pendant cinq jours, ateliers, rencontres institutionnelles et échanges d’expériences devront permettre d’identifier des projets susceptibles d’être portés conjointement par les collectivités territoriales, les acteurs économiques et les élus de la diaspora. À travers cette première édition, EFRACAM entend démontrer que les compétences et les réseaux de la diaspora peuvent constituer un levier majeur pour le développement local et le renforcement de la coopération décentralisée entre le Cameroun et la France. Denise Ebelle

Mobiliser l’épargne de la diaspora pour financer le développement : la CDEC affine son projet DIASDEV

Mobiliser l’épargne de la diaspora pour financer le développement : la CDEC affine son projet DIASDEV Transformer une partie des fonds envoyés par les Camerounais de l’étranger en une source durable de financement de l’économie nationale. C’est l’ambition du projet DIASDEV, dont les conclusions ont été présentées ce mardi à Yaoundé par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDEC), à l’occasion d’une conférence consacrée au rôle de l’épargne nationale dans le financement du développement. Selon les données rappelées par la CDEC, les transferts de fonds de la diaspora camerounaise ont atteint 1,2 milliard de dollars, soit environ 652 milliards de FCFA en 2024. Tirés du rapport d’évaluation à mi-parcours de la Stratégie nationale de développement 2020-2030, ces chiffres traduisent une progression de 8 % par rapport à 2023. Les principaux flux proviennent de la France, des États-Unis et des pays de la CEMAC. Pour autant, ces montants ne constituent pas une réserve immédiatement mobilisable pour l’investissement. Une large part de ces ressources est destinée aux besoins quotidiens des familles, notamment les dépenses de consommation, de santé, d’éducation, de logement ou encore l’entraide sociale. L’objectif poursuivi par DIASDEV est donc de créer les conditions permettant d’orienter volontairement une partie de cette épargne vers des investissements de long terme. Une diaspora au cœur de la stratégie Les chiffres du ministère des Relations extérieures, repris par la CDEC, estiment à près de 500 000 le nombre de détenteurs d’un passeport camerounais vivant à l’étranger. En élargissant le périmètre aux personnes d’origine camerounaise, la diaspora pourrait atteindre environ 6 millions de personnes, soit près de 20 % de la population nationale. Cette estimation reste toutefois à préciser selon les critères retenus, notamment l’inclusion des descendants et des binationaux. La CDEC insiste sur le fait qu’elle ne se substituera pas aux banques dans la commercialisation du futur produit. En raison de son statut et des règles fixées par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), l’institution n’a pas vocation à collecter directement l’épargne des particuliers. Sa mission consistera plutôt à définir l’architecture du dispositif, à en assurer la cohérence et à garantir son fonctionnement, tandis que les opérations de collecte seront confiées à des banques et à des établissements de microfinance partenaires. À ce stade, trois options demeurent à l’étude : un produit d’épargne bancaire à court terme, un dépôt à terme de longue durée ou une formule d’épargne financière adossée à des fonds d’investissement. Les conclusions de l’étude devront permettre de retenir la solution la plus adaptée, en précisant les modalités de collecte, le niveau de rémunération, les garanties offertes aux épargnants ainsi que les secteurs économiques qui bénéficieront des ressources mobilisées. Un projet soutenu par plusieurs partenaires DIASDEV est développé dans le cadre d’un programme d’appui aux Caisses de dépôt porté par l’Agence française de développement (AFD), Expertise France et le Forum des Caisses de Dépôt. L’étude de faisabilité a été confiée au cabinet Onepoint, avec l’appui technique de FICOM. Plusieurs administrations et institutions ont participé aux travaux, notamment le ministère des Finances, le ministère des Relations extérieures, le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, la Direction nationale de la BEAC, l’AFD Cameroun, l’Agence de promotion des investissements, la Société immobilière du Cameroun, ainsi que des banques et des institutions de microfinance. Afin d’assurer le suivi du projet, un groupe de travail interne a été mis en place le 19 janvier 2026 par décision du directeur général de la CDEC, Richard Evina Obam. Au-delà des aspects techniques, la réussite de DIASDEV dépendra avant tout de la confiance que les Camerounais de la diaspora accorderont au dispositif. Sécurité des fonds, cadre juridique solide, rémunération attractive, transparence dans la gestion des ressources, information régulière des épargnants et garanties sur l’utilisation des capitaux figurent parmi les attentes identifiées. À travers cette initiative, la CDEC entend démontrer qu’une partie des transferts privés de la diaspora peut contribuer au financement de projets structurants, qu’il s’agisse des infrastructures, de l’industrie, des petites et moyennes entreprises ou encore de l’innovation. Le passage de l’étude à une mise en œuvre effective dépendra toutefois de la capacité du mécanisme à inspirer durablement confiance aux futurs souscripteurs. Denise Ebelle

Forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant : les données au cœur des politiques publiques

Forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant : les données au cœur des politiques publiques Yaoundé accueille depuis le 6 juillet la 8e édition du Forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant. Pendant cinq jours, experts, responsables gouvernementaux et partenaires au développement examinent les moyens de produire des données plus fiables afin d’améliorer les politiques publiques en faveur des femmes, des filles et des enfants en Afrique. À l’heure où les États africains sont appelés à prendre des décisions fondées sur des preuves, la qualité des statistiques apparaît plus que jamais comme un enjeu majeur. C’est autour de cette conviction que se tient, du 6 au 10 juillet 2026 à Yaoundé, la 8e édition du Forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant, placée sous le thème : « Droits, justice et opportunités pour tous ». La rencontre rassemble des représentants des instituts nationaux de statistique, des administrations publiques, des organisations internationales ainsi que des partenaires techniques et financiers. Leur objectif est de renforcer les systèmes statistiques africains afin de mieux mesurer les inégalités, suivre les progrès réalisés et éclairer les décisions publiques. Des chiffres pour mieux gouverner Les participants partagent un même constat : sans données fiables, il est difficile de concevoir des politiques publiques efficaces. Les statistiques permettent aujourd’hui d’identifier les populations les plus vulnérables, d’évaluer l’impact des programmes mis en œuvre et d’orienter les investissements vers les secteurs prioritaires. Les travaux de Yaoundé visent ainsi à améliorer la production, la qualité et l’utilisation des statistiques relatives aux femmes, aux filles et aux enfants, dans une approche fondée sur les droits humains et la justice sociale. L’égalité de genre progresse lentement L’urgence est d’autant plus grande que les disparités demeurent importantes sur le continent. D’après l’Indice de l’Égalité de Genre en Afrique 2023, élaboré par le Groupe de la Banque africaine de développement et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, les femmes africaines ne bénéficient encore que d’environ la moitié des droits et des opportunités socio-économiques accordés aux hommes. Ces résultats rappellent la nécessité de disposer d’indicateurs fiables pour mesurer les écarts, suivre les évolutions et adapter les réponses des pouvoirs publics. Mieux mesurer pour mieux agir Pour Marie Pierre Raky Chaupin, représentante résidente d’ONU Femmes Cameroun, les données constituent un levier indispensable de transformation sociale. « Si les discriminations faites aux femmes et aux filles issues des normes sociales négatives ne sont pas mesurées, étudiées, analysées, elles ne pourraient pas servir de support pour des politiques inclusives. Il est important que les inégalités soient connues et qu’elles servent de base à engager des politiques inclusives et des budgets en conséquence », souligne-t-elle. Le renforcement des capacités des systèmes nationaux de statistique apparaît ainsi comme une condition essentielle pour élaborer des politiques publiques fondées sur des preuves. Capitaliser les expériences africaines Le forum offre également un cadre d’échanges entre les pays africains. Les experts examinent les bonnes pratiques développées sur le continent et réfléchissent à de nouvelles méthodes de collecte, d’analyse et de diffusion des données. Pour Joseph Tedou, Directeur général de l’Institut national de la statistique du Cameroun, ces échanges permettront de formuler des recommandations destinées à améliorer la réponse des États face aux défis du développement grâce à des statistiques de qualité, capables de mieux cibler les groupes vulnérables. La BAD prépare l’édition 2027 de son indice La Banque africaine de développement entend poursuivre son accompagnement des pays dans ce domaine. Selon Koffi Marc Kouakou, économiste statisticien principal sur le genre à la BAD, les travaux de Yaoundé serviront notamment à préparer la troisième édition, prévue en 2027, de l’Indice de l’Égalité de Genre en Afrique. L’institution accompagnera les États dans la collecte, l’analyse et la validation des données nécessaires à l’élaboration de cet outil de référence. Au terme des cinq jours de travaux, les participants espèrent renforcer la coopération entre les instituts nationaux de statistique, les gouvernements et les partenaires au développement. L’ambition est de faire des statistiques un véritable instrument d’aide à la décision, au service de politiques publiques plus inclusives, capables d’améliorer durablement les conditions de vie des femmes, des filles et des enfants à travers le continent africain.

VIH/Sida : les résultats de l’enquête CAMPHIA 2024-2025 confirment les progrès du Cameroun

VIH/Sida : les résultats de l’enquête CAMPHIA 2024-2025 confirment les progrès du Cameroun  Le Cameroun dispose désormais d’un nouvel état des lieux de son épidémie de VIH. Les résultats de synthèse de l’Enquête nationale sur l’évaluation de l’impact du VIH au Cameroun (CAMPHIA 2024-2025), publiés ce mardi 7 juillet à Yaoundé, mettent en évidence des avancées encourageantes dans la riposte nationale, tout en soulignant les défis qui restent à relever, notamment en matière de dépistage. Les données issues de cette enquête devront orienter les politiques publiques et les interventions destinées à accélérer l’atteinte des objectifs mondiaux 95-95-95 de l’ONUSIDA. Présidée par le ministre de la Santé publique, la cérémonie de publication des résultats a réuni les partenaires techniques et financiers, les responsables des programmes de lutte contre le VIH, les professionnels de santé, les organisations de la société civile ainsi que les représentants des communautés. Réalisée entre septembre 2024 et janvier 2025 auprès des personnes âgées de 15 ans et plus, l’enquête a enregistré un taux global de réponse de 76,2 %. Au total, 25 083 personnes ont été interrogées et dépistées sur 29 029 personnes éligibles, avec un taux de participation de 77 % chez les femmes et de 75,3 % chez les hommes. Une photographie de l’épidémie Au-delà de l’évaluation de la prévalence du VIH, CAMPHIA 2024-2025 fournit des données sur l’incidence de l’infection, l’accès au dépistage, la prise en charge des personnes vivant avec le VIH, la suppression de la charge virale et les progrès accomplis vers les objectifs 95-95-95. Ces résultats serviront de base à l’actualisation des stratégies nationales de lutte contre le VIH et à une meilleure orientation des ressources vers les interventions les plus efficaces. L’enquête estime la prévalence nationale du VIH à 3,1 % chez les personnes âgées de 15 ans et plus. Chez les 15 à 49 ans, elle est évaluée à 2,6 %, en recul par rapport à la précédente enquête. Les résultats font également état d’une baisse de l’incidence du VIH, désormais estimée à 0,15 %, soit environ 21 000 nouvelles infections par an. Pour le ministre de la Santé publique, ces évolutions traduisent les effets des efforts consentis depuis plusieurs années pour renforcer la riposte nationale. Il a notamment cité l’extension du dépistage, la disponibilité des traitements antirétroviraux, le renforcement de la prévention de la transmission mère-enfant, l’amélioration de la prise en charge communautaire, la mobilisation en faveur des populations les plus exposées, ainsi que la gratuité des services destinés aux personnes vivant avec le VIH instaurée depuis 2020. Des acquis à consolider Le membre du gouvernement a souligné que les résultats de l’enquête permettent également d’apprécier les progrès réalisés par le Cameroun vers les objectifs 95-95-95, qui visent à faire en sorte que les personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, bénéficient rapidement d’un traitement et obtiennent une suppression durable de leur charge virale. Selon lui, les résultats montrent des avancées importantes dans la prise en charge des patients, notamment en matière de suppression de la charge virale. Il a rappelé qu’une personne dont la charge virale est durablement indétectable ne transmet plus le virus, insistant sur la nécessité de mieux faire connaître le principe « Indétectable = Intransmissible » afin de renforcer l’adhésion au traitement et de réduire la stigmatisation. Toutefois, le ministre a relevé que le premier objectif des « 95 » demeure le principal défi de la riposte nationale. « Tant que des personnes vivent avec le VIH sans le savoir, elles ne peuvent ni bénéficier du traitement, ni protéger efficacement leur santé, ni contribuer pleinement à l’interruption de la chaîne de transmission », a-t-il déclaré. Il a ainsi appelé à intensifier le dépistage, à diversifier les stratégies d’offre de services, à renforcer les approches communautaires et à mieux atteindre les hommes, les adolescents, les jeunes adultes ainsi que les zones où persistent des insuffisances en matière de diagnostic. Le ministre a également plaidé pour un recours accru aux solutions de santé numérique, au suivi de proximité des patients et à la lutte contre la stigmatisation, qu’il considère comme l’un des principaux obstacles à l’accès au dépistage et aux soins. Des décisions fondées sur les données Les résultats de CAMPHIA 2024-2025 devraient désormais guider l’actualisation des priorités stratégiques nationales, améliorer l’allocation des ressources et renforcer les interventions à fort impact. Réaffirmant l’engagement du gouvernement en faveur d’une politique de santé fondée sur les données probantes, le ministre de la Santé publique a appelé l’ensemble des acteurs — administrations publiques, partenaires au développement, collectivités territoriales décentralisées, parlementaires, chercheurs, professionnels de santé, médias, organisations de la société civile et communautés — à maintenir une mobilisation collective. Pour lui, la fin du VIH comme menace de santé publique ne pourra être obtenue que grâce à une action concertée, durable et solidaire. Convaincu de la dynamique engagée, il s’est montré optimiste quant à la capacité du Cameroun à atteindre les objectifs internationaux, estimant que le pays est « sur la bonne voie » pour figurer parmi les premiers d’Afrique centrale à réaliser les objectifs 95-95-95.

Travail des enfants : le Comité national renforce l’arsenal de prévention et de suivi

Travail des enfants : le Comité national renforce l’arsenal de prévention et de suivi Prévention renforcée, meilleure application des textes, amélioration du suivi statistique et prise en compte des enseignements du précédent plan d’action. Telles sont les principales résolutions arrêtées le 2 juillet 2026 à Yaoundé par le Comité national de lutte contre le travail des enfants, réuni en session annuelle sous la présidence du ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona. Les membres du comité ont convenu de faire de la prévention l’un des principaux axes de la stratégie nationale. Ils recommandent ainsi d’intensifier les campagnes de sensibilisation auprès des parents, des familles et des communautés afin de mieux faire la distinction entre le travail des enfants, interdit lorsqu’il compromet leur développement, et les activités à caractère socialisant, une confusion qui demeure fréquente dans plusieurs localités. Le comité a également décidé de capitaliser les enseignements tirés de l’évaluation finale du Plan d’action national d’élimination du travail des enfants au Cameroun (PANETEC). Les recommandations issues de cette évaluation devront être intégrées à la préparation du prochain plan d’action national, avec l’objectif d’améliorer la coordination des interventions, leur efficacité ainsi que leur pérennité. Autre priorité retenue : le renforcement de l’application des textes en vigueur. Les participants appellent les administrations compétentes, les partenaires sociaux, les organisations de la société civile et les collectivités territoriales décentralisées à mieux s’approprier la liste nationale des travaux dangereux interdits aux enfants. Pour y parvenir, ils préconisent le renforcement des actions de formation, de sensibilisation et de contrôle sur le terrain. La session a aussi mis l’accent sur la nécessité de disposer de données plus fiables pour orienter les politiques publiques. Les membres du comité recommandent la diffusion, en français et en anglais, du rapport national sur le travail des enfants, considéré comme un instrument d’aide à la décision et de suivi des progrès accomplis. Dans la même logique, ils demandent l’achèvement des différents outils du système national d’observation et de suivi du travail des enfants. Leur mise en œuvre effective est attendue au plus tard le 31 juillet 2026 afin d’améliorer la collecte des données, le suivi de l’évolution du phénomène et l’évaluation des actions engagées. Les participants ont enfin insisté sur l’importance d’une culture de résultats. Ils recommandent que les activités menées soient systématiquement confrontées aux objectifs fixés, afin de produire des statistiques plus pertinentes et de mesurer avec davantage de précision l’impact des programmes. Réunie dans la salle des conférences du ministère du Travail et de la Sécurité sociale, la session 2026 du Comité national de lutte contre le travail des enfants a également permis de dresser le bilan des actions menées au cours de l’année écoulée et de définir les priorités des prochains mois. À travers les résolutions adoptées, les pouvoirs publics et leurs partenaires entendent consolider les acquis et accélérer les efforts visant à éliminer progressivement le travail des enfants au Cameroun. Denise Ebelle

Minsep : le mérite et l’excellence célébrés à travers 19 distinctions honorifiques

Le mérite, l’excellence et le dévouement au service de l’État étaient à l’honneur le 2 juillet 2026 au Palais polyvalent des sports de Yaoundé. Présidant la cérémonie de remise des distinctions honorifiques décernées par le président de la République, Paul Biya, Grand Maître des Ordres nationaux, le ministre des Sports et de l’Éducation physique a salué l’engagement de 19 personnels de son département ministériel distingués pour la qualité des services rendus à la nation. Organisée dans le cadre des célébrations de la Fête du Travail et de la Fête nationale, la cérémonie a mis en lumière des femmes et des hommes dont le parcours professionnel a été jugé exemplaire. Pour le ministre, ces distinctions traduisent la volonté constante du chef de l’État de promouvoir une culture du mérite, de la discipline, de l’excellence et du dévouement dans l’administration publique. Parmi les récipiendaires, Joseph Yerima, secrétaire général du ministère des Sports et de l’Éducation physique, a été élevé au grade de Commandeur dans l’Ordre de la Valeur. Dans le même ordre, Medouane Alvine Noëlle Hortense, chef de la Division des études, de la planification et de la coopération, a été faite Chevalier. D’autres personnels ont également été distingués dans l’Ordre du Mérite et dans l’Ordre du Mérite sportif, aux grades d’Officier et de Chevalier, tandis que cinq agents ont reçu la Médaille d’honneur du travail en reconnaissance de leur ancienneté, de leur loyauté et de leur contribution au service public. Dans son allocution, le membre du gouvernement a rappelé que ces récompenses constituent la reconnaissance de la République envers des serviteurs de l’État qui se sont illustrés par leur professionnalisme et leur sens élevé du devoir. Il a souligné que le travail bien accompli trouve toujours une reconnaissance au plus haut sommet de l’État et que les sacrifices consentis au quotidien dans l’exercice des missions de service public ne sont jamais ignorés. S’adressant aux récipiendaires, le ministre a indiqué que ces distinctions sont à la fois une récompense et une responsabilité. Selon lui, être décoré par la République implique désormais d’incarner les valeurs de probité, de rigueur, de patriotisme et d’excellence, tout en servant de référence pour les autres agents publics et les jeunes générations. Le ministre a également eu une pensée pour les personnels qui n’ont pas encore été distingués. Il les a exhortés à poursuivre leurs efforts avec constance et professionnalisme, rappelant que le mérite, lorsqu’il est entretenu dans la durée, finit toujours par être reconnu. Cette célébration intervient dans un contexte où le ministère des Sports et de l’Éducation physique poursuit ses ambitions de modernisation de la gouvernance sportive, de développement des infrastructures, d’amélioration des performances des sélections nationales et de promotion de la pratique sportive pour tous. Pour le ministre, l’atteinte de ces objectifs repose avant tout sur la qualité des ressources humaines appelées à mettre en œuvre cette politique publique. Au terme de la cérémonie, le membre du gouvernement a renouvelé la gratitude du département ministériel au président de la République pour son attachement à la valorisation du mérite au sein de l’administration publique. Il a enfin encouragé les récipiendaires à poursuivre leur engagement au service de l’État afin de continuer à porter haut les valeurs d’excellence et de performance qui fondent l’action publique.

Bauxite de Minim Martap : le projet muscle son dispositif ferroviaire avec l’arrivée imminente de sept locomotives

Le projet d’exploitation de la bauxite de Minim Martap poursuit sa montée en puissance. Des locomotives diesel fabriquées par le constructeur chinois CRRC Corporation Ltd sont attendues dans les prochaines semaines au port de Douala pour le compte de Camalco, filiale camerounaise de la société australienne Canyon Resources, porteuse de ce vaste projet minier situé dans la région de l’Adamaoua.   L’information a été rendue publique par le groupe logistique Cosco Shipping, qui indique avoir récemment expédié douze locomotives vers plusieurs destinations africaines. Le Cameroun doit en recevoir sept, destinées à renforcer le futur dispositif de transport du minerai entre le site d’exploitation et les infrastructures d’exportation. Cette livraison s’inscrit dans le cadre d’un contrat portant sur vingt-deux locomotives conclu entre Camalco et CRRC. À travers cet investissement, le promoteur entend sécuriser l’acheminement de la bauxite produite à Minim Martap, dont la capacité annuelle est projetée à environ dix millions de tonnes. Pour assurer cette évacuation dans des conditions optimales, les investissements engagés dans le volet ferroviaire sont déjà considérables. Camalco et son partenaire ferroviaire, Camrail, ont mobilisé à ce jour près de 176,8 milliards de FCFA sur les 252,6 milliards de FCFA prévus pour l’acquisition du matériel roulant nécessaire au projet. Le programme logistique ne se limite toutefois pas aux seules locomotives. Une première commande de 560 wagons ouverts a été passée auprès de l’entreprise indienne Texmaco Rail & Engineering Limited. Le contrat prévoit également une option portant sur 1 040 wagons supplémentaires susceptibles d’être livrés progressivement au cours des cinq prochaines années, en fonction de l’évolution de la production et des besoins opérationnels. Parallèlement à l’acquisition de ces équipements, Canyon Resources devra prendre en charge plusieurs aménagements structurants. Le groupe est notamment appelé à financer le raccordement de la mine au réseau ferré national ainsi que la réhabilitation de certains points sensibles de la voie existante. Ces travaux sont jugés indispensables pour garantir un acheminement fluide du minerai jusqu’au port de Douala, principal point de sortie des futures exportations. L’arrivée prochaine des premières locomotives constitue ainsi un indicateur tangible de l’avancement du projet. Après les étapes consacrées aux financements, aux autorisations et aux contrats industriels, le chantier entre désormais dans une phase plus opérationnelle marquée par la mise en place progressive de l’infrastructure logistique qui soutiendra l’exploitation du gisement. Considéré comme l’un des plus importants projets miniers en développement au Cameroun, Minim Martap continue ainsi de franchir des étapes décisives en vue de son entrée en production et de son positionnement futur sur le marché international de la bauxite.   Denise Ebelle

Dialogue social : le droit de grève au cœur des échanges au Mintss

Dialogue social : le droit de grève au cœur des échanges au Mintss L’exercice du droit de grève, les conditions de travail, la protection sociale ainsi que l’adaptation du cadre législatif aux mutations du monde professionnel ont dominé les débats lors des 48e et 49e sessions du Comité de concertation sociale, tenues le 30 juin à Yaoundé sous la présidence du ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona. La rencontre a réuni les représentants des organisations syndicales, des fédérations professionnelles et des administrations publiques autour d’un objectif commun : renforcer le dialogue social afin de préserver la paix sociale et promouvoir le travail décent au Cameroun. Au centre des discussions figurait la question du droit de grève. Tout en rappelant que cette liberté est consacrée par les textes nationaux et les conventions internationales ratifiées par le Cameroun, le ministre du Travail a souligné la nécessité d’un exercice responsable de ce droit. « Le droit de grève, auquel nous sommes fondamentalement attachés, doit s’effectuer dans le respect des lois de la République et de la préservation de l’ordre public social », a déclaré Grégoire Owona. Les échanges ont également permis de mettre en lumière plusieurs défis auxquels sont confrontés les travailleurs. Stress professionnel, épuisement au travail, harcèlement, troubles musculo-squelettiques, violences en milieu professionnel et précarité de l’emploi ont été évoqués. Face à ces préoccupations, le gouvernement a plaidé pour une mobilisation accrue des partenaires sociaux en faveur d’un environnement de travail plus sûr et plus protecteur. Prenant la parole au nom des organisations syndicales, la présidente de la Confédération camerounaise du travail (CCT), Ekoan Antoinette, a insisté sur la nécessité de rendre le dialogue social plus efficace et davantage orienté vers des résultats concrets. Elle a notamment attiré l’attention sur la montée du chômage des jeunes, le respect des normes internationales du travail et l’extension de la couverture sociale. La responsable syndicale a par ailleurs plaidé pour une révision du Code du travail de 1992, estimant que celui-ci ne répond plus entièrement aux réalités actuelles du marché de l’emploi. Selon elle, l’émergence des métiers du numérique, des plateformes digitales et du télétravail impose une actualisation du cadre juridique national. Elle a également appelé au respect effectif des conventions collectives conclues entre partenaires sociaux. Abordant la question des principes et droits fondamentaux au travail, Ekoan Antoinette a reconnu que le droit de grève constitue un acquis majeur garanti par la Constitution et les conventions internationales relatives à la liberté syndicale. Toutefois, elle a relevé plusieurs obstacles à son exercice effectif, d’où la nécessité, selon elle, de revisiter certaines dispositions législatives et réglementaires. Les préoccupations spécifiques de certains secteurs d’activité ont aussi été portées à l’attention des pouvoirs publics. Président de la Confédération générale des syndicats des transporteurs du Cameroun, Pierre Ntamack Nyemeck a salué l’existence de ce cadre de concertation, qu’il considère comme un instrument privilégié de dialogue entre les travailleurs et les autorités. Le responsable syndical a notamment évoqué les pratiques de corruption sur certains axes routiers, les dysfonctionnements observés dans les postes de contrôle de charge ainsi que la circulation de véhicules en surcharge sur les corridors sous-régionaux. Il a également dénoncé la prolifération du carburant frelaté en provenance du Nigeria, qu’il considère comme une menace pour les transporteurs et les opérateurs formels du secteur pétrolier. Au terme des travaux, les participants ont réaffirmé leur attachement au dialogue social comme outil privilégié de prévention et de règlement des conflits professionnels. Gouvernement et partenaires sociaux se sont accordés sur la nécessité de poursuivre les concertations afin d’améliorer les conditions de travail, de renforcer la protection sociale des travailleurs et d’adapter progressivement la législation aux transformations économiques et technologiques. Pour le ministère du Travail et de la Sécurité sociale, la consolidation du dialogue entre les différents acteurs du monde du travail demeure un levier essentiel pour préserver la stabilité sociale, améliorer la productivité des entreprises et accompagner durablement le développement du Cameroun.

Réhabilitation de la SONARA : le gouvernement ouvre la voie à un partenariat international

Le gouvernement a franchi une nouvelle étape dans le processus de relance de la Société nationale de raffinage (SONARA). Les 29 et 30 juin 2026, il organise une consultation internationale du marché (Market Sounding) consacrée au projet de réhabilitation, de reconstruction et de modernisation de la raffinerie de Limbé, à l’arrêt depuis l’incendie du 31 mai 2019. Cette démarche intervient sept ans après le sinistre qui avait gravement endommagé plusieurs unités stratégiques de production, entraînant l’interruption des activités de raffinage de l’unique raffinerie du Cameroun. Depuis lors, l’État a engagé un vaste chantier de restructuration financière et institutionnelle afin de préserver l’entreprise et préparer sa relance. À l’ouverture des travaux, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a rappelé que la SONARA demeure un maillon essentiel de l’économie nationale en raison de son rôle dans l’approvisionnement énergétique, l’activité industrielle, les finances publiques et l’emploi. Il a souligné que les efforts déployés ces dernières années ont permis de stabiliser la situation financière de l’entreprise, notamment à travers la restructuration de sa dette et la mise en place de mécanismes destinés à restaurer sa viabilité. Pour le gouvernement, le projet en préparation dépasse la simple remise en état des installations endommagées. Il s’inscrit dans la stratégie nationale visant à renforcer la souveraineté énergétique du Cameroun, à accroître les capacités locales de raffinage et à réduire la dépendance du pays aux importations de produits pétroliers raffinés. La modernisation envisagée doit également permettre à la SONARA de produire des carburants conformes aux normes internationales les plus récentes, tout en améliorant sa compétitivité. Le projet prévoit notamment la réhabilitation ou la reconstruction des unités existantes ainsi que l’intégration d’une unité d’hydrocraquage, technologie destinée à améliorer la qualité des produits raffinés et à optimiser les rendements de production. Directeur général de la SONARA, Harouna Bako a salué l’engagement constant des pouvoirs publics dans la relance de l’entreprise. Revenant sur les conséquences de l’incendie de 2019, il a indiqué que le projet actuellement porté par le gouvernement constitue une étape déterminante pour restaurer durablement les capacités de raffinage du pays et repositionner la société comme un acteur majeur du secteur énergétique dans la sous-région. Le programme sera réalisé dans le cadre d’un partenariat public-privé de type Design-Build-Finance-Maintain (DBFM), un modèle qui confiera au partenaire privé la conception, la réalisation, le financement et la maintenance des infrastructures. Ce schéma vise à mobiliser les meilleures expertises techniques et financières internationales tout en assurant une répartition équilibrée des risques entre les parties. La consultation du marché réunit des compagnies pétrolières, des entreprises d’ingénierie, des investisseurs, des institutions financières et des cabinets spécialisés. Les échanges doivent permettre au gouvernement d’évaluer l’intérêt des opérateurs, de tester la bancabilité du projet et d’affiner ses paramètres techniques, juridiques et financiers avant le lancement de la procédure de sélection. Cette phase préparatoire ouvrira la voie à un appel à manifestation d’intérêt puis à un dialogue compétitif avec les candidats présélectionnés. À terme, les autorités ambitionnent de doter le Cameroun d’une raffinerie modernisée, capable de répondre aux besoins du marché national et sous-régional, de soutenir l’industrialisation du pays et de renforcer sa sécurité énergétique. Denise Ebelle

Littoral : le MINMIDT mise sur la discipline industrielle et la transformation locale pour stimuler la croissance

Littoral : le MINMIDT mise sur la discipline industrielle et la transformation locale pour stimuler la croissance Au terme d’une mission de travail de trois jours dans la région du Littoral, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim, le Pr Fuh Calistus Gentry, a décliné les principaux axes de la politique gouvernementale en matière d’industrialisation et de valorisation des ressources minières. Lors d’un point de presse tenu le 26 juin 2026 à Douala, le membre du gouvernement a insisté sur la nécessité de renforcer la conformité des entreprises, d’assainir certains segments du marché et d’accélérer les projets structurants susceptibles de soutenir la croissance économique. Parmi les chantiers prioritaires figure la mise en œuvre de la cartographie nationale industrielle. Cette opération vise à disposer d’un état des lieux précis des unités de production implantées sur le territoire national, de leurs capacités et de leur situation réglementaire. Pour les autorités, cet outil permettra de mieux organiser le secteur, de lutter contre les activités illégales et d’améliorer l’orientation des investissements vers les filières porteuses. Le ministère entend également accroître la surveillance du respect des normes industrielles. Les opérateurs sont appelés à se conformer aux exigences réglementaires sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à la fermeture de leurs installations. Selon le Pr Fuh Calistus Gentry, cette démarche est indispensable pour garantir un environnement d’affaires plus attractif et renforcer la compétitivité du tissu industriel national. Cette volonté d’assainissement concerne aussi certains produits de consommation dont la commercialisation ou le conditionnement ne répond pas aux standards exigés. Les pouvoirs publics encouragent ainsi les producteurs à adopter des emballages et des procédés conformes aux normes en vigueur, dans le souci de mieux protéger les consommateurs tout en améliorant la qualité de l’offre industrielle locale. Cap sur la transformation des ressources minières Dans le secteur minier, le gouvernement affiche son ambition de tirer davantage de valeur des ressources nationales. Le projet de bauxite de Minim-Martap constitue à cet égard l’un des dossiers majeurs. Une première exportation du minerai est attendue en octobre 2026, tandis qu’une phase de transformation en alumine est envisagée dès 2027. Au-delà de l’exploitation de la ressource, l’objectif est de favoriser la création d’emplois, le développement d’une industrie de transformation locale et l’augmentation des recettes économiques. Le potentiel de la bauxite camerounaise est présenté comme un levier stratégique susceptible de renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs internationaux. Un intérêt croissant pour la filière aluminium Le ministre a également évoqué l’évolution de la situation d’Alucam, qui suscite un intérêt marqué de la part d’investisseurs étrangers. Selon les informations communiquées, une quinzaine d’entreprises internationales auraient manifesté leur volonté d’intégrer le capital de la société. Pour les autorités, cet engouement confirme les perspectives de développement de la filière aluminium et les opportunités qu’elle offre à l’économie nationale et sous-régionale. Toutefois, le succès de cette dynamique dépendra de la capacité à concrétiser les projets industriels, miniers et logistiques annoncés. À travers cette mission dans le Littoral, le MINMIDT réaffirme ainsi sa volonté de bâtir un secteur industriel plus structuré, plus compétitif et davantage tourné vers la transformation locale des ressources. Entre exigence de conformité, protection des consommateurs et promotion de la valeur ajoutée, le gouvernement entend faire de l’industrie et des mines des moteurs essentiels du développement économique du Cameroun.