Journée mondiale de l’aide humanitaire : le Cameroun accélère sa transition vers une réponse plus locale

À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée cette année sous le thème « Agir pour l’humanité », une table ronde avec les médias s’est tenue le 19 août 2026 dans les locaux de l’UNICEF à Yaoundé. Les échanges ont mis en lumière les enjeux de la transition humanitaire au Cameroun, la protection des civils et des travailleurs humanitaires, ainsi que la nécessité de renforcer le rôle des acteurs nationaux et locaux. Les travaux étaient conduits par Issa Sanogo, Coordonnateur résident du système des Nations Unies et Coordonnateur humanitaire pour le Cameroun, en présence notamment de Ndzie Ntsama, Directrice de la Protection civile au ministère de l’Administration territoriale (MINAT), de Nadine Perrault, Représentante de l’UNICEF au Cameroun, ainsi que de plusieurs représentants de l’administration, du système des Nations Unies, des ONG nationales et internationales, des partenaires au développement et des médias. Organisée autour de deux panels, la rencontre avait pour principaux axes « Accompagner la transition : ne laisser aucun acteur de côté » et « Assurer un environnement propice à l’action humanitaire et à la protection des civils ». Une occasion pour les différents acteurs de confronter leurs expériences et de mettre en évidence les conditions nécessaires à une réponse humanitaire plus efficace, mieux ciblée et davantage ancrée dans les réalités locales.   Protéger ceux qui portent secours Dans son intervention, Issa Sanogo a articulé son message autour de trois priorités. La première concerne la protection des populations affectées par les crises et des travailleurs humanitaires. « Les acteurs humanitaires sauvent des vies », a-t-il rappelé, soulignant qu’ils ne devraient pas être pris pour cible dans l’exercice de leur mission. Pour le Coordonnateur humanitaire, la protection des civils, des services sociaux de base et des acteurs humanitaires constitue à la fois une obligation légale et une obligation morale, consacrée par le droit international humanitaire. Cette nécessité est particulièrement visible dans un contexte international marqué par de lourdes pertes parmi les travailleurs humanitaires. Les chiffres évoqués au cours de la rencontre font notamment état de 186 travailleurs humanitaires ayant perdu la vie à Gaza et de 65 au Soudan. « Derrière ces chiffres se trouvent des vies interrompues, des familles endeuillées et des communautés privées d’un soutien essentiel », a-t-il relevé, appelant à renforcer la protection des civils et des travailleurs humanitaires, à faire respecter le droit international humanitaire, à lutter contre l’impunité et à garantir un financement durable des urgences. Au Cameroun, cette problématique prend également une dimension particulière. Dans l’Extrême-Nord, le conflit dans le bassin du lac Tchad continue de provoquer des déplacements et de fragiliser les moyens de subsistance. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les violences perturbent encore l’accès aux marchés, aux écoles et aux services de santé. À l’Est, dans l’Adamaoua et dans le Nord, la présence prolongée de réfugiés venus des pays voisins contribue également à accroître la vulnérabilité des populations.   2,9 millions de personnes dans le besoin Le deuxième message d’Issa Sanogo porte sur l’ampleur des besoins humanitaires. Près de 2,9 millions de personnes ont besoin d’assistance au Cameroun. Derrière cette donnée statistique se trouvent des femmes, des hommes, des enfants, des jeunes, des personnes âgées, des personnes vivant avec un handicap, des personnes déplacées, des réfugiés et des communautés hôtes. Les partenaires humanitaires ciblent environ 1,9 million de personnes parmi les plus vulnérables, pour un besoin financier estimé à 379 millions de dollars. Pourtant, depuis le début de l’année, seulement 26 % du plan de réponse humanitaire sont financés. Les secteurs vitaux restent particulièrement sous-financés. L’accès à l’eau, la santé, l’éducation, l’alimentation et la nutrition figurent parmi les domaines où les besoins restent largement insatisfaits, avec environ 15 % seulement des financements requis. À cette situation s’ajoute l’épidémie de choléra qui sévit dans l’Extrême-Nord. Plus de 1 200 personnes ont déjà été touchées, dans un contexte marqué par les inondations, les difficultés d’accès à l’eau potable et l’insécurité alimentaire. Face à cette situation, le Coordonnateur humanitaire a lancé un appel à la solidarité nationale et internationale afin que les populations affectées par les crises ne soient pas laissées pour compte.   Une transition humanitaire qui se veut locale Le troisième message concerne la transition humanitaire engagée au Cameroun. Il s’agit désormais de renforcer progressivement le leadership et l’appropriation des autorités nationales, des organisations locales, de la société civile et des communautés affectées dans la conception, la coordination et la mise en œuvre de la réponse. « La transition humanitaire au Cameroun est en action. Et cette transition humanitaire est locale », a insisté Issa Sanogo. L’objectif est de permettre à ceux qui sont au plus près des populations d’être davantage en mesure d’identifier les besoins, de coordonner les interventions et de participer à la réponse. Une évolution qui doit aussi contribuer à une utilisation plus stratégique de ressources devenues limitées. Dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, une nouvelle architecture de coordination basée sur les zones est progressivement mise en place afin de renforcer la proximité, la redevabilité et l’efficacité opérationnelle.   « On ne peut pas importer la réponse » Cette volonté de localiser davantage l’action humanitaire a également été défendue par Antoinette Chibi, Directrice pays pour le Cameroun et la République centrafricaine de l’International Rescue Committee (IRC). Intervenant comme panéliste, elle a insisté sur la nécessité de travailler avec les communautés et les organisations locales. « On ne peut pas importer la réponse », a-t-elle expliqué, estimant que les populations sont les mieux placées pour déterminer leurs besoins. L’IRC est notamment présente dans l’Extrême-Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, avec des interventions dans des localités telles que Makary, Blangoua et Hilé-Alifa. L’organisation travaille avec des ONG locales, des organisations communautaires et des acteurs de la société civile afin de renforcer l’appropriation des interventions et de garantir une réponse adaptée aux réalités du terrain. Pour Antoinette Chibi, les communautés doivent être associées à la conception, à la mise en œuvre et à l’évaluation des programmes humanitaires. Une approche qui permet, selon elle, de mieux orienter l’aide

Conversion des forêts dans le bassin du Congo : la société civile veut inverser la courbe

La préservation des forêts du bassin du Congo était au cœur d’une conférence sous-régionale organisée à Yaoundé par Green Development Advocates (GDA), du 18 au 19 août dernier. Pendant deux jours, des acteurs venus notamment du Cameroun, du Congo-Brazzaville, de la République démocratique du Congo, du Gabon et de la République centrafricaine ont confronté leurs expériences autour d’un même enjeu : comment ralentir, voire inverser, la dynamique de conversion des espaces forestiers. Pour Aristide Chacgom Fokam, coordonnateur de GDA, la conversion des forêts correspond au processus par lequel une forêt naturelle ou primaire est transformée pour d’autres usages, notamment agricoles, agro-industriels ou extractifs. Elle peut également se traduire par la dégradation progressive des écosystèmes à travers certaines formes d’exploitation des ressources forestières. Une problématique qui dépasse les frontières La rencontre part d’un constat : les pressions exercées sur les forêts ne s’arrêtent pas aux frontières nationales. Agriculture, exploitation forestière, activités extractives, infrastructures et autres formes d’utilisation des terres participent à la transformation progressive des espaces forestiers. Dans le bassin du Congo, cette problématique revêt une importance particulière. Le massif forestier constitue un patrimoine écologique majeur et joue un rôle essentiel pour la biodiversité, le climat et les moyens de subsistance de nombreuses communautés. C’est dans ce contexte que les participants ont été invités à examiner les manifestations de la conversion dans leurs différents pays, mais aussi à rechercher des réponses communes. « Le problème est global, il touche tous les pays de l’Afrique centrale parce qu’il y a une ruée vers les ressources naturelles », relève Aristide Chacgom Fokam. Pour le coordonnateur de GDA, cette réflexion renvoie également à une question fondamentale : celle de la contribution de l’exploitation des ressources naturelles au développement. Après plusieurs décennies d’exploitation forestière dans les pays de la sous-région, il estime nécessaire de s’interroger sur les retombées réelles de ces activités pour les populations et les économies nationales. Mutualiser les expériences de la société civile L’un des principaux enseignements des travaux réside dans la nécessité d’une meilleure coordination entre les organisations de la société civile. Selon Aristide Chacgom Fokam, ces organisations travaillent encore trop souvent séparément, chacune dans son propre pays. La conférence entend donc favoriser le partage des expériences et la construction d’actions communes. « Il y a une nécessité de voir dans quelle mesure mutualiser les efforts pour adresser le problème, comment partager les expériences », explique-t-il. L’objectif n’est pas de déboucher uniquement sur une liste de recommandations. Les participants cherchent plutôt à identifier des pistes d’action susceptibles d’être mises en œuvre collectivement. L’expérience acquise au Cameroun pourrait ainsi servir aux organisations du Congo-Brazzaville, du Gabon, de la République centrafricaine ou de la RDC, et inversement. Cette mise en réseau apparaît d’autant plus importante que les problématiques liées aux ressources naturelles présentent de nombreuses similitudes d’un pays à l’autre. L’exploitation du bois, les activités minières ou encore l’expansion agro-industrielle posent, avec des intensités variables, des questions similaires de gouvernance, de transparence, de protection de l’environnement et de respect des droits des communautés. Administrations, partenaires internationaux et communautés associés   La rencontre ne s’est pas limitée aux organisations de la société civile. Des organisations internationales et des partenaires techniques ont également pris part aux échanges. Parmi les participants cités figurent notamment le WWF, l’European Forest Institute et le World Resources Institute. L’Union européenne était également représentée pour présenter son règlement visant à lutter contre la mise sur le marché européen de produits associés à la déforestation. Plusieurs administrations camerounaises ont par ailleurs été associées aux travaux, notamment celles en charge des forêts et de la faune, des domaines, du cadastre et des affaires foncières, de l’économie et de la planification ainsi que de l’environnement. Cette diversité des participants répond à une volonté clairement assumée par les organisateurs : ne pas traiter la question de la conversion des forêts « en vase clos ». Les communautés directement affectées par les transformations des territoires forestiers occupent également une place dans les discussions. Des représentants de communautés de Campo et d’Ebo, ainsi que des femmes engagées dans la défense de leurs territoires traditionnels et coutumiers, ont notamment pris part aux échanges.   Des possibilités de financement à saisir Autre enseignement important de la rencontre : des possibilités de financement existent pour soutenir les initiatives de conservation et de protection des forêts dans le bassin du Congo. Des représentants de plusieurs mécanismes, initiatives et réseaux engagés dans le financement ou l’accompagnement des actions environnementales ont échangé avec les participants sur les opportunités disponibles et sur la nécessité de mieux structurer les projets issus du terrain. Parmi les structures citées figurent Forests, People, Climate (FPC), une initiative collaborative hébergée par la Climate and Land Use Alliance (CLUA), la Central African Forest Initiative (CAFI), le Global Greengrants Fund, ainsi que le Réseau des Populations Autochtones et Locales pour la gestion durable des Écosystèmes Forestiers d’Afrique Centrale (REPALEAC). Il s’agit moins, pour les acteurs présents, de considérer le financement comme une fin en soi que de mieux transformer les besoins identifiés sur le terrain en projets susceptibles de bénéficier de ces ressources. Cette question est stratégique pour les organisations communautaires et de la société civile, souvent confrontées à des difficultés de financement alors qu’elles sont engagées au quotidien dans la défense des territoires forestiers et des droits des populations qui en dépendent. Le journalisme environnemental également mobilisé Les médias ont eux aussi été associés à cette réflexion. Les échanges ont notamment mis en avant l’importance du journalisme d’investigation environnemental dans la documentation des phénomènes liés à la déforestation, à la conversion des terres et à leurs conséquences sociales. Le soutien du Pulitzer Center au journalisme consacré aux questions environnementales a notamment été évoqué au cours de la rencontre. Pour les participants, mieux documenter les transformations des territoires permet de contribuer à l’information du public, de donner davantage de visibilité aux préoccupations des communautés et d’alimenter le débat sur la gouvernance des ressources naturelles. Quinze ans de légalisation pour GDA La conférence revêt enfin une dimension particulière pour Green Development

Maintien de la circulation sur la Nationale 5 : une intervention en régie sur la section Bafang–Bandja

Entre Bafang et Bandja, sur la route Nationale 5 (N5), reliant Douala à Bafoussam, la circulation a été rétablie sur deux points critiques ayant récemment perturbé le trafic. La Brigade nationale des travaux en régie du ministère des Travaux publics (MINTP) a été mobilisée pour une intervention d’urgence destinée à maintenir progressivement la fluidité du trafic sur cette section. Pour faire face aux dégradations constatées, les équipes techniques privilégient la mise en œuvre de remblais en matériaux adaptés. Cette solution provisoire vise à sécuriser et faciliter la circulation en attendant la réalisation des travaux de reconstruction de la N5, dont le processus de préqualification des entreprises est déjà engagé.   Une solution d’attente avant la reconstruction L’intervention en régie s’inscrit ainsi dans l’attente d’une solution plus durable, à savoir la réhabilitation complète de l’axe Bekoko–échangeur de Bandjoun, long de 218,9 km. Le projet prévoit également la réhabilitation de 103 km de voies de desserte, notamment les axes Loum–Yabassi et Bafang–Nkondjock, ainsi que la construction d’infrastructures socio-économiques dans la zone d’influence du projet. La reconstruction de cet important corridor routier est structurée en trois lots : Bekoko–Penja, sur 70 km ; Penja–Pont du Nkam, sur 77,7 km ; et Pont du Nkam–Bandjoun, sur 71,2 km. Le coût global du projet est évalué à 150,824 milliards de FCFA. Son financement bénéficie de l’appui de la Banque islamique de développement, partenaire financier du Cameroun. En attendant le déploiement de ces travaux structurants, les interventions ponctuelles en régie permettent de préserver la circulation sur les sections les plus dégradées et de limiter les perturbations pour les usagers de la Nationale 5.   Denise Ebelle

Achèvement des travaux sur la section Ndu–Nkambe : les derniers aménagements en cours

Les travaux de construction de la section Ndu–Nkambe, longue de 31 km, entrent dans leur dernière ligne droite. Avec un taux d’avancement général de 98,83 %, l’entreprise MAG SARL procède aux derniers réglages avant l’achèvement du chantier, notamment à travers la réalisation d’aménagements destinés à renforcer la sécurité des usagers. Parmi les interventions actuellement menées figurent l’installation de ralentisseurs de vitesse, notamment des bandes sonores et des dos-d’âne. Ces dispositifs visent à réduire la vitesse des véhicules dans les zones sensibles et à améliorer la sécurité sur cet axe de la Ring Road. Des travaux connexes en phase finale Les équipes poursuivent également la construction des caniveaux de type 60×60. Le linéaire déjà exécuté s’établit à 10 402,2 mètres, contre 10 251 mètres prévus au contrat, soit un niveau de réalisation supérieur aux prévisions initiales. D’autres aménagements connexes, notamment les aires de repos, sont également en cours de finalisation. Ces ouvrages viennent compléter les travaux déjà réalisés sur cette section stratégique de la Ring Road, qui relie Ndu à Nkambe. Avec un niveau d’exécution qui approche désormais les 100 %, le chantier est ainsi engagé dans sa phase ultime. Les dernières interventions portent principalement sur les équipements de sécurité, les ouvrages d’assainissement et les aménagements complémentaires nécessaires à la mise en service complète de la section. La réalisation de cette infrastructure représente un investissement de 28,999 milliards de FCFA TTC.

Secteur des Douanes de l’Extrême-Nord : les portes ouvertes aux anciens douaniers à Maroua

Maroua, 18 août 2026. Le Secteur des Douanes de l’Extrême-Nord entend renforcer les liens entre générations et mieux capitaliser sur l’expérience de ses anciens. C’est dans cette dynamique que le Commandant DIMA Quentin Achille, récemment nommé à la tête de cette circonscription douanière stratégique, a accordé sa première audience à une délégation de l’Association des anciens douaniers de la région, conduite par son président, André DJAFSIA. Cette rencontre de prise de contact intervient dans un contexte marqué par d’importants enjeux économiques, sécuritaires et sociaux dans la région de l’Extrême-Nord. Elle a notamment permis aux deux parties d’échanger sur la contribution que les anciens douaniers peuvent continuer d’apporter au fonctionnement et aux missions de l’administration douanière. Une passerelle entre générations Au cours de l’audience, la délégation des anciens douaniers a officiellement présenté l’association et ses membres au nouveau chef de secteur. Elle a également sollicité son accompagnement en qualité de Président d’honneur de l’association. Une demande accueillie favorablement par le Commandant DIMA Quentin Achille, qui s’est dit honoré de pouvoir accompagner ses devanciers. Pour André DJAFSIA, cette marque de considération dès le début du mandat du nouveau chef de secteur constitue un signal encourageant. L’association souhaite ainsi bénéficier d’un accompagnement institutionnel, d’une écoute permanente et d’une meilleure implication dans la vie de la corporation. Au-delà de leur statut de retraités, les anciens douaniers entendent mettre leur expérience au service de la jeune génération et contribuer, aux côtés des équipes en activité, à la réalisation des missions assignées à la Douane. « Le douanier ne meurt jamais » En réponse, le Commandant DIMA Quentin Achille a réaffirmé sa volonté de maintenir les portes du Secteur des Douanes de l’Extrême-Nord largement ouvertes aux anciens. Pour lui, « le douanier ne meurt jamais. Il reste actif dans l’âme ». Le nouveau chef de secteur a surtout invité les membres de l’association à mettre leur expérience au profit de l’administration. Il souhaite notamment voir les anciens partager leur savoir-faire avec les jeunes douaniers à travers des causeries professionnelles et des échanges d’expérience. Leur contribution pourrait également s’étendre à la sensibilisation des opérateurs économiques, des transporteurs et des populations sur les missions de la Douane, notamment en matière de sécurisation des frontières, de lutte contre la fraude et la contrebande et de protection de la société. Le Commandant DIMA compte par ailleurs sur les anciens douaniers pour contribuer à expliquer aux populations l’importance de la mobilisation des recettes douanières dans le financement du développement, notamment la construction des routes, ponts, écoles, hôpitaux et marchés. Dans une région confrontée à des défis transfrontaliers spécifiques, leur expertise pourra enfin être mise à contribution dans les initiatives de lutte contre les trafics illicites et les menaces sécuritaires. Cette première audience ouvre ainsi la voie à une collaboration plus étroite entre anciens et nouveaux douaniers. À Maroua, l’expérience des vétérans entend désormais se conjuguer avec l’énergie de la nouvelle équipe dirigeante pour accompagner l’administration douanière dans l’accomplissement de ses missions.

Fondation ELESSA Lothin-Sen : 600 bourses pour encourager le mérite scolaire

À Dibombari, dans le département du Moungo, la Fondation ELESSA Lothin-Sen a choisi l’éducation comme levier d’action sociale. Pour la 10e édition de son programme de bourses d’excellence scolaire, l’organisation a récompensé les élèves les plus méritants et distribué des kits scolaires, apportant ainsi un soutien concret aux familles à quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027. 24 établissements mobilisés Pour cette édition, la Fondation s’est fixé pour objectif d’attribuer 600 bourses d’excellence à des élèves issus d’établissements publics, privés et confessionnels. À Dibombari, 24 établissements scolaires ont pris part à l’opération. Dans chacun d’eux, 18 élèves ont été distingués, avec une attention particulière portée aux trois meilleurs de chaque classe selon le classement du mérite. L’excellence n’a cependant pas été appréciée à travers les seuls résultats académiques. Des distinctions spéciales ont également été accordées à des élèves qui se sont illustrés dans les activités post et périscolaires. Une approche qui traduit la volonté de la Fondation de valoriser une conception plus large de la réussite scolaire, fondée également sur l’engagement, les talents et les aptitudes des jeunes. Selon Charles Enonga Ngombi, président de la commission permanente des affaires sociales de la Fondation, l’identification des bénéficiaires se fait en collaboration avec les responsables locaux de l’éducation. Les directeurs d’écoles communiquent notamment les noms des élèves les plus performants de chaque classe, à partir des résultats de fin d’année. La préparation de l’opération commence plusieurs mois avant la cérémonie. Dès le mois de mai, les équipes de la Fondation mettent en place le dispositif et attendent les résultats scolaires afin d’identifier les élèves appelés à recevoir les récompenses. Les responsables d’écoles saluent un encouragement Dans les établissements bénéficiaires, l’initiative est accueillie favorablement par les responsables scolaires. Pour eux, la remise des bourses constitue d’abord une reconnaissance des efforts accomplis par les élèves au cours de l’année écoulée. Les directeurs d’écoles y voient également un puissant facteur de motivation. En mettant les meilleurs élèves à l’honneur, la Fondation encourage ceux-ci à maintenir leurs performances et incite leurs camarades à davantage d’efforts. Les distinctions attribuées dans les activités post et périscolaires permettent, elles aussi, de montrer que la réussite ne se résume pas aux seules notes obtenues en classe. Les responsables d’établissements mettent par ailleurs en avant le caractère opportun de cette action. À quelques jours de la rentrée, les kits scolaires représentent un appui appréciable pour les parents confrontés aux nombreuses dépenses liées à la reprise des cours. Du côté des familles, ce geste est donc perçu comme un soulagement. La Fondation associe ainsi la reconnaissance du mérite à une forme de solidarité envers les ménages. Faire du livre un outil partagé Pour le fondateur, l’objectif de l’opération ne se limite pas à remettre des fournitures aux élèves primés. Le livre doit également devenir un outil accessible à la communauté. Les bénéficiaires sont ainsi encouragés à partager leurs ouvrages avec leurs camarades, leurs frères et leurs amis. Une démarche qui vise à élargir l’impact des récompenses et à favoriser la circulation du savoir au sein des communautés scolaires. Une action qui s’étend à l’échelle nationale L’initiative de la Fondation ELESSA Lothin-Sen dépasse le cadre de Dibombari. Chaque année, une nouvelle localité est choisie pour accueillir le programme d’accompagnement scolaire. Après des actions menées dans sept départements et quatre régions, notamment à Ébolowa II, dans le Sud, lors de la précédente édition, la Fondation a posé cette année ses valises dans le Littoral, précisément dans le département du Moungo. La prochaine destination sera déterminée ultérieurement, avec une ambition qui demeure la même : encourager l’excellence, accompagner les familles et donner aux jeunes de meilleures conditions pour préparer leur avenir. À Dibombari, cette 10e édition aura ainsi permis de joindre le geste à la parole : célébrer le mérite scolaire tout en apportant un soutien concret aux familles à l’orée de la rentrée 2026-2027.   Denise EBELLE

CAN féminine 2026 : le message du Président Biya n’est pas tombé dans les oreilles des sourdes, les Lionnes l’ont fait !

À Rabat, les Lionnes Indomptables ont répondu de la plus belle des manières aux encouragements du Président de la République. En dominant le Malawi 3-0 en finale de la CAN féminine 2026, les Camerounaises ont décroché le premier sacre continental de leur histoire dans cette compétition. Une victoire historique qui sonne comme une réponse éclatante au message présidentiel transmis à la veille de la finale. Elles avaient reçu le message. Elles l’ont entendu. Et surtout, elles l’ont transformé en actes. À quelques heures de la finale de la Coupe d’Afrique des nations féminine 2026, les Lionnes Indomptables avaient été galvanisées par le message du Président de la République, Paul Biya. Représentant le Chef de l’État auprès de la sélection nationale, le Premier ministre, chef du Gouvernement, Joseph Dion Ngute, était allé à la rencontre des joueuses dans leur tanière à Rabat. Il leur avait transmis les encouragements du couple présidentiel et rappelé l’immense responsabilité qui était la leur : défendre les couleurs de toute une nation. Le message était clair : ne rien lâcher, rester concentrées et déterminées jusqu’au dernier coup de sifflet. Le Président de la République avait également fait savoir que le couple présidentiel attendait les Lionnes à Yaoundé avec la Coupe. Un appel à l’engagement patriotique qui, manifestement, n’est pas tombé dans les oreilles des sourdes. Une réponse sur le terrain Dimanche soir à Rabat, les filles ont parlé avec leurs pieds. Face au Malawi, elles n’ont laissé aucune place au doute. Trois buts, aucun encaissé et, au bout des 90 minutes, une consécration historique. Le Cameroun devient champion d’Afrique et inscrit une nouvelle page dans l’histoire du football féminin national. Cette victoire vient surtout couronner un parcours remarquable. Après avoir éliminé le Nigeria, champion d’Afrique en titre, en quarts de finale sur le score de 1-0, les Camerounaises avaient ensuite écarté le Maroc, pays hôte, en demi-finale à l’issue d’une séance de tirs au but remportée 3-1 après un score nul de 0-0. Il fallait donc encore franchir le dernier obstacle. Les Lionnes l’ont fait avec autorité. « Nous voulons lui offrir la Coupe » La veille de cette finale historique, le message présidentiel avait visiblement touché les joueuses. La capitaine Gabrielle Aboudi Onguene avait notamment exprimé la volonté des Lionnes de se battre pour offrir ce cadeau au Chef de l’État. Elle avait salué la mobilisation des autorités et expliqué combien la présence et le soutien des membres du Gouvernement avaient renforcé la motivation de la sélection. Le lendemain, la promesse a été tenue. Le discours s’est transformé en engagement. L’engagement en détermination. Et la détermination en trophée. Au-delà du résultat sportif, ce sacre revêt une dimension particulière. Pendant toute la compétition, les Lionnes ont porté les espoirs d’un peuple qui attendait depuis longtemps une nouvelle grande conquête du football féminin. Elles ont désormais leur Coupe. Elles ont également démontré que les encouragements reçus au plus haut sommet de l’État pouvaient se traduire en énergie supplémentaire sur le terrain. Le message présidentiel appelait au courage, à la discipline, à la concentration et au sacrifice. La réponse des joueuses aura été collective : trois buts, zéro encaissé et un titre continental historique.Le Cameroun peut désormais savourer Les Lionnes Indomptables ont entendu le message. Elles ne l’ont pas laissé se perdre dans le bruit de la compétition. Elles l’ont porté sur le terrain, l’ont défendu pendant 90 minutes et l’ont finalement ramené sous la forme la plus précieuse qui soit : la Coupe d’Afrique. Le Président avait demandé de défendre les couleurs de toute une nation. Les Lionnes l’ont fait. Et elles l’ont fait avec panache. Denise Ebelle

WATERIS BY CAMWATER : la transformation digitale entre dans sa phase opérationnelle

La CAMWATER accélère sa transformation numérique. Après cinq jours de travaux consacrés à la mise en cohérence de ses nouvelles solutions digitales, l’entreprise engage désormais le déploiement opérationnel de WATERIS BY CAMWATER, un écosystème appelé à modifier en profondeur la gestion de ses activités et sa relation avec les abonnés. Tenue du 10 au 14 août 2026 au Complexe MUNDI à Yaoundé, la rencontre a été présidée par le Directeur Général de la CAMWATER, Dr Blaise Moussa. Elle a réuni les responsables des différents métiers, les équipes de terrain ainsi que les partenaires techniques mobilisés autour de cette mutation. L’enjeu était de mettre en cohérence les différentes composantes du nouvel environnement numérique et de préparer leur appropriation par les utilisateurs. Un changement de modèle Avec WATERIS BY CAMWATER, l’entreprise entend dépasser la logique d’outils fonctionnant de manière cloisonnée. Le nouveau dispositif privilégie l’interconnexion des processus et la centralisation des données afin de permettre un meilleur suivi des opérations. Cette évolution concerne plusieurs maillons de l’activité, du branchement au paiement des factures, en passant par la relève des compteurs, la gestion des stocks et le pilotage de l’entreprise. Le dispositif s’appuie sur huit briques digitales interconnectées : WATERIS-COMMERCIAL, WATERIS-METER, WATERIS-PAY, WATERIS-STOCK, WATERIS-INTEGRATION, WATERIS-DASHBOARD, WATERIS-MAIL et OFFIXPRESS. Au cœur du système commercial, WATERIS-COMMERCIAL accompagne la gestion du parcours de l’abonné. WATERIS-METER, pour sa part, est dédié à la relève et à la télérelève des compteurs, avec des possibilités de géolocalisation et de traçabilité des opérations. La dimension financière est portée par WATERIS-PAY, tandis que WATERIS-STOCK vise une gestion plus centralisée et plus traçable des stocks et des matériels. WATERIS-DASHBOARD fournit des outils de pilotage et de suivi, alors que WATERIS-INTEGRATION assure l’interconnexion des différentes composantes du système, notamment avec la comptabilité client. Les autres briques, WATERIS-MAIL et OFFIXPRESS, complètent cet environnement numérique destiné à élargir progressivement la digitalisation aux différents métiers de l’entreprise. Des opérations davantage automatisées Les travaux conduits pendant l’atelier ont permis d’identifier plusieurs applications concrètes du nouveau système. Dans le traitement des branchements et des abonnements, l’objectif est d’automatiser le parcours de l’usager, depuis les premières étapes de la demande jusqu’à son traitement final. La gestion des devis, des sorties de matériel et des encaissements doit ainsi être davantage sécurisée et suivie. La relève des compteurs bénéficiera également d’une évolution majeure. La synchronisation automatique des données, prévue à intervalles réguliers, permettra aux agents d’accéder à l’historique de consommation des abonnés depuis leurs terminaux et de repérer plus rapidement les anomalies. Le recouvrement sera lui aussi davantage automatisé grâce aux fonctionnalités de WATERIS-PAY. La gestion des stocks doit, quant à elle, offrir une visibilité globale sur les mouvements de matériels, avec une traçabilité renforcée des opérations. Ces évolutions doivent contribuer à réduire les traitements manuels, limiter les risques d’erreurs et faciliter le contrôle des opérations. Après la réflexion, place au sport Après cinq journées d’intenses réflexions, de travaux en ateliers et de restitution des recommandations, les séminaristes ont bénéficié d’un moment de détente placé sous le signe du sport et de la convivialité. Les employés de la CAMWATER se sont ainsi retrouvés autour d’un match de football, une parenthèse récréative qui a permis de relâcher la pression après plusieurs jours consacrés aux enjeux de la transformation digitale. Répartis en deux équipes, les collaborateurs ont livré une rencontre dans une ambiance chaleureuse. Les femmes ont pris part au match aux côtés de leurs collègues hommes, partageant le même enthousiasme et la même envie de jouer. Sur le terrain comme autour, les encouragements, les cris de joie et les éclats de rire ont offert un autre visage du séminaire, loin des salles de travail et des discussions techniques. Au-delà du simple divertissement, cette activité sportive a contribué à renforcer les relations entre les collaborateurs. Le sport en milieu professionnel constitue en effet un espace propice à la détente, à la communication et au développement de l’esprit d’équipe. Il permet aux collègues de se découvrir autrement, de renforcer les liens de confiance et de favoriser une dynamique collective. Pour les participants, ce moment partagé a ainsi constitué une respiration bienvenue avant de reprendre le chemin des agences. Le défi de l’appropriation Au-delà du déploiement technique, la réussite de WATERIS BY CAMWATER dépendra de la capacité des agents à s’approprier les nouveaux outils. C’est précisément l’un des objectifs de l’atelier organisé par la Division de l’Informatique et de la Transformation Digitale (DITRAD), avec l’assistance technique de GREENTECH. Les participants ont travaillé en groupes thématiques avant de restituer leurs recommandations et de valider les prochaines étapes du déploiement. L’accompagnement des équipes et l’implication des responsables métiers apparaissent ainsi comme des conditions essentielles à la réussite de la réforme. La communication autour de WATERIS constitue également un volet important du projet, avec l’ambition d’assurer une meilleure visibilité de la transformation engagée et de favoriser son appropriation au sein de l’entreprise comme auprès des usagers. Après cette phase de mise en cohérence, les équipes sont désormais appelées à poursuivre le travail dans les différentes agences. La CAMWATER veut ainsi faire du numérique un levier d’amélioration de la qualité du service public de l’eau potable, avec à terme une information plus fiable, des opérations mieux tracées et une relation plus efficace avec les abonnés. Denise Ebelle

Patrimoine autochtone : le Cameroun et le Canada veulent ouvrir une nouvelle page de coopération culturelle

Patrimoine autochtone : le Cameroun et le Canada veulent ouvrir une nouvelle page de coopération culturelle Une coopération structurée sur trois ans pourrait bientôt rapprocher les communautés autochtones du Cameroun et les Premières Nations du Canada. C’est l’ambition portée par l’International Indigenous Peoples Organization (IIPO), dont le fondateur et CEO, Paul Eddy Tsoungui, a présenté le projet au ministre des Arts et de la Culture, vendredi 14 août 2026 à Yaoundé. La protection du patrimoine culturel des peuples autochtones s’invite dans les relations culturelles entre le Cameroun et le Canada. Reçu en audience par le ministre des Arts et de la Culture, Paul Eddy Tsoungui, fondateur et Chief Executive Officer de l’International Indigenous Peoples Organization (IIPO), est venu défendre un projet de partenariat destiné à donner une nouvelle dimension à la sauvegarde et à la promotion des cultures autochtones camerounaises. L’audience, tenue dans la salle de convivialité du département ministériel, s’est déroulée en présence d’une importante délégation de l’IIPO et de plusieurs responsables du ministère. La rencontre intervenait après l’examen du dossier par un groupe de travail mis en place au sein du MINAC, avec la Direction du Patrimoine culturel comme point focal.   Une coopération qui veut dépasser les frontières Le projet soumis au ministre s’articule autour d’un programme triennal de partenariat couvrant la période 2026-2029. Il vise à établir un cadre institutionnel de coopération entre le MINAC et l’IIPO pour mieux préserver et valoriser les patrimoines matériels et immatériels des peuples autochtones du Cameroun. L’idée défendue par l’organisation est de faire circuler les cultures plutôt que de les enfermer dans une logique de conservation. Les langues, les traditions, les danses, les musiques, l’artisanat, les récits et les savoirs ancestraux pourraient ainsi devenir des supports d’échanges entre les communautés camerounaises et leurs homologues canadiennes. Le Cameroun compte notamment les Baka, Bakola (Bagyéli), Bedzang et Mbororo, dont les patrimoines sont présentés dans le projet comme des composantes importantes de la diversité culturelle nationale. Le document relève cependant plusieurs menaces, parmi lesquelles la disparition de certaines langues, la perte progressive des savoirs traditionnels, l’insuffisance de documentation et le manque de visibilité internationale. Pour l’IIPO, la réponse passe donc par une coopération capable de mettre en relation les communautés, les artistes, les chercheurs et les jeunes.   Des voyages culturels dans les deux sens À la sortie de l’audience, le responsable de l’IIPO a donné quelques précisions sur les actions envisagées. Au-delà d’un partenariat institutionnel, le projet prévoit des rencontres directes entre peuples autochtones camerounais et communautés autochtones du Canada. Des festivals, des voyages culturels, des échanges d’artistes et des résidences sont notamment envisagés. Le principe serait de permettre aux peuples autochtones du Canada de découvrir les communautés autochtones camerounaises, mais également d’offrir aux Camerounais l’occasion de se rendre au Canada à la rencontre des Premières Nations. Le programme prévoit plus largement des missions culturelles entre le Cameroun, le Canada et d’autres peuples autochtones partenaires, ainsi que des conférences internationales. Cette dimension internationale constitue l’un des principaux ressorts du projet. Pour Paul Eddy Tsoungui, les distances géographiques ne doivent pas empêcher des peuples qui partagent des préoccupations similaires de se connaître et de travailler ensemble. La coopération envisagée ne se résume pas aux festivals et aux déplacements. Une partie importante du programme est consacrée à la documentation du patrimoine. L’IIPO propose notamment de réaliser des inventaires, de produire des contenus audiovisuels, de numériser des archives culturelles et de mettre en place une banque de données nationale. Le projet entend également soutenir la recherche sur les traditions orales, les langues autochtones, la médecine traditionnelle, les pratiques artistiques et les savoirs ancestraux. La jeunesse apparaît comme un autre maillon essentiel. L’objectif est de permettre aux nouvelles générations de connaître leur histoire et de recevoir les connaissances détenues par leurs communautés. Des formations en gestion du patrimoine, entrepreneuriat culturel, marketing culturel, numérisation des archives et transmission des savoirs sont ainsi prévues.   Le MINAC ouvre la voie à un accompagnement La présentation du projet n’a pas été le seul temps fort de l’audience. La Direction du Patrimoine culturel a rendu compte des travaux du groupe chargé d’étudier le dossier. Son analyse a identifié plusieurs domaines correspondant aux priorités du ministère : promotion des expressions artistiques traditionnelles, sauvegarde et transmission des savoirs, mais aussi solidarité et action sociale en faveur des communautés. Sur cette base, la Direction du Patrimoine culturel a formulé un avis technique favorable à l’accompagnement institutionnel du projet. Cet accompagnement pourrait notamment permettre au ministère de contribuer à l’identification des communautés et artistes à associer au programme et d’appuyer sa visibilité au Cameroun comme à l’étranger. Une attention particulière a toutefois été portée au respect des spécificités des communautés. Les activités devront être conduites dans le respect des us et coutumes et sur la base du consentement libre et éclairé des populations concernées.   Un cadre institutionnel à construire Le projet prévoit plusieurs étapes avant son déploiement complet. La première doit notamment permettre de formaliser le partenariat, avec la signature d’un protocole d’accord, la définition des priorités et l’élaboration d’une feuille de route. Un comité technique conjoint devrait ensuite assurer le suivi de la coopération. Parmi les initiatives envisagées figure également un Forum national des cultures autochtones, réunissant communautés, chercheurs, artistes, partenaires techniques et institutions. À plus long terme, l’IIPO propose la création d’un programme national de valorisation des peuples autochtones et l’organisation d’un Festival international des peuples autochtones du Cameroun, auquel seraient conviées les Premières Nations du Canada ainsi que d’autres délégations africaines et internationales. Le partenariat projeté est prévu pour trois ans, avec une possibilité de renouvellement. Son budget indicatif est estimé à 430 millions de FCFA. Le financement devrait reposer sur une combinaison de contributions du MINAC, de l’IIPO, de partenaires canadiens, d’organisations autochtones, d’agences de coopération, d’organismes multilatéraux, de fondations et du secteur privé. Pour l’IIPO, l’enjeu est finalement plus large que la seule sauvegarde des traditions. Le projet ambitionne de renforcer les capacités des communautés, de soutenir les artistes et artisans, de développer le tourisme culturel et

Bôme François : De la controverse à l’amélioration continue

Face aux allégations qui circulent sur les réseaux sociaux autour du Bôme François, François Ekouma Ananga, promoteur de François Santé SARL, a choisi de jouer la carte de la transparence. Lors d’un point de presse tenu le 12 août 2026 à l’Hôtel La Falaise de Yaoundé, il a présenté les actions engagées avec le LANACOME pour renforcer la qualité, l’hygiène, la sécurité sanitaire et la traçabilité des produits. À ses côtés, Christophe Mvondo, directeur de la communication du Laboratoire national de contrôle de qualité des médicaments et d’expertise (LANACOME), dont l’accompagnement constitue l’un des axes majeurs de la démarche présentée au cours de cette rencontre avec la presse. Pour le promoteur, cette prise de parole ne vise pas uniquement à répondre à la polémique. Elle entend également montrer le chemin parcouru par l’entreprise en matière d’amélioration des pratiques. Les constats du LANACOME comme point de départ François Ekouma Ananga est revenu sur la mission d’évaluation conduite par les experts du LANACOME en août 2025. Réalisée selon la méthode des « 5 M », et en référence notamment aux Bonnes Pratiques de Fabrication et à la norme ISO 22000:2018, cette mission avait permis d’identifier les forces de l’entreprise, mais également les domaines nécessitant des améliorations. L’entreprise affirme avoir choisi de considérer ces observations comme un levier de progression. « Nous avons choisi de ne pas considérer ces constats comme une critique, mais comme une opportunité de progresser », a expliqué le promoteur. Cette démarche s’inscrit dans le prolongement de la convention d’accompagnement technique conclue en juillet 2025 entre François Santé SARL et le LANACOME. L’objectif est notamment de renforcer les pratiques de production, la qualité, l’hygiène, la traçabilité et la maîtrise des risques. La formation au cœur du dispositif L’un des premiers chantiers engagés a été la formation du personnel. Avec l’accompagnement du LANACOME, les équipes ont été formées aux Bonnes Pratiques d’Hygiène et de Fabrication, à la démarche HACCP, à la méthode 5S, aux procédures opératoires standardisées ainsi qu’à la traçabilité. Pour François Ekouma Ananga, cette formation dépasse le simple cadre réglementaire. « Cette formation n’est pas une simple formalité ; elle traduit une conviction : la qualité commence par les femmes et les hommes qui fabriquent le produit », a-t-il souligné. Les premiers résultats présentés sont encourageants, selon le promoteur. Ils portent notamment sur une amélioration de la discipline en matière d’hygiène et de traçabilité, une meilleure appropriation des outils HACCP et 5S, ainsi que sur la structuration progressive du système documentaire de l’entreprise. Cette évolution répond à une exigence centrale : pouvoir non seulement réaliser correctement une opération, mais également la documenter et en apporter la preuve. « Pour nous, la culture qualité signifie une chose simple : mieux documenter ce que nous faisons, mieux contrôler ce que nous faisons, et surtout, pouvoir démontrer ce que nous faisons », a déclaré François Ekouma Ananga. Produire mieux, une exigence revendiquée Le promoteur reconnaît toutefois que la démarche n’est pas achevée. François Santé entend poursuivre le travail engagé et consolider progressivement les acquis obtenus.« Notre objectif n’est pas simplement de produire davantage, notre objectif est de produire mieux », a-t-il affirmé. L’entreprise annonce ainsi la poursuite de sa dynamique avec l’Agence des normes et de la qualité (ANOR), parallèlement au travail réalisé avec le LANACOME. Pour François Santé, l’enjeu est désormais d’inscrire les améliorations dans la durée. Cela passe, selon le promoteur, par des investissements dans les équipes, les méthodes de travail et l’organisation interne. « Nous avons choisi la transparence, l’accompagnement technique et l’amélioration continue », a-t-il insisté. Le Made in Cameroon à l’épreuve de la qualité Au-delà du Bôme François, le promoteur veut donner à cette démarche une portée plus large. Celle de la crédibilité des produits fabriqués localement.Pour lui, le « Made in Cameroon » ne doit pas être uniquement un slogan. Il doit être associé à des exigences de qualité, de rigueur, de traçabilité et de responsabilité. « Nous voulons qu’un produit fabriqué au Cameroun soit regardé avec confiance, fierté et exigence dans le monde entier », a-t-il déclaré. Cette ambition repose, selon François Ekouma Ananga, sur plusieurs facteurs : la qualité des matières premières, la rigueur des équipes, la maîtrise des procédés de fabrication, la traçabilité, le contrôle et la capacité de l’entreprise à corriger ses insuffisances. Un discours qui place donc la qualité au centre de la stratégie de François Santé, au moment où le Bôme François fait l’objet d’une attention particulière sur les réseaux .Au terme de cette rencontre avec la presse, le promoteur a voulu recentrer le débat sur la responsabilité du fabricant vis-à-vis du consommateur. Pour lui, la confiance ne peut reposer uniquement sur la notoriété acquise par un produit. Elle doit être constamment confortée par des pratiques vérifiables et une capacité à améliorer ce qui doit l’être. « Parce qu’au-delà d’un produit, il y a une responsabilité, celle de mettre sur le marché des produits pour lesquels le consommateur peut continuer à accorder sa confiance », a-t-il conclu. À travers cette démarche, François Santé entend donc faire de la qualité un élément central de son identité et transformer les interrogations suscitées autour du Bôme François en une occasion de renforcer ses standards de production. Le défi reste désormais de traduire ces engagements en résultats durables et vérifiables, afin que la promesse du « Made in Cameroon » s’accompagne effectivement de qualité, de traçabilité et de confiance. Denise EBELLE