Huile MAYOR : la Coalition des Consommateurs Camerounais salue les clarifications de la SCR MAYA et appelle à la vigilance

Réagissant à la polémique née de la circulation d’une image présentant deux bouteilles d’huile MAYOR avec des bouchons différents, la Coalition des Consommateurs Camerounais estime que cette situation était de nature à semer le doute dans l’esprit des consommateurs.   Selon la Coalition, la différence visible entre les deux bouchons  -l’un portant le logo de l’entreprise et l’autre non marqu- pouvait effectivement laisser croire à un cas de contrefaçon et susciter une méfiance légitime chez les consommateurs.   Après recoupement des informations, l’organisation indique toutefois qu’il ne s’agirait pas d’un phénomène de contrefaçon, mais plutôt d’un problème ponctuel lié à des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement. Ces difficultés auraient conduit la SCR MAYA à utiliser exceptionnellement des bouchons non estampillés afin d’éviter une rupture de stock sur le marché.   La Coalition rappelle qu’en matière de contrefaçon, l’entreprise détentrice de la marque demeure la mieux habilitée à confirmer l’authenticité de ses produits. Elle prend donc acte du communiqué de la SCR MAYA affirmant que les bouteilles concernées proviennent bien de ses unités de production.   L’organisation salue cette clarification qui, selon elle, permet de rassurer les consommateurs et de préserver l’image de la marque MAYOR. Elle invite néanmoins les entreprises à renforcer leur communication en amont lorsqu’elles procèdent à des modifications inhabituelles sur leurs emballages, afin d’éviter toute confusion.   « Informer le consommateur à temps permet de maintenir la confiance et de protéger l’image de l’entreprise », souligne la Coalition.   Tout en rassurant les consommateurs sur la qualité des produits concernés, la Coalition les encourage à rester vigilants et à continuer de signaler toute situation suspecte sur le marché. Pour elle, la réaction des consommateurs face à cette situation traduit également une veille citoyenne positive, témoignant d’un intérêt croissant pour la protection des produits et la défense des intérêts des consommateurs.

Drépanocytose : une forte mobilisation autour du dépistage gratuit à African Genesis Health Hospital

Drépanocytose : une forte mobilisation autour du dépistage gratuit à African Genesis Health Hospital Avant 10 heures, des centaines de personnes étaient déjà présentes. Le Centre Hospitalier African Genesis Health a connu une affluence remarquable le lundi 15 juin 2026, à l’occasion du lancement d’une campagne de dépistage et de sensibilisation consacrée à la drépanocytose. Une mobilisation qui traduit l’intérêt croissant des populations pour la connaissance de leur statut d’électrophorèse. Organisée en partenariat avec l’association African Genesis Health et la Zita Nadège Foundation, cette campagne qui s’étend jusqu’au 19 juin vise à informer les populations sur cette maladie génétique encore méconnue, mais dont les conséquences peuvent être lourdes lorsqu’elle n’est pas prise en charge à temps. Pour le Dr Havry steve Mbozo’o Essamba, médecin au Centre Hospitalier African Genesis Health et à la Zita Nadège Foundation, l’initiative trouve son origine dans une expérience personnelle vécue par une des fondatrices. « Une de nos présidentes fondatrices a perdu sa petite sœur atteinte de drépanocytose, notamment à cause des complications liées à la maladie et du manque d’informations », explique-t-il. Au-delà du dépistage, la campagne poursuit deux objectifs majeurs : « sensibiliser la population et apporter un soutien aux familles démunies qui ont des patients atteints de drépanocytose », précise le médecin. Connaître son statut pour mieux prévenir La principale recommandation portée par les organisateurs est claire : chaque personne doit connaître son statut d’électrophorèse. Cet examen permet de déterminer si une personne est AA, AS ou SS. Le médecin insiste particulièrement sur les personnes AS, souvent considérées comme des porteurs sains. « Les personnes AS ne développent généralement pas la maladie, mais il est important qu’elles connaissent aussi le statut de leur partenaire. C’est à travers la connaissance de ces statuts qu’on peut réduire l’apparition de nouveaux cas de drépanocytose », souligne-t-il. Selon lui, le dépistage ne devrait pas uniquement être recherché lors des campagnes gratuites. Les jeunes couples et toute personne ayant un projet de mariage ou de conception devraient intégrer cet examen dans les bilans préventifs. « Il ne faut pas attendre les campagnes pour connaître son statut d’électrophorèse. Les examens prénuptiaux sont importants pour ceux qui souhaitent construire une famille », conseille le Dr Mbozo’o. Une population en quête d’information Parmi les participants présents, Essama Ngueme Josepha Kathy, infirmière de 27 ans, a profité de cette occasion pour effectuer son dépistage. Informée de la campagne par sa sœur en stage à African Genesis Health, elle salue l’accueil réservé aux participants. « Le personnel est accueillant et la prise en charge est rapide », témoigne-t-elle. Elle reconnaît également l’importance de connaître son statut avant de fonder une famille. « Il est important de se faire dépister d’abord. Connaître son statut permet de mieux prévenir les risques liés à la drépanocytose », affirme-t-elle. Cette forte affluence enregistrée dès la première journée montre que la demande d’information et de dépistage reste importante. À travers cette campagne, African Genesis Health et la Zita Nadège Foundation entendent contribuer à une meilleure prévention et à une prise de conscience collective autour de la drépanocytose.

Drépanocytose : à Yaoundé, la sensibilisation passe par le dépistage

Drépanocytose : à Yaoundé, la sensibilisation passe par le dépistage À quelques jours de la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose, célébrée le 19 juin, les acteurs engagés contre cette maladie génétique multiplient les actions de proximité. À Yaoundé, l’association African Genesic Health (AGH) a organisé le 12 juin 2026 une marche sportive de sensibilisation pour rappeler l’importance du dépistage précoce. Soutenue par Zita Nadège Foundation, l’association About Drepa et plusieurs relais communautaires, cette initiative avait pour objectif d’informer les populations sur la drépanocytose et d’encourager la réalisation gratuite du test d’électrophorèse de l’hémoglobine du 15 au 19 juin. De Mimboman à Essos, en passant par Omnisports, Titi Garage et Hôtel du Plateau, les participants ont porté un même message : connaître son statut permet d’anticiper les risques et de mieux prévenir la maladie. Pour les responsables d’AGH, la lutte contre la drépanocytose repose avant tout sur la connaissance et la prévention. « C’est une maladie qu’on devrait normalement prévenir. Pour cela, il faut connaître la maladie et faire des dépistages précoces avant de s’engager dans une relation », explique Gabriel Mbarga, responsable des programmes à African Genesic Health. L’électrophorèse, un outil clé de prévention Au cœur de cette campagne figure l’électrophorèse de l’hémoglobine, un examen permettant d’identifier le profil génétique d’une personne. Pour les promoteurs, connaître son statut, notamment lorsqu’on est porteur sain, constitue une étape essentielle pour réduire la transmission de la maladie. Le médecin Havry Stève Mbozo’o Essamba, de Zita Nadège Foundation et du Centre Hospitalier African Genesic Health, rappelle que la sensibilisation doit toucher l’ensemble de la population. Selon lui, une meilleure connaissance des profils génétiques permet aux familles de prendre des décisions éclairées et de limiter les risques pour les générations futures. Mobiliser les communautés contre les préjugés La campagne a également bénéficié du soutien d’About Drepa, une association qui accompagne les personnes vivant avec la drépanocytose ainsi que leurs familles. Sa présidente, Véronique Chloé Mindzie Nko’o, insiste sur la nécessité d’un accompagnement global, associant suivi médical, soutien psychologique et éducation des familles. La mobilisation des autorités traditionnelles a aussi contribué à rapprocher le message des populations. Pour le chef de 3ᵉ degré de Mimboman Plateau, Majesté Hubert Francis Oloa Abanda, la sensibilisation est indispensable face aux nombreux cas observés dans les communautés. Au-delà de la prise en charge médicale, les acteurs engagés veulent surtout combattre les idées reçues autour de la maladie. Souvent entourée de croyances et de fausses interprétations, la drépanocytose reste pourtant une maladie génétique qui nécessite information et responsabilité collective. À travers cette marche, African Genesic Health et ses partenaires rappellent ainsi que la lutte contre la drépanocytose concerne toute la société : dépister, informer et accompagner pour mieux protéger les familles.Cette version est environ deux fois plus courte, avec un angle plus reportage terrain + prévention, plutôt qu’un compte rendu d’activité.

Drépanocytose : le combat silencieux d’Emmanuel Minkoe, entre douleur, abandon et espoir

Drépanocytose : le combat silencieux d’Emmanuel Minkoe, entre douleur, abandon et espoir Debout à l’entrée d’African Genesic Health (AGH), au quartier Mimboman, Emmanuel Minkoe attend patiemment que l’espace aménagé à l’extérieur pour accueillir les malades soit un peu moins encombré. À quelques pas de l’entrée, ce jeune homme de 21 ans garde les yeux tournés vers le lieu où il espère être reçu. Il est venu chercher une nouvelle chance face à une maladie qui accompagne son quotidien : la drépanocytose. Ce 15 juin 2026, la rédaction de 237 News rencontre Emmanuel lors d’une campagne de dépistage et de sensibilisation organisée par AGH dans le cadre des activités marquant la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose, célébrée chaque année le 19 juin. Originaire de la région du Sud, Emmanuel vit avec cette maladie génétique depuis son enfance. Mais au-delà de la douleur physique, son parcours est aussi marqué par des difficultés sociales qui compliquent son accès aux soins. « Je ne suis plus vraiment suivi à l’hôpital depuis au moins deux ans. Je ne fais plus régulièrement les examens de contrôle », confie-t-il. Pour gérer ses crises, il bénéficie de l’aide d’un pharmacien qui connaît son protocole médical. « Il m’aide beaucoup. Il connaît bien le protocole et je vais souvent à sa pharmacie pour m’approvisionner gratuitement », raconte-t-il. Après une longue période sans crise majeure — plus d’un an — Emmanuel a récemment été rattrapé par la maladie. « La semaine dernière, j’ai eu une violente crise », explique-t-il. C’est ce pharmacien qui l’a orienté vers AGH. « Il m’a demandé de venir ici parce qu’il y a plusieurs actions menées pour les personnes qui vivent avec cette maladie. J’attends d’être reçu », dit-il. Derrière cette attente se cache une histoire plus complexe. Emmanuel n’a jamais connu son père. Il vivait avec sa mère et son frère aîné avant de perdre le contact avec sa mère. « Elle est sortie de la maison et elle n’est plus jamais revenue. Je pense qu’elle a craqué face à la dureté de la vie. Les crises étaient fréquentes et elle avait aussi perdu son travail », témoigne-t-il. Aujourd’hui, Emmanuel vit chez un ami avec son frère aîné âgé de 23 ans. Ce dernier multiplie les petits travaux sur les chantiers pour subvenir à leurs besoins. « Mon frère se bat comme il peut pour nous nourrir. Les parents de mon ami nous aident aussi parfois, même s’ils n’ont pas beaucoup de moyens », explique-t-il. La maladie a également interrompu son parcours scolaire. Emmanuel a dû arrêter ses études en classe de première D. « J’ai arrêté parce qu’il n’y avait pas les moyens pour payer les frais de scolarité, les fournitures et même les déplacements », regrette-t-il. Son histoire rappelle que la drépanocytose n’est pas seulement une question médicale. Elle révèle aussi les défis liés à l’accès aux soins, au soutien familial et à l’accompagnement social. À l’entrée d’AGH, Emmanuel attend toujours. Mais derrière cette attente, il y a l’espoir d’un suivi meilleur et d’une vie où la maladie ne décidera pas seule de son avenir.

Innovation, intelligence artificielle, électromobilité : la Diaspora camerounaise dévoile ses projets pour accompagner le développement du pays

Innovation, intelligence artificielle, électromobilité : la Diaspora camerounaise dévoile ses projets pour accompagner le développement du pays La mobilisation des compétences de la Diaspora camerounaise était au centre d’une rencontre entre le Rémapsen Cameroun et les promoteurs d’Horizon Cameroun, organisée le 14 juin 2026 en marge du Salon Promote. Au cours de cet échange avec les professionnels des médias, plusieurs initiatives destinées à rapprocher les talents camerounais établis à l’étranger des besoins du pays ont été présentées. Intelligence artificielle, transformation numérique, santé numérique, agriculture intelligente ou encore électromobilité : autant de secteurs identifiés comme des leviers d’accélération du développement. Longtemps considérée comme une perte de compétences pour le pays d’origine, la migration est aujourd’hui perçue autrement par plusieurs acteurs. La Diaspora représente désormais un potentiel d’expertise, d’innovation, de réseaux et d’investissement capable de contribuer aux transformations économiques du Cameroun. Horizon Cameroun, une passerelle entre talents et opportunités Au cœur des initiatives présentées figure Horizon Cameroun, une plateforme qui ambitionne de connecter les Camerounais du monde avec les entreprises, les universités, les institutions et les porteurs de projets locaux. L’objectif est de créer un écosystème où les compétences acquises à l’étranger peuvent être mises au service des priorités nationales, à travers des partenariats, des formations et des projets structurants. La plateforme intervient notamment dans des domaines considérés comme stratégiques pour l’avenir du pays, parmi lesquels l’intelligence artificielle, le numérique, la santé connectée, l’agriculture intelligente artificielle. L’un des projets majeurs présentés concerne la création à Douala d’un centre de formation professionnelle en intelligence artificielle. Cette structure vise à offrir aux jeunes des compétences pratiques dans un secteur en pleine expansion, en privilégiant une approche professionnelle adaptée aux besoins des entreprises et de l’économie numérique. « Former nos jeunes en intelligence artificielle est incontournable. Il faut commencer avec des centres de formation professionnels techniques capables de répondre aux besoins actuels », explique Oussoumanou Sehou, entrepreneur basé au Canada. Pour lui, l’enjeu n’est pas seulement de suivre une tendance technologique, mais de préparer dès maintenant les ressources humaines capables d’utiliser l’intelligence artificielle dans la santé, l’éducation, l’administration publique ou encore l’entrepreneuriat. L’électromobilité, un nouveau chantier d’avenir Autre axe présenté : l’électromobilité. Horizon Cameroun entend accompagner le Cameroun dans l’anticipation des mutations liées aux transports durables. La démarche prévoit notamment le développement de compétences dans la conception, l’entretien des véhicules électriques et la maîtrise des infrastructures de recharge. « Dire que le Cameroun doit déjà prendre le virage électrique serait prétentieux, mais il faut commencer à s’y préparer », estime Oussoumanou Sehou. Selon lui, plusieurs pays africains ont déjà engagé cette transition. Le Cameroun pourrait se positionner comme un acteur important en Afrique centrale en investissant dans la formation et l’innovation autour de ce secteur. Montréal 2026, une étape vers des partenariats concrets Cette dynamique se poursuivra le 14 novembre 2026 à Montréal avec Horizon Cameroun 2026, un rendez-vous international qui réunira investisseurs, chercheurs, entrepreneurs, étudiants et institutions. L’objectif affiché est d’aller au-delà des rencontres de réseautage pour favoriser des collaborations concrètes entre le Cameroun et ses partenaires internationaux. « Nous connectons déjà certaines entreprises canadiennes avec des entreprises camerounaises. Avec les universités, le travail avance également autour de programmes de double diplomation. L’objectif est de sortir avec des projets, des contrats et des financements », précise Oussoumanou Sehou. Give Back to Mama, accompagner les talents à impact Cette dynamique rejoint la vision portée par Give Back to Mama, initiative mise en avant par Samuel Ervél Mandeng, qui milite pour une meilleure valorisation des compétences camerounaises à travers le monde. Le mouvement défend une approche fondée sur le « retour par l’impact », en mettant en lumière des profils capables d’apporter des solutions innovantes au développement du pays. Fort de son expérience dans l’accompagnement entrepreneurial à Montréal, Samuel Ervél Mandeng estime que de nombreux Camerounais développent déjà des expertises utiles et doivent être davantage connectés aux opportunités nationales. Dans le cadre du programme Give Back to Mama prévu du 22 juillet au 22 août 2026, l’expertise d’Oussoumanou Sehou dans le domaine de l’intelligence artificielle sera également mise à contribution. À travers la rencontre Rémapsen Cameroun – Horizon Cameroun, l’enjeu n’était donc pas seulement de présenter des projets, mais de montrer comment les compétences de la Diaspora peuvent devenir un moteur de transformation. En misant sur la formation, l’innovation et les partenariats internationaux, les promoteurs veulent faire émerger une nouvelle dynamique où les talents camerounais, où qu’ils se trouvent, participent à la construction d’un Cameroun plus connecté, compétitif et tourné vers les opportunités du futur.Cette version est plus équilibrée : l’événement est posé dès l’introduction, les projets deviennent le fil conducteur, et la chute revient naturellement sur Rémapsen-Horizon.

2 442 km de routes bitumées et 833 km réhabilités : le MINTP dresse le bilan de la SND30

SAGO 2026 2 442 km de routes bitumées et 833 km réhabilités : le MINTP dresse le bilan de la SND30 A mi-parcours de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), le Cameroun affiche des avancées significatives dans le secteur routier. C’est ce qui ressort de la conférence publique animée le 11 juin 2026 au Salon de l’Action gouvernementale (SAGO) par le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi. Entre réalisations, contraintes et perspectives, le membre du gouvernement a présenté l’état d’avancement des projets routiers engagés à travers le pays. Près de 2 442 kilomètres de routes bitumées réalisés et environ 833 kilomètres de routes dégradées réhabilités. Ces chiffres traduisent les performances enregistrées dans le secteur routier à mi-parcours de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030. Ils ont été dévoilés par le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, au cours d’une conférence publique organisée le 11 juin 2026 au Salon de l’Action gouvernementale (SAGO 2026). Face aux professionnels des médias, aux visiteurs du Salon et aux différents acteurs du secteur, le ministre a présenté les avancées réalisées ainsi que les défis qui subsistent dans l’exécution des projets routiers. Il a rappelé que le développement des infrastructures routières demeure un levier essentiel de croissance économique, d’intégration nationale et de cohésion territoriale. Selon lui, les actions menées par son département ministériel participent à la concrétisation des engagements du président de la République, Paul Biya, dans le cadre de la SND30. Le ministre a particulièrement mis en lumière les progrès enregistrés au cours des cinq dernières années. Le linéaire des routes bitumées est passé de 8 498 kilomètres en 2020 à près de 10 939 kilomètres à la fin de l’année 2025, soit une augmentation de plus de 2 400 kilomètres et une moyenne annuelle supérieure à 488 kilomètres de routes revêtues. Au cœur de cette dynamique figure le réseau routier structurant, présenté comme la priorité des interventions du ministère. Ce réseau vise à renforcer la connectivité entre les régions, à fluidifier les échanges économiques et à améliorer la mobilité des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire national. Malgré ces avancées, plusieurs contraintes continuent d’affecter le rythme d’exécution des projets. Emmanuel Nganou Djoumessi a cité l’insécurité dans certaines zones d’intervention, les lourdeurs liées à la mobilisation des financements, les délais de passation des marchés, les difficultés de trésorerie rencontrées par certaines entreprises ainsi que l’insuffisance des ressources consacrées à l’entretien routier. Pour la suite, le ministre a assuré que les actions engagées depuis le début de l’année 2026 s’inscrivent dans la mise en œuvre des Très Hautes Prescriptions du président de la République. Les priorités restent l’extension du réseau routier structurant, l’amélioration de la qualité des infrastructures et le renforcement de la connectivité entre les territoires afin d’accompagner les ambitions de développement économique du Cameroun.

MÉDIAS ET CHANGEMENT SOCIAL : LES JOURNALISTES APPELÉS À DEVENIR DES ACTEURS DE TRANSFORMATION

MÉDIAS ET CHANGEMENT SOCIAL : LES JOURNALISTES APPELÉS À DEVENIR DES ACTEURS DE TRANSFORMATION Les médias camerounais sont appelés à jouer un rôle plus actif dans la transformation des comportements sociaux. C’est le principal message adressé aux professionnels de l’information réunis le 11 juin 2026 à Yaoundé, lors d’un Café médias consacré à la vulgarisation de la Stratégie nationale pour le changement social et de comportement (SNSCC). Pendant deux heures d’horloge, une quarantaine de journalistes ont échangé avec des responsables gouvernementaux et des spécialistes de la communication pour le développement autour des défis liés à la protection sociale, à la santé publique, à l’éducation, à la nutrition et à l’hygiène. Autant de problématiques qui continuent de freiner le développement de nombreuses communautés. Au-delà de la présentation du document stratégique, les organisateurs ont insisté sur la responsabilité des médias dans la promotion de comportements favorables au bien-être collectif. Pour Suzanne Zogo, directrice de la Communication publique intérieure au ministère de la Communication, la stratégie constitue un véritable outil d’orientation pour les acteurs de la communication engagés dans les actions de développement. Élaboré pour la période 2025-2030, ce document propose des approches et des méthodes destinées à influencer durablement les attitudes et les pratiques des populations. Il est le fruit d’une collaboration entre plusieurs administrations publiques, sous la coordination du ministère de la Communication, avec l’appui du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Les échanges ont également mis en lumière la nécessité pour les journalistes de renouveler leurs méthodes de traitement des questions sociales. Claire Soppo, spécialiste de la communication pour le développement, a notamment encouragé les professionnels des médias à sortir des approches classiques afin de produire des contenus davantage orientés vers l’impact et le changement de comportement. Autre recommandation forte : tenir compte des réalités locales. Pour Virginie Abessolo Essi, chef de la cellule de la coopération au ministère des Affaires sociales, les journalistes doivent s’approprier la stratégie tout en l’adaptant aux spécificités des territoires qu’ils couvrent. Selon elle, l’efficacité de la communication repose sur une bonne compréhension des contextes sociaux, culturels et économiques propres à chaque communauté. À travers cette rencontre, les pouvoirs publics entendent faire des médias des partenaires privilégiés de la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour le changement social et de comportement. Une démarche qui place désormais l’information au cœur des mécanismes de transformation sociale et de développement du Cameroun. Denise Ebelle

SUR LE CHEMIN D’UNE MEILLEURE PRISE EN CHARGE DES DRÉPANOCYTAIRES

SUR LE CHEMIN D’UNE MEILLEURE PRISE EN CHARGE DES DRÉPANOCYTAIRES À quelques jours de la célébration de la Journée mondiale de la drépanocytose, le Centre Hospitalier African Genesic Health (CH-AGH) et la Zita Nadège Foundation ont choisi d’agir en amont. Le 11 juin 2026, les deux structures ont réuni médecins et personnels soignants autour d’une session de renforcement des capacités destinée à améliorer le suivi et la prise en charge des personnes vivant avec cette maladie génétique. Si la drépanocytose demeure l’une des affections héréditaires les plus fréquentes en Afrique, son suivi reste confronté à de nombreux défis, notamment l’accès aux soins spécialisés, la prévention des complications et l’accompagnement des familles les plus vulnérables. C’est pour répondre à ces enjeux que cette formation a été organisée dans le cadre d’une semaine d’activités de sensibilisation précédant la commémoration du 19 juin. Selon Gabriel Mbarga, responsable des programmes au CH-AGH, le thème retenu cette année met l’accent sur la réduction des inégalités dans le suivi des patients. Il explique que la Zita Nadège Foundation développe un programme d’accompagnement destiné aux personnes drépanocytaires et à leurs familles, avec une attention particulière portée aux ménages les plus modestes afin que chacun puisse bénéficier d’une prise en charge adaptée. Au-delà des connaissances théoriques, la formation a permis d’aborder les réalités du terrain. Les participants ont revisité les manifestations de la maladie, les stratégies thérapeutiques disponibles dans le contexte local ainsi que les difficultés rencontrées dans la pratique quotidienne. Pour le Dr Etoundi Evengue, médecin-chef et formateur, la prise en charge de la drépanocytose ne saurait se limiter aux traitements médicamenteux. Elle doit également intégrer les dimensions psychologiques et sociales du patient. Les infirmiers, souvent en première ligne, occupent à cet effet une place centrale dans l’accompagnement global des malades. Cette démarche vise également à harmoniser les pratiques au sein des équipes soignantes. Une meilleure coordination des interventions permet en effet de réagir plus efficacement lors des crises drépanocytaires et de prévenir les complications qui peuvent compromettre la qualité de vie des patients. Pour les responsables du CH-AGH, investir dans la formation du personnel constitue une étape essentielle avant le lancement prochain du projet d’accompagnement des personnes drépanocytaires porté avec la Zita Nadège Foundation. Les compétences acquises permettront aux équipes médicales et paramédicales d’intervenir avec davantage d’efficacité auprès des bénéficiaires. À travers cette initiative, le Centre Hospitalier African Genesic Health réaffirme sa volonté de contribuer à l’amélioration durable de la prise en charge de la drépanocytose, une maladie qui continue d’affecter des milliers de familles et qui nécessite une mobilisation permanente des acteurs de santé. Denise Ebelle

FISCALITÉ LOCALE : LA DIGITALISATION POUR RENFORCER LES FINANCES DES COLLECTIVITÉS

FISCALITÉ LOCALE : LA DIGITALISATION POUR RENFORCER LES FINANCES DES COLLECTIVITÉS La conformité fiscale désormais connectée au respect des obligations locales Le ministère des Finances a présenté, ce 10 juin au Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO), les avancées de la digitalisation de l’administration fiscale et son apport dans la mobilisation des recettes au profit des collectivités territoriales décentralisées (CTD). Devant un public composé d’opérateurs économiques, d’hommes et de femmes des médias, d’enseignants, de fonctionnaires et de visiteurs du SAGO, le ministère des Finances a apporté des éclairages sur le lien entre la transformation numérique de la fiscalité, le renforcement des ressources des collectivités territoriales décentralisées et l’exigence de l’attestation de conformité fiscale. Présentant la communication, Tocke Adrien, chef de division DERFP à la Direction générale des impôts (DGI), a expliqué que l’administration fiscale a enregistré d’importantes avancées au cours des dix dernières années grâce à la digitalisation de ses procédures. L’immatriculation des contribuables, les déclarations fiscales, le paiement des impôts, le recouvrement et le traitement du contentieux font désormais partie des processus modernisés. Selon lui, ces progrès réalisés au bénéfice de l’État central doivent également profiter aux collectivités territoriales décentralisées. Cette orientation s’inscrit dans le cadre de la réforme de la fiscalité locale consacrée par la loi du 23 décembre 2024. Cette réforme prévoit que l’administration fiscale et l’administration des douanes mettent leurs outils et leurs avancées numériques au service de la mobilisation des recettes locales. L’objectif est de renforcer les ressources disponibles pour les collectivités et de consolider leur autonomie financière. Avec la mise en place effective de l’échelon régional dans le processus de décentralisation, l’organisation territoriale comprend désormais les communes, les communautés urbaines et les régions. Pour le responsable de la DGI, il serait difficilement envisageable que chaque collectivité mette en place ses propres services de recouvrement. Une telle organisation pourrait également compliquer les démarches des contribuables. D’où le choix de s’appuyer sur les administrations de recettes que sont la Direction générale des impôts et la Direction générale des douanes, afin que les outils numériques développés bénéficient directement aux collectivités territoriales décentralisées. Autre point important évoqué : le lien entre le respect des obligations fiscales et l’attestation de conformité fiscale. Désormais, le paiement des taxes et redevances dues aux collectivités est pris en compte dans le processus de conformité. Ainsi, un contribuable qui ne se serait pas acquitté de certaines obligations locales pourrait ne pas obtenir cette attestation, document exigé dans plusieurs démarches administratives. Pour les entreprises, cette pièce demeure notamment nécessaire dans plusieurs procédures encadrées avec certains partenaires ou institutions. À travers cette évolution, le ministère des Finances entend améliorer la mobilisation des recettes locales, simplifier les procédures pour les usagers et donner aux collectivités territoriales des moyens financiers plus importants pour accompagner le développement local.   Le MINFI au SAGO : rapprocher l’administration financière des citoyens Cette présentation s’inscrit dans la dynamique de proximité engagée par le ministère des Finances à travers sa participation au Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO) 2026. Pour Marie Joseph Mballa, chargée d’études à la Division de la communication et des relations publiques du ministère des Finances, cette présence constitue une opportunité d’échanges directs entre l’administration et les citoyens. « À l’occasion du Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO) 2026, le ministère des Finances se rapproche davantage des citoyens en mettant ses principaux services à leur disposition », explique-t-elle. Elle indique que cette initiative permet aux visiteurs de mieux comprendre l’action du ministère, notamment la gestion des impôts, l’utilisation des recettes publiques, ainsi que les procédures relatives à la solde, aux pensions et aux opérations douanières. La responsable de la communication précise que les différentes administrations du MINFI, notamment la Direction générale des impôts, la Direction générale des douanes, le Trésor, le Budget et les autres structures spécialisées, sont mobilisées pendant le salon pour accueillir les usagers, répondre à leurs préoccupations et les orienter. Au-delà de l’information du public, Marie Joseph Mballa souligne que la participation du ministère au SAGO traduit la volonté de renforcer la transparence de l’action publique et de favoriser une meilleure compréhension des politiques financières mises en œuvre par l’État. Le SAGO apparaît ainsi comme un cadre d’échanges permettant au ministère des Finances de présenter ses réformes, dont la digitalisation fiscale, tout en consolidant le dialogue avec les populations. Denise Ebelle

Or camerounais : l’État veut reprendre le contrôle d’un secteur qui échappe encore à la nation

Or camerounais : l’État veut reprendre le contrôle d’un secteur qui échappe encore à la nation La bataille pour la maîtrise des ressources minières camerounaises est lancée. Au centre des préoccupations du gouvernement : l’écart entre les quantités réellement produites dans les zones d’exploitation aurifère et celles déclarées officiellement, une situation qui représente un manque à gagner pour l’État. Face au public du Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO 2026), le 9 juin, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique a placé la restructuration de l’exploitation artisanale et semi-mécanisée au cœur des priorités. Selon le membre du gouvernement, une partie de l’or extrait du sous-sol camerounais ne correspondrait pas aux volumes déclarés à l’extérieur. Pour lui, cette différence traduit des insuffisances dans les mécanismes actuels de production, de collecte et de traçabilité. La réforme engagée vise donc à mieux encadrer le secteur. L’État veut notamment imposer des critères plus stricts aux opérateurs semi-mécanisés, afin de s’assurer que les exploitations disposent de capacités réelles de production et contribuent effectivement aux recettes publiques. Le ministre a également rappelé la place que doivent occuper les nationaux dans cette activité. Pour l’exploitation semi-mécanisée, les Camerounais doivent détenir au moins 51 % des intérêts conformément aux règles en vigueur. Selon lui, les pratiques illégales entraînent au contraire une perte de contrôle des acteurs camerounais sur leurs propres ressources. La riposte est déjà engagée sur le terrain judiciaire. Le ministre a indiqué que 110 sociétés, parmi celles identifiées lors des opérations de contrôle, ont été traduites devant les tribunaux de l’Est et de l’Adamaoua. L’objectif affiché par le gouvernement est d’assainir le secteur et de rétablir un cadre plus transparent. Cette volonté de reprise en main intervient alors que le Cameroun veut accélérer son entrée dans une nouvelle phase minière. Le ministre a rappelé que le pays est désormais engagé dans plusieurs grands projets structurants. Parmi eux figurent les projets de fer de Grand Zambi, des Mamelles de Kribi porté par Sinosteel, ainsi que le projet de bauxite de Minim-Martap. Ce dernier est présenté comme l’un des chantiers les plus avancés, avec des travaux déjà engagés sur les volets transport, mine et terminal minéralier. Les premières exportations de bauxite sont annoncées pour septembre 2026. Le gouvernement a également évoqué plusieurs projets aurifères en développement, notamment dans les régions septentrionales, qui devraient contribuer à diversifier les revenus issus des ressources extractives. À travers ces investissements et la réforme du secteur artisanal, l’ambition affichée est de faire des mines un véritable moteur de croissance et d’industrialisation. Mais le premier défi reste de garantir que la richesse produite dans les profondeurs du pays bénéficie pleinement à l’économie nationale. Denise Ebelle