Ebola : l’OMS déclare une urgence sanitaire internationale face à la flambée en RDC et en Ouganda

Ebola : l’OMS déclare une urgence sanitaire internationale face à la flambée en RDC et en Ouganda À l’occasion d’une conférence de presse hybride consacrée aux conclusions de la réunion du Comité d’urgence du Règlement sanitaire international (2005) sur l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé la déclaration d’une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) face à la progression de la maladie à virus Ebola causée par la souche Bundibugyo. Lors de cette rencontre tenue ce mercredi 20 mai 2026, le chef de l’OMS a expliqué que cette décision exceptionnelle avait été prise conformément au Règlement sanitaire international, après consultation des autorités sanitaires de la République démocratique du Congo et de l’Ouganda, en raison de l’urgence de la situation. Toutefois, Tedros Adhanom Ghebreyesus a précisé que la situation ne répondait pas aux critères d’une pandémie, désormais considérée comme le niveau d’alerte le plus élevé dans le cadre du RSI révisé. Réuni en urgence lundi, le Comité d’urgence de l’OMS a confirmé que l’épidémie constituait bien une USPPI, sans atteindre le stade pandémique. Plus de 50 cas confirmés en RDC Selon les données communiquées par l’OMS, 51 cas confirmés ont été recensés en RDC dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, notamment dans les villes de Bunia et Goma. L’organisation estime cependant que l’ampleur réelle de l’épidémie est probablement bien supérieure. L’Ouganda a pour sa part signalé deux cas confirmés dans la capitale, Kampala, dont un décès. Les deux personnes infectées avaient récemment voyagé depuis la RDC. Par ailleurs, un ressortissant américain travaillant en RDC a été testé positif au virus avant d’être transféré en Allemagne pour une prise en charge médicale. Une situation jugée préoccupante L’OMS considère le risque épidémique comme élevé aux niveaux national et régional, mais faible à l’échelle mondiale. Plusieurs éléments alimentent les inquiétudes des autorités sanitaires internationales. Outre les cas confirmés, près de 600 cas suspects et 139 décès suspects ont été signalés. L’organisation craint une augmentation continue des chiffres, le virus ayant circulé durant plusieurs semaines avant d’être détecté. L’épidémie touche également plusieurs zones urbaines, augmentant le risque de transmission rapide. Des infections parmi le personnel soignant ont aussi été enregistrées, signe d’une propagation dans les structures de santé. La situation sécuritaire dans la province de l’Ituri constitue un autre facteur de risque majeur. Les violences armées se sont intensifiées depuis la fin de l’année 2025, provoquant le déplacement de plus de 100 000 personnes au cours des deux derniers mois. La région, riche en ressources minières, connaît d’importants mouvements de population susceptibles de favoriser la propagation du virus. Aucun vaccin homologué contre la souche Bundibugyo L’épidémie actuelle est provoquée par le virus Bundibugyo, une souche du virus Ebola pour laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n’existe à ce jour. Face à cette menace, l’OMS a déjà déployé des équipes sur le terrain afin d’appuyer les autorités sanitaires nationales. Du personnel médical, des équipements, des fournitures et des financements d’urgence ont été mobilisés. Tedros Adhanom Ghebreyesus a annoncé un financement additionnel de 3,4 millions de dollars issus du Fonds de réserve pour les situations d’urgence de l’OMS, portant le total de l’aide immédiate à 3,9 millions de dollars. Le Directeur général de l’OMS a salué la coopération des autorités congolaises, de l’Institut national de recherche biomédicale et de l’Institut national de santé publique. Il a également remercié le gouvernement ougandais pour avoir reporté les commémorations de la Journée des martyrs, un événement religieux qui attire habituellement jusqu’à deux millions de participants. Enfin, le chef de l’OMS a donné la parole à la professeure Lucille Blumberg, présidente du Comité d’urgence et spécialiste sud-africaine des maladies infectieuses, chargée de présenter les recommandations temporaires destinées à contenir l’épidémie.

87e session de la CADHP : la CDHC tire la sonnette d’alarme sur la montée des violences au Cameroun

87e session de la CADHP : la CDHC tire la sonnette d’alarme sur la montée des violences au Cameroun Réunie à Banjul, en Gambie, dans le cadre de la 87e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), la Commission des Droits de l’homme du Cameroun (CDHC) a dressé un bilan contrasté de la situation des droits humains dans le pays. Si l’institution présidée par le Pr James Mouangue Kobila salue les avancées enregistrées dans les domaines sécuritaire, judiciaire et technologique, elle alerte néanmoins sur la recrudescence des violences faites aux femmes et aux enfants, ainsi que sur la persistance de l’insécurité dans les régions affectées par les conflits armés. Au registre des avancées, la CDHC a notamment salué les efforts de coopération internationale engagés dans la lutte contre les groupes terroristes et séparatistes armés opérant dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. L’institution a évoqué l’arrestation récente, aux États-Unis, de deux individus soupçonnés de soutenir financièrement et logistiquement des groupes armés actifs dans ces zones en crise. La Commission a également mis en avant le renforcement des capacités techniques de l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (ANTIC). Grâce à l’acquisition de nouveaux équipements technologiques, l’agence devrait intensifier la lutte contre les discours haineux, le cyberharcèlement et les atteintes à la vie privée observées sur les plateformes numériques. Sur le terrain judiciaire, la CDHC a relevé plusieurs initiatives visant à combattre l’impunité, particulièrement dans les affaires impliquant des enfants. L’institution a cité le procès relatif à l’assassinat du jeune Nathanaël Mathys Ouandji Beao, tué en mai 2025 à Yaoundé. Le principal accusé a été condamné à la peine capitale ainsi qu’au versement de dommages et intérêts importants à la famille de la victime. Toutefois, la Commission a rappelé que la peine de mort, bien qu’encore prévue par la législation camerounaise, n’est plus appliquée depuis près de trois décennies. Concernant les violences basées sur le genre, la CDHC a salué les consultations organisées à Ebolowa et Yaoundé dans le cadre de l’élaboration d’un avant-projet de loi spécifique contre les VBG. Ces travaux visent à renforcer l’arsenal juridique destiné à protéger les femmes et les jeunes filles contre les violences physiques, psychologiques et économiques. Malgré ces évolutions jugées encourageantes, la Commission des Droits de l’homme du Cameroun s’est dite profondément préoccupée par la recrudescence des violences contre les personnes vulnérables, notamment les enfants et les femmes. Selon les chiffres présentés à Banjul, au moins 37 enfants ont été assassinés au Cameroun au cours de l’année 2025. À cela s’ajoutent déjà six cas d’infanticide recensés depuis le début de l’année 2026. La CDHC dénonce également la multiplication des violences sexuelles commises sur des mineurs, appelant à des mesures plus fermes pour protéger les enfants. Le constat est tout aussi alarmant concernant les violences faites aux femmes. D’après les données relayées par le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, 76 féminicides ont été enregistrés en 2025. Entre janvier et avril 2026, près de 30 femmes auraient déjà perdu la vie dans des contextes de violences conjugales ou domestiques. Sur le plan sécuritaire, la CDHC demeure préoccupée par les violences persistantes dans les régions en crise. L’institution a notamment évoqué l’assassinat de plusieurs éleveurs mbororo dans le Nord-Ouest, un drame qui illustre la gravité des tensions communautaires et des représailles attribuées à des groupes séparatistes armés. Face à cette situation, la Commission formule plusieurs recommandations aux autorités camerounaises. Elle plaide notamment pour un renforcement de la sécurité autour des établissements scolaires, une application rigoureuse des sanctions contre les auteurs de violences, l’accélération du processus d’adoption de la loi sur les violences basées sur le genre ainsi qu’une approche plus inclusive dans la gestion des crises sécuritaires. Alors que la CADHP célèbre le 45e anniversaire de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, la CDHC a enfin lancé un appel solennel aux États africains et à leurs partenaires internationaux afin qu’ils ne manquent pas, selon ses termes, “le rendez-vous avec l’histoire” dans la défense et la promotion des droits fondamentaux sur le continent.

Yaoundé : MA COTA clôture ses deux premières cohortes et célèbre une nouvelle génération de jeunes filles leaders

Près de 80 jeunes filles ont célébré, le 13 mai 2026 à Yaoundé, la fin de leur parcours au sein du programme de mentorat MA COTA. Une cérémonie riche en émotions, présidée par la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie Thérèse Abena Ondoa, en présence des autorités gouvernementales et des partenaires, notamment l’UNICEF. L’émotion était palpable ce mardi 13 mai à Yaoundé à l’occasion de la cérémonie de clôture des première et deuxième cohortes du programme de mentorat MA COTA. Réunies aux côtés de leurs mentores, de représentants du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), du Ministère des Affaires Sociales (MINAS) ainsi que de l’UNICEF, près de 80 jeunes filles ont célébré l’aboutissement de plusieurs mois d’apprentissage, d’accompagnement et de transformation personnelle. Présidant la cérémonie, la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie Thérèse Abena Ondoa, a salué l’engagement des jeunes filles et l’impact du programme sur leur autonomisation et leur épanouissement personnel. La cérémonie, ponctuée de prestations artistiques, notamment des slams, de témoignages inspirants et d’une remise de certificats aux mentores, a permis de mettre en lumière les progrès réalisés par les participantes au cours du programme. « Grâce à Ma Cota, je suis devenue la scénariste et la réalisatrice de ma propre vie », a confié Andrea, l’une des mentorées, illustrant l’impact du mentorat sur la confiance et l’ambition des jeunes filles bénéficiaires. Prenant la parole au cours de la cérémonie, la Ministre des Affaires Sociales, Pauline Irène Nguene, a salué l’engagement et la détermination des mentorées. « Durant ces moments de partage, d’apprentissage et de réflexion, vous avez accepté de sortir de vos habitudes, de croire davantage en vous-mêmes et de construire un espace de confiance, d’écoute et d’accompagnement », a-t-elle déclaré. Pour la membre du gouvernement, le programme MA COTA représente bien plus qu’un simple cadre de formation. « Cet espace n’était pas seulement un lieu d’apprentissage. Il était un cadre où chacune pouvait s’exprimer librement, découvrir ses capacités et reconnaître la valeur de son potentiel », a-t-elle ajouté, avant de féliciter les jeunes filles pour leur discipline et leur ouverture d’esprit. La ministre a également insisté sur le rôle essentiel du mentorat dans l’autonomisation des adolescentes et jeunes femmes. « Vous avez démontré que la jeunesse n’est pas seulement porteuse d’espoir, mais qu’elle constitue une véritable force de transformation sociale lorsqu’elle est guidée et responsabilisée », a-t-elle affirmé. Dans une autre séquence de son allocution, Pauline Irène Nguene a relevé les changements observés chez les participantes au fil des mois : davantage de confiance en soi, une meilleure capacité à prendre la parole, mais aussi la concrétisation de plusieurs initiatives portées par les jeunes filles elles-mêmes. « Nous avons vu des peurs laisser place à l’audace, l’hésitation se transformer en initiative et les rêves devenir plus clairs et plus accessibles », a-t-elle souligné. Lancée avec l’appui de l’UNICEF, l’initiative MA COTA vise à renforcer la confiance des adolescentes et jeunes femmes à travers un accompagnement de proximité assuré par des mentores. Le programme favorise les échanges intergénérationnels, le leadership féminin, le développement personnel ainsi que la participation des filles à la vie sociale et communautaire. Selon les organisateurs, plusieurs participantes ont déjà lancé des projets concrets dans leurs communautés, preuve de l’impact réel du programme sur leur autonomie et leur capacité d’initiative. La cérémonie s’est achevée dans une ambiance festive et chaleureuse, marquée par des applaudissements nourris. Avant la clôture officielle, la ministre Pauline Irène Nguene a invité l’assistance à offrir une standing ovation à l’UNICEF, partenaire clé du projet, pour son engagement en faveur de l’autonomisation des jeunes filles au Cameroun. La clôture de ces deux premières cohortes ne marque cependant pas la fin de l’aventure. Les promoteurs de MA COTA entendent poursuivre et étendre cette initiative afin d’accompagner davantage de jeunes filles camerounaises vers la réalisation de leurs ambitions. Denise Ebelle

MINSEP 2026: quand le sport devient un chantier national

La conférence annuelle du ministère des Sports et de l’Éducation Physique n’a pas ressemblé à une simple réunion administrative. Pendant deux jours(11et 12 mai 2026), responsables sportifs, cadres du ministère, représentants des fédérations et partenaires institutionnels ont tenté de répondre à une question essentielle : comment faire du sport un véritable moteur de transformation sociale et économique au Cameroun ? Autour du thème « Activités physiques et sportives : levier de cohésion sociale, socle du Septennat des Grandes Espérances », les échanges ont révélé une volonté claire : sortir le sport camerounais des discours pour l’inscrire dans une dynamique concrète de modernisation. Au cœur des discussions, un constat partagé : le sport ne peut plus être réduit aux seules performances des Lions Indomptables ou aux compétitions internationales. Pour le MINSEP, il doit désormais toucher toutes les couches de la société. D’où l’une des principales recommandations issues des travaux : promouvoir le “sport pour tous”. Le ministère veut encourager une pratique sportive plus accessible dans les écoles, les universités, les quartiers et les collectivités territoriales. L’idée est simple : utiliser l’activité physique comme un instrument d’éducation, de santé publique et même de prévention de la délinquance juvénile. Dans plusieurs ateliers, les participants ont insisté sur la nécessité de replacer l’éducation physique au centre de la formation des jeunes. Mais la conférence a aussi abordé un sujet souvent sensible : la gouvernance des fédérations sportives. Plusieurs intervenants ont dénoncé les insuffisances dans la gestion administrative et financière de certaines structures. Les recommandations formulées appellent ainsi à davantage de transparence, à un meilleur suivi des financements publics et à une culture de résultats plus rigoureuse. Autre dossier majeur : les infrastructures sportives. Après les importants investissements réalisés ces dernières années, notamment avec la CAN, la question de l’entretien et de l’exploitation des équipements devient centrale. Le MINSEP souhaite désormais développer des modèles de gestion plus efficaces afin d’éviter que certains complexes sportifs ne deviennent des “éléphants blancs”. Les collectivités locales pourraient d’ailleurs jouer un rôle plus important dans cette nouvelle stratégie. La conférence a également mis l’accent sur la modernisation numérique du secteur sportif. Le ministère veut accélérer la digitalisation des procédures administratives, du suivi des athlètes et de la gestion des compétitions. Une réforme présentée comme indispensable pour améliorer l’efficacité et renforcer la transparence. Enfin, les travaux ont rappelé que le sport doit être aligné sur les objectifs de la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30). Derrière cette orientation, une ambition plus large : faire du sport un outil de cohésion sociale, mais aussi un secteur capable de générer des emplois, des investissements et de l’attractivité pour le Cameroun. À travers cette conférence annuelle 2026, le MINSEP semble vouloir ouvrir une nouvelle étape : celle d’un sport pensé non plus uniquement comme spectacle, mais comme un véritable projet de société.

Inclusion sociale: la mairie de Yaoundé 6 et la Plateforme des OPH officialisent leur partenariat

La mairie de Commune d’Arrondissement de Yaoundé 6 a servi de cadre, le 13 mai 2026, à la cérémonie officielle de signature de convention de partenariat entre la commune et la Plateforme Inclusive Society for Persons with Disabilities. Cette convention vise à renforcer la collaboration entre les deux parties en faveur de l’inclusion des personnes handicapées dans les politiques locales de développement. La cérémonie s’est tenue en présence des responsables communaux, des représentants des organisations de personnes handicapées, des partenaires techniques ainsi que de l’ONG internationale Sightsavers, engagée depuis plusieurs années dans l’accompagnement des initiatives inclusives au Cameroun. Représentant le maire de Yaoundé 6, Nga Ngomo Pie Claude, premier adjoint au maire, a rappelé les efforts déjà entrepris par la commune en matière d’inclusion des personnes handicapées. Il a notamment cité l’intégration des préoccupations des personnes handicapées dans le Plan Communal de Développement, la formation de quinze conseillers municipaux sur les questions d’inclusion, la création d’un Conseil communal inclusif des enfants de Yaoundé 6, ainsi que l’intégration de l’École inclusive Cardinal Émilie Léger dans l’initiative Green Cities de la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Dans son intervention, le représentant des personnes handicapées et président de l’Assemblée générale de la Plateforme a salué la signature de cette convention qu’il considère comme « un acte d’union » entre les personnes handicapées et la commune, sous « le regard attentif et affectif de Sightsavers qui a su nous accompagner dès les premiers jours ». Au cours de la cérémonie, un document de plaidoyer a également été remis au représentant du maire. À travers ce mémorandum, les associations de personnes handicapées formulent plusieurs recommandations destinées à renforcer leur participation au développement local. Parmi les principales doléances figurent l’aménagement d’une salle dédiée aux personnes handicapées dans le nouvel édifice de la mairie actuellement en construction, la réservation d’un quota de postes aux personnes handicapées lors des recrutements à la commune, ainsi que l’allègement des modalités d’attribution des boutiques en construction au marché communal au profit des personnes handicapées. Pour les organisations signataires, ces mesures permettront aux personnes handicapées de Yaoundé 6 d’être davantage autonomes, fortes et impliquées dans le développement de leur localité. Cette convention s’inscrit dans la continuité des actions menées depuis 2017 avec l’appui de Sightsavers pour promouvoir une gouvernance locale sensible au handicap. Plusieurs initiatives avaient déjà été conduites dans différentes communes du Cameroun, notamment à Maroua 3, Mbalmayo, Ebolowa 1er, Yagoua et Bafoussam 1er, avec des résultats salués en matière d’inclusion sociale et de participation citoyenne des personnes handicapées. À travers cette nouvelle étape, la commune de Yaoundé 6 affiche sa volonté de faire de l’inclusion un levier essentiel de son développement local.

Yaoundé: le CJARC et l’UNESCO vulgarisent des outils accessibles aux personnes déficientes visuelles

Le 13 mai 2026, le siège du Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC), à Yaoundé, a accueilli un atelier de vulgarisation des outils de connaissances destinés aux Personnes Handicapées Visuelles (PHV). Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet d’appui au renforcement des droits des personnes vivant avec un handicap, de l’accessibilité, des services inclusifs et de la non-discrimination au Cameroun. La rencontre a connu la participation de plusieurs personnalités parmi lesquelles le représentant du ministre des Affaires sociales, la représentante du maire de Yaoundé IV, le représentant du Directeur régional de l’UNESCO pour l’Afrique centrale, ainsi que des représentants des Organisations des Personnes Handicapées Visuelles (OPHV). Dans son allocution de circonstance, le Directeur Général du CJARC, Coco Bertin, a rappelé que cet atelier vise à assurer la transcription, la vulgarisation et la diffusion d’outils de connaissances auprès des personnes aveugles et malvoyantes. Il a précisé que cette initiative est portée dans le cadre d’un projet conjoint financé par l’UNPRPD et mis en œuvre par l’UNESCO, l’UNFPA et le HCDH, avec l’appui institutionnel du Ministère des Affaires sociales. Au cours des travaux, une quinzaine d’organisations de personnes handicapées visuelles ont reçu des versions en braille, audio et numérique de plusieurs documents stratégiques réalisés par le CJARC. Il s’agit notamment du Guide de renforcement des mécanismes de coordination inter-OPH, du Guide pour le renforcement des capacités des parties prenantes sur l’évaluation et la simplification du système de référencement des personnes handicapées au Cameroun, ainsi que du Guide pour une meilleure prise en compte du handicap dans les projets et programmes des Nations Unies. Pour une meilleure appropriation de ces outils, trois experts ont procédé à des présentations et analyses détaillées des différents guides avant leur remise solennelle aux organisations bénéficiaires. Prenant la parole au nom de l’UNESCO, Mathieu Kana, coordonnateur du projet et représentant du bureau régional de l’UNESCO pour l’Afrique centrale, a salué l’initiative ayant permis de produire ces documents dans des formats accessibles aux personnes déficientes visuelles. « Des documents ont été produits en braille, en version audio et numérique puis distribués aux organisations de personnes déficientes visuelles. Ces organisations vont se servir de ces outils pour sensibiliser leurs membres et les amener à connaître leurs droits afin d’être capables de les revendiquer », a-t-il déclaré. Le représentant de l’UNESCO a également souligné que plusieurs textes et instruments existent déjà pour favoriser l’inclusion des personnes handicapées, notamment la loi camerounaise de 2010 relative à la protection et à la promotion des personnes handicapées ainsi que la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées. Toutefois, il a regretté que ces outils demeurent peu connus lorsqu’ils ne sont pas adaptés aux besoins des bénéficiaires. « Tant que ces outils ne sont pas présentés dans un format accessible, les bénéficiaires ne sont même pas au courant des documents mis à leur disposition », a-t-il expliqué, saluant une initiative qui permettra aux personnes concernées de mieux connaître et défendre leurs droits. En clôturant les travaux, le Directeur Général du CJARC a exprimé sa gratitude à l’UNESCO pour la confiance accordée à son organisation dans le cadre de la vulgarisation de ces outils auprès des OPHV. Il a également remercié le Ministère des Affaires sociales et la mairie de Yaoundé IV pour leur accompagnement constant en faveur de l’inclusion sociale des personnes handicapées au Cameroun.

CAMWATER : retour à la normale à Yato après une panne technique

CAMWATER : retour à la normale à Yato après une panne technique La production d’eau potable à l’usine de Yato, à Douala, est revenue à son niveau normal après les perturbations enregistrées ces derniers jours dans plusieurs quartiers de la capitale économique. Le rétablissement du service est intervenu dans un délai de 48 heures, à la suite de la réparation d’une électropompe de captage ayant subi un incident technique majeur. Le Directeur général de la CAMWATER, le Dr Blaise Moussa, s’est personnellement rendu sur le site de Yato afin de superviser les travaux de maintenance et coordonner les équipes techniques mobilisées. Cette descente sur le terrain a permis d’accélérer les interventions et de rétablir rapidement la production d’eau potable. Au cours de cette visite, le top management de l’entreprise a également prescrit plusieurs mesures destinées à renforcer durablement la continuité de l’approvisionnement en eau à Douala. Un plan d’urgence assorti d’échéances précises, fixées au 13 mai prochain, a ainsi été mis en place. Parmi les principales mesures annoncées figurent le renforcement immédiat des stocks de pièces critiques afin de faciliter les réparations en cas de panne, l’accélération de la modernisation de l’atelier de maintenance de Yato et l’application rigoureuse du programme de maintenance préventive des équipements. La Direction générale entend également mettre un accent particulier sur la préservation du domaine public autour des installations hydrauliques, dans le cadre d’une gestion intégrée des infrastructures. À travers cette série d’actions, la CAMWATER réaffirme son engagement à garantir aux populations de Douala un accès durable, fiable et sécurisé à l’eau potable.

MINSEP : la Conférence des responsables s’ouvre sous le signe de la performance et des “Grandes Espérances”

MINSEP : la Conférence des responsables s’ouvre sous le signe de la performance et des « Grandes Espérances » Le Palais polyvalent des sports de Yaoundé accueille depuis ce lundi 11 mai 2026 la Conférence des responsables des Services centraux, déconcentrés, rattachés et des organismes sous-tutelle du Ministère des Sports et de l’Éducation physique (MINSEP). Cette rencontre de haut niveau, qui s’achève demain 12 mai, réunit les principaux responsables administratifs et techniques du département ministériel autour des enjeux de gouvernance, de performance et de modernisation du secteur sportif camerounais. Placée sous le thème : « Activités physiques et sportives : levier de la cohésion sociale, socle de la mise en œuvre du Septennat des Grandes Espérances », cette conférence annuelle se veut un cadre d’évaluation, de concertation et d’harmonisation des actions du ministère. Dans son allocution d’ouverture, le ministre des Sports et de l’Éducation physique, le Pr Narcisse Mouelle Kombi, a souligné que cette conférence constitue une nécessité au regard de la place de plus en plus importante qu’occupent les activités physiques et sportives dans la vision politique du président de la République, Paul Biya. Le membre du gouvernement a rappelé que, depuis plusieurs années, l’État du Cameroun a consenti d’importants investissements dans les infrastructures sportives modernes à travers le pays, avec la construction de stades, complexes sportifs, gymnases et parcours Vita répondant aux standards internationaux. À cela s’ajoute l’accompagnement matériel, financier et logistique accordé aux fédérations sportives nationales. Selon le MINSEP, les performances enregistrées ces dernières années témoignent de cette dynamique. Entre 2018 et 2025, les équipes et athlètes camerounais ont remporté près de 3 030 médailles dans différentes compétitions internationales. Pour le premier trimestre du nouveau septennat, environ 150 médailles ont déjà été glanées. Pour le Pr Narcisse Mouelle Kombi, l’enjeu consiste désormais à consolider ces acquis et à renforcer davantage l’esprit de performance au sein du mouvement sportif national. Il a invité les participants à faire preuve d’innovation et de créativité dans leurs méthodes de travail afin d’atteindre les objectifs fixés dans le cadre du Septennat des Grandes Espérances. Prenant également la parole, le secrétaire général du MINSEP et coordonnateur administratif de la conférence, Joseph Yerima, a insisté sur la nécessité pour le ministère de renforcer la cohésion interne et d’améliorer les mécanismes de gouvernance administrative et managériale. Il a indiqué que cette rencontre intervient après une décennie marquée par de profondes mutations institutionnelles et générationnelles au sein du département ministériel. Selon lui, cette conférence permettra de créer davantage d’interactions entre les services centraux et déconcentrés, mais aussi d’harmoniser les approches autour des grandes orientations du ministère. Joseph Yerima a également rappelé que les travaux s’inscrivent dans la continuité du Cadre stratégique de performance et de la feuille de route gouvernementale prescrite par le Premier ministre, Chief Dr Joseph Dion Ngute. Durant deux jours, les participants plancheront sur plusieurs thématiques liées à la gouvernance sportive, au développement de l’éducation physique, à l’encadrement des fédérations sportives et à l’amélioration des performances administratives et institutionnelles du MINSEP. À travers cette conférence, le ministère entend renforcer sa contribution à la mise en œuvre des politiques publiques dans un secteur considéré comme stratégique pour la cohésion sociale, le rayonnement international du Cameroun et l’épanouissement de la jeunesse.    

Pourquoi le CJARC organise-t-il ce séminaire depuis quatre ans ?

« Nous nous sommes construits dans la société et à l’école », explique Martin Luther Amahata Adibita Co-fondateur du Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC), Martin Luther Amahata Adibita revient sur les objectifs du séminaire consacré aux familles d’enfants à besoins spécifiques et sur l’importance de soutenir la santé mentale des parents. Pourquoi le CJARC organise-t-il ce séminaire depuis quatre ans ? Le CJARC œuvre pour la promotion et la protection des personnes handicapées, notamment des personnes aveugles. Dans cette dynamique, nous accordons une place importante à la sensibilisation, à la formation et à l’éducation des enfants à besoins spécifiques. Chaque année, nous réunissons les familles afin qu’elles puissent échanger sur leurs expériences, partager leurs difficultés et apprendre auprès des spécialistes présents. Ce séminaire permet aussi aux parents de comprendre qu’ils ne sont pas seuls face aux défis qu’ils rencontrent au quotidien. Nous voulons créer un cadre où chacun peut apprendre des autres. Les techniciens, les psychologues et les spécialistes apportent leurs connaissances, mais les familles elles-mêmes ont également beaucoup à partager à travers leurs vécus. L’objectif est que chaque participant reparte mieux outillé pour accompagner son enfant. Pourquoi avoir choisi la santé mentale comme thème central cette année ? Beaucoup de familles et même une partie de la société ne comprennent pas encore suffisamment les réalités liées au handicap. Cette incompréhension entraîne souvent peur, isolement et souffrance psychologique chez les parents. À travers ce séminaire, les spécialistes vont expliquer que le handicap n’est pas une fatalité. C’est une réalité avec laquelle il est possible de vivre et de construire un avenir. Je prends souvent mon propre exemple ainsi que celui de mon ami Coco Bertin. Nous sommes tous deux déficients visuels. Nos parents ne disposaient pas des connaissances nécessaires pour encadrer des enfants à besoins spécifiques. Pourtant, grâce à l’école et à la société, nous avons pu nous construire et devenir aujourd’hui des soutiens pour nos familles. C’est pour cette raison que nous encourageons les parents à croire au potentiel de leurs enfants et à ne jamais les marginaliser. Ces enfants peuvent eux aussi contribuer au développement de leurs familles et de la société. Quel message adressez-vous aux familles qui cachent encore leurs enfants à la maison ? Je voudrais leur dire de ne pas avoir honte du handicap. Il ne faut pas considérer cette situation comme une malédiction ou une fin en soi. Les parents doivent sortir de l’isolement, rencontrer d’autres familles et chercher du soutien auprès des structures d’accompagnement. Garder les enfants enfermés à la maison ne les aide pas à s’épanouir. Ils doivent vivre comme tous les autres enfants, aller à l’école, participer à la vie sociale et développer leurs capacités. Le Cameroun, l’Afrique et le monde ont besoin de la contribution de chacun. Chaque enfant, quelles que soient ses difficultés, a un rôle à jouer dans la société.

Santé mentale des parents d’enfants à besoins spécifiques : le CJARC plaide pour une mobilisation collective

Santé mentale des parents d’enfants à besoins spécifiques : le CJARC plaide pour une mobilisation collective Le siège du Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC), situé à Ékié dans la ville de Yaoundé, accueille depuis le 7 mai 2026 un séminaire consacré aux familles d’enfants à besoins spécifiques. Prévue jusqu’au 9 mai, cette rencontre met l’accent sur la santé mentale et le bien-être psychologique des parents, considérés comme des acteurs essentiels de l’inclusion sociale et scolaire des enfants en situation de handicap. À l’initiative de Martin Luther Amahata Adibita, cette quatrième édition du séminaire réunit des parents, des spécialistes de la santé mentale, des représentants des administrations publiques ainsi que plusieurs médias. Les échanges portent notamment sur la lutte contre la détresse psychologique des familles, le renforcement de la résilience parentale et la nécessité d’un accompagnement communautaire plus actif. Dès l’ouverture des travaux, le co-fondateur du CJARC a insisté sur les difficultés souvent vécues dans le silence par les parents d’enfants à besoins spécifiques : stress, fatigue psychologique, isolement et regard stigmatisant de la société. Selon lui, la prise en charge de ces enfants ne devrait plus être considérée comme une responsabilité individuelle, mais comme une cause collective nécessitant l’implication de toute la société. Le séminaire bénéficie du soutien des pouvoirs publics. Des représentants du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) et du Ministère de l’Éducation de Base (MINEDUB) ont pris part à la cérémonie d’ouverture. Pour Mme Olive Nancy Eyango, représentante du MINPROFF dans la région du Centre, cette initiative traduit concrètement la volonté de promouvoir une inclusion sans exclusion. Elle a rappelé que son ministère assure déjà un accompagnement psychosocial des familles confrontées aux difficultés liées au handicap. De son côté, Mme Françoise Atangana, point focal inclusion au MINEDUB pour la région du Centre, a souligné le rôle central de la famille dans la réussite scolaire et l’intégration sociale des enfants à besoins spécifiques. Elle a salué l’action du CJARC qui, selon elle, s’inscrit pleinement dans la politique nationale d’éducation inclusive. Les parents présents ont également partagé leurs expériences. Mme Elisabeth Modjoto, mère d’un enfant autiste, a témoigné des progrès accomplis par son fils grâce à l’accompagnement du CJARC. Elle a néanmoins évoqué les discriminations et les jugements auxquels les familles restent confrontées au quotidien, notamment dans leur environnement social. Pendant trois jours, les participants suivent plusieurs ateliers et conférences portant sur l’impact psychologique du handicap sur les familles, la gestion du stress et de l’épuisement parental, la résilience, le soutien familial et spirituel, ainsi que l’importance pour les parents de préserver leur propre équilibre mental afin de mieux accompagner leurs enfants.