Tourisme : le projet “Enrich Resort City” séduit le Conseil National du Tourisme

  Tourisme : le projet “Enrich Resort City” séduit le Conseil National du Tourisme Réuni en session extraordinaire au Premier ministère, le Conseil National du Tourisme, présidé par le Premier Ministre Joseph Dion Ngute, a examiné ce mardi un projet d’envergure destiné à transformer durablement le paysage touristique national : Enrich Resort City. Porté par l’entreprise Enrich Hotels & Resorts Mondoli Ltd, sous la direction du Dr Sammy Tita Fombang, ce projet ambitieux prévoit la création d’une Smart City touristique dans le corridor Limbé-Mondoli, dans la région du Sud-Ouest. L’initiative s’inscrit dans la dynamique impulsée par le Président Paul Biya, appelant la diaspora à investir dans le développement économique du Cameroun. Une ville intelligente tournée vers le tourisme Implanté à Limbé, un site stratégique bordé par l’océan Atlantique et riche en atouts naturels — notamment le Mont Cameroun, le port historique de Bimbia ou encore le Limbe Wildlife Centre — le projet vise à exploiter pleinement le potentiel touristique de la région. Prévu sur environ 125 acres, Enrich Resort City combinera infrastructures modernes et respect des standards internationaux en matière de développement durable. À terme, le site devrait accueillir : Des hôtels de standing international pour attirer une clientèle étrangère; Des villas de luxe et résidences haut de gamme Un hôpital universitaire de 300 lits; Un institut de formation aux métiers du tourisme; Un pôle technologique dédié à l’intelligence artificielle et à l’industrie 5.0; Un centre commercial de niveau international; Un hub culturel pour la production artistique et créative; Un service de bateau-taxi reliant Douala à Limbé. Un levier de développement économique Ce projet répond aux objectifs de la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30) et s’aligne sur la Vision 2035 du Cameroun, ainsi que sur les engagements internationaux en matière de villes durables. Le Conseil a salué une initiative structurante susceptible de : renforcer l’attractivité touristique du Cameroun, stimuler les investissements nationaux et étrangers, créer des emplois notamment pour les jeunes, favoriser le développement économique local. Le Premier Ministre a insisté sur la nécessité d’une coordination efficace entre les administrations pour garantir la réussite du projet, notamment dans le respect du cadre réglementaire. « Un projet pour transformer Limbé et inspirer l’Afrique » Prenant la parole devant les membres du Conseil, le promoteur du projet, Dr Sammy Tita Fombang, a exprimé sa vision : « Enrich Resort City n’est pas seulement un projet immobilier ou touristique. C’est une vision intégrée du développement, une plateforme où innovation, culture et hospitalité se rencontrent. Nous voulons faire de Limbé une destination de référence en Afrique, capable d’attirer talents, investisseurs et visiteurs du monde entier. » Il a également souligné que le projet est déjà entré dans une phase avancée, avec l’acquisition du terrain, la conception du plan directeur et l’engagement de partenaires internationaux spécialisés dans l’architecture, les énergies renouvelables et la gestion hôtelière. Prochaine étape : validation technique Alors que les études d’impact environnemental et les validations techniques sont en cours, cette présentation marque une étape clé dans la maturation du projet. Le gouvernement a réaffirmé son engagement à accompagner les initiatives contribuant à une croissance inclusive et durable. Avec Enrich Resort City, le Cameroun ambitionne ainsi de franchir un nouveau cap dans sa stratégie touristique, en misant sur l’innovation, l’intégration territoriale et la valorisation de ses richesses naturelles.

Maladies non transmissibles au Cameroun : des chiffres alarmants au cœur du débat national

À l’occasion du symposium national sur la nutrition et les maladies non transmissibles (MNT), prévu les 8 et 9 avril 2026 à Yaoundé, les données sanitaires tirent la sonnette d’alarme. Derrière cette rencontre de haut niveau se cache une réalité préoccupante : les MNT progressent rapidement et pèsent de plus en plus lourd sur la santé des Camerounais. Selon les estimations, les maladies non transmissibles ( notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète et les cancers ) sont responsables de près de 43 % des décès annuels dans le pays. Un chiffre révélateur d’un basculement épidémiologique, où les maladies chroniques viennent désormais concurrencer les maladies infectieuses. Les analyses de l’Organisation mondiale de la santé mettent en cause l’évolution des modes de vie, en particulier les habitudes alimentaires. Depuis plusieurs années, la consommation d’aliments ultra-transformés, riches en sucre, en sel et en graisses, ne cesse d’augmenter, contribuant à l’explosion des facteurs de risque. Les statistiques sur le surpoids et l’obésité confirment cette tendance. D’après une étude de 2019, environ 26 % des adultes camerounais sont en surpoids, tandis que 15,1 % souffrent d’obésité. Chez les enfants de moins de cinq ans, la situation est tout aussi préoccupante : la prévalence du surpoids est passée de 5 % en 1991 à 11 % en 2018, soit plus du double en moins de trois décennies. En milieu urbain, la situation est encore plus marquée. Près de 12,5 % des enfants âgés de 3 à 13 ans sont en surpoids, avec une proportion légèrement plus élevée chez les filles (13,2 %) que chez les garçons (11,8 %). Des chiffres qui traduisent une transformation rapide des habitudes alimentaires et des modes de vie. À l’échelle mondiale, les tendances ne sont guère plus rassurantes. Depuis 2016, les régimes alimentaires malsains ont dépassé le tabac comme principal facteur de risque des maladies non transmissibles, toujours selon l’Organisation mondiale de la santé. Une évolution qui souligne l’urgence d’agir sur les déterminants nutritionnels. Face à cette situation, le symposium organisé par la Reconciliation and Development Association, en collaboration avec le Ministère de la Santé Publique, ambitionne de transformer ces constats en actions concrètes. L’événement réunira décideurs, experts et partenaires pour définir des réponses adaptées à l’ampleur du phénomène. Parmi les mesures envisagées figurent l’étiquetage nutritionnel simplifié, la taxation des boissons sucrées et la régulation du marketing alimentaire. Des politiques qui, selon plusieurs études, pourraient générer des gains significatifs en espérance de vie, estimés à plus de six ans pour la réduction de la consommation de boissons sucrées. Au-delà des chiffres, c’est donc un véritable enjeu de société qui se dessine. La progression des MNT n’est plus seulement une question de santé, mais un défi majeur pour le développement du Cameroun. Le symposium de Yaoundé apparaît ainsi comme une réponse urgente à une crise silencieuse, mais désormais bien mesurable.    

Le Congo, la Russie et le Cameroun en parfaite symbiose à l’occasion des activités de la journée internationale du théâtre, à la Maison Russe de Brazzaville

Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale du théâtre 2026, la Maison Russe de Brazzaville a brillamment affirmé son positionnement en tant que carrefour du théâtre africain, en accueillant une programmation exceptionnelle dédiée aux œuvres du romancier et dramaturge Henri Djombo de la République du Congo. Un grand auteur avec 13 pièces de théâtre et 7 romans à son actif. Pendant trois jours, trois pièces majeures ont été présentées devant plus de 150 spectateurs brazzavillois, réunis dans une ambiance de partage culturel et de réflexion citoyenne. La Compagnie Théâtre de l’Environnement de Brazzaville, sous la direction du metteur en scène Osée Colins KOAGNÉ, a proposé les 25 et 26 mars deux créations marquantes : “Le cri de la forêt”, une œuvre engagée sur la problématique de la déforestation ; “Madame la DG”, adaptation du roman Sur la braise, qui met en scène avec lucidité et force les maux qui minent les entreprises d’État à travers le monde : mauvaise gouvernance, abus de pouvoir, dérives managériales et perte de repères éthiques. Ayant répondu présent à l’invitation de la maison Russe, Le théâtre des 7 Collines de Yaoundé (Cameroun) alors invité d’honneur, était représenté par Alain Abanda (comédien et metteur en scène), Christophe Tchouameni (comédien) et Simeone Djuidje (comédienne). Ensemble ils ont présenté la pièce « Palabre électorale au Kinango », une satire politique percutante qui dénonce les dérives du discours politique et les promesses irréalistes. Une réplique forte a particulièrement marqué le public : > « Au lieu de toujours mentir et tricher, il faut dire la vérité en politique… » Cette réussite porte la marque de l’engagement de Madame Maria, directrice de la Maison Russe de Brazzaville, dont la vision et le leadership font de cet espace un véritable pôle d’excellence culturelle. Par son action, elle œuvre à faire de la Maison Russe un lieu de rencontre, de création et de rayonnement du théâtre africain, tout en mettant un accent particulier sur l’éducation et l’encadrement de la jeunesse. Face à l’enthousiasme du public, une réflexion est en cours, en collaboration avec Osée Colins KOAGNÉ, pour instaurer une programmation théâtrale mensuelle, afin de pérenniser cette dynamique culturelle et renforcer la place de Brazzaville sur la scène artistique africaine. Trois jours, 25, 26 et 27 mars 2026, trois pièces (Le cri de la forêt , Madame la DG et Palabre électorale au kinango). un auteur (Henri Djombo) et une vision : celle d’un théâtre engagé, vivant et rassembleur. La Maison Russe de Brazzaville confirme ainsi son ambition de devenir une scène incontournable du théâtre en Afrique. ✍🏾 Alain Tafotie Journaliste indépendant – Cameroun

Le matériel est disponible : Camwater prête à accélérer les branchements à Yaoundé

Le constat est sans équivoque : le matériel est bel et bien disponible à l’entrepôt annexe de Mvan. C’est ce qui ressort de la visite effectuée le 1er avril 2026 par les autorités administratives, au cœur du dispositif logistique mis en place par Camwater pour soutenir sa campagne de branchements massifs. Dans cet espace stratégique, d’importants stocks d’équipements techniques sont soigneusement entreposés, prêts à être déployés sur le terrain. Une démonstration concrète de la capacité opérationnelle de l’entreprise à répondre efficacement à la demande des populations en eau potable. Cette visite guidée a été conduite par Bienvenu Eyaffa, Directeur Régional Yaoundé Agglomération, qui a présenté, étape par étape, les différents équipements et leur rôle dans le processus de production et de distribution de l’eau. De l’accueil à la découverte des installations, tout a été mis en œuvre pour montrer que l’entreprise dispose des moyens nécessaires pour atteindre ses objectifs. Cette disponibilité du matériel s’inscrit dans une dynamique plus large impulsée par le Directeur Général, Blaise Moussa. Sous son leadership, Camwater a lancé une vaste offensive de proximité dans la ville de Yaoundé, avec pour ambition d’atteindre 200 000 branchements. Sur le terrain, cette stratégie se traduit par l’organisation de journées portes ouvertes, de caravanes de proximité et d’opérations de souscription directe. Les activités ont débuté les 1er et 2 avril 2026 à l’entrepôt de Mvan, avec un déploiement simultané dans les arrondissements de Yaoundé 4, 6 et 7. Elles se poursuivent du 6 au 10 avril dans les communes de Yaoundé 1er, 2e, 3e et 5e. Au-delà du matériel disponible, l’entreprise met en avant des avantages concrets pour les usagers : des branchements réalisés en 48 heures, une présence renforcée des équipes techniques et commerciales, ainsi que des facilités de paiement permettant de souscrire même avec des moyens limités. À travers cette mobilisation, Camwater réaffirme sa volonté de se rapprocher des populations et de rendre effectif l’accès à une eau potable de qualité pour tous. L’objectif est clair : lever les obstacles, accélérer les procédures et améliorer durablement les conditions de vie des Camerounais.   Réaction de Elvis Mbahangwen Akondi, sous préfet de Yaoundé 4 « Je peux dire, en un mot, que nous avons vu beaucoup de matériel, ce qui montre que la campagne lancée pour connecter 200 000 foyers est très importante. D’après ce que j’ai vu, Camwater est prête, car tout le matériel est disponible dans cet entrepôt. La population n’a qu’à se rapprocher pour déposer sa demande, avec même des possibilités de paiement par tranches. L’eau, c’est la vie. Et donner accès à une eau de qualité, c’est améliorer le quotidien des populations. Nous encourageons donc chacun à profiter de cette opportunité. Avec une production d’environ 450 000 m³ pour une demande estimée à 250 000 m³, il n’y a aucune raison de rester sans eau. Nous allons soutenir cette campagne afin que l’objectif des 200 000 branchements soit atteint. »

Approvisionnement en eau à Douala : le gouvernement accélère les projets structurants de la CAMWATER

Approvisionnement en eau à Douala : le gouvernement accélère les projets structurants de la CAMWATER En visite d’inspection le 31 mars 2026 à Douala, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, accompagné du directeur général de la CAMWATER, Blaise Moussa, a réaffirmé le soutien du gouvernement aux projets visant à améliorer l’accès à l’eau potable, notamment à travers la modernisation de la station de Japoma. En visitant le chantier, le membre du gouvernement a insisté sur le respect strict des délais et des engagements techniques : « Avant la fin de l’année 2026, ce projet doit être opérationnel afin de garantir une amélioration substantielle de l’approvisionnement en eau potable pour les populations », a-t-il déclaré à l’issue de la descente sur le terrain. *Un projet structurant inscrit dans les priorités nationales* Cette infrastructure s’inscrit dans la mise en œuvre des orientations du président de la République, Paul Biya. Elle relève du Programme Prioritaire Quinquennal d’Investissement (PPQI) 2023-2027 ainsi que du Plan Stratégique de Développement 2026-2030 de la CAMWATER, en cohérence avec la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30). L’ambition affichée est d’améliorer significativement l’accès à l’eau potable, avec un objectif de 85 % de couverture en milieu urbain et périurbain d’ici 2032.   Une capacité de production plus que doublée À terme, la station de Japoma verra sa capacité de production passer de 55 000 m³/jour à 123 000 m³/jour. Une augmentation majeure qui permettra de répondre aux besoins de milliers de ménages dans une ville confrontée à une forte pression démographique. Des travaux de modernisation d’envergure Le projet va bien au-delà d’une simple réhabilitation. Il prévoit une transformation complète de l’infrastructure à travers : le renforcement du chenal Massoumbou-Japoma et la construction d’une station de pompage d’eau brute la reconstruction de la prise d’eau sur le fleuve Dibamba la mise en place d’une nouvelle station de traitement intégrant des technologies modernes, notamment la filtration membranaire l’installation d’un système de contrôle automatisé (SCADA) pour une gestion optimisée la construction de réservoirs, d’unités de traitement des eaux usées et d’équipements énergétiques de secours Ces aménagements visent à garantir une distribution plus fiable, tant en quantité qu’en qualité. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de l’Objectif de Développement Durable n°6, qui vise à assurer l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement.   Une campagne nationale pour élargir l’accès En marge de cette visite, le ministre s’est également rendu au magasin général de la CAMWATER à Koumassi, afin de vérifier la disponibilité du matériel nécessaire aux branchements : compteurs, tuyaux et kits d’installation. Cette descente s’inscrit dans le cadre de la campagne spéciale de 200 000 branchements neufs, lancée pour faciliter l’accès des populations au réseau d’eau potable. Le directeur général, Blaise Moussa, a d’ailleurs invité les particuliers et les entreprises à se rapprocher des agences commerciales pour bénéficier des facilités mises en place. À travers ces projets et initiatives, le gouvernement entend apporter une réponse concrète aux défis d’accès à l’eau potable dans les grandes villes camerounaises. L’amélioration durable du service, la modernisation des infrastructures et l’extension du réseau apparaissent désormais comme des priorités, dans un contexte où l’eau demeure un enjeu crucial de développement et de bien-être des populations. Denise Ebelle

Accaparement des terres forestières : les résultats d’une étude régionale dévoilés à Yaoundé

  Accaparement des terres forestières : les résultats d’une étude régionale dévoilés à Yaoundé   Réunis le 30 mars 2026 à Yaoundé, chercheurs, universitaires et acteurs du développement ont pris part à l’atelier de clôture d’un projet de recherche sur l’économie politique de l’accaparement et de la conversion des terres forestières dans le Bassin du Congo. Une rencontre qui met en lumière les responsabilités des élites et les impacts majeurs sur les communautés et l’environnement. Organisée par un consortium réunissant CIFOR-ICRAF, Green Development Advocates et l’Université de Yaoundé 1, avec le soutien de l’Union européenne dans le cadre du programme RESSAC, cette rencontre visait à restituer les principaux résultats d’une étude menée au Cameroun, au Gabon et au Congo. Les travaux présentés ont permis de revenir sur la notion d’accaparement des terres, caractérisée par l’acquisition à grande échelle de surfaces foncières par des acteurs puissants, dans un contexte marqué par un déséquilibre entre les parties prenantes. Ce processus se traduit souvent par la dépossession des communautés locales de leurs terres coutumières, essentielles à leur subsistance. Bien que ce phénomène ne soit pas nouveau, il a connu une accélération notable depuis la fin des années 2000, en lien avec les crises alimentaires et économiques mondiales. Aujourd’hui, l’Afrique apparaît comme la région la plus touchée, concentrant une part importante des transactions foncières à grande échelle. Le Cameroun figure parmi les pays les plus exposés, avec une proportion significative de terres cédées à des investisseurs, tandis que le Gabon et le Congo sont également concernés, bien que dans des proportions moindres. Des conséquences socioéconomiques et environnementales majeures L’étude met en évidence les effets multiples de l’accaparement et de la conversion des terres forestières. Sur le plan social, ces dynamiques fragilisent les communautés rurales, en réduisant leur accès aux ressources foncières et en accentuant les inégalités. Sur le plan économique, elles influencent les économies nationales, tout en renforçant la concentration des richesses entre les mains d’une élite. Les impacts environnementaux sont tout aussi préoccupants. La conversion des forêts entraîne une perte importante de biodiversité et une dégradation des services écosystémiques, indispensables à l’équilibre des territoires et au bien-être des populations.   Un regard nouveau sur le rôle des élites L’un des apports majeurs de cette recherche réside dans son approche analytique. Contrairement aux études traditionnelles centrées sur les investisseurs étrangers, celle-ci met en lumière le rôle des élites locales dans les processus d’accaparement des terres. Cette lecture permet de mieux comprendre les dynamiques internes propres aux pays du Bassin du Congo et d’identifier des pistes d’action adaptées aux réalités locales. Au-delà de la production scientifique, cet atelier s’inscrit dans une démarche de vulgarisation des résultats. Les organisateurs ont souhaité associer un large éventail d’acteurs — décideurs publics, organisations de la société civile, chercheurs et médias — afin de favoriser une meilleure compréhension des enjeux. L’objectif est de renforcer le dialogue entre les différentes parties prenantes et d’encourager la mise en œuvre de solutions concrètes. Pour une gouvernance foncière plus inclusive Les échanges ont mis en évidence la nécessité d’améliorer la gouvernance foncière dans les pays concernés. Parmi les priorités évoquées figurent la sécurisation des droits des communautés locales, la transparence dans les transactions foncières et la prise en compte des enjeux environnementaux dans les politiques publiques. À travers ce projet, le consortium ambitionne de contribuer à l’émergence de politiques plus équitables et durables, capables de concilier développement économique, justice sociale et préservation des écosystèmes dans le Bassin du Congo.   Denise Ebelle

Réforme des taxes sur les téléphones : le Cameroun bascule dans le contrôle numérique dès le 1er avril

Réforme des taxes sur les téléphones : le Cameroun bascule dans le contrôle numérique dès le 1er avril À la veille de l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation, le directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, a présenté à Yaoundé un dispositif entièrement digitalisé de taxation des terminaux numériques. Objectif : freiner la contrebande, améliorer la traçabilité des appareils et restaurer des recettes fiscales en forte chute. À compter du 1er avril 2026, la douane camerounaise amorce un tournant décisif dans la gestion des importations de téléphones portables et autres terminaux connectés. Cette réforme, dévoilée le 31 mars à Yaoundé lors d’une rencontre avec la presse, vise avant tout à moderniser le système de contrôle en s’appuyant sur des outils numériques, plutôt que d’alourdir la pression fiscale. La mobilisation autour de cette annonce a été remarquable. De nombreux médias, tant nationaux qu’internationaux, ont répondu présents, remplissant entièrement la salle. Face aux journalistes, le directeur général des Douanes a pris le temps de répondre à toutes les interrogations, apportant des éclairages sur les modalités pratiques, les coûts et les objectifs de cette transformation. Cette réforme intervient dans un contexte préoccupant pour les finances publiques. En effet, les recettes issues de la taxation des téléphones portables ont connu une chute spectaculaire au fil des années. Alors qu’elles atteignaient en moyenne 2 milliards de FCFA par mois au début des années 2000, elles plafonnent aujourd’hui à environ 100 millions de FCFA en 2025. Une baisse drastique, d’autant plus paradoxale que le marché des télécommunications a généré près de 829,9 milliards de FCFA de revenus en 2024. Cette situation met en lumière l’ampleur des pratiques informelles et de la contrebande qui échappent au contrôle de l’État. Depuis plusieurs années, l’administration douanière faisait face à de nombreuses failles : importations non déclarées, sous-évaluation des marchandises et limites du contrôle physique aux frontières. Pour corriger ces dysfonctionnements, les autorités ont opté pour une solution technologique basée sur l’identification des appareils via leur numéro IMEI, véritable identifiant unique. Concrètement, le nouveau dispositif repose sur un processus entièrement numérisé. Lors de l’importation, les opérateurs économiques doivent transmettre les numéros IMEI des appareils à travers un manifeste électronique. Ces données sont ensuite analysées par le système douanier, qui identifie automatiquement les caractéristiques des terminaux — marque, modèle et catégorie — afin de générer une déclaration. Celle-ci permet de calculer les droits et taxes selon une grille prédéfinie. Une fois les frais acquittés, les informations sont transmises aux opérateurs de téléphonie mobile, qui autorisent alors l’accès au réseau. En revanche, tout appareil non enregistré ou non régularisé pourra être bloqué, rendant son utilisation impossible. Le taux de taxation est fixé autour de 33,33 %, mais il s’applique sur des valeurs de référence ajustées en fonction des catégories d’appareils. Cette approche permet de limiter l’impact réel sur les consommateurs tout en élargissant la base fiscale. Ainsi, un smartphone haut de gamme d’une valeur d’environ 1,5 million FCFA sera taxé sur une base réduite, avec des droits estimés entre 150 000 et 160 000 FCFA. Un téléphone de milieu de gamme, d’une valeur de 80 000 FCFA, sera imposé sur une base d’environ 25 000 FCFA, soit près de 8 000 FCFA à payer. Les téléphones basiques, quant à eux, restent faiblement taxés, avec des droits avoisinant 1 500 FCFA. Le dispositif prévoit également une mesure d’assouplissement importante. Les téléphones, tablettes et autres terminaux déjà en circulation et ayant été connectés au moins une fois aux réseaux nationaux sont exonérés de toute régularisation. Cette disposition vise à garantir une transition progressive et à éviter toute perturbation pour les utilisateurs actuels. En revanche, les appareils importés mais encore inactifs devront obligatoirement être déclarés et dédouanés avant leur mise en service. Les voyageurs bénéficient, pour leur part, d’un régime temporaire : leurs équipements peuvent fonctionner en itinérance pendant une période d’un mois, au-delà de laquelle une régularisation devient nécessaire. Au-delà de la dimension fiscale, cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large. Elle vise à renforcer la traçabilité des équipements, à lutter contre les téléphones contrefaits ou clonés, à améliorer la qualité des réseaux et à sécuriser les usages. Elle entend également responsabiliser les acteurs de la chaîne de distribution : les vendeurs agréés devront désormais s’assurer de la conformité douanière des appareils, sous peine de sanctions. À terme, des outils numériques permettront aux consommateurs de vérifier instantanément le statut douanier d’un téléphone avant son achat, renforçant ainsi leur protection. Dans un secteur qui représente près de 81 % du chiffre d’affaires des télécommunications au Cameroun, cette réforme apparaît comme un enjeu majeur de souveraineté économique. En instaurant un système plus transparent, plus équitable et mieux contrôlé, l’administration douanière entend remettre de l’ordre dans un marché en pleine expansion mais longtemps fragilisé par les circuits informels.   Denise EBELLE

CASTEL révèle les étoiles du rire : La Relève Afrique All Stars 2026 prend son envol depuis Yaoundé

CASTEL révèle les étoiles du rire : La Relève Afrique All Stars 2026 prend son envol depuis Yaoundé « L’humour n’est pas seulement pour les hommes… même les femmes peuvent être belles et drôles aussi. » Par ces mots forts, la comédienne Joyce Alade a immédiatement donné le ton. À ses côtés, les membres du comité d’organisation ont levé le voile sur une édition qui s’annonce déjà historique. C’est à Yaoundé, lors d’un point de presse tenu ce 30 mars 2026, que les contours de La Relève Afrique All Stars ont été officiellement dévoilés. Une rencontre stratégique réunissant organisateurs, partenaires et acteurs majeurs du projet, portée par Castel Beer et adossée au prestigieux Montreux Comedy Festival. Une compétition d’élite, pensée pour marquer l’histoire Cette édition spéciale réunira 16 humoristes parmi les plus marquants du continent : 14 All Stars, issus des cinq dernières saisons 2 rookies, sélectionnés via un casting en ligne Un casting déjà en cours, comme l’a rappelé un responsable présent : « Les castings sont déjà lancés, ils sont déjà en ligne… il faudra encore deux rookies pour rejoindre les quatorze All Stars déjà sélectionnés. » Les candidatures se font exclusivement en ligne via la plateforme officielle : www.larelevemontreuxcomedy.com⁠ Une mécanique de compétition spectaculaire Au cœur de cette édition : un format explosif. Des auditions à Cotonou aux demi-finales, jusqu’aux battles d’improvisation sur un véritable ring, les candidats devront faire preuve de créativité, de répartie et de charisme. Les punchlines seront arbitrées par des figures reconnues comme Paul de Saint Sernin ou Florent Peyre, avant une grande finale présentée par Valéry Ndongo. CASTEL, partenaire engagé pour la jeunesse Partenaire clé de cette aventure, Castel Beer entend jouer un rôle actif dans la valorisation des talents africains. Prenant la parole lors du point de presse, Fomboy Merlin, représentant des Boissons du Cameroun, a insisté sur l’importance de cette initiative : « On va simplement convier nos internautes à aller sur la page Castel Beer Cameroun afin d’être au parfum de tout ce qui est organisé pour cette compétition. » Un appel clair à la mobilisation du public autour de ce projet continental. Une opportunité unique pour une génération montante À la clé pour le grand gagnant : 5 millions FCFA Une prestation au Montreux Comedy Festival Une tournée sur le circuit international Mais au-delà des récompenses, c’est une véritable rampe de lancement pour une carrière artistique. Ce point de presse aura marqué bien plus qu’une annonce. Il acte le passage de La Relève Afrique à une nouvelle dimension : celle d’une plateforme continentale capable de révéler, structurer et exporter les talents africains. Aux côtés du comité d’organisation, la présence de Joyce Alade symbolise cette nouvelle génération : ambitieuse, assumée et prête à conquérir les scènes du monde. Une chose est sûre : avec CASTEL, le rire africain n’a jamais été aussi prêt à briller. Denise EBELLE

Stratégie au Cameroun: les Organisations de la société civile formées aux appels à projets

Le 7 mars 2026 à Yaoundé, plusieurs organisations de la société civile ont suivi un programme de formation sur la mobilisation des ressources.   Au 21ème siècle, la capacité à structurer et présenter un projet détermine souvent son financement. C’est dans cette perspective que l’association Nature Gives Back, à travers sa présidente fondatrice Mache Dolorès, a organisé une formation sur la mobilisation des ressources, réunissant des acteurs clés des OSC camerounaises. « L’objectif de cette activité était surtout le renforcement des capacités des membres des OSC pour qu’ils puissent être capables de rédiger des grants, c’est-à-dire des réponses pertinentes aux appels à candidatures pour la mise en œuvre de leurs projets. Nous nous sommes rendu compte que nous avons souvent de nombreuses idées, mais manquons des ressources nécessaires pour leur concrétisation. Ce qui fait réellement défaut, c’est la compétence sur la rédaction de projets », a expliqué Dolorès, l’initiatrice du projet. Pendant plusieurs heures, les participants ont été plongés dans des séances de simulation et des ateliers pratiques, conçus pour reproduire le processus réel de préparation d’un projet. Chaque étape de la rédaction a été minutieusement explorée : identification des besoins, structuration du plan, évaluation de la durabilité, et stratégies de suivi post-mise en Pour Esther Lehdufe, participante active de cette formation, l’enjeu est clair : « Mon but était d’acquérir des compétences pour rédiger des projets et obtenir des financements pour mon association. Nous avons beaucoup postulé à des appels à projets, mais nous n’avons pas toujours été retenus. Nous espérons qu’avec cette formation, tout ira pour le mieux dans nos initiatives ». Les échanges ont également mis en lumière les raisons fréquentes des rejets de projets. Selon Joseph Lambert, formateur et expert en managing partner, « ce qui fait qu’on rejette un projet, c’est souvent le souci du détail. La durabilité du projet ou le suivi après la mise en œuvre sont des aspects qui comptent énormément pour les bailleurs de fonds ». Au-delà de la théorie, la formation a offert un espace de partage d’expériences entre participants. La session s’est conclue sur la promesse d’un suivi rigoureux. Après l’acquisition de ces compétences, une évaluation permettra de mesurer leur appropriation et leur impact sur les capacités de mobilisation des OSC. Les organisateurs soulignent que la maîtrise de ces techniques n’est pas seulement un outil administratif, mais une véritable stratégie pour transformer des idées en actions concrètes et durables. Marcial Nzemie