Approvisionnement en eau potable : le chantier du Port de Kribi réalisé à 95 %

Le projet d’alimentation en eau potable du Port autonome de Kribi (PAK) et de ses dépendances approche de son terme. Les travaux affichent un taux d’exécution de 95 %, au terme d’une visite de terrain effectuée à Kribi le 19 août dernier, par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, en présence notamment des directeurs généraux du PAK, Patrice Melom, et de la CAMWATER, Dr Blaise Moussa. Cette descente sur le terrain s’inscrit dans le cadre du suivi des grands projets destinés à accompagner le développement économique et industriel de la région de Kribi. La délégation ministérielle s’est également rendue sur les chantiers liés au secteur de l’énergie, notamment l’extension du poste de Kribi et la construction de la ligne 225 kV KPDC–PAK. L’alimentation régulière en eau potable constitue un enjeu important pour le développement du complexe industrialo-portuaire de Kribi. L’augmentation des activités portuaires, industrielles et logistiques entraîne en effet une croissance des besoins en eau des entreprises, des infrastructures et des différents usagers de la plateforme. C’est dans cette perspective que le projet d’alimentation en eau potable du PAK et de ses dépendances a été engagé. Sur le terrain, le ministre et les responsables des deux structures ont pu apprécier l’état d’avancement des différentes composantes de l’ouvrage, de la mobilisation de la ressource jusqu’au traitement et à l’acheminement de l’eau. Les équipes techniques ont présenté les installations réalisées ainsi que les opérations restant à effectuer avant leur mise en service. Dernières finitions avant la mise en service Avec un niveau de réalisation de 95 %, le chantier se trouve désormais dans sa phase finale. Les travaux restants portent principalement sur les finitions, les vérifications, les essais techniques et les opérations préparatoires à la mise en service des installations. La visite du ministre a ainsi permis de faire le point sur l’état réel du chantier et de s’assurer que les infrastructures réalisées répondent aux objectifs fixés. L’ambition est de disposer d’un dispositif suffisamment robuste pour accompagner l’évolution des besoins en eau liés à la montée en puissance du port et au développement progressif des activités économiques autour de cette plateforme. Un partenariat CAMWATER–PAK La réalisation de cette infrastructure s’inscrit dans le cadre de la coopération engagée entre la CAMWATER et le Port autonome de Kribi. Les deux institutions ont signé, le 29 octobre 2023, un protocole d’accord portant notamment sur la fourniture du service public de l’eau potable et l’assainissement liquide dans la zone portuaire. À l’occasion de cette signature, le directeur général de la CAMWATER, Dr Blaise Moussa, avait indiqué que le protocole couvrait « toutes les activités actuelles et futures du PAK » relatives à l’approvisionnement en eau potable et à l’assainissement liquide. Le projet en cours apparaît ainsi comme l’une des traductions opérationnelles de cette collaboration entre le concessionnaire du service public de l’eau potable et le gestionnaire du complexe portuaire. L’eau et l’énergie au cœur du développement de Kribi À Kribi, la disponibilité des infrastructures essentielles constitue un facteur déterminant pour l’attractivité du territoire. En parallèle du projet hydraulique, le ministre de l’Eau et de l’Énergie a suivi l’évolution de plusieurs infrastructures électriques destinées à renforcer l’alimentation de la zone. Cette approche traduit la nécessité d’accompagner le développement du complexe industrialo-portuaire par des réseaux d’eau et d’électricité adaptés à l’accroissement des activités. Avec un chantier désormais réalisé à 95 %, le projet d’alimentation en eau potable du PAK entre donc dans sa dernière ligne droite. L’enjeu est désormais d’achever les dernières opérations techniques et de réunir les conditions nécessaires à une mise en service efficace des ouvrages, afin de contribuer à la sécurisation durable de l’approvisionnement en eau potable du port et de ses dépendances.   Denise Ebelle

CAMWATER : Le top management fixe le cap d’une nouvelle culture de performance

 À la CAMWATER, l’heure est désormais à la consolidation des acquis et à l’accélération des résultats. Dans une communication adressée à l’ensemble de la chaîne managériale, le Directeur Général, Dr Blaise Moussa, appelle les responsables et collaborateurs de l’entreprise à franchir un nouveau palier, avec une exigence clairement affichée : davantage de performance, de responsabilité et de résultats. Le message intervient après plusieurs années marquées, selon la Direction Générale, par des efforts de restructuration, de réorganisation, de discipline et de clarification des responsabilités. Ces transformations doivent désormais produire des effets plus visibles sur les performances commerciales et opérationnelles de l’entreprise. « La performance est désormais une obligation» Pour le Directeur Général, les structures déconcentrées de la CAMWATER ne peuvent plus être considérées comme de simples relais administratifs. Délégations régionales, secteurs, agences et centres doivent fonctionner comme de véritables unités opérationnelles, avec des objectifs et des résultats à atteindre. Le mot d’ordre est résumé en quelques verbes : « Produire, distribuer, vendre, facturer et recouvrer davantage. » Les responsables sont ainsi invités à renforcer la distribution et la commercialisation de l’eau potable, à assurer une relève exhaustive des consommations, à améliorer la facturation et à intensifier le recouvrement. « Une agence n’est pas un reposoir. Un centre n’est pas un petit royaume », martèle le Dr Blaise Moussa, pour rappeler que chaque structure doit contribuer directement aux performances de l’entreprise. Du bureau au terrain Cette nouvelle dynamique doit également se traduire par une présence accrue des responsables sur le terrain. Pour la Direction Générale, les infrastructures nouvellement réalisées ne sauraient produire pleinement leurs effets sans une démarche commerciale permettant de convertir les extensions de réseaux en nouveaux branchements, en nouveaux abonnés et en consommations effectivement facturées. Les équipes sont donc appelées à aller davantage à la rencontre des ménages, entreprises et administrations, afin d’identifier les opportunités de branchement et d’élargir la base clientèle. À cette offensive commerciale doit s’ajouter une lutte plus déterminée contre la fraude et les branchements illicites. « Sortez. Bousculez les habitudes. Branchez. Contrôlez. Facturez. Recouvrez. Luttez contre la fraude. Performez », lance le Directeur Général. L’exigence de performance se décline également en objectifs chiffrés. Pour le mois en cours, la Délégation régionale de Douala est appelée à atteindre un niveau minimal de recouvrement de 1,1 milliard de FCFA, tandis que la DIVRY doit mobiliser 1,250 milliard de FCFA. Les autres délégations régionales sont, pour leur part, invitées à améliorer leurs performances de recouvrement d’au moins 15 %. Pour la Direction Générale, ces objectifs sont à la portée des équipes, à condition que les responsables assument pleinement leur rôle, organisent efficacement leurs collaborateurs et assurent un suivi régulier des résultats. Sécuriser les recettes La nouvelle orientation managériale concerne également la sécurisation des recettes. Le Directeur Général réaffirme ainsi l’obligation de procéder au reversement automatique, intégral et immédiat des encaissements conformément aux procédures en vigueur. La promotion des moyens de paiement électroniques figure aussi parmi les priorités. La direction en charge du marketing, en collaboration avec les services de communication et les autres parties prenantes, est appelée à intensifier la sensibilisation des usagers, alors qu’un ralentissement est observé sur ce segment. La réouverture des agences et centres le samedi devra, elle aussi, être accompagnée d’une communication efficace et surtout se traduire par des résultats concrets en matière de service aux usagers, de branchements, d’encaissements et de recouvrement. Faire de la contrainte financière un levier d’action Dans un contexte financier que la Direction Générale reconnaît difficile, le Dr Blaise Moussa refuse l’attentisme. Il mise plutôt sur une mobilisation accrue des ressources internes. L’amélioration du taux de facturation, l’exhaustivité de la relève, l’augmentation des recettes commerciales, le renforcement du recouvrement, la réduction des pertes liées à la fraude et l’accélération des branchements sont ainsi présentés comme autant de leviers susceptibles de renforcer progressivement l’autonomie financière de la CAMWATER. Le mérite comme moteur La transformation voulue par la Direction Générale repose également sur une plus grande valorisation du mérite. Les collaborateurs capables de mobiliser leurs équipes, d’innover et d’obtenir des résultats sont appelés à bénéficier d’une reconnaissance accrue et, le cas échéant, de nouvelles responsabilités. À l’inverse, la sous-performance persistante, le laxisme, la négligence ou l’absence d’initiative ne devraient plus être considérés comme sans conséquence. Mais le Directeur Général précise la finalité de cette approche : « La sanction n’est pas l’objectif. L’objectif est de faire réussir chacun et de faire réussir la CAMWATER. » Objectif : accéder à la deuxième catégorie Cette nouvelle feuille de route s’inscrit enfin dans une ambition plus large : améliorer durablement le positionnement de la CAMWATER parmi les entreprises publiques camerounaises. Après le classement de l’entreprise en troisième catégorie, le Directeur Général entend faire de cette évolution un point d’appui pour viser la deuxième catégorie lors de la prochaine évaluation, notamment à travers une progression significative et durable du chiffre d’affaires et une amélioration globale des performances. L’ambition dépasse donc les seuls indicateurs financiers. Elle touche également à la qualité du service rendu aux usagers et à la capacité de l’entreprise à transformer les efforts engagés ces dernières années en résultats durables. À travers cette communication, le Dr Blaise Moussa entend ainsi installer la performance comme une responsabilité partagée à tous les niveaux de la CAMWATER. Un changement de culture résumé dans son appel final : « Sortez. Branchez. Contrôlez. Facturez. Recouvrez. Luttez contre la fraude. Servez mieux nos usagers. Et surtout : performez ! » Denise Ebelle

FGI 2026

La startup Monetbil révolutionne le paiement mobile au Cameroun Le forum national sur la gouvernance de l’internet au Cameroun se déroule du 18 au 20 Août 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé: sous le thème :  » De la fragmentation à l’interopérabilité : faire de la donnée le socle des infrastructures numériques ». Ce grand rendez-vous placé sous la houlette du ministère des postes et télécommunications, avec la contribution de l’Antic , Camtel et plusieurs autres opérateurs de téléphonie mobile envisage de faire de l’internet , un moyen de lutte contre la pauvreté dans le monde, un outil efficace pour l’épanouissement des citoyens ainsi que pour le développement social , économique et culturel des États. En tant que partenaire du Forum, Monetbil Group SAS, une startup spécialisée dans le développement des logiciels et fournissant des services numériques en ingénierie informatique et intervenant dans l’agrégation des solutions de paiement mobiles a saisi l’occasion pour faire connaître son produit et créer une proximité d’avec le public dans un univers numérique désormais voué à la concurrence. L’ entreprise nourrie ainsi l’ambition de devenir le leader des paiements digitaux sur le continent en offrant aussi bien un interface ergonomique, des fonctionnalités puissantes ainsi que Aide et ressources. Une parfaite illustration de l’économie numérique que promeut le forum national sur la gouvernance de l’Internet au Cameroun. Monetbil propose ses activités aux E- Commerçants à travers un mode de paiement par téléphone portable, simple, rapide et sécurisé pour une rentabilité assurée. Aux développeurs d’applications ,elle fournit un paiement sécurisé leur permettant de vendre leurs services et produits en ligne. Monetbil en chiffres aujourd’hui, c’est une présence dans 11 pays notamment au : Cameroun, Mali, ‘Ouganda, Sénégal, Bénin, Congo Brazzaville, Liberia, Madagascar, Guinée Conakry, et le Gabon . C’est une mastodonte qui compte près de 6485 Marchands et 2,3 millions de clients finaux. Il faut noter que Monetbil est conçu pour s’integrer facilement à diverses plateformes et frameworks utilisés par les entreprises pour leurs sites web ou applications et utilise un modèle de facturation transparent. Réaction : Mme Fokoua Sotra , responsable des country Manager à Monetbil Notre solution Monetbil existe depuis 2016 , dans l’optique de bancariser toutes les populations qui n’ont pas accès à un compte bancaire, leur faciliter les paiements et les achats en ligne à travers le mobile money. Pour ce qui est de son fonctionnement, il vous suffit d’ aller sur le site marchand où vous voulez effectuer le paiement, vous choisissez l’article que vous voulez, vous cliquez sur  » payez maintenant » et la plateforme va vous diriger simplement vers la Monetbil. Et là dès que vous payez , vous recevez une facture Mobile money et une carte de confirmation de votre opérateur soit Orange money ou MTN mobile money avec ça vous vous présentez chez le marchand chez qui vous avez effectué le paiement pour qu’on vous délivre votre produit. A la différence de opérateurs MTN ou Orange, nous sommes des intermédiaires ou mieux encore agrégateur de paiement mobile en ligne. L’ avantage d’utiliser Monetbil, d’abord pour l’entreprise, c’est l’augmentation du chiffre d’affaires, la sécurisation des données de clients, ainsi que vos propres données, l’exportation rapide des fichiers en cas de vérification ou en cas de plainte, et aussi la rapidité du service client qui est est très actif. Après environ 10 ans de fonctionnement au Cameroun, nous sommes à plus de 5000 clients fidèles ,constitués essentiellement des entreprises et des E commerçants. Monetbil group SAS est basé au Quartier Nsimbok à Yaoundé et est accessible au site web : www.monetbil.com. Germaine Ngo Holl

Journée mondiale de l’aide humanitaire : le Cameroun accélère sa transition vers une réponse plus locale

À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée cette année sous le thème « Agir pour l’humanité », une table ronde avec les médias s’est tenue le 19 août 2026 dans les locaux de l’UNICEF à Yaoundé. Les échanges ont mis en lumière les enjeux de la transition humanitaire au Cameroun, la protection des civils et des travailleurs humanitaires, ainsi que la nécessité de renforcer le rôle des acteurs nationaux et locaux. Les travaux étaient conduits par Issa Sanogo, Coordonnateur résident du système des Nations Unies et Coordonnateur humanitaire pour le Cameroun, en présence notamment de Ndzie Ntsama, Directrice de la Protection civile au ministère de l’Administration territoriale (MINAT), de Nadine Perrault, Représentante de l’UNICEF au Cameroun, ainsi que de plusieurs représentants de l’administration, du système des Nations Unies, des ONG nationales et internationales, des partenaires au développement et des médias. Organisée autour de deux panels, la rencontre avait pour principaux axes « Accompagner la transition : ne laisser aucun acteur de côté » et « Assurer un environnement propice à l’action humanitaire et à la protection des civils ». Une occasion pour les différents acteurs de confronter leurs expériences et de mettre en évidence les conditions nécessaires à une réponse humanitaire plus efficace, mieux ciblée et davantage ancrée dans les réalités locales.   Protéger ceux qui portent secours Dans son intervention, Issa Sanogo a articulé son message autour de trois priorités. La première concerne la protection des populations affectées par les crises et des travailleurs humanitaires. « Les acteurs humanitaires sauvent des vies », a-t-il rappelé, soulignant qu’ils ne devraient pas être pris pour cible dans l’exercice de leur mission. Pour le Coordonnateur humanitaire, la protection des civils, des services sociaux de base et des acteurs humanitaires constitue à la fois une obligation légale et une obligation morale, consacrée par le droit international humanitaire. Cette nécessité est particulièrement visible dans un contexte international marqué par de lourdes pertes parmi les travailleurs humanitaires. Les chiffres évoqués au cours de la rencontre font notamment état de 186 travailleurs humanitaires ayant perdu la vie à Gaza et de 65 au Soudan. « Derrière ces chiffres se trouvent des vies interrompues, des familles endeuillées et des communautés privées d’un soutien essentiel », a-t-il relevé, appelant à renforcer la protection des civils et des travailleurs humanitaires, à faire respecter le droit international humanitaire, à lutter contre l’impunité et à garantir un financement durable des urgences. Au Cameroun, cette problématique prend également une dimension particulière. Dans l’Extrême-Nord, le conflit dans le bassin du lac Tchad continue de provoquer des déplacements et de fragiliser les moyens de subsistance. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les violences perturbent encore l’accès aux marchés, aux écoles et aux services de santé. À l’Est, dans l’Adamaoua et dans le Nord, la présence prolongée de réfugiés venus des pays voisins contribue également à accroître la vulnérabilité des populations.   2,9 millions de personnes dans le besoin Le deuxième message d’Issa Sanogo porte sur l’ampleur des besoins humanitaires. Près de 2,9 millions de personnes ont besoin d’assistance au Cameroun. Derrière cette donnée statistique se trouvent des femmes, des hommes, des enfants, des jeunes, des personnes âgées, des personnes vivant avec un handicap, des personnes déplacées, des réfugiés et des communautés hôtes. Les partenaires humanitaires ciblent environ 1,9 million de personnes parmi les plus vulnérables, pour un besoin financier estimé à 379 millions de dollars. Pourtant, depuis le début de l’année, seulement 26 % du plan de réponse humanitaire sont financés. Les secteurs vitaux restent particulièrement sous-financés. L’accès à l’eau, la santé, l’éducation, l’alimentation et la nutrition figurent parmi les domaines où les besoins restent largement insatisfaits, avec environ 15 % seulement des financements requis. À cette situation s’ajoute l’épidémie de choléra qui sévit dans l’Extrême-Nord. Plus de 1 200 personnes ont déjà été touchées, dans un contexte marqué par les inondations, les difficultés d’accès à l’eau potable et l’insécurité alimentaire. Face à cette situation, le Coordonnateur humanitaire a lancé un appel à la solidarité nationale et internationale afin que les populations affectées par les crises ne soient pas laissées pour compte.   Une transition humanitaire qui se veut locale Le troisième message concerne la transition humanitaire engagée au Cameroun. Il s’agit désormais de renforcer progressivement le leadership et l’appropriation des autorités nationales, des organisations locales, de la société civile et des communautés affectées dans la conception, la coordination et la mise en œuvre de la réponse. « La transition humanitaire au Cameroun est en action. Et cette transition humanitaire est locale », a insisté Issa Sanogo. L’objectif est de permettre à ceux qui sont au plus près des populations d’être davantage en mesure d’identifier les besoins, de coordonner les interventions et de participer à la réponse. Une évolution qui doit aussi contribuer à une utilisation plus stratégique de ressources devenues limitées. Dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, une nouvelle architecture de coordination basée sur les zones est progressivement mise en place afin de renforcer la proximité, la redevabilité et l’efficacité opérationnelle.   « On ne peut pas importer la réponse » Cette volonté de localiser davantage l’action humanitaire a également été défendue par Antoinette Chibi, Directrice pays pour le Cameroun et la République centrafricaine de l’International Rescue Committee (IRC). Intervenant comme panéliste, elle a insisté sur la nécessité de travailler avec les communautés et les organisations locales. « On ne peut pas importer la réponse », a-t-elle expliqué, estimant que les populations sont les mieux placées pour déterminer leurs besoins. L’IRC est notamment présente dans l’Extrême-Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, avec des interventions dans des localités telles que Makary, Blangoua et Hilé-Alifa. L’organisation travaille avec des ONG locales, des organisations communautaires et des acteurs de la société civile afin de renforcer l’appropriation des interventions et de garantir une réponse adaptée aux réalités du terrain. Pour Antoinette Chibi, les communautés doivent être associées à la conception, à la mise en œuvre et à l’évaluation des programmes humanitaires. Une approche qui permet, selon elle, de mieux orienter l’aide

Conversion des forêts dans le bassin du Congo : la société civile veut inverser la courbe

La préservation des forêts du bassin du Congo était au cœur d’une conférence sous-régionale organisée à Yaoundé par Green Development Advocates (GDA), du 18 au 19 août dernier. Pendant deux jours, des acteurs venus notamment du Cameroun, du Congo-Brazzaville, de la République démocratique du Congo, du Gabon et de la République centrafricaine ont confronté leurs expériences autour d’un même enjeu : comment ralentir, voire inverser, la dynamique de conversion des espaces forestiers. Pour Aristide Chacgom Fokam, coordonnateur de GDA, la conversion des forêts correspond au processus par lequel une forêt naturelle ou primaire est transformée pour d’autres usages, notamment agricoles, agro-industriels ou extractifs. Elle peut également se traduire par la dégradation progressive des écosystèmes à travers certaines formes d’exploitation des ressources forestières. Une problématique qui dépasse les frontières La rencontre part d’un constat : les pressions exercées sur les forêts ne s’arrêtent pas aux frontières nationales. Agriculture, exploitation forestière, activités extractives, infrastructures et autres formes d’utilisation des terres participent à la transformation progressive des espaces forestiers. Dans le bassin du Congo, cette problématique revêt une importance particulière. Le massif forestier constitue un patrimoine écologique majeur et joue un rôle essentiel pour la biodiversité, le climat et les moyens de subsistance de nombreuses communautés. C’est dans ce contexte que les participants ont été invités à examiner les manifestations de la conversion dans leurs différents pays, mais aussi à rechercher des réponses communes. « Le problème est global, il touche tous les pays de l’Afrique centrale parce qu’il y a une ruée vers les ressources naturelles », relève Aristide Chacgom Fokam. Pour le coordonnateur de GDA, cette réflexion renvoie également à une question fondamentale : celle de la contribution de l’exploitation des ressources naturelles au développement. Après plusieurs décennies d’exploitation forestière dans les pays de la sous-région, il estime nécessaire de s’interroger sur les retombées réelles de ces activités pour les populations et les économies nationales. Mutualiser les expériences de la société civile L’un des principaux enseignements des travaux réside dans la nécessité d’une meilleure coordination entre les organisations de la société civile. Selon Aristide Chacgom Fokam, ces organisations travaillent encore trop souvent séparément, chacune dans son propre pays. La conférence entend donc favoriser le partage des expériences et la construction d’actions communes. « Il y a une nécessité de voir dans quelle mesure mutualiser les efforts pour adresser le problème, comment partager les expériences », explique-t-il. L’objectif n’est pas de déboucher uniquement sur une liste de recommandations. Les participants cherchent plutôt à identifier des pistes d’action susceptibles d’être mises en œuvre collectivement. L’expérience acquise au Cameroun pourrait ainsi servir aux organisations du Congo-Brazzaville, du Gabon, de la République centrafricaine ou de la RDC, et inversement. Cette mise en réseau apparaît d’autant plus importante que les problématiques liées aux ressources naturelles présentent de nombreuses similitudes d’un pays à l’autre. L’exploitation du bois, les activités minières ou encore l’expansion agro-industrielle posent, avec des intensités variables, des questions similaires de gouvernance, de transparence, de protection de l’environnement et de respect des droits des communautés. Administrations, partenaires internationaux et communautés associés   La rencontre ne s’est pas limitée aux organisations de la société civile. Des organisations internationales et des partenaires techniques ont également pris part aux échanges. Parmi les participants cités figurent notamment le WWF, l’European Forest Institute et le World Resources Institute. L’Union européenne était également représentée pour présenter son règlement visant à lutter contre la mise sur le marché européen de produits associés à la déforestation. Plusieurs administrations camerounaises ont par ailleurs été associées aux travaux, notamment celles en charge des forêts et de la faune, des domaines, du cadastre et des affaires foncières, de l’économie et de la planification ainsi que de l’environnement. Cette diversité des participants répond à une volonté clairement assumée par les organisateurs : ne pas traiter la question de la conversion des forêts « en vase clos ». Les communautés directement affectées par les transformations des territoires forestiers occupent également une place dans les discussions. Des représentants de communautés de Campo et d’Ebo, ainsi que des femmes engagées dans la défense de leurs territoires traditionnels et coutumiers, ont notamment pris part aux échanges.   Des possibilités de financement à saisir Autre enseignement important de la rencontre : des possibilités de financement existent pour soutenir les initiatives de conservation et de protection des forêts dans le bassin du Congo. Des représentants de plusieurs mécanismes, initiatives et réseaux engagés dans le financement ou l’accompagnement des actions environnementales ont échangé avec les participants sur les opportunités disponibles et sur la nécessité de mieux structurer les projets issus du terrain. Parmi les structures citées figurent Forests, People, Climate (FPC), une initiative collaborative hébergée par la Climate and Land Use Alliance (CLUA), la Central African Forest Initiative (CAFI), le Global Greengrants Fund, ainsi que le Réseau des Populations Autochtones et Locales pour la gestion durable des Écosystèmes Forestiers d’Afrique Centrale (REPALEAC). Il s’agit moins, pour les acteurs présents, de considérer le financement comme une fin en soi que de mieux transformer les besoins identifiés sur le terrain en projets susceptibles de bénéficier de ces ressources. Cette question est stratégique pour les organisations communautaires et de la société civile, souvent confrontées à des difficultés de financement alors qu’elles sont engagées au quotidien dans la défense des territoires forestiers et des droits des populations qui en dépendent. Le journalisme environnemental également mobilisé Les médias ont eux aussi été associés à cette réflexion. Les échanges ont notamment mis en avant l’importance du journalisme d’investigation environnemental dans la documentation des phénomènes liés à la déforestation, à la conversion des terres et à leurs conséquences sociales. Le soutien du Pulitzer Center au journalisme consacré aux questions environnementales a notamment été évoqué au cours de la rencontre. Pour les participants, mieux documenter les transformations des territoires permet de contribuer à l’information du public, de donner davantage de visibilité aux préoccupations des communautés et d’alimenter le débat sur la gouvernance des ressources naturelles. Quinze ans de légalisation pour GDA La conférence revêt enfin une dimension particulière pour Green Development

Maintien de la circulation sur la Nationale 5 : une intervention en régie sur la section Bafang–Bandja

Entre Bafang et Bandja, sur la route Nationale 5 (N5), reliant Douala à Bafoussam, la circulation a été rétablie sur deux points critiques ayant récemment perturbé le trafic. La Brigade nationale des travaux en régie du ministère des Travaux publics (MINTP) a été mobilisée pour une intervention d’urgence destinée à maintenir progressivement la fluidité du trafic sur cette section. Pour faire face aux dégradations constatées, les équipes techniques privilégient la mise en œuvre de remblais en matériaux adaptés. Cette solution provisoire vise à sécuriser et faciliter la circulation en attendant la réalisation des travaux de reconstruction de la N5, dont le processus de préqualification des entreprises est déjà engagé.   Une solution d’attente avant la reconstruction L’intervention en régie s’inscrit ainsi dans l’attente d’une solution plus durable, à savoir la réhabilitation complète de l’axe Bekoko–échangeur de Bandjoun, long de 218,9 km. Le projet prévoit également la réhabilitation de 103 km de voies de desserte, notamment les axes Loum–Yabassi et Bafang–Nkondjock, ainsi que la construction d’infrastructures socio-économiques dans la zone d’influence du projet. La reconstruction de cet important corridor routier est structurée en trois lots : Bekoko–Penja, sur 70 km ; Penja–Pont du Nkam, sur 77,7 km ; et Pont du Nkam–Bandjoun, sur 71,2 km. Le coût global du projet est évalué à 150,824 milliards de FCFA. Son financement bénéficie de l’appui de la Banque islamique de développement, partenaire financier du Cameroun. En attendant le déploiement de ces travaux structurants, les interventions ponctuelles en régie permettent de préserver la circulation sur les sections les plus dégradées et de limiter les perturbations pour les usagers de la Nationale 5.   Denise Ebelle

Achèvement des travaux sur la section Ndu–Nkambe : les derniers aménagements en cours

Les travaux de construction de la section Ndu–Nkambe, longue de 31 km, entrent dans leur dernière ligne droite. Avec un taux d’avancement général de 98,83 %, l’entreprise MAG SARL procède aux derniers réglages avant l’achèvement du chantier, notamment à travers la réalisation d’aménagements destinés à renforcer la sécurité des usagers. Parmi les interventions actuellement menées figurent l’installation de ralentisseurs de vitesse, notamment des bandes sonores et des dos-d’âne. Ces dispositifs visent à réduire la vitesse des véhicules dans les zones sensibles et à améliorer la sécurité sur cet axe de la Ring Road. Des travaux connexes en phase finale Les équipes poursuivent également la construction des caniveaux de type 60×60. Le linéaire déjà exécuté s’établit à 10 402,2 mètres, contre 10 251 mètres prévus au contrat, soit un niveau de réalisation supérieur aux prévisions initiales. D’autres aménagements connexes, notamment les aires de repos, sont également en cours de finalisation. Ces ouvrages viennent compléter les travaux déjà réalisés sur cette section stratégique de la Ring Road, qui relie Ndu à Nkambe. Avec un niveau d’exécution qui approche désormais les 100 %, le chantier est ainsi engagé dans sa phase ultime. Les dernières interventions portent principalement sur les équipements de sécurité, les ouvrages d’assainissement et les aménagements complémentaires nécessaires à la mise en service complète de la section. La réalisation de cette infrastructure représente un investissement de 28,999 milliards de FCFA TTC.

Secteur des Douanes de l’Extrême-Nord : les portes ouvertes aux anciens douaniers à Maroua

Maroua, 18 août 2026. Le Secteur des Douanes de l’Extrême-Nord entend renforcer les liens entre générations et mieux capitaliser sur l’expérience de ses anciens. C’est dans cette dynamique que le Commandant DIMA Quentin Achille, récemment nommé à la tête de cette circonscription douanière stratégique, a accordé sa première audience à une délégation de l’Association des anciens douaniers de la région, conduite par son président, André DJAFSIA. Cette rencontre de prise de contact intervient dans un contexte marqué par d’importants enjeux économiques, sécuritaires et sociaux dans la région de l’Extrême-Nord. Elle a notamment permis aux deux parties d’échanger sur la contribution que les anciens douaniers peuvent continuer d’apporter au fonctionnement et aux missions de l’administration douanière. Une passerelle entre générations Au cours de l’audience, la délégation des anciens douaniers a officiellement présenté l’association et ses membres au nouveau chef de secteur. Elle a également sollicité son accompagnement en qualité de Président d’honneur de l’association. Une demande accueillie favorablement par le Commandant DIMA Quentin Achille, qui s’est dit honoré de pouvoir accompagner ses devanciers. Pour André DJAFSIA, cette marque de considération dès le début du mandat du nouveau chef de secteur constitue un signal encourageant. L’association souhaite ainsi bénéficier d’un accompagnement institutionnel, d’une écoute permanente et d’une meilleure implication dans la vie de la corporation. Au-delà de leur statut de retraités, les anciens douaniers entendent mettre leur expérience au service de la jeune génération et contribuer, aux côtés des équipes en activité, à la réalisation des missions assignées à la Douane. « Le douanier ne meurt jamais » En réponse, le Commandant DIMA Quentin Achille a réaffirmé sa volonté de maintenir les portes du Secteur des Douanes de l’Extrême-Nord largement ouvertes aux anciens. Pour lui, « le douanier ne meurt jamais. Il reste actif dans l’âme ». Le nouveau chef de secteur a surtout invité les membres de l’association à mettre leur expérience au profit de l’administration. Il souhaite notamment voir les anciens partager leur savoir-faire avec les jeunes douaniers à travers des causeries professionnelles et des échanges d’expérience. Leur contribution pourrait également s’étendre à la sensibilisation des opérateurs économiques, des transporteurs et des populations sur les missions de la Douane, notamment en matière de sécurisation des frontières, de lutte contre la fraude et la contrebande et de protection de la société. Le Commandant DIMA compte par ailleurs sur les anciens douaniers pour contribuer à expliquer aux populations l’importance de la mobilisation des recettes douanières dans le financement du développement, notamment la construction des routes, ponts, écoles, hôpitaux et marchés. Dans une région confrontée à des défis transfrontaliers spécifiques, leur expertise pourra enfin être mise à contribution dans les initiatives de lutte contre les trafics illicites et les menaces sécuritaires. Cette première audience ouvre ainsi la voie à une collaboration plus étroite entre anciens et nouveaux douaniers. À Maroua, l’expérience des vétérans entend désormais se conjuguer avec l’énergie de la nouvelle équipe dirigeante pour accompagner l’administration douanière dans l’accomplissement de ses missions.

Fondation ELESSA Lothin-Sen : 600 bourses pour encourager le mérite scolaire

À Dibombari, dans le département du Moungo, la Fondation ELESSA Lothin-Sen a choisi l’éducation comme levier d’action sociale. Pour la 10e édition de son programme de bourses d’excellence scolaire, l’organisation a récompensé les élèves les plus méritants et distribué des kits scolaires, apportant ainsi un soutien concret aux familles à quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027. 24 établissements mobilisés Pour cette édition, la Fondation s’est fixé pour objectif d’attribuer 600 bourses d’excellence à des élèves issus d’établissements publics, privés et confessionnels. À Dibombari, 24 établissements scolaires ont pris part à l’opération. Dans chacun d’eux, 18 élèves ont été distingués, avec une attention particulière portée aux trois meilleurs de chaque classe selon le classement du mérite. L’excellence n’a cependant pas été appréciée à travers les seuls résultats académiques. Des distinctions spéciales ont également été accordées à des élèves qui se sont illustrés dans les activités post et périscolaires. Une approche qui traduit la volonté de la Fondation de valoriser une conception plus large de la réussite scolaire, fondée également sur l’engagement, les talents et les aptitudes des jeunes. Selon Charles Enonga Ngombi, président de la commission permanente des affaires sociales de la Fondation, l’identification des bénéficiaires se fait en collaboration avec les responsables locaux de l’éducation. Les directeurs d’écoles communiquent notamment les noms des élèves les plus performants de chaque classe, à partir des résultats de fin d’année. La préparation de l’opération commence plusieurs mois avant la cérémonie. Dès le mois de mai, les équipes de la Fondation mettent en place le dispositif et attendent les résultats scolaires afin d’identifier les élèves appelés à recevoir les récompenses. Les responsables d’écoles saluent un encouragement Dans les établissements bénéficiaires, l’initiative est accueillie favorablement par les responsables scolaires. Pour eux, la remise des bourses constitue d’abord une reconnaissance des efforts accomplis par les élèves au cours de l’année écoulée. Les directeurs d’écoles y voient également un puissant facteur de motivation. En mettant les meilleurs élèves à l’honneur, la Fondation encourage ceux-ci à maintenir leurs performances et incite leurs camarades à davantage d’efforts. Les distinctions attribuées dans les activités post et périscolaires permettent, elles aussi, de montrer que la réussite ne se résume pas aux seules notes obtenues en classe. Les responsables d’établissements mettent par ailleurs en avant le caractère opportun de cette action. À quelques jours de la rentrée, les kits scolaires représentent un appui appréciable pour les parents confrontés aux nombreuses dépenses liées à la reprise des cours. Du côté des familles, ce geste est donc perçu comme un soulagement. La Fondation associe ainsi la reconnaissance du mérite à une forme de solidarité envers les ménages. Faire du livre un outil partagé Pour le fondateur, l’objectif de l’opération ne se limite pas à remettre des fournitures aux élèves primés. Le livre doit également devenir un outil accessible à la communauté. Les bénéficiaires sont ainsi encouragés à partager leurs ouvrages avec leurs camarades, leurs frères et leurs amis. Une démarche qui vise à élargir l’impact des récompenses et à favoriser la circulation du savoir au sein des communautés scolaires. Une action qui s’étend à l’échelle nationale L’initiative de la Fondation ELESSA Lothin-Sen dépasse le cadre de Dibombari. Chaque année, une nouvelle localité est choisie pour accueillir le programme d’accompagnement scolaire. Après des actions menées dans sept départements et quatre régions, notamment à Ébolowa II, dans le Sud, lors de la précédente édition, la Fondation a posé cette année ses valises dans le Littoral, précisément dans le département du Moungo. La prochaine destination sera déterminée ultérieurement, avec une ambition qui demeure la même : encourager l’excellence, accompagner les familles et donner aux jeunes de meilleures conditions pour préparer leur avenir. À Dibombari, cette 10e édition aura ainsi permis de joindre le geste à la parole : célébrer le mérite scolaire tout en apportant un soutien concret aux familles à l’orée de la rentrée 2026-2027.   Denise EBELLE

CAN féminine 2026 : le message du Président Biya n’est pas tombé dans les oreilles des sourdes, les Lionnes l’ont fait !

À Rabat, les Lionnes Indomptables ont répondu de la plus belle des manières aux encouragements du Président de la République. En dominant le Malawi 3-0 en finale de la CAN féminine 2026, les Camerounaises ont décroché le premier sacre continental de leur histoire dans cette compétition. Une victoire historique qui sonne comme une réponse éclatante au message présidentiel transmis à la veille de la finale. Elles avaient reçu le message. Elles l’ont entendu. Et surtout, elles l’ont transformé en actes. À quelques heures de la finale de la Coupe d’Afrique des nations féminine 2026, les Lionnes Indomptables avaient été galvanisées par le message du Président de la République, Paul Biya. Représentant le Chef de l’État auprès de la sélection nationale, le Premier ministre, chef du Gouvernement, Joseph Dion Ngute, était allé à la rencontre des joueuses dans leur tanière à Rabat. Il leur avait transmis les encouragements du couple présidentiel et rappelé l’immense responsabilité qui était la leur : défendre les couleurs de toute une nation. Le message était clair : ne rien lâcher, rester concentrées et déterminées jusqu’au dernier coup de sifflet. Le Président de la République avait également fait savoir que le couple présidentiel attendait les Lionnes à Yaoundé avec la Coupe. Un appel à l’engagement patriotique qui, manifestement, n’est pas tombé dans les oreilles des sourdes. Une réponse sur le terrain Dimanche soir à Rabat, les filles ont parlé avec leurs pieds. Face au Malawi, elles n’ont laissé aucune place au doute. Trois buts, aucun encaissé et, au bout des 90 minutes, une consécration historique. Le Cameroun devient champion d’Afrique et inscrit une nouvelle page dans l’histoire du football féminin national. Cette victoire vient surtout couronner un parcours remarquable. Après avoir éliminé le Nigeria, champion d’Afrique en titre, en quarts de finale sur le score de 1-0, les Camerounaises avaient ensuite écarté le Maroc, pays hôte, en demi-finale à l’issue d’une séance de tirs au but remportée 3-1 après un score nul de 0-0. Il fallait donc encore franchir le dernier obstacle. Les Lionnes l’ont fait avec autorité. « Nous voulons lui offrir la Coupe » La veille de cette finale historique, le message présidentiel avait visiblement touché les joueuses. La capitaine Gabrielle Aboudi Onguene avait notamment exprimé la volonté des Lionnes de se battre pour offrir ce cadeau au Chef de l’État. Elle avait salué la mobilisation des autorités et expliqué combien la présence et le soutien des membres du Gouvernement avaient renforcé la motivation de la sélection. Le lendemain, la promesse a été tenue. Le discours s’est transformé en engagement. L’engagement en détermination. Et la détermination en trophée. Au-delà du résultat sportif, ce sacre revêt une dimension particulière. Pendant toute la compétition, les Lionnes ont porté les espoirs d’un peuple qui attendait depuis longtemps une nouvelle grande conquête du football féminin. Elles ont désormais leur Coupe. Elles ont également démontré que les encouragements reçus au plus haut sommet de l’État pouvaient se traduire en énergie supplémentaire sur le terrain. Le message présidentiel appelait au courage, à la discipline, à la concentration et au sacrifice. La réponse des joueuses aura été collective : trois buts, zéro encaissé et un titre continental historique.Le Cameroun peut désormais savourer Les Lionnes Indomptables ont entendu le message. Elles ne l’ont pas laissé se perdre dans le bruit de la compétition. Elles l’ont porté sur le terrain, l’ont défendu pendant 90 minutes et l’ont finalement ramené sous la forme la plus précieuse qui soit : la Coupe d’Afrique. Le Président avait demandé de défendre les couleurs de toute une nation. Les Lionnes l’ont fait. Et elles l’ont fait avec panache. Denise Ebelle