Son Excellence Jimmy Billy FOKUM, Haut Commissaire Général du Haut Conseil d’intervention Général

Son Excellence Jimmy Billy FOKUM, Haut Commissaire Général du Haut Conseil d’intervention Général. « Le HACIG se positionne comme un organe de veille citoyenne, de défense juridique et de plaidoyer pour les droits humains, opérant à la fois au Cameroun et en coopération avec des institutions internationales » *Vous avez hérité d’une structure qui était en proie à de nombreuses difficultés dont vous avez la lourde charge de remettre de l’ordre ?* En tant que Haut-Commissaire Général, après avoir pris fonction dans le Haut-Commissariat d’Intervention Générale depuis 21 Décembre 2022, et au regard des difficultés héritées, je tiens à rappeler que notre vision pour le HACIG est claire et résolument tournée vers l’atteinte efficace et efficiente de nos objectifs, avec un impact concret et non dissuasif. Quelles sont vos priorités ? Nos priorités reposent d’abord sur le renforcement de la discipline interne, fondée sur un code d’éthique et de déontologie strict, garantissant professionnalisme, intégrité et responsabilité à tous les niveaux. Nous accordons également une importance primordiale au respect absolu des autorités compétentes ainsi que des lois et règlements en vigueur, qui constituent le socle de toute action crédible et durable. Nous travaillons à faire du HACIG un levier stratégique puissant au service de l’État et des citoyens. De façon concrète qu’est-ce que cela signifie ? Concrètement, cela signifie renforcer notre rôle de coordination des interventions, qu’elles soient d’urgence ou multisectorielles, afin d’apporter des réponses rapides, cohérentes et efficaces face aux défis de la paix, sécuritaires, aux catastrophes et aux enjeux de gouvernance. Le HACIG a également vocation à être un appui direct aux politiques publiques, en assurant leur mise en œuvre transversale, surtout dans un contexte où l’administration peut parfois être fragmentée. Nous voulons ainsi créer des passerelles, fluidifier l’action publique et maximiser les résultats sur le terrain. À court et moyen terme, notre ambition est de positionner le HACIG comme un organe stratégique reconnu, un centre de coordination performant et un outil clé de la gouvernance moderne. Cela passe par des actions concrètes, mesurables et visibles pour les populations. Notre objectif ultime est d’inscrire le HACIG dans une dynamique durable, avec une utilité réelle et tangible pour le Cameroun. Nous veillons à ce qu’il s’intègre intelligemment dans l’écosystème institutionnel existant, en complémentarité avec les autres structures, et non en concurrence. C’est cette vision pragmatique, rigoureuse et orientée vers les résultats qui guide aujourd’hui notre action et qui, nous en sommes convaincus, fera du HACIG un acteur incontournable dans un avenir proche. La collaboration avec les autorités locales est -elle digeste ? La collaboration avec les autorités est une priorité capitale pour nous avec des collaborations officielles. Il y’a quelques semaines, nous avons saisi les Ministres de la justice, de l’administration territoriale, de la santé, du Secrétariat d’état à la défense chargé de la gendarmerie, du Délégué Général à la Sureté Nationale dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme sur l’ensemble du territoire camerounais. Dans le cadre de notre programme d’actions sur le terrain, notre organisation a conduit une mission d’observation, d’investigation citoyenne et de sensibilisation, axée notamment sur La lutte contre le trafic de stupéfiants et de drogues ; La lutte contre la contrebande et le commerce de produits illicites ; La dénonciation et la prévention des violations des droits de l’Hommes ; La lutte contre l’exploitation et le trafic illégal de produits pétroliers ; La promotion de l’Etat de droit, de la justice et du respect des lois de la République. La mise en œuvre efficace de cette campagne nécessitait une collaboration étroite avec les autorités compétentes. En résumé, le HACIG se positionne comme un organe de veille citoyenne, de défense juridique et de plaidoyer pour les droits humains, opérant à la fois au Cameroun et en coopération avec des institutions internationales. Pour rappel, le Dr Étienne NEBOT a été le Haut Commissaire Général fondateur du HACIG de 1998 à 2012, et a quitté ses fonctions à la suite d’une élection démocratique à Douala. Plusieurs élections se sont déroulées jusqu’à mon élection le 21 Décembre 2022. Propos recueillis par Denise Ebelle

Visite du Pape Léon XIV au Cameroun : le gouvernement rassure, tout est fin prêt pour un accueil à la hauteur de l’événement

Visite du Pape Léon XIV au Cameroun : le gouvernement rassure, tout est fin prêt pour un accueil à la hauteur de l’événement À quelques jours de l’arrivée du Souverain pontife, le gouvernement camerounais affine les derniers préparatifs. Reçu par le Président de la République, programme apostolique dans trois villes, portée historique et importante mobilisation logistique : face à la presse le 8 avril 2026 à Yaoundé, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a présenté les principaux axes de la visite officielle de Pope Leo XIV, attendue du 15 au 18 avril au Cameroun. Dans le détail, cette visite s’inscrit dans la première tournée africaine du chef de l’Église catholique depuis son élection en mai 2025. Au Cameroun, le Saint-Père effectuera un séjour de quatre jours qui le conduira successivement à Yaoundé, Bamenda et Douala. Le programme annoncé comprend plusieurs moments forts. Sur le plan diplomatique, le Pape sera reçu en audience par le Président de la République, Paul Biya, en sa qualité de Chef de l’État du Vatican. Sur le plan pastoral, il présidera des célébrations de messes dans chacune des villes visitées et rencontrera les évêques, les responsables de l’Église catholique, les fidèles ainsi que des acteurs de la société civile. Au cours de cette communication, le ministre a également mis en relief la dimension historique de cette visite. Il s’agira de la quatrième visite d’un Pape au Cameroun, après celles de John Paul II en 1985 et 1995, et de Benedict XVI en 2009. Une fréquence qui, selon lui, témoigne de la qualité des relations entre le Cameroun et le Saint-Siège. Ces relations, établies officiellement en 1966, n’ont cessé de se consolider. René Emmanuel Sadi a rappelé qu’elles reposent sur une coopération active dans plusieurs domaines, notamment l’éducation, la santé et le social. L’Église catholique demeure ainsi l’un des principaux partenaires privés de l’État, avec un réseau important d’écoles, d’universités et d’hôpitaux répartis sur l’ensemble du territoire national. Le ministre est également revenu sur quelques repères historiques marquants, notamment la signature à Yaoundé en 1995 de l’exhortation apostolique Ecclesia in Africa par le pape Jean-Paul II, ainsi que la présentation en 2009 par le pape Benoît XVI du document préparatoire du second Synode des évêques pour l’Afrique. Des événements qui ont contribué à positionner le Cameroun comme un centre important de réflexion de l’Église sur le continent africain. Sur le plan organisationnel, le membre du gouvernement s’est voulu rassurant : toutes les dispositions sont prises pour garantir le bon déroulement de cette visite. Des mesures spécifiques ont été mises en place pour l’accueil du Saint-Père, la sécurité, la mobilité entre les différents sites, ainsi que pour la couverture médiatique. Des centres de presse seront notamment opérationnels et un dispositif d’accréditation a été prévu pour les professionnels des médias. René Emmanuel Sadi a, à cet effet, invité les hommes et femmes de médias à faire preuve de professionnalisme afin de valoriser cet événement d’envergure internationale. Il a insisté sur le rôle essentiel de la presse dans la diffusion de l’information et dans le rayonnement de l’image du Cameroun. Avec une population catholique estimée à environ 38 %, dans un contexte de coexistence harmonieuse entre les différentes confessions religieuses, la visite de Pope Leo XIV suscite déjà une forte attente au sein de l’opinion publique. Au-delà de son caractère religieux, cet événement apparaît comme un moment de communion nationale, mais aussi comme une opportunité de renforcer davantage les liens entre le Cameroun et le Saint-Siège.   Denise EBELLE

Alimentation au Cameroun : quand nos assiettes deviennent un enjeu de santé publique

Alimentation au Cameroun : quand nos assiettes deviennent un enjeu de santé publique Dans la plupart des ménages au Cameroun aujourd’hui, les habitudes alimentaires ont profondément changé. Les cuisines traditionnelles cèdent progressivement la place aux boîtes de conserve et aux produits ultra-transformés. Au petit déjeuner, céréales industrielles, saucisson, sardines en boîte s’invitent sur les tables. À cela s’ajoutent pâtisseries, pain blanc, beignets et gâteaux souvent trop gras et trop sucrés. À midi, les viandes rouges, les aliments frits et les produits importés dominent les assiettes. Le soir, ce n’est guère différent : repas rapides, restes réchauffés, nouilles instantanées ou aliments transformés viennent souvent clore la journée. Peu à peu, l’alimentation saine semble avoir déserté les foyers. Ce basculement n’est pas sans conséquences. Derrière ces choix alimentaires se cache une réalité préoccupante : la montée en flèche des maladies non transmissibles, notamment le diabète, les maladies cardiovasculaires et certains cancers. Aujourd’hui, ces pathologies représentent près de 43 % des décès au Cameroun. Un chiffre alarmant qui traduit l’urgence d’agir. C’est dans ce contexte que se tient à Yaoundé le tout premier symposium national et table ronde pour l’action contre les maladies non transmissibles, à l’initiative de Reconciliation and Development Association. Pendant deux jours, décideurs publics, experts de la santé, parlementaires et partenaires techniques unissent leurs voix autour d’un objectif commun : repenser les politiques alimentaires pour protéger la santé des populations. L’approche adoptée se veut résolument multisectorielle. Il ne s’agit plus seulement d’une affaire de médecins, mais d’un enjeu national impliquant plusieurs ministères, les institutions publiques, la société civile et même les acteurs économiques. Comme l’ont rappelé les intervenants, la nutrition, la prévention et la gouvernance doivent désormais avancer main dans la main. Au cœur des échanges, une conviction forte : il est temps de passer des constats aux actions concrètes. Le professeur Claude Mbanya a insisté sur la nécessité de transformer les données scientifiques en décisions politiques applicables. Pour lui, l’évolution rapide des habitudes alimentaires expose dangereusement les populations, y compris les plus jeunes, à des maladies autrefois rares à ces âges. Parmi les solutions envisagées figurent plusieurs mesures déjà expérimentées ailleurs avec succès. L’étiquetage nutritionnel simplifié sur le devant des emballages permettrait aux consommateurs de mieux comprendre ce qu’ils achètent. La taxation des produits jugés nocifs pourrait, quant à elle, décourager leur consommation tout en favorisant les aliments locaux plus sains. À cela s’ajoute la nécessité de limiter le marketing agressif ciblant les enfants, particulièrement vulnérables face à ces produits. Depuis 2021, RADA travaille déjà sur ces pistes. Mais pour que ces initiatives portent leurs fruits, leur adoption doit s’accompagner d’une mise en œuvre effective et d’une sensibilisation massive des populations. Car le constat est clair : beaucoup de Camerounais ignorent encore l’impact réel de leur alimentation sur leur santé. Aujourd’hui, il n’est plus rare de voir des personnes développer un diabète dès la trentaine. Au-delà de la santé, c’est aussi l’avenir économique du pays qui est en jeu. Une population malade est une population moins productive, et le coût des soins pèse lourdement sur les familles comme sur l’État. Investir dans une alimentation saine, c’est donc aussi investir dans le développement durable du Cameroun. Ce symposium marque ainsi un tournant. Il se veut un espace de convergence entre savoir scientifique, volonté politique et engagement citoyen. Les recommandations issues de ces travaux pourraient jeter les bases d’une nouvelle politique nutritionnelle nationale, plus protectrice et plus adaptée aux réalités actuelles. Mais au-delà des discours et des stratégies, le véritable défi reste celui du changement des habitudes. Car la lutte contre les maladies non transmissibles commence aussi dans les cuisines, dans les marchés, et dans les choix quotidiens de chaque famille. Le message est clair : il est temps de revenir à une alimentation plus saine, plus locale et plus équilibrée. Non seulement pour vivre mieux aujourd’hui, mais aussi pour préserver les générations futures.

EXPLOITATION MINIÈRE : LE CAMEROUN S’ENGAGE DANS L’INDUSTRIALISATION ET RÉORGANISE LE SECTEUR ARTISANAL

EXPLOITATION MINIÈRE : LE CAMEROUN S’ENGAGE DANS L’INDUSTRIALISATION ET RÉORGANISE LE SECTEUR ARTISANAL Le Cameroun amorce une nouvelle étape dans son secteur minier, marquée par l’entrée dans l’exploitation industrielle et une profonde restructuration de l’activité artisanale. Désormais, toute entreprise souhaitant exploiter l’or doit se conformer à de nouvelles exigences strictes. Parmi celles-ci figurent le paiement préalable d’une caution environnementale de 63 millions de francs CFA (soit 3 millions par hectare), l’obligation de migrer vers un système d’exploitation à vase clos, ou, à défaut et de manière transitoire, l’engagement à atteindre un seuil minimal de production de 10 kg d’or par mois. La reprise des activités est conditionnée au respect rigoureux de ces mesures. Les autorités entendent ainsi mettre un terme à l’exploitation frauduleuse de l’or. À cet effet, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (ai) a ordonné la suspension totale des activités aurifères sur l’ensemble du territoire national. Cette opération a été conduite par l’Inspecteur général du MINMIDT, le magistrat Philippe Nyetam. Du 22 au 29 mars 2026, une mission conjointe réunissant le MINMIDT, les autorités administratives et les forces de défense a été déployée dans plusieurs arrondissements de la région de l’Est. L’objectif principal était de s’assurer de l’arrêt effectif des exploitations semi-mécanisées après le retrait des autorisations, tout en sensibilisant les opérateurs à la mise en place du seuil minimal de production en attendant l’adoption du système à vase clos. Sur le terrain, les actions menées ont été claires : arrêt immédiat des activités sur les sites illégaux ou non autorisés, retrait des engins d’exploitation, signature des cahiers de charges conformes à la réglementation en vigueur, et sensibilisation au paiement de la caution de réhabilitation des sites, condition indispensable à toute reprise d’activité. Les sites frauduleux situés dans les arrondissements de Garoua-Boulaï, Ngoura, Bétaré-Oya, Batouri et Ketté ont été particulièrement ciblés. Tous ont reçu l’ordre de cesser immédiatement leurs activités et de retirer leurs équipements. Au total, plus d’une centaine de sites ont été inspectés, et plusieurs dizaines d’engins lourds — camions-bennes, pelleteuses, bulldozers et chargeuses — ont été saisis ou scellés. À travers ces mesures, le gouvernement vise à mieux encadrer la production aurifère, accroître les recettes de l’État, renforcer les réserves nationales et lutter efficacement contre la contrebande, source de pertes importantes pour l’économie. Cette première phase d’évaluation a permis aux autorités d’établir un diagnostic précis de la situation sur le terrain et d’engager le dialogue avec les acteurs du secteur. Plusieurs réunions de sensibilisation et de concertation ont été organisées, réunissant notamment les responsables du MINMIDT, les autorités locales — dont le maire de Batouri — ainsi que les opérateurs miniers. La mission s’est achevée le 27 mars à Batouri par une réunion de synthèse. Celle-ci a permis de rappeler aux exploitants des sites semi-mécanisés les nouvelles conditions à remplir pour la reprise de leurs activités, dans un cadre désormais strictement réglementé. Denise Ebelle

Tourisme : le projet “Enrich Resort City” séduit le Conseil National du Tourisme

  Tourisme : le projet “Enrich Resort City” séduit le Conseil National du Tourisme Réuni en session extraordinaire au Premier ministère, le Conseil National du Tourisme, présidé par le Premier Ministre Joseph Dion Ngute, a examiné ce mardi un projet d’envergure destiné à transformer durablement le paysage touristique national : Enrich Resort City. Porté par l’entreprise Enrich Hotels & Resorts Mondoli Ltd, sous la direction du Dr Sammy Tita Fombang, ce projet ambitieux prévoit la création d’une Smart City touristique dans le corridor Limbé-Mondoli, dans la région du Sud-Ouest. L’initiative s’inscrit dans la dynamique impulsée par le Président Paul Biya, appelant la diaspora à investir dans le développement économique du Cameroun. Une ville intelligente tournée vers le tourisme Implanté à Limbé, un site stratégique bordé par l’océan Atlantique et riche en atouts naturels — notamment le Mont Cameroun, le port historique de Bimbia ou encore le Limbe Wildlife Centre — le projet vise à exploiter pleinement le potentiel touristique de la région. Prévu sur environ 125 acres, Enrich Resort City combinera infrastructures modernes et respect des standards internationaux en matière de développement durable. À terme, le site devrait accueillir : Des hôtels de standing international pour attirer une clientèle étrangère; Des villas de luxe et résidences haut de gamme Un hôpital universitaire de 300 lits; Un institut de formation aux métiers du tourisme; Un pôle technologique dédié à l’intelligence artificielle et à l’industrie 5.0; Un centre commercial de niveau international; Un hub culturel pour la production artistique et créative; Un service de bateau-taxi reliant Douala à Limbé. Un levier de développement économique Ce projet répond aux objectifs de la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30) et s’aligne sur la Vision 2035 du Cameroun, ainsi que sur les engagements internationaux en matière de villes durables. Le Conseil a salué une initiative structurante susceptible de : renforcer l’attractivité touristique du Cameroun, stimuler les investissements nationaux et étrangers, créer des emplois notamment pour les jeunes, favoriser le développement économique local. Le Premier Ministre a insisté sur la nécessité d’une coordination efficace entre les administrations pour garantir la réussite du projet, notamment dans le respect du cadre réglementaire. « Un projet pour transformer Limbé et inspirer l’Afrique » Prenant la parole devant les membres du Conseil, le promoteur du projet, Dr Sammy Tita Fombang, a exprimé sa vision : « Enrich Resort City n’est pas seulement un projet immobilier ou touristique. C’est une vision intégrée du développement, une plateforme où innovation, culture et hospitalité se rencontrent. Nous voulons faire de Limbé une destination de référence en Afrique, capable d’attirer talents, investisseurs et visiteurs du monde entier. » Il a également souligné que le projet est déjà entré dans une phase avancée, avec l’acquisition du terrain, la conception du plan directeur et l’engagement de partenaires internationaux spécialisés dans l’architecture, les énergies renouvelables et la gestion hôtelière. Prochaine étape : validation technique Alors que les études d’impact environnemental et les validations techniques sont en cours, cette présentation marque une étape clé dans la maturation du projet. Le gouvernement a réaffirmé son engagement à accompagner les initiatives contribuant à une croissance inclusive et durable. Avec Enrich Resort City, le Cameroun ambitionne ainsi de franchir un nouveau cap dans sa stratégie touristique, en misant sur l’innovation, l’intégration territoriale et la valorisation de ses richesses naturelles.

Maladies non transmissibles au Cameroun : des chiffres alarmants au cœur du débat national

À l’occasion du symposium national sur la nutrition et les maladies non transmissibles (MNT), prévu les 8 et 9 avril 2026 à Yaoundé, les données sanitaires tirent la sonnette d’alarme. Derrière cette rencontre de haut niveau se cache une réalité préoccupante : les MNT progressent rapidement et pèsent de plus en plus lourd sur la santé des Camerounais. Selon les estimations, les maladies non transmissibles ( notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète et les cancers ) sont responsables de près de 43 % des décès annuels dans le pays. Un chiffre révélateur d’un basculement épidémiologique, où les maladies chroniques viennent désormais concurrencer les maladies infectieuses. Les analyses de l’Organisation mondiale de la santé mettent en cause l’évolution des modes de vie, en particulier les habitudes alimentaires. Depuis plusieurs années, la consommation d’aliments ultra-transformés, riches en sucre, en sel et en graisses, ne cesse d’augmenter, contribuant à l’explosion des facteurs de risque. Les statistiques sur le surpoids et l’obésité confirment cette tendance. D’après une étude de 2019, environ 26 % des adultes camerounais sont en surpoids, tandis que 15,1 % souffrent d’obésité. Chez les enfants de moins de cinq ans, la situation est tout aussi préoccupante : la prévalence du surpoids est passée de 5 % en 1991 à 11 % en 2018, soit plus du double en moins de trois décennies. En milieu urbain, la situation est encore plus marquée. Près de 12,5 % des enfants âgés de 3 à 13 ans sont en surpoids, avec une proportion légèrement plus élevée chez les filles (13,2 %) que chez les garçons (11,8 %). Des chiffres qui traduisent une transformation rapide des habitudes alimentaires et des modes de vie. À l’échelle mondiale, les tendances ne sont guère plus rassurantes. Depuis 2016, les régimes alimentaires malsains ont dépassé le tabac comme principal facteur de risque des maladies non transmissibles, toujours selon l’Organisation mondiale de la santé. Une évolution qui souligne l’urgence d’agir sur les déterminants nutritionnels. Face à cette situation, le symposium organisé par la Reconciliation and Development Association, en collaboration avec le Ministère de la Santé Publique, ambitionne de transformer ces constats en actions concrètes. L’événement réunira décideurs, experts et partenaires pour définir des réponses adaptées à l’ampleur du phénomène. Parmi les mesures envisagées figurent l’étiquetage nutritionnel simplifié, la taxation des boissons sucrées et la régulation du marketing alimentaire. Des politiques qui, selon plusieurs études, pourraient générer des gains significatifs en espérance de vie, estimés à plus de six ans pour la réduction de la consommation de boissons sucrées. Au-delà des chiffres, c’est donc un véritable enjeu de société qui se dessine. La progression des MNT n’est plus seulement une question de santé, mais un défi majeur pour le développement du Cameroun. Le symposium de Yaoundé apparaît ainsi comme une réponse urgente à une crise silencieuse, mais désormais bien mesurable.    

Le Congo, la Russie et le Cameroun en parfaite symbiose à l’occasion des activités de la journée internationale du théâtre, à la Maison Russe de Brazzaville

Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale du théâtre 2026, la Maison Russe de Brazzaville a brillamment affirmé son positionnement en tant que carrefour du théâtre africain, en accueillant une programmation exceptionnelle dédiée aux œuvres du romancier et dramaturge Henri Djombo de la République du Congo. Un grand auteur avec 13 pièces de théâtre et 7 romans à son actif. Pendant trois jours, trois pièces majeures ont été présentées devant plus de 150 spectateurs brazzavillois, réunis dans une ambiance de partage culturel et de réflexion citoyenne. La Compagnie Théâtre de l’Environnement de Brazzaville, sous la direction du metteur en scène Osée Colins KOAGNÉ, a proposé les 25 et 26 mars deux créations marquantes : “Le cri de la forêt”, une œuvre engagée sur la problématique de la déforestation ; “Madame la DG”, adaptation du roman Sur la braise, qui met en scène avec lucidité et force les maux qui minent les entreprises d’État à travers le monde : mauvaise gouvernance, abus de pouvoir, dérives managériales et perte de repères éthiques. Ayant répondu présent à l’invitation de la maison Russe, Le théâtre des 7 Collines de Yaoundé (Cameroun) alors invité d’honneur, était représenté par Alain Abanda (comédien et metteur en scène), Christophe Tchouameni (comédien) et Simeone Djuidje (comédienne). Ensemble ils ont présenté la pièce « Palabre électorale au Kinango », une satire politique percutante qui dénonce les dérives du discours politique et les promesses irréalistes. Une réplique forte a particulièrement marqué le public : > « Au lieu de toujours mentir et tricher, il faut dire la vérité en politique… » Cette réussite porte la marque de l’engagement de Madame Maria, directrice de la Maison Russe de Brazzaville, dont la vision et le leadership font de cet espace un véritable pôle d’excellence culturelle. Par son action, elle œuvre à faire de la Maison Russe un lieu de rencontre, de création et de rayonnement du théâtre africain, tout en mettant un accent particulier sur l’éducation et l’encadrement de la jeunesse. Face à l’enthousiasme du public, une réflexion est en cours, en collaboration avec Osée Colins KOAGNÉ, pour instaurer une programmation théâtrale mensuelle, afin de pérenniser cette dynamique culturelle et renforcer la place de Brazzaville sur la scène artistique africaine. Trois jours, 25, 26 et 27 mars 2026, trois pièces (Le cri de la forêt , Madame la DG et Palabre électorale au kinango). un auteur (Henri Djombo) et une vision : celle d’un théâtre engagé, vivant et rassembleur. La Maison Russe de Brazzaville confirme ainsi son ambition de devenir une scène incontournable du théâtre en Afrique. ✍🏾 Alain Tafotie Journaliste indépendant – Cameroun

Le matériel est disponible : Camwater prête à accélérer les branchements à Yaoundé

Le constat est sans équivoque : le matériel est bel et bien disponible à l’entrepôt annexe de Mvan. C’est ce qui ressort de la visite effectuée le 1er avril 2026 par les autorités administratives, au cœur du dispositif logistique mis en place par Camwater pour soutenir sa campagne de branchements massifs. Dans cet espace stratégique, d’importants stocks d’équipements techniques sont soigneusement entreposés, prêts à être déployés sur le terrain. Une démonstration concrète de la capacité opérationnelle de l’entreprise à répondre efficacement à la demande des populations en eau potable. Cette visite guidée a été conduite par Bienvenu Eyaffa, Directeur Régional Yaoundé Agglomération, qui a présenté, étape par étape, les différents équipements et leur rôle dans le processus de production et de distribution de l’eau. De l’accueil à la découverte des installations, tout a été mis en œuvre pour montrer que l’entreprise dispose des moyens nécessaires pour atteindre ses objectifs. Cette disponibilité du matériel s’inscrit dans une dynamique plus large impulsée par le Directeur Général, Blaise Moussa. Sous son leadership, Camwater a lancé une vaste offensive de proximité dans la ville de Yaoundé, avec pour ambition d’atteindre 200 000 branchements. Sur le terrain, cette stratégie se traduit par l’organisation de journées portes ouvertes, de caravanes de proximité et d’opérations de souscription directe. Les activités ont débuté les 1er et 2 avril 2026 à l’entrepôt de Mvan, avec un déploiement simultané dans les arrondissements de Yaoundé 4, 6 et 7. Elles se poursuivent du 6 au 10 avril dans les communes de Yaoundé 1er, 2e, 3e et 5e. Au-delà du matériel disponible, l’entreprise met en avant des avantages concrets pour les usagers : des branchements réalisés en 48 heures, une présence renforcée des équipes techniques et commerciales, ainsi que des facilités de paiement permettant de souscrire même avec des moyens limités. À travers cette mobilisation, Camwater réaffirme sa volonté de se rapprocher des populations et de rendre effectif l’accès à une eau potable de qualité pour tous. L’objectif est clair : lever les obstacles, accélérer les procédures et améliorer durablement les conditions de vie des Camerounais.   Réaction de Elvis Mbahangwen Akondi, sous préfet de Yaoundé 4 « Je peux dire, en un mot, que nous avons vu beaucoup de matériel, ce qui montre que la campagne lancée pour connecter 200 000 foyers est très importante. D’après ce que j’ai vu, Camwater est prête, car tout le matériel est disponible dans cet entrepôt. La population n’a qu’à se rapprocher pour déposer sa demande, avec même des possibilités de paiement par tranches. L’eau, c’est la vie. Et donner accès à une eau de qualité, c’est améliorer le quotidien des populations. Nous encourageons donc chacun à profiter de cette opportunité. Avec une production d’environ 450 000 m³ pour une demande estimée à 250 000 m³, il n’y a aucune raison de rester sans eau. Nous allons soutenir cette campagne afin que l’objectif des 200 000 branchements soit atteint. »

Approvisionnement en eau à Douala : le gouvernement accélère les projets structurants de la CAMWATER

Approvisionnement en eau à Douala : le gouvernement accélère les projets structurants de la CAMWATER En visite d’inspection le 31 mars 2026 à Douala, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, accompagné du directeur général de la CAMWATER, Blaise Moussa, a réaffirmé le soutien du gouvernement aux projets visant à améliorer l’accès à l’eau potable, notamment à travers la modernisation de la station de Japoma. En visitant le chantier, le membre du gouvernement a insisté sur le respect strict des délais et des engagements techniques : « Avant la fin de l’année 2026, ce projet doit être opérationnel afin de garantir une amélioration substantielle de l’approvisionnement en eau potable pour les populations », a-t-il déclaré à l’issue de la descente sur le terrain. *Un projet structurant inscrit dans les priorités nationales* Cette infrastructure s’inscrit dans la mise en œuvre des orientations du président de la République, Paul Biya. Elle relève du Programme Prioritaire Quinquennal d’Investissement (PPQI) 2023-2027 ainsi que du Plan Stratégique de Développement 2026-2030 de la CAMWATER, en cohérence avec la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30). L’ambition affichée est d’améliorer significativement l’accès à l’eau potable, avec un objectif de 85 % de couverture en milieu urbain et périurbain d’ici 2032.   Une capacité de production plus que doublée À terme, la station de Japoma verra sa capacité de production passer de 55 000 m³/jour à 123 000 m³/jour. Une augmentation majeure qui permettra de répondre aux besoins de milliers de ménages dans une ville confrontée à une forte pression démographique. Des travaux de modernisation d’envergure Le projet va bien au-delà d’une simple réhabilitation. Il prévoit une transformation complète de l’infrastructure à travers : le renforcement du chenal Massoumbou-Japoma et la construction d’une station de pompage d’eau brute la reconstruction de la prise d’eau sur le fleuve Dibamba la mise en place d’une nouvelle station de traitement intégrant des technologies modernes, notamment la filtration membranaire l’installation d’un système de contrôle automatisé (SCADA) pour une gestion optimisée la construction de réservoirs, d’unités de traitement des eaux usées et d’équipements énergétiques de secours Ces aménagements visent à garantir une distribution plus fiable, tant en quantité qu’en qualité. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de l’Objectif de Développement Durable n°6, qui vise à assurer l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement.   Une campagne nationale pour élargir l’accès En marge de cette visite, le ministre s’est également rendu au magasin général de la CAMWATER à Koumassi, afin de vérifier la disponibilité du matériel nécessaire aux branchements : compteurs, tuyaux et kits d’installation. Cette descente s’inscrit dans le cadre de la campagne spéciale de 200 000 branchements neufs, lancée pour faciliter l’accès des populations au réseau d’eau potable. Le directeur général, Blaise Moussa, a d’ailleurs invité les particuliers et les entreprises à se rapprocher des agences commerciales pour bénéficier des facilités mises en place. À travers ces projets et initiatives, le gouvernement entend apporter une réponse concrète aux défis d’accès à l’eau potable dans les grandes villes camerounaises. L’amélioration durable du service, la modernisation des infrastructures et l’extension du réseau apparaissent désormais comme des priorités, dans un contexte où l’eau demeure un enjeu crucial de développement et de bien-être des populations. Denise Ebelle