Afrique centrale : l’ARTAC prend les rênes de l’observatoire régional des TC

Afrique centrale : l’ARTAC prend les rênes de l’observatoire régional des TC La plateforme numérique de l’Observatoire régional des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) est officiellement passée sous la responsabilité de l’Assemblée des Régulateurs des Télécommunications de l’Afrique centrale (ARTAC). La cérémonie de cession, couplée à la clôture du projet PAGIRN-PPTIC, s’est déroulée ce 3 mars à Yaoundé. Elle marque l’aboutissement de près de cinq années d’efforts en faveur de la gouvernance numérique en Afrique centrale. Lancé en août 2021 avec l’appui financier de l’Union européenne, le projet « Prospective et Planification des TIC en Afrique centrale » (PPTIC) s’inscrivait dans le cadre du Programme d’Appui à la Gouvernance des Infrastructures Régionales et Nationales (PAGIRN). Sa mise en œuvre a été assurée par le consortium formé par l’Ecole Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé (ENSPY) et l’Ecole Nationale Supérieure des Postes, Télécommunications et TIC (SUP’PTIC). L’objectif : doter les six pays concernés — Cameroun, Gabon, Congo, RCA, RDC et Tchad — d’outils fiables de planification, de données stratégiques et de compétences renforcées pour accompagner la transformation numérique de la sous-région. Des résultats tangibles Au terme des 55 mois de mise en œuvre, le projet affiche des acquis structurants : Deux cartographies régionales des besoins en TIC ; Des plans stratégiques pour les infrastructures numériques régionales et nationales ; La formation de 173 cadres des administrations publiques ; La mise en ligne de modules de formation à distance ; La création et l’opérationnalisation d’un Observatoire régional des TIC doté d’une plateforme numérique accessible au public. Véritable outil d’aide à la décision, l’Observatoire a vocation à centraliser, analyser et diffuser les données relatives aux infrastructures, aux marchés et aux compétences numériques en Afrique centrale. Une signature symbolique pour la pérennité La convention de cession a été signée par le représentant du MINEPAT, le Coordonnateur du projet et Directeur de l’ENSPY, le Pr Raoul Ayissi, ainsi que Christian Katende, Président Exécutif de l’ARTAC, qui a personnellement apposé sa signature au nom de l’institution sous-régionale. Par cet engagement, l’ARTAC s’engage à assurer la gestion durable de la plateforme, notamment à travers la mobilisation d’experts chargés de son administration et de son exploitation. Au-delà de la clôture du PAGIRN-PPTIC, la cérémonie de Yaoundé ouvre une nouvelle étape : celle d’une appropriation institutionnelle régionale de l’Observatoire. Dans un contexte où l’Afrique centrale demeure confrontée à des défis de connectivité et d’exploitation stratégique des données numériques, la pérennisation de cet outil apparaît comme un levier essentiel pour accélérer l’intégration régionale, renforcer la compétitivité des économies et soutenir le développement durable. Avec cette rétrocession à l’ARTAC, l’Afrique centrale se dote désormais d’un instrument commun pour piloter sa transformation numérique sur des bases concertées et structurées. Denise EBELLE

Julienne Mbou’ou Mvolla livre les secrets de l’éducation thérapeutique

Julienne Mbou’ou Mvolla livre les secrets de l’éducation thérapeutique   La Camerounaise , infirmière de formation vient de commettre un ouvrage intitulé:  » l’impact vérité ETP sur la PEC des maladies chroniques des enfants » ,par le truchement des éditions Ifrikiya ( collections interlignes.) Ce livre d’utilité publique soulève les mécanismes d’encadrement et d’accompagnement des enfants , des adolescents voire des adultes face aux maladies incurables. Un appel urgent à un changement de paradigme que l’auteur a lancé aux parents et aux personnels soignants lors de la cérémonie de dédicace de l’ouvrage tenue le 27 Février 2026 à la fondation Muna de Yaoundé Les maladies chroniques tels que Alzheimer , maladies de Parkinson, SIDA , Diabète etc … se dévoilent sous le signe de la fatalité. Cependant ce sort tend à masquer tout ce qu’un enfant ou un adolescent et même un adulte est capable de faire dans la prise en charge de sa santé voire des projets de vie quand il connaît de quoi il souffre et découvre son état à temps. Julienne Clarisse Mbou’ou Mvolla se pose ainsi comme un acteur de la dédramatisation dans cet ouvrage de 68 pages dont les couleurs retenues à l’instar du violet symbolise la royauté, la spiritualité, la sagesse et la profondeur tandis que le bleu évoque la conscience , la loyauté, la sérénité et la responsabilité. Dans cet enchevêtrement de couleurs que l’auteur livre le combat contre les échecs thérapeutiques, la résistance au traitement et toutes sortes d’incompréhension dans la prise en charge des patients. Une vision entre science et humanité , compétence et passion pour une révolution silencieuse appelée  » Éducation thérapeutique ». Cette notion est dévolue aux malades afin d’acquérir des compétences nécessaires pour gérer au mieux leur vie ou leur maladie:  » Il ne s’agit plus seulement de soigner la maladie mais de prendre soin d’une personne , il ne s’agit pas de transmettre les informations mais de construire avec le malade , il ne s’agit plus d’imposer mais d’accompagner » explique Julienne Clarisse Mbou’ou Mvolla. D’après le critique littéraire Jean Claude Awono, l’originalité du livre réside dans la notion  » d’ Impact ». L’ auteur stipule que même enfant , un jeune est à même de comprendre sa pathologie lorsque celle-ci lui est expliquée avec clarté dans un langage adapté à son âge. .Là où le secret médical familial est souvent renforcé par des considérations culturelles et sociales , cette approche constitue une rupture, elle promeut une obligation transparente entre parents et enfants conditions nécessaires à l’éducation thérapeutique indiqué t’il. Aussi dans la pensée de l’auteur 3 principes fondamentaux soutiennent l’éducation thérapeutique notamment l’éducabililité de tous, l’approche centrée sur la personne et le respect de la liberté et la dignité. La maladie chronique bouleverse le rapport au temps, à l’identité et à la vie elle même. Il importe de transformer l’éducation thérapeutique du patient afin que les personnes vivant avec ces maladies vivent paisiblement jusqu’à la mort . le livre éclaire , il libère , il propose une démarche structurée , adaptée aux enfants de 8 à 16 ans vivants avec la maladie . L’ambition est de redonner au malade sa place de sujet , transformer la relation soignants – soignés et mieux encore humaniser le système de santé. En somme Chez Lydienne Clarisse Mbou’ou Mvolla la finalité du livre est de pouvoir atteindre un niveau où les parents ont la possibilité d’échanger avec leurs enfants malades en multipliant en eux la chance de vivre dans une communication libre et vraie , sans mensonges ni hésitations. Il convient de préciser que l’auteur à travers son association RENACC et le concours de l’AMS s’active déjà pour la formation des jeunes sur les fondements de l’éducation thérapeutique au Cameroun. Elle milite pour que cette problématique qui est expérimentée dans les pays occidentaux soit transférable dans les formations paramédicales , d’où la mise sur pied de la société camerounaise d’éducation thérapeutique en partenariat avec la société Européenne éponyme. Julienne Clarisse Mbou’ou Mvolla qui promet pour bientôt d’autres publications dont une autobiographie, est une femme pluri dimensionnelle.. Elle a suivi une longue Formation interne des contrôleurs des prestations sociales à la CNPS , personne ressource du CNLS comme formatrice des formateurs en counselling . Elle est par ailleurs coordonnatrice et modératrice en salle virtuelle e learning à IEBL impact Ecole Biblique Internationale à Paris et s’illustre également dans l’enseignement et le syndicalisme.   Germaine Ngo Holl

Le Cameroun consolide son offensive agricole à Macfrut 2026

Le Cameroun consolide son offensive agricole à Macfrut 2026 Le Cameroun sera au rendez-vous de la 43e édition de Macfrut, prévue du 21 au 23 avril 2026 en Italie. Il s’agira de la troisième participation du pays à ce salon international majeur consacré à la filière fruits et légumes. La présence camerounaise est pilotée par la Confédération africaine des acteurs agro-pastoraux (C-3-A), en collaboration avec la Chambre d’Agriculture, des Pêches, de l’Élevage et des Forêts du Cameroun (CAPEF). L’annonce a été officialisée le 24 février lors d’un point de presse animé conjointement par le président de la C-3-A, Sa Majesté Zomba’a Doudou Armand, et le secrétaire général de la CAPEF. Au cœur de cette participation : la promotion active du « Made in Cameroon ». La CAPEF a rappelé ses missions essentielles, à savoir la promotion économique, la défense des intérêts des producteurs, l’accompagnement à la formation professionnelle et l’encouragement à l’investissement. Un appel a été lancé aux producteurs, coopératives et opérateurs économiques afin qu’ils se mobilisent massivement. L’objectif est clair : exposer le savoir-faire national, valoriser les produits agricoles et nouer des partenariats durables.   Mangue et avocat en tête d’affiche   Pour 2026, la délégation mettra particulièrement en avant deux produits phares : la mangue et l’avocat. Ces spéculations, issues des principaux bassins de production du pays, symbolisent le potentiel d’exportation du Cameroun. L’accent sera mis sur : l’amélioration du packaging ; la recherche de financements adaptés ; la structuration des circuits de commercialisation. La C-3-A entend également encourager la mise en place de magasins frigorifiques dans les zones de production afin de réduire les pertes post-récolte, particulièrement importantes en saison de mangue.   Un pavillon de 74 m² pour fédérer les acteurs   Un espace d’exposition de 74 m² a été réservé pour accueillir le « Village des acteurs agro-pastoraux ». Ce stand collectif réunira un large éventail d’intervenants : conseillers régionaux, maires, responsables de coopératives, centres de recherche, chambres consulaires et opérateurs économiques. Aux côtés du Cameroun, plusieurs pays d’Afrique centrale — notamment la République centrafricaine, le Gabon et le Tchad — prendront part à cette 43e édition, témoignant d’une volonté régionale de participer activement à ce carrefour mondial des échanges agricoles. Les organisateurs ont exprimé leur reconnaissance à l’Ambassade d’Italie au Cameroun pour les facilités accordées dans le cadre de cette participation.   Un symposium pour lier agriculture et diplomatie économique   Innovation notable cette année : l’organisation d’un symposium consacré à l’agriculture, à la sécurité alimentaire et à la diplomatie économique. Les discussions porteront également sur l’exode rural, l’immigration clandestine en Afrique centrale, les technologies agricoles, la mécanisation, la formation ainsi que les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). L’ambition est de favoriser des passerelles concrètes entre investisseurs, partenaires techniques et producteurs africains. Chaque année, Macfrut rassemble plus de 50 000 visiteurs, environ 1 500 exposants, plus de 1 500 distributeurs et acheteurs internationaux, ainsi que des partenaires techniques venus du monde entier. Pour l’édition 2026, 1 500 exposants issus de 80 pays sont déjà annoncés. À travers cette troisième participation, le Cameroun entend renforcer sa visibilité sur le marché international, attirer des investissements structurants et consolider la position de ses produits agricoles dans les circuits mondiaux.   Denise EBELLE

Cameroun : Saisie record de drogue à Douala, l’heure d’un sursaut stratégique sur le scanning des marchandises

Cameroun : Saisie record de drogue à Douala, l’heure d’un sursaut stratégique sur le scanning des marchandises La récente incinération de près de 2,5 tonnes de stupéfiants à Douala dépasse le simple fait divers. Elle marque un tournant dans la lutte contre les trafics illicites et met en lumière une problématique centrale : la maîtrise du scanning des marchandises à l’entrée du territoire camerounais.   Une démonstration de force des services nationaux Placée sous la supervision du ministre des Finances Louis Paul Motaze, l’opération de destruction des drogues saisies a illustré l’efficacité et la coordination des forces de défense et de sécurité. Cette interception massive témoigne du professionnalisme des services douaniers et sécuritaires. Elle prouve qu’avec des dispositifs opérationnels activés avec rigueur et des moyens adaptés, l’État camerounais est capable de neutraliser des réseaux criminels d’envergure. Mais derrière ce succès opérationnel, une interrogation stratégique demeure : comment une telle cargaison a-t-elle pu parvenir jusqu’au territoire national ?   Le rôle central du Port Autonome de Douala Principal point d’entrée des marchandises au Cameroun, le Port de Douala constitue le cœur névralgique des échanges commerciaux du pays. La question du scanning des conteneurs y cristallise depuis plusieurs années un débat sensible. D’un côté, une vision souverainiste défend une gestion renforcée et maîtrisée par les entités publiques nationales. De l’autre, le maintien de prestataires internationaux comme la Société Générale de Surveillance (SGS) est justifié par des arguments de performance technique et d’expérience internationale. La saisie record agit comme un révélateur : le contrôle portuaire ne peut être réduit à un simple contrat de prestation. Il relève d’un enjeu de sécurité nationale. Une capacité locale à consolider Loin de fragiliser les institutions, cette affaire met en évidence plusieurs acquis : Une expertise technique nationale confirmée, une coordination efficace entre services, une capacité d’investigation renforcée, un potentiel de modernisation sous pilotage public. Le Cameroun dispose aujourd’hui d’ingénieurs, de spécialistes en logistique portuaire et d’agents expérimentés. Investir dans des solutions de scanning placées sous contrôle national ne relèverait pas d’un repli, mais d’une stratégie de consolidation. Souveraineté ou dépendance ? La problématique ne se limite pas à l’opposition public-privé. Elle interroge l’équilibre entre partenariat et autonomie. Externaliser durablement un secteur aussi sensible que le contrôle des flux commerciaux peut générer une dépendance structurelle. À l’inverse, une gestion nationale exige transparence, audits rigoureux et investissements technologiques conséquents. Le véritable critère doit rester l’intérêt supérieur de l’État : sécurité, efficacité, traçabilité et protection des recettes douanières. Une opportunité politique à saisir La saisie de Douala offre au gouvernement une occasion stratégique de : Réévaluer les contrats de scanning à l’aune des impératifs sécuritaires, accélérer la modernisation technologique sous supervision publique, mettre en place un audit indépendant du système de contrôle portuaire, favoriser les solutions nationales compétitives, car au-delà des pertes fiscales, les enjeux sont autrement plus lourds : trafic de stupéfiants, contrebande, circulation d’armes ou de produits dangereux. La destruction des cargaisons illicites a envoyé un signal fort : l’État peut agir avec fermeté.Le défi désormais n’est plus seulement d’intercepter et d’incinérer, mais d’empêcher en amont l’entrée de flux criminels sur le territoire. La bravoure des agents camerounais appelle une décision politique à la hauteur des enjeux : faire du scanning portuaire un instrument de souveraineté assumée.Car la sécurité des frontières économiques n’est pas un marché ordinaire. Elle constitue l’un des piliers fondamentaux de la souveraineté du Cameroun. Denise EBELLE

Mboa BD Festival : la bande dessinée au service de l’urgence climatique

Mboa BD Festival : la bande dessinée au service de l’urgence climatique À l’esplanade du Monument de la Réunification, jeudi 19 février, une conférence débat a posé une question centrale : comment la bande dessinée peut-elle aider à raconter l’urgence climatique ? Organisée dans le cadre du Mboa BD Festival — ouvert depuis le 18 février et clôturé le 21 février — cette rencontre a rassemblé journalistes, bédéistes , experts at autres curieux autour de la conviction que la BD peut éclairer et sensibiliser autrement sur les défis environnementaux. Une conférence pour « rendre visible l’invisible » Dans un contexte où le Cameroun connaît des précipitations inhabituelles en pleine saison supposée sèche, parfois violentes et abondantes, la question climatique touche directement les populations. Pour la journaliste spécialisée en environnement Ange Moisette Tjega, il ne s’agit pas d’un sujet lointain, mais d’une réalité tangible : « Le climat n’est pas juste la question des Blancs. C’est une question qui nous touche directement. » Elle a souligné que la bande dessinée constitue un média particulièrement adapté pour atteindre certains publics : « Il y a des cibles pour qui la BD est plus adaptée… Même si on n’utilise pas un langage qu’ils comprennent, le langage de l’image parle. » Ange Moisette a expliqué qu’à travers l’image et le récit, il est possible de franchir les barrières du langage pour toucher des communautés comme les peuples autochtones, pour qui la forêt est un patrimoine vivant. Elle s’est d’ailleurs proposée pour aider les illustrateurs à mieux comprendre les phénomènes climatiques afin d’en faire des histoires pertinentes. Humour, dessin et pédagogie Aux côtés de la journaliste, le bédéiste suisse Herji a partagé sa réflexion sur l’impact environnemental du numérique et de l’intelligence artificielle, tout en soulignant l’importance de l’humour : « L’impact environnemental principal, c’est l’extraction des métaux nécessaires à la production des téléphones et des ordinateurs… il y a encore plein d’autres impacts liés à l’infrastructure, à la consommation d’énergie et d’eau qu’on oublie souvent. » Herji a expliqué que l’humour peut servir d’outil pédagogique : « L’humour sert à passer un contact, à toucher les gens indirectement… c’est un outil de transmission. » Dans son œuvre Ici l’Univers – Voyage en astrophysique, il combine humour et science pour rendre accessibles des concepts complexes comme la physique et la cosmologie à travers le dessin. L’autre intervenant du panel, Cidic Frank Mboumi, a mis en lumière la puissance de l’image pour rendre compréhensible rapidement des réalités complexes : « On peut illustrer des concepts très complexes par un dessin simple, résumer des situations complexes par une image compréhensible rapidement. » Parmi les projets connus de Mboumi figure Les sculptures de Sala, une bande dessinée qui a été présentée dans certains projets d’échanges et de diffusion de BD en Afrique centrale. Bien sûr, sa BD La Voix des masques était celle mise à l’honneur sur l’affiche officielle du festival, racontant le parcours d’un personnage né aveugle mais déterminé à devenir sculpteur dans un monde où l’art est central.   Des œuvres inspirantes pour prolonger le message Au-delà des débats, plusieurs œuvres BD montrent comment le neuvième art peut être un outil de sensibilisation et d’exploration de sujets complexes : Ici l’Univers – Voyage en astrophysique (Herji, 2022) — une BD qui vulgarise des concepts scientifiques via l’humour et l’image ; La Voix des masques (Cidic Frank Mboumi) — récit fictif marqué par l’imaginaire et l’identité, mis à l’honneur du festival ; Les sculptures de Sala (Cidic Frank Mboumi) — une autre création de l’auteur qui s’inscrit dans son univers artistique. Ces exemples montrent que la BD ne se limite pas au divertissement : elle peut devenir un outil pédagogique, critique et engagé. Un festival qui confirme son rayonnement Créé en 2010, le Mboa BD Festival demeure l’unique festival international de bande dessinée du Cameroun et le premier du genre en Afrique centrale. Cette 16e édition, tenue du 18 au 21 février à Yaoundé, a rassemblé une trentaine d’auteurs venant du Cameroun et de plusieurs pays, avec la Suisse comme invitée d’honneur. Outre les conférences, des ateliers, des expositions et des espaces de débat ont permis de montrer la diversité des talents et l’engouement croissant pour la BD comme outil de communication et d’éducation. Denise Ebelle

Programme d’entretien routier 2026 : 76 projets à gestion centrale annoncés

Programme d’entretien routier 2026 : 76 projets à gestion centrale annoncés Pour l’exercice 2026, le Ministère des Travaux Publics (MINTP) met en œuvre un ambitieux programme d’entretien routier à gestion centrale. Au total, 2 596,01 km de routes et 882,69 mètres linéaires d’ouvrages sont concernés. Le Programme d’Entretien Routier distingue les projets conduits en gestion centrale, sous la maîtrise d’ouvrage du MINTP, et ceux exécutés par les communes et les régions dans le cadre de la décentralisation. Des interventions variées sur l’ensemble du territoire Les 76 projets à gestion centrale comprennent : la poursuite de chantiers engagés les années précédentes ; le lancement de nouveaux travaux d’entretien ; la maintenance des bacs de franchissement ; les missions de contrôle technique ; les actions de protection du patrimoine routier ; l’entretien des ouvrages hydrauliques. Région par région : les principaux chantiers Adamaoua Les travaux porteront notamment sur le tronçon Ngaoundal (Chemin de fer) – Fébadi (Int N15A) sur la Nationale N6, pour un montant de 1 milliard de FCFA. Le traitement d’une fondrière au village Dana, au PK1+00 de la Nationale N6A (Inter RN1 Meidougou), dans la commune de Meiganga, est également prévu. *Nord* Près de 100 km seront entretenus sur l’axe Gaschiga (Int N1C) – Dembo – Daram (Limite Mayo Louti) – Dourbeye – Goloza (Limite EN). *Extrême-Nord* Les travaux concernent les tronçons Tokombéré – Méri (11,6 km) ainsi que la bretelle Méri – Col de Méri – Gadoua – Kotrada – Limite Soulédé Roua (15 km). Littoral Deux nouveaux projets sont programmés : l’entretien du tronçon Yabassi – Loum, avec aménagement des fortes pentes ; l’entretien aux produits stabilisants des axes Pont Sanaga – Carrefour SongMbengué – Inouiya (13,7 km) et Inouiya – Ngambè (12,2 km), dans la Sanaga-Maritime. Le tronçon Misaje – Weh – Wum (89 km) figure également parmi les priorités. Ouest Plusieurs axes sont concernés, notamment : Bamendjou – Batié (Int N5) (11,5 km) ; École Publique Badoumla – CETIC Babouantou – Int R0622 – Centre Babouantou – Carrefour Manga – Carrefour Basseu (Int N5) (14,2 km) ; Bandja – Fotouni Chefferie et bretelles ; Fondjanti (Inter R0601) – Chefferie Fondjanti – Bakotcha, avec construction de cinq dalots dans le département du Haut-Nkam. *Sud-Ouest* Les travaux porteront sur les tronçons : Barombi – Nature Village (Int N8) – Pung Pung Quarter (5 km) ; Rue RAZEL Junction – Mukete Estate (2 km) ; Bonakama Junction – Mukete Estate (0,8 km). Centre Trois nouveaux projets sont prévus: Nkolmelen – Obala – Batchenga – Ndjoré (40 km) ; Échangeur trompette d’Obala (Int N1) – Efok – Ezezang – Emana – Ebebda (43,81 km) ; Ngoro – Serere Yangba – Linte – Matsari ; ainsi que l’entretien aux produits stabilisants du tronçon Obala – Sa’a – Ntui (Phase 1) et de la bretelle Nkometou II – Carrefour Esson Minsan – CSI de Ngal II – Marché Nkometou (14,5 km). Est Sont programmés : Ngoura 2 – Kentzou – Limite RCA (88,6 km) ; Batouri (Int N10) – Gogadji – Fleuve Kadey (51 km) N10A ; Moloundou – Adjala – Dongoh, avec construction de 16 ouvrages d’art. Mise en œuvre et approche HIMO Les dossiers d’appel d’offres sont en cours de finalisation, en vue du lancement des procédures. Par ailleurs, l’exécution des travaux intégrera des prestations en Haute Intensité de Main-d’Œuvre (HIMO), favorisant ainsi l’emploi local dans le cadre du programme 2026. Denise Ebelle

Construction de la route Ndu–Nkambe : 31 km entièrement bitumés, 18 km d’accotements déjà traités en enduit bicouche

Construction de la route Ndu–Nkambe : 31 km entièrement bitumés, 18 km d’accotements déjà traités en enduit bicouche Après la pose, le 12 février 2026, du dernier kilomètre de la couche de roulement sur le lot 2 de la Ring Road, section Ndu–Nkambe (31 km), l’entreprise MAG SARL a franchi une étape majeure dans l’achèvement des travaux en enrobés. Au 23 février 2026, les équipes poursuivent les travaux de finition avec la mise en œuvre de l’enduit superficiel bicouche sur les accotements. À ce jour, 18 km ont déjà été réalisés, conformément au planning d’exécution. Cette technique consiste à appliquer successivement deux couches de liant bitumineux et de granulats sur les accotements, afin d’améliorer l’adhérence, de renforcer la résistance de la chaussée face aux agressions climatiques et de prolonger sa durabilité sous l’effet du trafic. Les accotements concernés présentent une largeur de 1,5 mètre de part et d’autre de la chaussée. Les travaux sont actuellement exécutés entre les points kilométriques PK 49+000 et PK 39+000. Avec l’achèvement complet de la couche de roulement, les travaux en enrobés sont désormais finalisés. Les prestations restantes portent sur la signalisation routière, la finition des accotements ainsi que les autres aménagements liés à la sécurité des usagers. Ce chantier marque ainsi une avancée significative dans l’amélioration de la connectivité et de la mobilité dans cette zone stratégique.

Pont sur la Dibamba : des mesures urgentes pour garantir la durabilité de l’ouvrage

  Pont sur la Dibamba : des mesures urgentes pour garantir la durabilité de l’ouvrage À la suite des vibrations récemment constatées sur le pont sur la Dibamba, le Ministre des Travaux Publics a ordonné la mise en œuvre de mesures correctives immédiates afin d’assurer la pérennité de l’infrastructure et la sécurité des usagers. Les travaux prescrits concernent principalement le remplacement des joints de dilatation défectueux ainsi que le traitement de la couche de roulement du tablier. Dans le souci de mieux encadrer la circulation durant l’intervention, il a également été demandé l’installation de panneaux de signalisation annonçant les travaux, de panneaux limitant la vitesse à 20 km/h, ainsi que la pose de ralentisseurs de part et d’autre de l’ouvrage. Ces prescriptions ont été adressées, le 22 février 2026, à l’entreprise MAG SARL, chargée d’exécuter ces travaux légers. Cette décision fait suite à une mission d’inspection diligentée par le Ministre des Travaux Publics, appuyée par une expertise technique menée conjointement par les équipes du Laboratoire National de Génie Civil et celles du Ministère. Les premières conclusions ont révélé un comportement anormal des joints de chaussée, la présence de fissures sur la culée côté Est et une dégradation localisée de la couche de roulement. Ces éléments, combinés au passage répété de véhicules lourds, sont à l’origine des vibrations observées. Il convient toutefois de rassurer les usagers : la structure générale du pont demeure stable et ne présente aucun danger pour la circulation. Les mesures engagées visent avant tout à prévenir toute dégradation supplémentaire et à maintenir la qualité de service de cet ouvrage stratégique. Si vous le souhaitez, je peux également vous proposer une version plus journalistique ou plus institutionnelle selon le support de publication (communiqué officiel, article de presse, post réseaux sociaux).

Chômage des femmes de plus de 40 ans : une crise silencieuse au Cameroun

La Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) place l’inclusion socio-économique des couches vulnérables au cœur de ses priorités au Cameroun. Mais une bonne frange de la population féminine camerounaise semble reléguée aux marges du marché du travail. Les femmes âgées de plus de quarante ans, particulièrement celles assumant une charge familiale en situation monoparentale, se heurtent à un mur de difficultés quasi infranchissables.  « Je suis une femme de 45 ans, mère de trois enfants, et je suis au chômage depuis plus de deux ans, témoigne Marie, résidente à Yaoundé, le regard las. J’ai postulé à d’innombrables offres d’emploi, mais la réponse est invariable : mon âge est un frein, ou mes compétences ne correspondent pas aux attentes du moment. C’est d’un découragement sans nom. » Le fardeau est plus lourd encore pour les mères seules. Sophie, habitante de Douala, partage son calvaire : « Divorcée, je dois subvenir seule aux besoins de mes deux enfants. Les employeurs hésitent à m’embaucher, craignant sans doute que mes responsabilités familiales n’entravent ma disponibilité. Et comment pourrais-je accepter un emploi, même si on m’en proposait un, sans pouvoir assumer le coût d’une nourrice ? C’est un cercle vicieux. »   Plus de 70% de plus de 40 ans au chômage Les données disponibles dressent un tableau préoccupant. Bien que les chiffres sur le chômage des jeunes (18-35 ans) oscillent entre 36 % et 39 % dans le monde, la situation des quadragénaires et quinquagénaires, moins documentée, n’en est pas moins alarmante. Selon une étude de référence, plus de 70 % des femmes de cette tranche d’âge seraient en situation de chômage, un taux plus de deux fois supérieur à celui des hommes du même âge. Cette statistique, si elle est confirmée par des enquêtes approfondies, révèle l’ampleur d’une crise silencieuse. Cette mise à l’écart renferme de multiples causes qui s’enchevêtrent. L’obsession des recruteurs pour la jeunesse, érigée en principal critère de sélection, constitue le premier obstacle. Les programmes gouvernementaux d’insertion, tel que le célèbre dispositif « Un jeune, Un Métier, Un Emploi » (JEME), fixent implicitement ou explicitement une limite d’âge à 40 ans, excluant de facto les candidates plus âgées de ces mécanismes d’accompagnement et de financement public. Par ailleurs, le manque d’un réseau professionnel efficient et l’obsolescence perçue de leurs compétences dans un marché en mutation rapide aggravent leur situation. L’accès aux formations de reconversion professionnelle, souvent onéreuses, relève du luxe inaccessible pour des femmes aux revenus précaires.   Et celles de la diaspora La situation des Camerounaises de retour au bercail après une expérience professionnelle à l’étranger est tout aussi édifiante. Le parcours du combattant pour la réinsertion concerne aussi les membres de la diaspora, qui malgré une expertise acquise hors du continent, se heurtent aux mêmes préjugés . « J’ai passé dix ans à travailler en Europe, forte d’un parcours dont je suis fière », confie une quinquagénaire revenue au Cameroun. « Pourtant, je n’ai pas réussi à décrocher le moindre entretien concluant. Ici, on préfère miser sur un jeune diplômé, que l’on croit plus malléable et moins exigeant, plutôt que de miser sur l’expérience et la maturité. » Contrairement à certains pays voisins tels que le Gabon et le Nigeria, qui commencent à explorer l’assurance-chômage, le système camerounais repose encore sur la solidarité familiale et l’épargne personnelle pour pallier l’absence de filet de sécurité étatique. Au Cameroun, l’indemnité de chômage (un revenu versé périodiquement par l’État ou un organisme social après la perte d’un emploi) n’existe pas dans le système de sécurité sociale actuel. Arnaud Kevin Ngano  

Coopération Cameroun – BID : de nouveaux engagements pour accélérer les chantiers routiers stratégiques

Coopération Cameroun – BID : de nouveaux engagements pour accélérer les chantiers routiers stratégiques La coopération entre le Cameroun et la Banque islamique de développement (BID) s’intensifie autour des infrastructures routières, pilier essentiel de la transformation économique du pays. Le 18 février 2026 à Yaoundé, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a reçu une délégation de la Banque islamique de développement (BID) pour faire le point sur les projets en cours et identifier de nouvelles priorités. Conduite par Hammad Hundal, directeur du hub régional d’Abuja, la mission comprenait également Oussema Trigui, Country Operation Manager pour le Cameroun, le Tchad et le Niger, Bekzod Permanov, Operation Team Leader, ainsi que Mohamadou Awal, Field Representative. Les échanges ont porté sur le renforcement de la connectivité nationale, le désenclavement des zones de production et la consolidation de l’intégration sous-régionale. Un partenariat au service de la modernisation du réseau routier Au cours de l’audience, le ministre a présenté un état d’avancement détaillé des projets financés par la BID, qu’ils soient achevés, en cours d’exécution ou en préparation. Il a souligné que l’amélioration du réseau routier demeure un levier déterminant pour stimuler la croissance, fluidifier les échanges commerciaux et améliorer les conditions de vie des populations. Parmi les réalisations déjà livrées figurent les axes Lena–Nsengbe–Tibati–Ngatt (167,3 km) et Olama–Bingambo (106 km). Au-delà de la construction des routes, ces projets ont intégré des infrastructures socio-économiques destinées à renforcer leur impact local. Résultat : une réduction significative des temps de trajet et un meilleur accès aux marchés pour les producteurs ruraux. Des projets structurants en phase de lancement Deux chantiers majeurs s’apprêtent à entrer en phase opérationnelle : la phase II de la route Batchenga–Ntui–Yoko–Lena–Tibati–Ngaoundéré et la réhabilitation de l’axe Douala–Bafoussam. Ce dernier constitue un corridor stratégique reliant le port de Douala aux régions des hauts plateaux de l’Ouest, zone à forte activité agricole et commerciale. D’autres projets prioritaires sont en cours d’études ou de mobilisation de financements, notamment les axes Mamfé–Akwaya, Yaoundé–Bertoua–Garoua Boulaï et Pont de la Mape–Banyo–Tibati–Meiganga. Ces infrastructures visent à renforcer la cohésion territoriale et à soutenir l’intégration économique nationale. l’intégration régionale La BID a réitéré sa volonté d’accompagner le Cameroun dans le développement du corridor Douala–Bangui, maillon essentiel des échanges entre le Cameroun et la République centrafricaine. L’institution s’est également dite disposée à soutenir le financement de la route Mamfé–Akwaya, sous réserve de la finalisation des études techniques nécessaires. Au-delà des considérations techniques et financières, l’enjeu demeure profondément humain. Faciliter la mobilité, rapprocher les bassins de production des centres de consommation, améliorer l’accès aux services sociaux de base : autant d’objectifs qui confèrent à ces projets une dimension stratégique. Dans un contexte où la qualité des infrastructures conditionne l’attractivité et la compétitivité d’un pays, la coopération entre le ministère des Travaux publics et la Banque islamique de développement s’affirme comme un instrument clé de la politique nationale de développement et d’intégration régionale. Denise Ebelle