Innovation, intelligence artificielle, électromobilité : la Diaspora camerounaise dévoile ses projets pour accompagner le développement du pays

Innovation, intelligence artificielle, électromobilité : la Diaspora camerounaise dévoile ses projets pour accompagner le développement du pays La mobilisation des compétences de la Diaspora camerounaise était au centre d’une rencontre entre le Rémapsen Cameroun et les promoteurs d’Horizon Cameroun, organisée le 14 juin 2026 en marge du Salon Promote. Au cours de cet échange avec les professionnels des médias, plusieurs initiatives destinées à rapprocher les talents camerounais établis à l’étranger des besoins du pays ont été présentées. Intelligence artificielle, transformation numérique, santé numérique, agriculture intelligente ou encore électromobilité : autant de secteurs identifiés comme des leviers d’accélération du développement. Longtemps considérée comme une perte de compétences pour le pays d’origine, la migration est aujourd’hui perçue autrement par plusieurs acteurs. La Diaspora représente désormais un potentiel d’expertise, d’innovation, de réseaux et d’investissement capable de contribuer aux transformations économiques du Cameroun. Horizon Cameroun, une passerelle entre talents et opportunités Au cœur des initiatives présentées figure Horizon Cameroun, une plateforme qui ambitionne de connecter les Camerounais du monde avec les entreprises, les universités, les institutions et les porteurs de projets locaux. L’objectif est de créer un écosystème où les compétences acquises à l’étranger peuvent être mises au service des priorités nationales, à travers des partenariats, des formations et des projets structurants. La plateforme intervient notamment dans des domaines considérés comme stratégiques pour l’avenir du pays, parmi lesquels l’intelligence artificielle, le numérique, la santé connectée, l’agriculture intelligente artificielle. L’un des projets majeurs présentés concerne la création à Douala d’un centre de formation professionnelle en intelligence artificielle. Cette structure vise à offrir aux jeunes des compétences pratiques dans un secteur en pleine expansion, en privilégiant une approche professionnelle adaptée aux besoins des entreprises et de l’économie numérique. « Former nos jeunes en intelligence artificielle est incontournable. Il faut commencer avec des centres de formation professionnels techniques capables de répondre aux besoins actuels », explique Oussoumanou Sehou, entrepreneur basé au Canada. Pour lui, l’enjeu n’est pas seulement de suivre une tendance technologique, mais de préparer dès maintenant les ressources humaines capables d’utiliser l’intelligence artificielle dans la santé, l’éducation, l’administration publique ou encore l’entrepreneuriat. L’électromobilité, un nouveau chantier d’avenir Autre axe présenté : l’électromobilité. Horizon Cameroun entend accompagner le Cameroun dans l’anticipation des mutations liées aux transports durables. La démarche prévoit notamment le développement de compétences dans la conception, l’entretien des véhicules électriques et la maîtrise des infrastructures de recharge. « Dire que le Cameroun doit déjà prendre le virage électrique serait prétentieux, mais il faut commencer à s’y préparer », estime Oussoumanou Sehou. Selon lui, plusieurs pays africains ont déjà engagé cette transition. Le Cameroun pourrait se positionner comme un acteur important en Afrique centrale en investissant dans la formation et l’innovation autour de ce secteur. Montréal 2026, une étape vers des partenariats concrets Cette dynamique se poursuivra le 14 novembre 2026 à Montréal avec Horizon Cameroun 2026, un rendez-vous international qui réunira investisseurs, chercheurs, entrepreneurs, étudiants et institutions. L’objectif affiché est d’aller au-delà des rencontres de réseautage pour favoriser des collaborations concrètes entre le Cameroun et ses partenaires internationaux. « Nous connectons déjà certaines entreprises canadiennes avec des entreprises camerounaises. Avec les universités, le travail avance également autour de programmes de double diplomation. L’objectif est de sortir avec des projets, des contrats et des financements », précise Oussoumanou Sehou. Give Back to Mama, accompagner les talents à impact Cette dynamique rejoint la vision portée par Give Back to Mama, initiative mise en avant par Samuel Ervél Mandeng, qui milite pour une meilleure valorisation des compétences camerounaises à travers le monde. Le mouvement défend une approche fondée sur le « retour par l’impact », en mettant en lumière des profils capables d’apporter des solutions innovantes au développement du pays. Fort de son expérience dans l’accompagnement entrepreneurial à Montréal, Samuel Ervél Mandeng estime que de nombreux Camerounais développent déjà des expertises utiles et doivent être davantage connectés aux opportunités nationales. Dans le cadre du programme Give Back to Mama prévu du 22 juillet au 22 août 2026, l’expertise d’Oussoumanou Sehou dans le domaine de l’intelligence artificielle sera également mise à contribution. À travers la rencontre Rémapsen Cameroun – Horizon Cameroun, l’enjeu n’était donc pas seulement de présenter des projets, mais de montrer comment les compétences de la Diaspora peuvent devenir un moteur de transformation. En misant sur la formation, l’innovation et les partenariats internationaux, les promoteurs veulent faire émerger une nouvelle dynamique où les talents camerounais, où qu’ils se trouvent, participent à la construction d’un Cameroun plus connecté, compétitif et tourné vers les opportunités du futur.Cette version est plus équilibrée : l’événement est posé dès l’introduction, les projets deviennent le fil conducteur, et la chute revient naturellement sur Rémapsen-Horizon.

2 442 km de routes bitumées et 833 km réhabilités : le MINTP dresse le bilan de la SND30

SAGO 2026 2 442 km de routes bitumées et 833 km réhabilités : le MINTP dresse le bilan de la SND30 A mi-parcours de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), le Cameroun affiche des avancées significatives dans le secteur routier. C’est ce qui ressort de la conférence publique animée le 11 juin 2026 au Salon de l’Action gouvernementale (SAGO) par le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi. Entre réalisations, contraintes et perspectives, le membre du gouvernement a présenté l’état d’avancement des projets routiers engagés à travers le pays. Près de 2 442 kilomètres de routes bitumées réalisés et environ 833 kilomètres de routes dégradées réhabilités. Ces chiffres traduisent les performances enregistrées dans le secteur routier à mi-parcours de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030. Ils ont été dévoilés par le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, au cours d’une conférence publique organisée le 11 juin 2026 au Salon de l’Action gouvernementale (SAGO 2026). Face aux professionnels des médias, aux visiteurs du Salon et aux différents acteurs du secteur, le ministre a présenté les avancées réalisées ainsi que les défis qui subsistent dans l’exécution des projets routiers. Il a rappelé que le développement des infrastructures routières demeure un levier essentiel de croissance économique, d’intégration nationale et de cohésion territoriale. Selon lui, les actions menées par son département ministériel participent à la concrétisation des engagements du président de la République, Paul Biya, dans le cadre de la SND30. Le ministre a particulièrement mis en lumière les progrès enregistrés au cours des cinq dernières années. Le linéaire des routes bitumées est passé de 8 498 kilomètres en 2020 à près de 10 939 kilomètres à la fin de l’année 2025, soit une augmentation de plus de 2 400 kilomètres et une moyenne annuelle supérieure à 488 kilomètres de routes revêtues. Au cœur de cette dynamique figure le réseau routier structurant, présenté comme la priorité des interventions du ministère. Ce réseau vise à renforcer la connectivité entre les régions, à fluidifier les échanges économiques et à améliorer la mobilité des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire national. Malgré ces avancées, plusieurs contraintes continuent d’affecter le rythme d’exécution des projets. Emmanuel Nganou Djoumessi a cité l’insécurité dans certaines zones d’intervention, les lourdeurs liées à la mobilisation des financements, les délais de passation des marchés, les difficultés de trésorerie rencontrées par certaines entreprises ainsi que l’insuffisance des ressources consacrées à l’entretien routier. Pour la suite, le ministre a assuré que les actions engagées depuis le début de l’année 2026 s’inscrivent dans la mise en œuvre des Très Hautes Prescriptions du président de la République. Les priorités restent l’extension du réseau routier structurant, l’amélioration de la qualité des infrastructures et le renforcement de la connectivité entre les territoires afin d’accompagner les ambitions de développement économique du Cameroun.

MÉDIAS ET CHANGEMENT SOCIAL : LES JOURNALISTES APPELÉS À DEVENIR DES ACTEURS DE TRANSFORMATION

MÉDIAS ET CHANGEMENT SOCIAL : LES JOURNALISTES APPELÉS À DEVENIR DES ACTEURS DE TRANSFORMATION Les médias camerounais sont appelés à jouer un rôle plus actif dans la transformation des comportements sociaux. C’est le principal message adressé aux professionnels de l’information réunis le 11 juin 2026 à Yaoundé, lors d’un Café médias consacré à la vulgarisation de la Stratégie nationale pour le changement social et de comportement (SNSCC). Pendant deux heures d’horloge, une quarantaine de journalistes ont échangé avec des responsables gouvernementaux et des spécialistes de la communication pour le développement autour des défis liés à la protection sociale, à la santé publique, à l’éducation, à la nutrition et à l’hygiène. Autant de problématiques qui continuent de freiner le développement de nombreuses communautés. Au-delà de la présentation du document stratégique, les organisateurs ont insisté sur la responsabilité des médias dans la promotion de comportements favorables au bien-être collectif. Pour Suzanne Zogo, directrice de la Communication publique intérieure au ministère de la Communication, la stratégie constitue un véritable outil d’orientation pour les acteurs de la communication engagés dans les actions de développement. Élaboré pour la période 2025-2030, ce document propose des approches et des méthodes destinées à influencer durablement les attitudes et les pratiques des populations. Il est le fruit d’une collaboration entre plusieurs administrations publiques, sous la coordination du ministère de la Communication, avec l’appui du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Les échanges ont également mis en lumière la nécessité pour les journalistes de renouveler leurs méthodes de traitement des questions sociales. Claire Soppo, spécialiste de la communication pour le développement, a notamment encouragé les professionnels des médias à sortir des approches classiques afin de produire des contenus davantage orientés vers l’impact et le changement de comportement. Autre recommandation forte : tenir compte des réalités locales. Pour Virginie Abessolo Essi, chef de la cellule de la coopération au ministère des Affaires sociales, les journalistes doivent s’approprier la stratégie tout en l’adaptant aux spécificités des territoires qu’ils couvrent. Selon elle, l’efficacité de la communication repose sur une bonne compréhension des contextes sociaux, culturels et économiques propres à chaque communauté. À travers cette rencontre, les pouvoirs publics entendent faire des médias des partenaires privilégiés de la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour le changement social et de comportement. Une démarche qui place désormais l’information au cœur des mécanismes de transformation sociale et de développement du Cameroun. Denise Ebelle

SUR LE CHEMIN D’UNE MEILLEURE PRISE EN CHARGE DES DRÉPANOCYTAIRES

SUR LE CHEMIN D’UNE MEILLEURE PRISE EN CHARGE DES DRÉPANOCYTAIRES À quelques jours de la célébration de la Journée mondiale de la drépanocytose, le Centre Hospitalier African Genesic Health (CH-AGH) et la Zita Nadège Foundation ont choisi d’agir en amont. Le 11 juin 2026, les deux structures ont réuni médecins et personnels soignants autour d’une session de renforcement des capacités destinée à améliorer le suivi et la prise en charge des personnes vivant avec cette maladie génétique. Si la drépanocytose demeure l’une des affections héréditaires les plus fréquentes en Afrique, son suivi reste confronté à de nombreux défis, notamment l’accès aux soins spécialisés, la prévention des complications et l’accompagnement des familles les plus vulnérables. C’est pour répondre à ces enjeux que cette formation a été organisée dans le cadre d’une semaine d’activités de sensibilisation précédant la commémoration du 19 juin. Selon Gabriel Mbarga, responsable des programmes au CH-AGH, le thème retenu cette année met l’accent sur la réduction des inégalités dans le suivi des patients. Il explique que la Zita Nadège Foundation développe un programme d’accompagnement destiné aux personnes drépanocytaires et à leurs familles, avec une attention particulière portée aux ménages les plus modestes afin que chacun puisse bénéficier d’une prise en charge adaptée. Au-delà des connaissances théoriques, la formation a permis d’aborder les réalités du terrain. Les participants ont revisité les manifestations de la maladie, les stratégies thérapeutiques disponibles dans le contexte local ainsi que les difficultés rencontrées dans la pratique quotidienne. Pour le Dr Etoundi Evengue, médecin-chef et formateur, la prise en charge de la drépanocytose ne saurait se limiter aux traitements médicamenteux. Elle doit également intégrer les dimensions psychologiques et sociales du patient. Les infirmiers, souvent en première ligne, occupent à cet effet une place centrale dans l’accompagnement global des malades. Cette démarche vise également à harmoniser les pratiques au sein des équipes soignantes. Une meilleure coordination des interventions permet en effet de réagir plus efficacement lors des crises drépanocytaires et de prévenir les complications qui peuvent compromettre la qualité de vie des patients. Pour les responsables du CH-AGH, investir dans la formation du personnel constitue une étape essentielle avant le lancement prochain du projet d’accompagnement des personnes drépanocytaires porté avec la Zita Nadège Foundation. Les compétences acquises permettront aux équipes médicales et paramédicales d’intervenir avec davantage d’efficacité auprès des bénéficiaires. À travers cette initiative, le Centre Hospitalier African Genesic Health réaffirme sa volonté de contribuer à l’amélioration durable de la prise en charge de la drépanocytose, une maladie qui continue d’affecter des milliers de familles et qui nécessite une mobilisation permanente des acteurs de santé. Denise Ebelle

FISCALITÉ LOCALE : LA DIGITALISATION POUR RENFORCER LES FINANCES DES COLLECTIVITÉS

FISCALITÉ LOCALE : LA DIGITALISATION POUR RENFORCER LES FINANCES DES COLLECTIVITÉS La conformité fiscale désormais connectée au respect des obligations locales Le ministère des Finances a présenté, ce 10 juin au Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO), les avancées de la digitalisation de l’administration fiscale et son apport dans la mobilisation des recettes au profit des collectivités territoriales décentralisées (CTD). Devant un public composé d’opérateurs économiques, d’hommes et de femmes des médias, d’enseignants, de fonctionnaires et de visiteurs du SAGO, le ministère des Finances a apporté des éclairages sur le lien entre la transformation numérique de la fiscalité, le renforcement des ressources des collectivités territoriales décentralisées et l’exigence de l’attestation de conformité fiscale. Présentant la communication, Tocke Adrien, chef de division DERFP à la Direction générale des impôts (DGI), a expliqué que l’administration fiscale a enregistré d’importantes avancées au cours des dix dernières années grâce à la digitalisation de ses procédures. L’immatriculation des contribuables, les déclarations fiscales, le paiement des impôts, le recouvrement et le traitement du contentieux font désormais partie des processus modernisés. Selon lui, ces progrès réalisés au bénéfice de l’État central doivent également profiter aux collectivités territoriales décentralisées. Cette orientation s’inscrit dans le cadre de la réforme de la fiscalité locale consacrée par la loi du 23 décembre 2024. Cette réforme prévoit que l’administration fiscale et l’administration des douanes mettent leurs outils et leurs avancées numériques au service de la mobilisation des recettes locales. L’objectif est de renforcer les ressources disponibles pour les collectivités et de consolider leur autonomie financière. Avec la mise en place effective de l’échelon régional dans le processus de décentralisation, l’organisation territoriale comprend désormais les communes, les communautés urbaines et les régions. Pour le responsable de la DGI, il serait difficilement envisageable que chaque collectivité mette en place ses propres services de recouvrement. Une telle organisation pourrait également compliquer les démarches des contribuables. D’où le choix de s’appuyer sur les administrations de recettes que sont la Direction générale des impôts et la Direction générale des douanes, afin que les outils numériques développés bénéficient directement aux collectivités territoriales décentralisées. Autre point important évoqué : le lien entre le respect des obligations fiscales et l’attestation de conformité fiscale. Désormais, le paiement des taxes et redevances dues aux collectivités est pris en compte dans le processus de conformité. Ainsi, un contribuable qui ne se serait pas acquitté de certaines obligations locales pourrait ne pas obtenir cette attestation, document exigé dans plusieurs démarches administratives. Pour les entreprises, cette pièce demeure notamment nécessaire dans plusieurs procédures encadrées avec certains partenaires ou institutions. À travers cette évolution, le ministère des Finances entend améliorer la mobilisation des recettes locales, simplifier les procédures pour les usagers et donner aux collectivités territoriales des moyens financiers plus importants pour accompagner le développement local.   Le MINFI au SAGO : rapprocher l’administration financière des citoyens Cette présentation s’inscrit dans la dynamique de proximité engagée par le ministère des Finances à travers sa participation au Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO) 2026. Pour Marie Joseph Mballa, chargée d’études à la Division de la communication et des relations publiques du ministère des Finances, cette présence constitue une opportunité d’échanges directs entre l’administration et les citoyens. « À l’occasion du Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO) 2026, le ministère des Finances se rapproche davantage des citoyens en mettant ses principaux services à leur disposition », explique-t-elle. Elle indique que cette initiative permet aux visiteurs de mieux comprendre l’action du ministère, notamment la gestion des impôts, l’utilisation des recettes publiques, ainsi que les procédures relatives à la solde, aux pensions et aux opérations douanières. La responsable de la communication précise que les différentes administrations du MINFI, notamment la Direction générale des impôts, la Direction générale des douanes, le Trésor, le Budget et les autres structures spécialisées, sont mobilisées pendant le salon pour accueillir les usagers, répondre à leurs préoccupations et les orienter. Au-delà de l’information du public, Marie Joseph Mballa souligne que la participation du ministère au SAGO traduit la volonté de renforcer la transparence de l’action publique et de favoriser une meilleure compréhension des politiques financières mises en œuvre par l’État. Le SAGO apparaît ainsi comme un cadre d’échanges permettant au ministère des Finances de présenter ses réformes, dont la digitalisation fiscale, tout en consolidant le dialogue avec les populations. Denise Ebelle

Or camerounais : l’État veut reprendre le contrôle d’un secteur qui échappe encore à la nation

Or camerounais : l’État veut reprendre le contrôle d’un secteur qui échappe encore à la nation La bataille pour la maîtrise des ressources minières camerounaises est lancée. Au centre des préoccupations du gouvernement : l’écart entre les quantités réellement produites dans les zones d’exploitation aurifère et celles déclarées officiellement, une situation qui représente un manque à gagner pour l’État. Face au public du Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO 2026), le 9 juin, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique a placé la restructuration de l’exploitation artisanale et semi-mécanisée au cœur des priorités. Selon le membre du gouvernement, une partie de l’or extrait du sous-sol camerounais ne correspondrait pas aux volumes déclarés à l’extérieur. Pour lui, cette différence traduit des insuffisances dans les mécanismes actuels de production, de collecte et de traçabilité. La réforme engagée vise donc à mieux encadrer le secteur. L’État veut notamment imposer des critères plus stricts aux opérateurs semi-mécanisés, afin de s’assurer que les exploitations disposent de capacités réelles de production et contribuent effectivement aux recettes publiques. Le ministre a également rappelé la place que doivent occuper les nationaux dans cette activité. Pour l’exploitation semi-mécanisée, les Camerounais doivent détenir au moins 51 % des intérêts conformément aux règles en vigueur. Selon lui, les pratiques illégales entraînent au contraire une perte de contrôle des acteurs camerounais sur leurs propres ressources. La riposte est déjà engagée sur le terrain judiciaire. Le ministre a indiqué que 110 sociétés, parmi celles identifiées lors des opérations de contrôle, ont été traduites devant les tribunaux de l’Est et de l’Adamaoua. L’objectif affiché par le gouvernement est d’assainir le secteur et de rétablir un cadre plus transparent. Cette volonté de reprise en main intervient alors que le Cameroun veut accélérer son entrée dans une nouvelle phase minière. Le ministre a rappelé que le pays est désormais engagé dans plusieurs grands projets structurants. Parmi eux figurent les projets de fer de Grand Zambi, des Mamelles de Kribi porté par Sinosteel, ainsi que le projet de bauxite de Minim-Martap. Ce dernier est présenté comme l’un des chantiers les plus avancés, avec des travaux déjà engagés sur les volets transport, mine et terminal minéralier. Les premières exportations de bauxite sont annoncées pour septembre 2026. Le gouvernement a également évoqué plusieurs projets aurifères en développement, notamment dans les régions septentrionales, qui devraient contribuer à diversifier les revenus issus des ressources extractives. À travers ces investissements et la réforme du secteur artisanal, l’ambition affichée est de faire des mines un véritable moteur de croissance et d’industrialisation. Mais le premier défi reste de garantir que la richesse produite dans les profondeurs du pays bénéficie pleinement à l’économie nationale. Denise Ebelle

La Douane camerounaise et la Banque mondiale renforcent leur partenariat pour fluidifier le corridor Douala-N’Djamena

La Douane camerounaise et la Banque mondiale renforcent leur partenariat pour fluidifier le corridor Douala-N’Djamena Le Directeur général des Douanes camerounaises, FONGOD Edwin NUVAGA, a accordé une audience, le 6 juin, à une mission de la Banque mondiale conduite par Jean Philippe Garçon, spécialiste principal en transport et responsable du Projet d’amélioration de la performance du corridor Douala-N’Djamena (PCDN) pour le compte de l’institution financière internationale. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de l’appui de la Banque mondiale à la mise en œuvre de ce projet stratégique visant à améliorer les échanges commerciaux et la mobilité des marchandises entre le Cameroun, le Tchad et la République centrafricaine. Selon Jean Philippe Garçon, le PCDN comporte plusieurs volets, notamment l’accompagnement de l’État camerounais dans le secteur ferroviaire, avec la réhabilitation de la voie ferrée entre Douala et Yaoundé, ainsi qu’un important axe consacré à la facilitation du commerce. Dans ce dispositif, la Douane camerounaise occupe une place centrale. L’appui prévu vise notamment à renforcer la fluidité du transport des biens et marchandises, à travers une meilleure coordination avec les administrations douanières des pays voisins. « La Douane a un rôle moteur à jouer dans l’interconnexion avec ses homologues tchadiens et centrafricains afin de garantir un meilleur suivi des marchandises, du port jusqu’à leur destination finale », a expliqué le responsable du projet. L’objectif est de réduire les délais de transit, de diminuer les coûts liés au transport et de rendre les échanges plus compétitifs, tout en favorisant une mobilisation accrue des recettes au profit de l’État camerounais. Cette audience intervient après une mission conjointe menée récemment au Tchad, au cours de laquelle les équipes du projet ont rencontré les administrations partenaires. Une étape qui devrait permettre d’accélérer les actions en faveur de la facilitation du commerce et de la modernisation du corridor Douala-N’Djamena.

Mutuelle nationale du Budget : une nouvelle assurance sociale pour renforcer la performance des agents publics

Mutuelle nationale du Budget : une nouvelle assurance sociale pour renforcer la performance des agents publics La Mutuelle nationale du Budget veut franchir un nouveau cap dans l’accompagnement de ses membres. Elle a signé, le 4 juin 2026, des conventions de partenariat avec les compagnies Belife Insurance Général et Chanas Assurances, ouvrant la voie à un dispositif renforcé de couverture sociale au profit des personnels de gestion du programme budgétaire. À travers ces accords, les mutualistes bénéficieront désormais de garanties portant notamment sur l’assurance maladie, l’assurance individuelle accident ainsi que la prise en charge des frais funéraires. Une avancée présentée comme une réponse concrète aux préoccupations quotidiennes des agents et à la nécessité de mieux les protéger face aux aléas de la vie. Présidant la cérémonie, le Directeur général du Budget, Édou Alo’o Cyrill, a placé cette initiative au-delà d’un simple engagement contractuel. Pour lui, cette démarche traduit une vision nouvelle de la gestion des ressources humaines dans l’administration publique : celle d’une protection sociale capable de soutenir durablement la performance des institutions. « Aucun système, aussi performant soit-il, ne peut produire des résultats durables lorsque les femmes et les hommes qui le portent évoluent dans un climat d’incertitude, de stress et de précarité sociale », a-t-il relevé. Au cœur du pilotage des finances publiques, les agents du programme budgétaire sont soumis à des exigences élevées. Élaboration du budget de l’État, suivi de l’exécution des dépenses, analyse des performances publiques, programmation pluriannuelle et accompagnement des réformes : autant de missions qui nécessitent disponibilité, rigueur et capacité d’adaptation. Pour le DGB, un environnement social sécurisé constitue donc un facteur déterminant d’efficacité administrative. « Lorsque les agents se sentent protégés, soutenus et valorisés, ils développent un niveau supérieur d’engagement, de motivation et d’efficacité », a-t-il expliqué. Les conventions signées viennent ainsi instaurer des mécanismes destinés à améliorer le quotidien des mutualistes. L’assurance maladie doit permettre de réduire la pression liée aux dépenses de santé, tandis que les garanties accident et funéraires visent à apporter un soutien financier dans des moments particulièrement sensibles. Une démarche qui, selon Édou Alo’o Cyrill, participe à la construction d’une administration plus résiliente et mieux préparée à accompagner les objectifs de développement du Cameroun. Une responsabilité partagée pour garantir l’efficacité du dispositif Si la signature des conventions marque une étape importante, le Directeur général du Budget a rappelé que la réussite du partenariat dépendra surtout de sa mise en œuvre effective. Aux compagnies partenaires, il a demandé davantage de célérité, de proximité et d’efficacité dans le traitement des dossiers. « Une assurance n’a de véritable valeur que lorsqu’elle répond présente au moment où le bénéficiaire en a réellement besoin », a-t-il insisté. Les mutualistes ont également été appelés à s’approprier ce nouvel outil de protection sociale, tout en respectant les procédures établies afin de préserver la pérennité du système. Le Comité national de gestion de la mutuelle et ses démembrements auront, quant à eux, un rôle clé dans le suivi du dispositif, la coordination avec les assureurs et la prise en compte des préoccupations des adhérents. À travers ce partenariat, la Mutuelle nationale du Budget affirme ainsi une orientation stratégique : faire du bien-être des agents un levier de mobilisation, de stabilité et de performance au service de l’action publique.

Violences contre les enfants et féminicides : le gouvernement promet une riposte implacable

Violences contre les enfants et féminicides : le gouvernement promet une riposte implacable Face à la recrudescence des violences sexuelles, des infanticides et des féminicides qui bouleversent l’opinion publique camerounaise depuis plusieurs semaines, le gouvernement est sorti de son silence. Au cours d’une conférence de presse conjointe tenue ce lundi au ministère de la Communication, les ministres de la Communication, de la Promotion de la Femme et de la Famille et des Affaires sociales ont réaffirmé la détermination de l’État à protéger les personnes vulnérables et à sanctionner sévèrement les auteurs de ces crimes. Cette prise de parole intervient dans un contexte marqué par une forte émotion nationale provoquée par plusieurs affaires particulièrement choquantes. Parmi elles, le viol présumé de la petite Joyce Nawal, âgée de trois ans et scolarisée au groupe scolaire La Gloire Olympique à Odza, ainsi que le viol suivi du meurtre de la jeune Divine, une élève de 11 ans retrouvée morte à Nkoabang. Ces drames ont suscité une vague d’indignation au sein de la population et relancé le débat sur la protection des enfants au Cameroun. Devant la presse nationale et internationale, le gouvernement a tenu à rappeler que la lutte contre les violences faites aux enfants et aux femmes ne date pas d’aujourd’hui. Plusieurs mesures préventives ont déjà été mises en œuvre afin de renforcer la protection des mineurs. Parmi celles-ci figurent l’élaboration et la diffusion du Programme de parentalité positive, destiné à promouvoir une meilleure éducation familiale, la création des « Child Desks » au sein de certaines unités de police et de gendarmerie pour une prise en charge adaptée des enfants victimes, ainsi que la lutte renforcée contre les abus sexuels à l’égard des mineurs. Le gouvernement a également mis en place une Ligne d’Assistance aux Enfants, accessible à travers le numéro vert 116, qui permet de signaler les cas de maltraitance, d’abandon, d’exploitation ou de violences sexuelles. Cet outil constitue aujourd’hui l’un des principaux mécanismes d’alerte et d’orientation des victimes. S’agissant des forces de sécurité, plusieurs dispositifs ont été renforcés. Les autorités évoquent notamment la mise en place de numéros verts facilitant les dénonciations, une présence accrue des forces de l’ordre dans les zones à risque ainsi qu’autour des établissements scolaires et universitaires, sans oublier la formation spécifique des personnels de sécurité à la protection de l’enfance et à la prise en compte des questions de genre. Sur le plan répressif, le gouvernement rappelle que le Cameroun dispose d’un arsenal juridique conséquent. Celui-ci comprend notamment le Code pénal de 2016, les textes relatifs à la lutte contre la traite et le trafic des enfants, la Charte de protection des enfants en ligne ainsi que la législation sur la cybersécurité et la cybercriminalité. Les autorités soulignent également que le pays a ratifié plusieurs instruments internationaux de protection de l’enfance, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, qui consacrent le droit des mineurs à être protégés contre toutes formes de violence, d’abus et d’exploitation. Selon les membres du gouvernement, les forces de sécurité investies des missions de police judiciaire ouvrent systématiquement des enquêtes lorsqu’un cas de violence sur une personne vulnérable est signalé. Elles procèdent également à l’identification et à la poursuite des infractions connexes afin d’assurer une répression complète des faits. Pour illustrer cette fermeté, le gouvernement a rappelé la condamnation à la peine de mort du meurtrier du petit Mathys, tout en précisant que plusieurs autres procédures sont actuellement en cours et demeurent couvertes par le secret de l’enquête et de l’instruction judiciaire. « Ni le gouvernement ni le pouvoir judiciaire ne sont insensibles à ces drames qui affectent de plus en plus notre société avec une fréquence et une ampleur stupéfiantes », ont insisté les autorités, promettant une réaction à la hauteur de la gravité de la situation. Au-delà de l’action de l’État, les responsables gouvernementaux ont lancé un appel à la mobilisation générale. Gouvernement, institutions publiques, autorités administratives et traditionnelles, confessions religieuses, associations, organisations de la société civile, familles et citoyens sont invités à unir leurs efforts pour prévenir, dénoncer et combattre ces actes criminels. Pour les autorités, la lutte contre les violences faites aux enfants et aux femmes ne peut être gagnée que grâce à une véritable synergie d’actions impliquant l’ensemble du corps social. Une responsabilité collective qui apparaît aujourd’hui comme une nécessité face à la multiplication de crimes qui choquent et indignent la nation tout entière.

Hygiène menstruelle : Cherrel et Plan Cameroun appellent les jeunes à briser le silence autour des règles

Hygiène menstruelle : Cherrel et Plan Cameroun appellent les jeunes à briser le silence autour des règles Longtemps entourée de tabous et de préjugés dans plusieurs communautés, la question de l’hygiène menstruelle s’est invitée au cœur des échanges entre jeunes à Yaoundé. À l’occasion de la Journée internationale de l’hygiène menstruelle, l’organisation non gouvernementale Cherrel, en partenariat avec Plan Cameroun, a organisé ce mardi 2 juin 2026 une session de sensibilisation au siège de Plan Cameroun. Cette rencontre a réuni des jeunes autour des enjeux liés à la gestion de l’hygiène menstruelle, à la lutte contre les stigmatisations et à la place des garçons dans l’accompagnement des filles. À travers des échanges, des formations et des témoignages, les participants ont été outillés sur la menstruation, les moyens de protection et les bonnes pratiques permettant aux jeunes filles de vivre cette période avec plus de sérénité. Pour Dr Jeannette Afounde, médecin de santé publique, l’hygiène menstruelle reste encore « l’un des maillons faibles » de la santé de la reproduction. Elle rappelle que les règles sont un phénomène naturel, mais qu’une mauvaise gestion de cette période peut avoir des conséquences sur la santé, la scolarité et le bien-être des adolescentes. « Beaucoup de jeunes filles sont en précarité menstruelle. Pendant leurs règles, elles n’ont pas accès aux protections nécessaires, ce qui fait qu’elles ne peuvent pas toujours aller à l’école et perdent plusieurs jours de cours par mois », a-t-elle expliqué. La spécialiste a également insisté sur l’importance d’un accompagnement médical en cas de douleurs menstruelles importantes, afin que les jeunes filles puissent bénéficier d’une prise en charge adaptée. Changer le regard des garçons La rencontre a également mis en avant l’implication des garçons dans la compréhension de l’hygiène menstruelle. Une démarche qui vise à faire de la menstruation une question de santé, de respect et de dignité collective. Présent à cette activité, Germain Michel Evouna, artiste slameur, illustrateur et auteur, a invité les jeunes garçons à adopter une nouvelle attitude face aux règles. « Le message que j’aimerais porter à tous les jeunes garçons comme moi, c’est d’arrêter de stigmatiser la jeune fille en milieu scolaire et dans la rue », a-t-il déclaré. À travers un slam présenté lors de la rencontre, l’artiste a dénoncé les difficultés auxquelles certaines jeunes filles font face et appelé à davantage d’actions pour améliorer leur accès aux protections menstruelles. Pour lui, artistes, associations et pouvoirs publics doivent unir leurs efforts afin que la menstruation ne soit plus un facteur d’exclusion scolaire. À travers cette initiative, Cherrel et Plan Cameroun souhaitent contribuer à une meilleure éducation menstruelle des jeunes et encourager un changement durable des perceptions autour des règles.