Au cœur de l’agenda africain de l’eau, Blaise Moussa imprime sa marque

Au cœur de l’agenda africain de l’eau, Blaise Moussa imprime sa marque de En accueillant à Yaoundé le 23ᵉ Congrès international et exposition de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement (AAEA), le Cameroun n’a pas seulement servi de cadre à une grande rencontre sectorielle. Il a surtout donné à voir une dynamique de leadership continental portée par le Dr Blaise Moussa, président en exercice de l’AAEA et Directeur général de la Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER), dont l’action place désormais la question de l’eau au rang des priorités stratégiques africaines. À la tribune du Palais des Congrès, devant une assemblée de décideurs publics, d’opérateurs, de chercheurs et de partenaires internationaux venus de tout le continent, le président de l’AAEA a rappelé que l’eau et l’assainissement ne relèvent plus de politiques sectorielles isolées, mais constituent un socle de développement, de stabilité sociale et d’intégration régionale. L’événement, placé sous le Très Haut Patronage du Président de la République, Paul Biya, a ainsi pris une dimension à la fois technique et politique, traduisant l’importance accordée à cette ressource vitale dans les stratégies nationales et continentales. Élu à l’unanimité à la tête de l’AAEA en février 2025 à Kampala, le Dr Blaise Moussa conduit aujourd’hui une organisation qui fédère plus de 237 membres issus de plus de 40 pays africains. Cette responsabilité, loin d’être honorifique, s’est rapidement traduite par une volonté d’action : renforcer la coopération interafricaine, structurer le partage d’expériences entre opérateurs publics, et promouvoir des solutions adaptées aux réalités économiques et climatiques du continent. Sous son impulsion, l’AAEA s’affirme comme une plateforme de concertation capable d’influencer les politiques publiques, de mobiliser des financements et d’accompagner les réformes institutionnelles nécessaires à l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement. Le congrès de Yaoundé s’inscrit dans cette logique : au-delà des échanges scientifiques et techniques, il vise à faire émerger des engagements concrets, fondés sur l’innovation, la formation des ressources humaines et une gouvernance plus performante. Cette approche trouve un prolongement direct dans son action à la tête de CAMWATER. Depuis sa nomination en 2022, l’entreprise publique camerounaise s’est engagée dans une dynamique de modernisation et de partenariats stratégiques. La convention signée avec le Palais des Congrès de Yaoundé pour l’amélioration des infrastructures d’alimentation en eau, en amont du congrès, illustre cette volonté de joindre les actes aux discours et de faire des grands rendez-vous internationaux des leviers d’amélioration durable des services publics. Pour le président de l’AAEA, l’efficacité des politiques de l’eau passe également par une administration publique renforcée, capable de planifier, d’anticiper et de répondre aux défis croissants liés à l’urbanisation, au changement climatique et à la pression démographique. Il n’a eu de cesse de souligner le rôle des réformes administratives, de la formation continue et de la professionnalisation des acteurs comme conditions essentielles d’une gestion performante et transparente du secteur. En plaçant l’eau au cœur de l’agenda africain, le Dr Blaise Moussa défend une vision transversale : celle d’une ressource qui structure la santé publique, l’éducation, l’économie et la cohésion sociale. Son leadership à l’AAEA ambitionne ainsi de faire émerger un cadre panafricain plus solidaire, où les États et les opérateurs conjuguent leurs efforts pour transformer les défis hydriques en opportunités de développement. À travers le congrès de Yaoundé, un message clair s’est imposé : l’eau est une cause stratégique, qui exige une vision politique assumée, une coopération active et des dirigeants capables de porter cette ambition au-delà des frontières nationales. Dans ce rôle, le président en exercice de l’AAEA entend inscrire son action dans la durée, en phase avec les objectifs de développement durable et les aspirations d’une Afrique en quête d’émergence inclusive.

Fête de la Jeunesse 2026 : Entre rhétorique présidentielle et impatience générationnelle

Fête de la Jeunesse 2026 : Entre rhétorique présidentielle et impatience générationnelle À l’occasion de la 60ᵉ Fête de la Jeunesse, le message du Chef de l’État s’est voulu rassembleur, appelant à la responsabilité, à la persévérance et à la confiance en l’avenir. Mais dans un contexte économique et social tendu, cette adresse solennelle intervient face à une jeunesse de plus en plus attentive aux actes plutôt qu’aux déclarations. Un discours attendu, des réponses espérées Comme chaque 10 février, l’allocution présidentielle s’inscrit dans la tradition républicaine. Le ton, fidèle à lui-même, a mis l’accent sur l’engagement citoyen, la stabilité institutionnelle et la lutte contre les détournements de deniers publics. Cependant, au-delà des formules consacrées, une partie de l’opinion s’interroge sur la traduction concrète de ces engagements. Parmi les sujets évoqués dans le débat public figure notamment le contrat de scanning au Port Autonome de Douala (PAD), conclu avec la société SGS. Les chiffres avancés dans l’espace médiatique suscitent des interrogations : plus de 164 milliards FCFA générés entre 2016 et 2024, dont environ 16 % reversés au Trésor public et aux douanes, selon diverses sources. Ce dossier, à forte portée symbolique, cristallise les attentes en matière de transparence et de défense des intérêts stratégiques de l’État. Beaucoup appellent à une clarification officielle et, le cas échéant, à une réévaluation des partenariats public-privé jugés sensibles. Une fracture générationnelle persistante Le décalage entre la démographie nationale et la composition des cercles décisionnels revient régulièrement dans les débats. Avec une population majoritairement jeune — plus de 60 % des Camerounais ayant moins de 30 ans — la question du renouvellement des élites politiques et administratives demeure centrale. Pour de nombreux diplômés confrontés au chômage ou à la précarité, l’accès aux responsabilités semble limité. Cette perception alimente un sentiment d’immobilisme, voire de stagnation institutionnelle. Dans ce contexte, les appels à la patience et à la « maturité » de la jeunesse sont diversement reçus. Beaucoup estiment que cette maturité devrait désormais se traduire par une participation accrue aux processus décisionnels et par des opportunités concrètes d’ascension sociale. Au-delà des mots, la demande de réformes structurelles La jeunesse camerounaise, connectée et informée, ne se satisfait plus de symboles. Les attentes portent sur : Une gouvernance plus transparente, notamment dans la gestion des grands contrats publics ; Un renouvellement progressif des responsabilités politiques ; Une lutte effective contre l’impunité dans les secteurs stratégiques ; Des politiques économiques capables de répondre au chômage et à la vie chère. Ces revendications ne relèvent pas d’un rejet systématique des institutions, mais d’une demande de cohérence entre discours et pratiques. Le défi de la confiance La confiance entre gouvernants et gouvernés demeure un enjeu majeur. Elle repose sur la capacité des autorités à démontrer, par des actions mesurables, leur volonté de réforme et d’équité. À l’heure où les défis économiques et sociaux s’intensifient, la stabilité politique, souvent mise en avant, devra s’accompagner d’évolutions tangibles pour conserver son sens. Car pour une génération confrontée à l’incertitude, l’avenir ne se décrète pas : il se construit par des décisions visibles et des résultats concrets. Denise Ebelle

Accès à l’eau : l’Afrique cherche ses réponses à Yaoundé

Accès à l’eau : l’Afrique cherche ses réponses à Yaoundé Et si l’avenir de l’eau en Afrique se dessinait à Yaoundé ? Depuis ce lundi 9 février 2026, la capitale camerounaise accueille le 23ᵉ Congrès international et Exposition de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA), un rendez-vous stratégique qui réunit décideurs publics, experts, bailleurs et opérateurs autour d’un même constat : l’urgence d’agir. Au Palais des Congrès, plusieurs centaines de participants venus du continent et d’ailleurs échangent jusqu’au 13 février sur les voies et moyens de garantir un accès universel à l’eau potable et à l’assainissement. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de nombreuses personnalités, dont des membres du Gouvernement camerounais, le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, également Président du Conseil des Ministres Africains de l’Eau, des responsables de l’AAEA, ainsi que des représentants du corps diplomatique et des partenaires techniques et financiers. Dans son intervention, le ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie a rappelé que la question de l’eau dépasse largement le cadre sectoriel. Elle touche à la santé, à la dignité humaine, à la sécurité alimentaire et à la stabilité des États. Malgré l’abondance des ressources hydriques du continent, des millions d’Africains restent exclus de services essentiels, victimes d’infrastructures insuffisantes, de faiblesses institutionnelles et de pressions climatiques croissantes. Les débats de Yaoundé mettent ainsi en lumière un paradoxe africain persistant : un continent riche en eau, mais pauvre en accès. Pour les participants, la réponse ne peut être uniquement technique. Elle suppose une gouvernance plus efficace, des financements mieux adaptés, des opérateurs plus performants et une implication accrue des collectivités locales et des communautés. En accueillant ce Congrès, le Cameroun entend également affirmer son rôle dans la dynamique continentale. Le pays mise sur la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 pour moderniser ses infrastructures hydrauliques, améliorer les services d’assainissement et renforcer une gestion intégrée et décentralisée de l’eau, en phase avec l’Objectif de Développement Durable n°6. Au fil des ateliers, expositions et rencontres bilatérales, Yaoundé devient un laboratoire d’idées et de solutions, mais aussi un espace de plaidoyer pour une coopération africaine plus ambitieuse. Reste désormais à transformer les engagements en actions concrètes, afin que l’eau cesse d’être une promesse et devienne enfin un droit effectif pour tous.

Contrat de scanning douanier avec SGS : pourquoi le Cameroun doit y mettre fin

Contrat de scanning douanier avec SGS : pourquoi le Cameroun doit y mettre fin Présenté comme un partenariat public-privé stratégique, le contrat de scanning douanier confié à la société SGS apparaît, à l’analyse, comme un accord profondément déséquilibré, largement défavorable aux intérêts de l’État camerounais. L’examen des chiffres met en lumière une perte colossale de ressources publiques et une occasion manquée de renforcer le développement national. Un partage des recettes largement défavorable à l’État L’activité de scanning douanier génère des recettes brutes estimées à 164,42 milliards de FCFA. Sur ce montant, l’État camerounais ne perçoit que 26,05 milliards de FCFA, soit 15,8 %, tandis que SGS capte plus de 138 milliards de FCFA, représentant 84,2 % des revenus. Ce déséquilibre a pour conséquence directe une perte de plus de 120 milliards de FCFA pour le Trésor public sur la période considérée, des ressources qui auraient pu être réinvesties dans les priorités nationales. Un manque à gagner aux lourdes conséquences sociales Ces milliards de FCFA auraient permis de construire des hôpitaux modernes, de financer des centaines d’écoles, de réhabiliter des infrastructures routières stratégiques et de renforcer les universités publiques. Leur absence se traduit par des services sociaux insuffisants et contribue à entretenir un retard structurel dans plusieurs secteurs clés du développement. Un frein à l’emploi et à la souveraineté de l’État Le maintien de ce contrat empêche toute internalisation du scanning douanier. Une telle internalisation aurait favorisé la création de centaines d’emplois qualifiés, le transfert de compétences, ainsi que le renforcement durable des capacités de l’administration douanière. En l’état, l’État camerounais demeure dépendant d’un opérateur privé pour une fonction éminemment régalienne. Un partenariat public-privé de façade Dans ce contrat, l’État supporte la souveraineté, le cadre réglementaire et une partie des risques, pendant que le partenaire privé capte l’essentiel des revenus. Or, dans plusieurs pays aux profils économiques comparables, les dispositifs de scanning sont soit internalisés, soit encadrés par des redevances publiques dépassant 30 à 40 %, bien loin des 15,8 % concédés au Cameroun. Rompre ou renégocier : un impératif de bonne gouvernance Mettre fin au contrat de scanning avec SGS, ou le renégocier en profondeur, ne relève ni d’une posture idéologique ni d’une hostilité au secteur privé. Il s’agit d’un choix rationnel de bonne gouvernance, visant à récupérer des ressources nationales pour financer les priorités nationales. Les chiffres sont sans appel : ce contrat prive le Cameroun d’hôpitaux, d’écoles, de routes et d’emplois. Y mettre un terme, c’est faire le choix de l’intérêt général, de la souveraineté économique et du développement au bénéfice des citoyens.

Eau et influence régionale : le Cameroun affiche son leadership à Yaoundé

Eau et influence régionale : le Cameroun affiche son leadership à Yaoundé En marge du 23ᵉ Congrès africain de l’eau, Yaoundé s’est transformée en capitale de la diplomatie hydrique africaine. À travers une cérémonie de distinctions, le Cameroun a envoyé un message clair : la gestion de l’eau est désormais un levier stratégique d’influence, de coopération et de développement sur le continent. Profitant de la tenue du 23ᵉ Congrès africain de l’eau dans la capitale camerounaise, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a présidé une cérémonie de reconnaissance dédiée à plusieurs acteurs majeurs du secteur hydrique africain. Un acte symbolique qui va bien au-delà de la simple remise de trophées. En distinguant des personnalités telles que Célestine Ketcha Courtès, Joseph Le, Cheikh Tidjane Dieye, Olivier Gosso et Michera Chirwa, les autorités camerounaises ont mis en avant des parcours incarnant l’expertise, la gouvernance et l’engagement en faveur de l’accès équitable à l’eau sur le continent. Ces figures, issues de différents horizons africains, représentent autant de relais d’influence et de coopération technique. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie assumée de positionnement du Cameroun comme hub régional des politiques de l’eau. À l’heure où les tensions liées aux ressources naturelles s’intensifient, l’eau devient un enjeu de souveraineté, de stabilité sociale et de croissance économique. Yaoundé entend ainsi se poser en espace de dialogue et de convergence des solutions africaines. Le congrès offre par ailleurs une tribune privilégiée pour aborder les défis structurels du secteur : financement des infrastructures hydrauliques, résilience climatique, gouvernance transfrontalière des bassins hydrographiques et accès universel à l’eau potable. Autant de thématiques qui nécessitent une coordination accrue entre États, institutions et partenaires techniques. En capitalisant sur cet événement continental, le Cameroun transforme l’eau en outil de diplomatie stratégique, affirmant que la maîtrise des ressources hydriques sera l’un des marqueurs majeurs du leadership africain de demain.

Échanges de vœux 2026 : un moment de communion et de mobilisation collective

Échanges de vœux 2026 : un moment de communion et de mobilisation collective Le ministère des Travaux publics (MINTP) a procédé, le vendredi 6 février 2026, à la traditionnelle cérémonie d’échanges de vœux du Nouvel An avec l’ensemble de son personnel. Organisé pour la première fois dans le nouvel immeuble du MINTP, cet événement convivial a marqué la clôture de la conférence semestrielle des services centraux et déconcentrés, ouverte la veille, le 5 février 2026. La cérémonie a rassemblé les personnels des services centraux et déconcentrés, les structures sous tutelle du MINTP ainsi que les acteurs du secteur des Bâtiments et Travaux publics (BTP), dans une ambiance chaleureuse annonçant une année de travail placée sous le signe de l’inventivité, de la performance collective et de l’engagement. Deux allocutions ont ponctué cette rencontre. Le Secrétaire général du ministère des Travaux publics, Urbain Noël Ebang Mve, a ouvert la séquence en dressant le bilan de l’année 2025, mettant en exergue les efforts consentis, les avancées enregistrées et les défis à relever pour améliorer l’efficacité de l’action publique dans le secteur des infrastructures routières. A son tour, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a exprimé sa satisfaction de partager ce moment de communion avec l’ensemble du personnel. Il a rappelé que l’année 2026 sera résolument orientée vers le relèvement du réseau routier national, à travers la construction de nouvelles routes, la reconstruction des infrastructures dégradées et le renforcement de l’entretien du réseau existant, conformément aux hautes orientations du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA. Le ministre a également assuré avoir pris bonne note des doléances exprimées, réaffirmant sa volonté d’y apporter des réponses appropriées dans un esprit de travail collectif et de dialogue permanent, tout en saluant l’engagement constant des personnels du département ministériel. Une conférence semestrielle axée sur la relance économique La cérémonie de vœux est intervenue au terme de la conférence semestrielle des services centraux et déconcentrés, ouverte le 5 février 2026, sous le thème : « Relèvement du réseau routier à l’aune du Septennat des Grandes Espérances : un enjeu de la relance économique ». Présidés par le ministre des Travaux publics, les travaux se sont déroulés en présence de plusieurs membres du gouvernement, notamment ceux du MINEPAT et du MINMAP, dans un contexte marqué par les importants défis auxquels fait face le réseau routier national. Plusieurs axes stratégiques, parmi lesquels Yaoundé–Douala, Bekoko–Pont du Nkam–Bandjoun, Yaoundé–Ayos–Bonis, Bertoua–Garoua Boulaï, Edéa–Kribi et Bekoko–Limbé–Idénau, connaissent en effet des dégradations nécessitant des interventions urgentes. Malgré les progrès enregistrés — 2 460 km de routes bitumées sur une cible de 3 000 km dans le cadre de la SND30 — la préservation du patrimoine routier demeure une priorité. Gouvernance, performance et HIMO au cœur des échanges Dans son discours d’ouverture de la conférence, le MINTP a souligné que l’action gouvernementale en 2026 mettra un accent particulier sur les interventions d’urgence pour améliorer la praticabilité des axes stratégiques, ainsi que sur leur reconstruction avec l’appui des partenaires techniques et financiers. Les échanges entre les acteurs du secteur des BTP ont également porté sur l’amélioration des performances dans la conduite des projets routiers, à travers une gouvernance plus rigoureuse, l’utilisation des matériaux locaux, la contractualisation, le suivi des projets et la maîtrise de l’exécution du budget 2026, dans un contexte de ressources contraintes. Les participants ont en outre examiné les mesures visant à renforcer l’application des techniques HIMO dans les travaux routiers. Les conclusions des travaux visent à permettre au ministère de « faire davantage dans un environnement économique et financier préoccupant », selon les termes du ministre des Travaux publics. Les travaux se sont officiellement achevés le 6 février 2026, avec la séance de restitution, suivie de la cérémonie d’échanges de vœux, marquée par la traditionnelle poignée de main et les souhaits de « Bonne année, Monsieur le ministre », scellant ainsi un moment fort de cohésion et de mobilisation collective au sein du MINTP.

Maladies tropicales négligées : à Cotonou, les médias africains en première ligne pour briser le silence

Maladies tropicales négligées : à Cotonou, les médias africains en première ligne pour briser le silence Les 29 et 30 janvier derniers, la capitale économique du Bénin a accueilli un événement continental majeur consacré à la lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN). Organisé par le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN), en partenariat avec Speak Up Africa et d’autres acteurs, le Forum des Médias sur les Maladies Tropicales Négligées a réuni plus de 70 journalistes de plus de 35 pays africains. Les participants ont pris part aux travaux à la fois en présentiel à Cotonou et en ligne, témoignant de l’ampleur continentale et de l’intérêt croissant pour la lutte contre les MTN. Les maladies tropicales négligées regroupent plus de 20 affections transmissibles, parmi lesquelles la filariose lymphatique, l’onchocercose (cécité des rivières), la schistosomiase, les géohelminthiases ou encore le trachome. Touchant principalement les populations pauvres et marginalisées des zones tropicales et subtropicales, elles affectent plus d’un milliard de personnes dans le monde, dont plus de 40 % vivent en Afrique. Longtemps reléguées au second plan des priorités sanitaires mondiales, les MTN provoquent pourtant des souffrances considérables : douleurs chroniques, handicaps, défigurations, exclusion sociale, stigmatisation et parfois la mort. Si elles sont dites « négligées », ce n’est pas en raison de leur rareté, mais bien du manque de financement, de visibilité et d’engagement politique qu’elles ont subi pendant des décennies. Des succès africains encore trop peu visibles Au cours des dernières années, l’Afrique s’est pourtant illustrée comme un leader mondial dans la lutte contre les MTN. Plus de 24 pays ont éliminé au moins une de ces maladies. Le Togo a marqué l’histoire en devenant, en 2022, le premier pays au monde à éliminer quatre MTN au niveau national. Le Bénin et le Ghana ont également enregistré des avancées majeures, chacun ayant éliminé trois MTN. Ces progrès ont été rendus possibles grâce à une mobilisation exceptionnelle, soutenue notamment par l’un des plus vastes programmes de dons de médicaments au monde : 28 milliards de traitements promis par l’industrie pharmaceutique entre 2021 et 2030. Cependant, ces acquis demeurent fragiles. La réduction ou la restructuration des financements internationaux depuis 2025, combinée aux perturbations causées par la pandémie de COVID-19, menace de ralentir, voire d’inverser les progrès réalisés. Sans investissements nationaux durables et sans intégration des MTN dans les systèmes de santé, le risque de stagnation est réel. Les médias, acteurs clés de l’élimination C’est dans ce contexte que le forum de Cotonou a mis en lumière le rôle stratégique des médias. Journalistes et experts ont souligné l’importance d’une couverture médiatique forte pour sensibiliser les populations, lutter contre la stigmatisation, donner la parole aux communautés affectées et renforcer la redevabilité des gouvernements. Pour REMAPSEN, les journalistes ne sont pas de simples observateurs, mais des acteurs essentiels de la lutte contre les MTN. Créé en 2020, le réseau compte aujourd’hui plus de 700 journalistes spécialisés en santé et environnement à travers l’Afrique. Fort de son expérience sur des thématiques comme le VIH/sida, la vaccination ou la santé maternelle, REMAPSEN ambitionne de repositionner les MTN comme une priorité de santé publique de premier plan. Former, mobiliser et agir Le forum avait pour objectifs de renforcer les capacités des journalistes, encourager la production d’au moins 250 contenus médiatiques sur les MTN, valoriser la recherche et l’innovation africaines, et constituer un réseau régional de journalistes spécialisés. Les discussions ont porté sur des thématiques clés telles que l’intégration des MTN dans les systèmes de santé, le financement durable, le changement climatique, l’innovation technologique, le genre et l’inclusion. À l’issue des travaux, REMAPSEN a réaffirmé sa volonté de transformer les récits, amplifier les voix africaines et doter les médias des outils nécessaires pour faire des MTN une priorité nationale et continentale. À Cotonou, un message fort a été lancé : les maladies tropicales négligées ne doivent plus l’être. Et pour y parvenir, les médias africains entendent désormais être les moteurs du changement, afin que ces maladies sortent définitivement de l’ombre.

Mobilité urbaine : le MINHDU trace la feuille de route du Septennat des Grandes Espérances

Mobilité urbaine : le MINHDU trace la feuille de route du Septennat des Grandes Espérances Le Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (MINHDU) a ouvert, ce mardi 3 février, à l’amphithéâtre de l’École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM), les travaux de la Conférence annuelle 2026 des responsables des services centraux et déconcentrés. Cette rencontre est placée sous le thème : « Amélioration de la mobilité urbaine : priorité du MINHDU à l’entame du Septennat des Grandes Espérances ». Présidant la cérémonie aux côtés de Madame la Secrétaire d’État, du Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, du Ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, ainsi que de plusieurs autres membres du Gouvernement, la Ministre de l’Habitat et du Développement Urbain a souligné le caractère solennel de cette conférence, devenue au fil des années un cadre privilégié d’évaluation, de dialogue interne et de mobilisation collective autour des défis urbains du Cameroun. Le membre du Gouvernement a exprimé sa gratitude au Directeur général de l’ENAM pour la disponibilité constante de cette prestigieuse institution, ainsi qu’aux membres du Gouvernement et aux partenaires techniques et financiers pour leur présence et leur accompagnement soutenu des politiques de modernisation urbaine. Un contexte marqué par l’élan du Septennat Cette édition 2026 s’inscrit dans un contexte politique particulier, marqué par la réélection du Président de la République, Son Excellence Monsieur Paul BIYA, le 12 octobre 2025. Le MINHDU a saisi cette occasion pour renouveler solennellement son soutien et sa détermination à accompagner le Chef de l’État dans la concrétisation des Grandes et Belles Espérances, notamment en matière de transformation durable des villes camerounaises. Selon la Ministre, ces espérances reposent sur des acquis réels, solides et mesurables, traduits par la mise en œuvre de plusieurs projets structurants de mobilité urbaine, d’assainissement et de gouvernance foncière. Des projets structurants aux impacts visibles Parmi les réalisations majeures évoquées figure le Projet de Développement des Villes Inclusives et Résilientes (PDVIR), arrivé à terme le 30 juin 2025, avec un financement de plus de 93 milliards de FCFA de la Banque mondiale. Ce projet a permis l’aménagement de plus de 31 kilomètres de voiries structurantes, près de 10 kilomètres de drains, ainsi que la réalisation d’équipements socio-collectifs, au bénéfice direct de plus de 650 000 personnes dans plusieurs villes, notamment Yaoundé, Batouri, Ngaoundéré et Kousséri. Dans la continuité, le Projet Villes et Gestion Foncière Durables (PVGFD), lancé en janvier 2026 et financé à hauteur de 121 milliards de FCFA, vise à améliorer l’accès aux infrastructures urbaines résilientes et à renforcer la gouvernance foncière, avec un impact attendu sur plus de 2,1 millions de personnes à Douala et Yaoundé. Le Projet Yaoundé Cœur de Ville, financé par l’Agence française de développement (AFD) à hauteur de 50 milliards de FCFA, a également été présenté comme une intervention majeure en matière de mobilité et d’assainissement de la capitale, à travers la reconstruction de carrefours et tunnels stratégiques, ainsi que des aménagements rapides destinés à fluidifier la circulation et désengorger les quartiers. S’y ajoutent le Programme C2D Capitales régionales, avec des travaux achevés à Maroua et en cours à Bamenda, le Projet de Mobilité Urbaine de Douala (PMUD) doté de 261 milliards de FCFA, ainsi que la mise en service récente du transport urbain par bus électrique à Garoua. Femmes et jeunes au cœur des politiques urbaines Face aux défis liés à l’urbanisation accélérée – congestion, pollution, insuffisance des transports publics – le MINHDU entend renforcer des solutions intégrées de mobilité durable, en cohérence avec la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30) et les Objectifs de Développement Durable. Une attention particulière est accordée aux femmes et aux jeunes, placés au centre du Septennat présidentiel. La Ministre a insisté sur la promotion de l’approche de Haute Intensité de Main-d’œuvre (HIMO) dans les projets urbains, afin de favoriser l’insertion socioéconomique des jeunes et des femmes en situation de vulnérabilité, à travers la formation, l’emploi et la sensibilisation. Les travaux de la Conférence annuelle visent notamment à diagnostiquer les dysfonctionnements des systèmes de mobilité urbaine, à établir un tableau de bord des projets à impact rapide, à proposer des mécanismes innovants de financement et à renforcer la planification stratégique. Pour le MINHDU, il ne s’agit pas d’un simple exercice administratif, mais d’un engagement collectif à traduire en résultats visibles les orientations du Chef de l’État. « Nos villes sont aujourd’hui des chantiers de rénovation. À nous de faire en sorte que cette dynamique se poursuive et s’accélère », a conclu la Ministre. Denise Ebelle

Affaire SGS–PAD : derrière le débat sur le scanning, une bataille pour le contrôle des flux financiers

Affaire SGS–PAD : derrière le débat sur le scanning, une bataille pour le contrôle des flux financiers La controverse actuelle autour du scanning des marchandises au Port Autonome de Douala (PAD) dépasse largement la question des procédures techniques. Derrière les accusations et la surchauffe médiatique, se profile une lutte feutrée mais décisive pour le contrôle de flux financiers stratégiques, dont toute remise en cause semble déranger certains acteurs bien installés. Le Directeur général du PAD est ainsi accusé d’avoir procédé à une « annulation unilatérale » du contrat de scanning confié à la société SGS. Pourtant, à ce jour, aucun acte officiel ne vient étayer une telle affirmation. Mieux encore, les orientations aujourd’hui contestées ont été validées par le Conseil d’administration du PAD, instance où siègent des représentants de plusieurs institutions de l’État. Dès lors, une question s’impose : pourquoi une telle tempête politique et médiatique autour d’une décision collective, prise conformément aux règles internes de gouvernance ? Le véritable enjeu : l’économie du scanning Le scanning portuaire n’est pas uniquement un outil de sécurité. Il constitue surtout un important mécanisme financier, reposant notamment sur : la Contribution de scanning acquittée par les opérateurs économiques ; des ressources reversées à l’État ; divers avantages financiers bénéficiant à certaines administrations. Une part significative de ces fonds échappe au circuit budgétaire classique. Ils servent à financer primes, frais de fonctionnement et parfois des investissements, dans une opacité peu perceptible pour le grand public. Dans ce contexte, contrôler le contrat de scanning revient à maîtriser une source de revenus stratégique. Toute tentative de réforme ou de réorganisation est donc perçue comme une menace directe pour des intérêts établis. Un paradoxe institutionnel persistant Paradoxalement, le PAD, pourtant responsable de l’exploitation et de la sécurité du port, n’est ni signataire du contrat de scanning ni bénéficiaire direct des recettes générées. Les décisions majeures sont prises à un niveau central, sans cadre de concertation durable impliquant pleinement le port ou les services douaniers. Ainsi, lorsque le PAD engage des initiatives visant à moderniser ses équipements ou à renforcer la maîtrise de la sécurité portuaire, celles-ci sont parfois interprétées comme une remise en cause d’un système financier solidement ancré. Un dispositif coûteux, peu transparent et peu évolutif Avec le temps, le contrat de scanning révèle plusieurs limites : des équipements vieillissants malgré l’augmentation constante du trafic ; un coût élevé pour les importateurs et exportateurs, répercuté sur les prix à la consommation ; une opacité persistante sur l’affectation réelle des fonds collectés. Le dispositif semble ainsi garantir avant tout des revenus stables à certains acteurs, sans amélioration significative du contrôle, de l’efficacité ou de la sécurité. Sécurité nationale ou préservation des privilèges ? La sécurité nationale est régulièrement invoquée pour justifier le statu quo. Pourtant, des marchandises prohibées continuent de transiter, tandis que les techniques de fraude évoluent plus rapidement que les outils de contrôle disponibles. Dès lors, une interrogation demeure : s’agit-il réellement de renforcer la sécurité du port, ou plutôt de préserver un système financier devenu confortable pour ses bénéficiaires ? L’acharnement observé autour du dossier SGS contraste fortement avec le silence entourant d’autres dossiers portuaires pourtant lourds d’enjeux financiers. Cette différence de traitement nourrit le sentiment d’un malaise profond, marqué par des conflits d’intérêts et un déficit de gouvernance. En réalité, l’affaire SGS–PAD dépasse le cadre d’un simple contrat de scanning. Elle révèle des enjeux cruciaux de transparence, de gouvernance et de gestion des ressources publiques. Tant que les flux financiers liés au scanning ne seront pas clairement expliqués et que le PAD ne sera pas pleinement associé aux décisions, le doute persistera. Plus qu’un conflit administratif, cette affaire apparaît désormais comme une lutte pour la préservation d’intérêts financiers solidement établis

Lancement des projets miniers et industriels : le Pr Fuh Calistus Gentry fixe le cap pour 2026

Lancement des projets miniers et industriels : le Pr Fuh Calistus Gentry fixe le cap pour 2026 Le Professeur Fuh Calistus Gentry, Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique, a dévoilé, le mercredi 28 janvier 2026 à Yaoundé, les grandes orientations de son département ministériel à l’occasion de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux de Nouvel An. Une rencontre marquée par l’annonce d’une année charnière pour les secteurs minier et industriel au Cameroun. C’est dans le grand amphithéâtre de l’École Nationale d’Administration et de la Magistrature (ENAM) que s’est tenue cette cérémonie, en présence d’un parterre de responsables administratifs, de Directeurs généraux, de partenaires institutionnels et de collaborateurs du ministère. Au-delà de l’échange de vœux, l’événement a servi de tribune stratégique pour exposer les ambitions et les projets structurants qui devront impulser la croissance économique nationale en 2026. Dans son allocution, le ministre a dressé un panorama des projets miniers majeurs en cours, citant notamment Sinosteel, Grand-Zambi, Minim-Martap, Bidzar, Colomine et Mborguene. Il a, par ailleurs, annoncé le lancement officiel de nouveaux projets d’envergure, Caminco et Camina, confirmant ainsi la volonté du gouvernement d’accélérer la valorisation du potentiel minier du pays. Le Pr Fuh Calistus Gentry a également mis en lumière les efforts engagés pour la restructuration de l’industrie minière artisanale, avec pour objectifs l’amélioration de la gouvernance, l’augmentation de la productivité et une meilleure intégration de ce secteur dans l’économie formelle. Sur le plan industriel, le ministre a révélé une ambition forte : la mise en place d’environ 30 nouvelles chaînes de valeur par an. Une orientation stratégique qui s’inscrit dans la politique nationale d’industrialisation et vise à renforcer durablement le tissu industriel camerounais. La cérémonie a été ouverte par le Secrétaire Général du MINMIDT, qui a présenté le bilan des réalisations de l’année écoulée, mettant en exergue les acquis et les performances enregistrées. Elle a également été marquée par l’installation officielle des nouveaux délégués du personnel, signe d’un engagement renouvelé en faveur du dialogue social au sein du ministère. Placée sous le sceau de la mobilisation collective et de l’optimisme, la rencontre s’est achevée par un cocktail convivial, symbole de la confiance partagée et de l’espoir suscité par les perspectives prometteuses annoncées pour l’année 2026. La cérémonie s’est également distinguée par une forte dimension culturelle, magnifiant l’unité nationale à travers une série d’intermèdes artistiques soigneusement orchestrés. Des pas de danse cadencés, portés par des gestuelles authentiques, ont mis en lumière la richesse et la diversité du patrimoine culturel camerounais. Les rythmes issus de plusieurs aires culturelles du pays se sont succédé, offrant un véritable voyage au cœur des traditions nationales et faisant dialoguer culture et savoir, sous le sceau de la science et de la modernité. Ces prestations, hautement appréciées, se sont déroulées sous le regard émerveillé des responsables administratifs, des invités de marque, des professionnels des médias ainsi que de nombreux curieux venus partager cet instant de communion et de célébration de l’identité camerounaise.