Construction de la route Ndu–Nkambe : 31 km entièrement bitumés, 18 km d’accotements déjà traités en enduit bicouche

Construction de la route Ndu–Nkambe : 31 km entièrement bitumés, 18 km d’accotements déjà traités en enduit bicouche Après la pose, le 12 février 2026, du dernier kilomètre de la couche de roulement sur le lot 2 de la Ring Road, section Ndu–Nkambe (31 km), l’entreprise MAG SARL a franchi une étape majeure dans l’achèvement des travaux en enrobés. Au 23 février 2026, les équipes poursuivent les travaux de finition avec la mise en œuvre de l’enduit superficiel bicouche sur les accotements. À ce jour, 18 km ont déjà été réalisés, conformément au planning d’exécution. Cette technique consiste à appliquer successivement deux couches de liant bitumineux et de granulats sur les accotements, afin d’améliorer l’adhérence, de renforcer la résistance de la chaussée face aux agressions climatiques et de prolonger sa durabilité sous l’effet du trafic. Les accotements concernés présentent une largeur de 1,5 mètre de part et d’autre de la chaussée. Les travaux sont actuellement exécutés entre les points kilométriques PK 49+000 et PK 39+000. Avec l’achèvement complet de la couche de roulement, les travaux en enrobés sont désormais finalisés. Les prestations restantes portent sur la signalisation routière, la finition des accotements ainsi que les autres aménagements liés à la sécurité des usagers. Ce chantier marque ainsi une avancée significative dans l’amélioration de la connectivité et de la mobilité dans cette zone stratégique.

Pont sur la Dibamba : des mesures urgentes pour garantir la durabilité de l’ouvrage

  Pont sur la Dibamba : des mesures urgentes pour garantir la durabilité de l’ouvrage À la suite des vibrations récemment constatées sur le pont sur la Dibamba, le Ministre des Travaux Publics a ordonné la mise en œuvre de mesures correctives immédiates afin d’assurer la pérennité de l’infrastructure et la sécurité des usagers. Les travaux prescrits concernent principalement le remplacement des joints de dilatation défectueux ainsi que le traitement de la couche de roulement du tablier. Dans le souci de mieux encadrer la circulation durant l’intervention, il a également été demandé l’installation de panneaux de signalisation annonçant les travaux, de panneaux limitant la vitesse à 20 km/h, ainsi que la pose de ralentisseurs de part et d’autre de l’ouvrage. Ces prescriptions ont été adressées, le 22 février 2026, à l’entreprise MAG SARL, chargée d’exécuter ces travaux légers. Cette décision fait suite à une mission d’inspection diligentée par le Ministre des Travaux Publics, appuyée par une expertise technique menée conjointement par les équipes du Laboratoire National de Génie Civil et celles du Ministère. Les premières conclusions ont révélé un comportement anormal des joints de chaussée, la présence de fissures sur la culée côté Est et une dégradation localisée de la couche de roulement. Ces éléments, combinés au passage répété de véhicules lourds, sont à l’origine des vibrations observées. Il convient toutefois de rassurer les usagers : la structure générale du pont demeure stable et ne présente aucun danger pour la circulation. Les mesures engagées visent avant tout à prévenir toute dégradation supplémentaire et à maintenir la qualité de service de cet ouvrage stratégique. Si vous le souhaitez, je peux également vous proposer une version plus journalistique ou plus institutionnelle selon le support de publication (communiqué officiel, article de presse, post réseaux sociaux).

Chômage des femmes de plus de 40 ans : une crise silencieuse au Cameroun

La Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) place l’inclusion socio-économique des couches vulnérables au cœur de ses priorités au Cameroun. Mais une bonne frange de la population féminine camerounaise semble reléguée aux marges du marché du travail. Les femmes âgées de plus de quarante ans, particulièrement celles assumant une charge familiale en situation monoparentale, se heurtent à un mur de difficultés quasi infranchissables.  « Je suis une femme de 45 ans, mère de trois enfants, et je suis au chômage depuis plus de deux ans, témoigne Marie, résidente à Yaoundé, le regard las. J’ai postulé à d’innombrables offres d’emploi, mais la réponse est invariable : mon âge est un frein, ou mes compétences ne correspondent pas aux attentes du moment. C’est d’un découragement sans nom. » Le fardeau est plus lourd encore pour les mères seules. Sophie, habitante de Douala, partage son calvaire : « Divorcée, je dois subvenir seule aux besoins de mes deux enfants. Les employeurs hésitent à m’embaucher, craignant sans doute que mes responsabilités familiales n’entravent ma disponibilité. Et comment pourrais-je accepter un emploi, même si on m’en proposait un, sans pouvoir assumer le coût d’une nourrice ? C’est un cercle vicieux. »   Plus de 70% de plus de 40 ans au chômage Les données disponibles dressent un tableau préoccupant. Bien que les chiffres sur le chômage des jeunes (18-35 ans) oscillent entre 36 % et 39 % dans le monde, la situation des quadragénaires et quinquagénaires, moins documentée, n’en est pas moins alarmante. Selon une étude de référence, plus de 70 % des femmes de cette tranche d’âge seraient en situation de chômage, un taux plus de deux fois supérieur à celui des hommes du même âge. Cette statistique, si elle est confirmée par des enquêtes approfondies, révèle l’ampleur d’une crise silencieuse. Cette mise à l’écart renferme de multiples causes qui s’enchevêtrent. L’obsession des recruteurs pour la jeunesse, érigée en principal critère de sélection, constitue le premier obstacle. Les programmes gouvernementaux d’insertion, tel que le célèbre dispositif « Un jeune, Un Métier, Un Emploi » (JEME), fixent implicitement ou explicitement une limite d’âge à 40 ans, excluant de facto les candidates plus âgées de ces mécanismes d’accompagnement et de financement public. Par ailleurs, le manque d’un réseau professionnel efficient et l’obsolescence perçue de leurs compétences dans un marché en mutation rapide aggravent leur situation. L’accès aux formations de reconversion professionnelle, souvent onéreuses, relève du luxe inaccessible pour des femmes aux revenus précaires.   Et celles de la diaspora La situation des Camerounaises de retour au bercail après une expérience professionnelle à l’étranger est tout aussi édifiante. Le parcours du combattant pour la réinsertion concerne aussi les membres de la diaspora, qui malgré une expertise acquise hors du continent, se heurtent aux mêmes préjugés . « J’ai passé dix ans à travailler en Europe, forte d’un parcours dont je suis fière », confie une quinquagénaire revenue au Cameroun. « Pourtant, je n’ai pas réussi à décrocher le moindre entretien concluant. Ici, on préfère miser sur un jeune diplômé, que l’on croit plus malléable et moins exigeant, plutôt que de miser sur l’expérience et la maturité. » Contrairement à certains pays voisins tels que le Gabon et le Nigeria, qui commencent à explorer l’assurance-chômage, le système camerounais repose encore sur la solidarité familiale et l’épargne personnelle pour pallier l’absence de filet de sécurité étatique. Au Cameroun, l’indemnité de chômage (un revenu versé périodiquement par l’État ou un organisme social après la perte d’un emploi) n’existe pas dans le système de sécurité sociale actuel. Arnaud Kevin Ngano  

Coopération Cameroun – BID : de nouveaux engagements pour accélérer les chantiers routiers stratégiques

Coopération Cameroun – BID : de nouveaux engagements pour accélérer les chantiers routiers stratégiques La coopération entre le Cameroun et la Banque islamique de développement (BID) s’intensifie autour des infrastructures routières, pilier essentiel de la transformation économique du pays. Le 18 février 2026 à Yaoundé, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a reçu une délégation de la Banque islamique de développement (BID) pour faire le point sur les projets en cours et identifier de nouvelles priorités. Conduite par Hammad Hundal, directeur du hub régional d’Abuja, la mission comprenait également Oussema Trigui, Country Operation Manager pour le Cameroun, le Tchad et le Niger, Bekzod Permanov, Operation Team Leader, ainsi que Mohamadou Awal, Field Representative. Les échanges ont porté sur le renforcement de la connectivité nationale, le désenclavement des zones de production et la consolidation de l’intégration sous-régionale. Un partenariat au service de la modernisation du réseau routier Au cours de l’audience, le ministre a présenté un état d’avancement détaillé des projets financés par la BID, qu’ils soient achevés, en cours d’exécution ou en préparation. Il a souligné que l’amélioration du réseau routier demeure un levier déterminant pour stimuler la croissance, fluidifier les échanges commerciaux et améliorer les conditions de vie des populations. Parmi les réalisations déjà livrées figurent les axes Lena–Nsengbe–Tibati–Ngatt (167,3 km) et Olama–Bingambo (106 km). Au-delà de la construction des routes, ces projets ont intégré des infrastructures socio-économiques destinées à renforcer leur impact local. Résultat : une réduction significative des temps de trajet et un meilleur accès aux marchés pour les producteurs ruraux. Des projets structurants en phase de lancement Deux chantiers majeurs s’apprêtent à entrer en phase opérationnelle : la phase II de la route Batchenga–Ntui–Yoko–Lena–Tibati–Ngaoundéré et la réhabilitation de l’axe Douala–Bafoussam. Ce dernier constitue un corridor stratégique reliant le port de Douala aux régions des hauts plateaux de l’Ouest, zone à forte activité agricole et commerciale. D’autres projets prioritaires sont en cours d’études ou de mobilisation de financements, notamment les axes Mamfé–Akwaya, Yaoundé–Bertoua–Garoua Boulaï et Pont de la Mape–Banyo–Tibati–Meiganga. Ces infrastructures visent à renforcer la cohésion territoriale et à soutenir l’intégration économique nationale. l’intégration régionale La BID a réitéré sa volonté d’accompagner le Cameroun dans le développement du corridor Douala–Bangui, maillon essentiel des échanges entre le Cameroun et la République centrafricaine. L’institution s’est également dite disposée à soutenir le financement de la route Mamfé–Akwaya, sous réserve de la finalisation des études techniques nécessaires. Au-delà des considérations techniques et financières, l’enjeu demeure profondément humain. Faciliter la mobilité, rapprocher les bassins de production des centres de consommation, améliorer l’accès aux services sociaux de base : autant d’objectifs qui confèrent à ces projets une dimension stratégique. Dans un contexte où la qualité des infrastructures conditionne l’attractivité et la compétitivité d’un pays, la coopération entre le ministère des Travaux publics et la Banque islamique de développement s’affirme comme un instrument clé de la politique nationale de développement et d’intégration régionale. Denise Ebelle

Cap sur Dakar 2028 : Yaoundé passe le témoin et referme le 23e Congrès de l’AAEA

Cap sur Dakar 2028 : Yaoundé passe le témoin et referme le 23e Congrès de l’AAEA Dakar en ligne de mire, l’Afrique garde le cap C’est désormais officiel : le 24e Congrès international et Exposition de l’Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA) se tiendra en février 2028 à Dakar, au Sénégal. À Yaoundé, la flamme a été transmise dans un moment hautement symbolique, scellant la continuité d’un engagement continental en faveur de l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement. La cérémonie de passage de flambeau entre le Cameroun et le Sénégal, ponctuée de danses et d’expressions culturelles des deux pays, a illustré l’unité africaine et la solidité institutionnelle de l’Association. Un geste fort, porteur d’espoir et de responsabilité. Yaoundé 2026 : quatre jours pour consolider une vision Pendant quatre jours, le 23e Congrès international et Exposition de l’AAEA a transformé la capitale camerounaise en carrefour stratégique du secteur eau et assainissement en Afrique. Experts, ministres, opérateurs, partenaires techniques et financiers y ont croisé leurs analyses autour de priorités désormais claires : Sécurisation durable des ressources en eau Amélioration de la performance des services Reconnaissance de l’assainissement comme pilier du développement Mobilisation de financements innovants Accélération de la transformation numérique Dans sa synthèse, le Directeur exécutif de l’AAEA, Olivier Gosso, a salué la maturité institutionnelle du secteur et la richesse du programme scientifique, soulignant la forte mobilisation des États, des collectivités, des femmes et des jeunes. Le numérique comme accélérateur de transformation L’innovation technologique s’est imposée comme l’un des fils conducteurs du Congrès. Le Directeur général de MTN, Wanda Matandela, a mis en avant le rôle stratégique de la connectivité, de la digitalisation et de la valorisation des données pour améliorer la transparence, renforcer la performance des opérateurs et étendre les services aux zones isolées. Un plaidoyer en faveur d’une modernisation structurelle du secteur, appuyée par de partenariats public-privé solides. Un appel à transformer les paroles en actes Prenant la parole au nom de l’Association, le Président de l’AAEA, Dr Blaise Moussa, a rappelé que le Congrès de Yaoundé devait marquer un tournant: « Ce rendez-vous n’est pas une fin en soi, mais un point de départ. » Il a insisté sur la nécessité de renforcer le leadership africain et de traduire les recommandations issues des travaux en actions concrètes au bénéfice des populations. Une dimension politique assumée Les interventions ministérielles ont donné une portée stratégique à la clôture. Le ministre tchadien en charge de l’Eau et de l’Assainissement, Passalé Kanabé Marcelin, a salué l’utilité de l’AAEA comme cadre de coopération africaine face aux défis climatiques et démographiques. Clôturant les allocutions, le ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, représentant le gouvernement hôte, a souligné que l’Afrique est entrée « dans le temps de l’action », appelant à transformer les engagements en investissements structurants et en services durables. Yaoundé, non pas une fin… mais une impulsion En refermant ses portes, le 23e Congrès de l’AAEA laisse derrière lui une conviction partagée : l’Afrique dispose désormais d’une expertise affirmée, d’une vision consolidée et d’une volonté politique renforcée pour accélérer la transformation du secteur. Yaoundé n’a pas marqué une conclusion. Elle a donné une impulsion. Prochaine étape : Dakar, février 2028. Denise Ebelle

Jeunesse et excellence collective : la JDSO impulse une nouvelle dynamique entrepreneuriale à Yaoundé

Jeunesse et excellence collective : la JDSO impulse une nouvelle dynamique entrepreunariale à Yaoundé Sous le prisme du thème « Les clés du leadership personnel, gage d’un succès collectif », l’Association des Jeunes Dynamiques et Solidaires d’Odza (JDSO) a rassemblé, le 6 février dernier à Yaoundé, près d’une centaine de jeunes autour d’une master class dédiée à l’excellence individuelle et à la performance collective. Porteurs de projets, étudiants, entrepreneurs en devenir et responsables associatifs ont répondu présents à cette initiative centrée sur le renforcement du capital humain. L’ambition affichée par la JDSO est claire : démontrer que la transformation sociale commence par la transformation de soi. À travers des interventions structurées et interactives, les participants ont exploré les ressorts du leadership personnel, considéré comme la première étape vers la réussite entrepreneuriale et la cohésion d’équipe. La communication, socle du leadership moderne Intervenant lors de la session, le Dr Joël Ayissi, coordonnateur du Centre de formation métier et football du Cameroun, a développé une approche originale axée sur la communication multisensorielle. Selon lui, le leader performant mobilise l’ensemble des canaux sensoriels pour transmettre sa vision et fédérer son équipe. Il a souligné que la parole constitue un levier stratégique : les mots, comparés au goût, doivent être porteurs de sens, stimulants et constructifs. Une communication maîtrisée favorise la confiance, renforce la cohésion et consolide la dynamique collective. L’équipe, prolongement naturel du leadership individuel Pour Stéphane Mvondo, représentant de l’entreprise Tourbillon de Secret, la réussite entrepreneuriale ne saurait être solitaire. Il a rappelé que tout projet ambitieux exige la constitution d’une équipe solide et complémentaire. Former, encadrer et inspirer deviennent alors des responsabilités incontournables du leader. Il a mis en garde contre les dérives telles que la motivation artificielle ou l’absence d’exemplarité, insistant sur la nécessité d’un leadership incarné, capable à la fois d’encourager et de recadrer avec discernement. Se connaître pour mieux inspirer Marguerite Enoh, présidente fondatrice de l’ONG Marguerite Holistic Health Center, a pour sa part replacé la connaissance de soi au cœur du leadership authentique. Identifier ses forces, reconnaître ses limites et maîtriser ses émotions constituent, selon elle, des étapes indispensables pour guider efficacement une équipe. Elle a rappelé qu’un leader ne s’impose pas par la contrainte, mais par l’inspiration. Vision claire, valeurs affirmées et objectifs précis sont les repères qui permettent de mobiliser durablement les collaborateurs autour d’un projet commun. Au-delà de cette rencontre, la JDSO entend prolonger l’élan initié par une série d’actions programmées tout au long du mois de février. L’association prévoit notamment la sélection et l’accompagnement de projets innovants portés par des jeunes à fort potentiel, dans une logique de mentorat et de valorisation du mérite. Parallèlement, une mission humanitaire est annoncée à Ebolowa, avec des dons destinés aux populations vulnérables. Un match de gala prévu le 14 février 2026 viendra renforcer cette dynamique de solidarité, en promouvant l’esprit d’équipe et l’engagement citoyen. Une vision tournée vers l’excellence intellectuelle Pour le président de la JDSO, Raphaël Ndi Zang, la prospérité repose d’abord sur l’intelligence et la créativité. Il défend l’idée que la richesse véritable naît du savoir, de l’innovation et de la discipline personnelle. Au terme de la master class, les participants ont reçu des attestations ainsi que des outils pratiques destinés à consolider leurs projets. Plus qu’un simple événement, cette rencontre s’inscrit comme un catalyseur d’idées et d’énergies, contribuant à façonner une jeunesse camerounaise confiante, responsable et déterminée à bâtir un succès collectif durable.

Cameroun | Droits d’auteur : le prélèvement d’un franc par bouteille entre en vigueur

Cameroun | Droits d’auteur : le prélèvement d’un franc par bouteille entre en vigueur Le secteur culturel camerounais amorce un virage décisif. Depuis le 13 février à Yaoundé, une réforme majeure encadre désormais le paiement des droits d’auteur et des droits voisins à travers un prélèvement à la source d’un franc CFA par bouteille vendue, soit 12 Fcfa par casier. Présentée comme un mécanisme de modernisation et de sécurisation des recettes, cette mesure vise à garantir une redistribution plus transparente et plus efficace au profit des artistes. Un cadre juridique clarifié La réforme s’appuie sur la décision conjointe du 25 avril 2023 entre le Ministère des Arts et de la Culture et le Ministère du Commerce. Elle met fin aux recouvrements directs et souvent conflictuels auprès des exploitants de bars, en instaurant un système automatique de retenue à la source. Jusqu’ici, les montants redistribués aux artistes avoisinaient 350 millions de Fcfa par an. Avec l’élargissement de l’assiette de perception, les projections laissent espérer des recettes nettement supérieures. Un mécanisme sécurisé Désormais, les sommes collectées sont versées dans un compte de dépôt spécial avant d’être redistribuées. La supervision revient à la Commission de contrôle des organismes de gestion collective (Ccogc), chargée de veiller à la transparence et à la bonne répartition des fonds. Son président, François Edimo, assure que le dispositif a été conçu pour préserver les intérêts des artistes et garantir que chaque franc collecté soit effectivement reversé selon les règles établies. Tolérance zéro pour les dérives Du côté des sociétés de gestion collective, le ton est ferme. Louis de Koum, artiste-musicien et administrateur de la Société Nationale Camerounaise de l’Art Musical (Sonacam), prévient que tout détournement engagerait non seulement la responsabilité morale, mais également la responsabilité pénale de ses auteurs. Le message est clair : la réforme repose sur la rigueur et la crédibilité des structures chargées de redistribuer les fonds. Un soulagement pour les exploitants Pour les exploitants de bars et débits de boissons, le nouveau dispositif se veut plus souple. Le prélèvement proportionnel à l’activité — un franc par bouteille — évite désormais les paiements forfaitaires lourds et imprévisibles. Selon les représentants du secteur, cette approche facilite la gestion quotidienne et permet aux opérateurs de travailler en conformité, grâce à un reçu attestant du paiement effectué à la source. Une nouvelle ère pour la culture camerounaise En élargissant la base de collecte et en sécurisant les flux financiers, cette réforme ambitionne d’améliorer durablement les conditions de vie des artistes, souvent confrontés à la précarité. Si la promesse de transparence est respectée, ce mécanisme pourrait constituer une avancée majeure pour l’économie culturelle nationale, en instaurant un climat plus apaisé entre créateurs, gestionnaires et exploitants commerciaux. Denise Ebelle

Secteur aurifère : le gouvernement enclenche une nouvelle offensive contre la fraude

Secteur aurifère : le gouvernement enclenche une nouvelle offensive contre la fraude Le ton se durcit dans le secteur artisanal de l’or au Cameroun. Dans un communiqué radio-presse publié le 9 février 2026, le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (MINMIDT) annonce une série de mesures contraignantes destinées à mettre fin à la contrebande et à renforcer la traçabilité de la production nationale. Cette décision intervient à la suite d’une concertation tenue le 21 janvier dernier entre le ministre en charge des Mines, le Directeur général de la SONAMINES et les opérateurs du secteur. Objectif : assainir un domaine encore fortement marqué par l’informel et les circuits parallèles. Retrait d’autorisations dès le 20 février Les titulaires d’autorisations d’exploitation artisanale semi-mécanisée qui n’ont pas respecté le délai de quinze jours accordé pour s’acquitter de la caution de remise en état des sites et signer les cahiers de charges verront leurs titres purement et simplement retirés à compter du 20 février 2026. Les sites concernés seront fermés, conformément aux dispositions de l’article 168(2) du Code minier de décembre 2023. Le ministère entend ainsi rappeler que la régularité administrative et le respect des obligations environnementales ne sont plus négociables. Généralisation du système « en vase clos » Pour les opérateurs en règle, un délai de trois mois est accordé afin de mettre en place un système d’exploitation dit « en vase clos », ou de conclure un partenariat avec une structure déjà équipée. Ce dispositif vise à assurer un meilleur contrôle des quantités extraites et à limiter les pertes vers les circuits frauduleux. Les exploitants devront en outre soumettre une étude de faisabilité sommaire précisant notamment la teneur moyenne du site et le seuil minimal de production. Cette exigence marque une volonté d’introduire davantage de rigueur technique dans l’exploitation artisanale semi-mécanisée. Dorénavant, toute nouvelle demande d’autorisation sera conditionnée par une autorisation préalable d’accès au site délivrée par le délégué régional compétent. Cette étape permettra d’effectuer les sondages nécessaires à l’élaboration de l’étude technique. Le dossier devra également comporter un cahier de charges signé avec les parties prenantes ainsi que les preuves de contribution au fonds de restauration des sites miniers. Interdictions maintenues et rappelées Le ministre rappelle par ailleurs que le travail de nuit et toute activité d’exploitation artisanale semi-mécanisée à l’intérieur des permis de recherche demeurent strictement interdits, conformément à l’article 24(5) du Code minier. À travers cette réforme, le Cameroun ambitionne de mieux maîtriser un secteur stratégique pour son économie. Le communiqué souligne que la fraude aurifère est un phénomène répandu en Afrique, avec des volumes significatifs exportés hors des circuits officiels dans plusieurs pays. Le gouvernement met en avant les progrès enregistrés ces dernières années : environ 1 500 kg d’or ont été canalisés vers le Trésor public, contre seulement 37 kg cumulés entre l’indépendance et les années 2000. Des discussions sont par ailleurs engagées avec des partenaires privés afin d’organiser la collecte de l’or directement sur les sites de production. Cette approche vise à sécuriser la perception de l’impôt synthétique de 25 % et de la taxe à l’exportation de 5 %, sur la base de la production réelle. En appelant au civisme et à la responsabilité des opérateurs, le MINMIDT affirme sa détermination à faire du secteur aurifère un levier de développement durable, alliant protection de l’environnement, transparence et optimisation des recettes publiques.

Cameroun : une place de marché des déchets pour bâtir l’économie verte

Cameroun : une place de marché des déchets pour bâtir l’économie verte   Le Cameroun amorce une nouvelle phase de sa transition écologique avec la mise en service officielle de la Bourse Nationale des Déchets (BND). La cérémonie, conduite par le ministre de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable, Hélé Pierre, le 12 février dernier, marque l’opérationnalisation d’un instrument inédit destiné à organiser le marché des déchets et à accélérer l’essor de l’économie circulaire. Un outil pour transformer un problème en ressource Pensée comme une société anonyme à capital mixte de 332 millions de FCFA, la BND associe l’État et des partenaires privés du secteur. Son ambition : créer un véritable marché structuré où les déchets deviennent des intrants industriels. Selon les données officielles, près de 6 millions de tonnes de déchets solides sont générées chaque année au Cameroun, sous l’effet conjugué de la croissance démographique et de l’urbanisation. La population urbaine représente désormais environ 60 % des habitants, contre 54 % en 2014. Dans les faits, la gestion actuelle demeure insuffisante : À peine un quart des déchets municipaux est collecté par le concessionnaire HYSACAM ; Environ 50 % sont traités de manière inappropriée ; Le reste est abandonné dans l’environnement. À Yaoundé, le taux de collecte reste inférieur à 50 %, tandis qu’à Douala il approche les 70 %. Résultat : accumulation dans les quartiers, pollution des cours d’eau, dégradation de la qualité de l’air et risques sanitaires accrus. Organiser un secteur en pleine mutation Entre 2021 et 2025, 867 autorisations environnementales ont été délivrées dans la filière des déchets, signe d’un dynamisme réel mais encore dispersé. La BND entend répondre à ce besoin d’encadrement en structurant les échanges entre producteurs et recycleurs. La plateforme numérique mise en place permettra : La mise en relation directe entre collectivités, entreprises et récupérateurs ; La publication d’offres et de demandes de matières recyclables ; L’intégration d’un système automatisé de traçabilité des flux. L’objectif est double : fluidifier le marché et garantir la transparence des transactions. Un pari économique assumé Les autorités présentent la BND comme un catalyseur de croissance verte. Les retombées attendues incluent : Le développement de nouvelles filières de recyclage et de valorisation énergétique ; La baisse des coûts de traitement pour les municipalités ; L’attrait d’investissements privés ; La création d’emplois dits « verts » ; La réduction des importations de matières premières vierges. Une étude actualisée en 2022 table sur un retour sur investissement en trois ans, traduisant la solidité du modèle économique envisagé. Un impact social et environnemental recherché Au-delà des chiffres, la BND vise la formalisation d’un secteur largement dominé par l’informel. Des milliers d’acteurs, souvent jeunes, vivent aujourd’hui du tri dans des conditions précaires. La nouvelle structure ambitionne d’intégrer ces opérateurs dans un cadre professionnel plus sécurisé. Sur le plan environnemental, les bénéfices attendus sont multiples : Diminution des dépôts sauvages et du brûlage à ciel ouvert ; Réduction des émissions de gaz à effet de serre ; Préservation des ressources naturelles ; Amélioration du cadre de vie urbain. Dix ans de maturation L’idée d’une bourse dédiée aux déchets a émergé dès 2016 lors de concertations intersectorielles. Une étude de faisabilité menée en 2017 en avait confirmé la pertinence. Après plusieurs étapes techniques et institutionnelles, l’Assemblée générale constitutive s’est tenue à la mi-2025, ouvrant la voie au lancement officiel en février 2026. <<Faire bouger le marché>> Pour la directrice générale de la BND, Rebecca Essomba, l’enjeu est désormais opérationnel : il s’agit de faire fonctionner ce « grand marché » où l’offre et la demande en déchets valorisables pourront se rencontrer. Elle appelle les collectivités territoriales, les entreprises et les acteurs du recyclage à nouer des partenariats afin de professionnaliser durablement la filière. Avec la Bourse Nationale des Déchets, le Cameroun mise ainsi sur une transformation structurelle : passer d’une gestion subie des déchets à une logique de valorisation intégrée, où chaque résidu peut devenir la matière première d’un nouveau cycle productif.

Garoua face à l’alerte des 68,7 % : élus et leaders communautaires en première ligne contre les VBG

Garoua face à l’alerte des 68,7 % : élus et leaders communautaires en première ligne contre les VBG « Bien sûr que ces violences existent encore. Il suffit de regarder autour de nous. » À Garoua, le constat posé par Jaili Amadou Amal ne laisse place à aucune ambiguïté. L’écrivaine engagée, présidente fondatrice de l’association Femmes du Sahel (FDS) et Ambassadrice d’ONU Femmes, a donné le ton au cours d’un séminaire-atelier consacré à la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), en rappelant l’ampleur d’un phénomène qui continue de fragiliser des milliers de femmes et de filles dans la partie septentrionale du Cameroun. Les 12 et 13 février 2026, la capitale régionale du Nord a réuni des femmes maires, des chefs traditionnels et des responsables religieux autour d’un objectif commun : renforcer leurs capacités pour prévenir et combattre efficacement les VBG. L’initiative est portée par l’association FDS, en partenariat avec ONU Femmes Cameroun. Un chiffre qui interpelle : 68,7 % de prévalence Dans les ménages du Nord, la prévalence des violences basées sur le genre est estimée à 68,7 %. Un taux alarmant qui traduit l’enracinement de pratiques telles que les violences domestiques, les mariages précoces — dont certains indicateurs évoquent des proportions comprises entre 50 et 60 % — ainsi que diverses formes de discriminations économiques. Pour Jaili Amadou Amal, ces réalités ne relèvent ni du passé ni de l’exagération. Les féminicides, les abandons scolaires liés aux mariages d’enfants et les conséquences psychologiques et sociales des violences témoignent d’une urgence persistante. D’où la nécessité d’impliquer les décideurs locaux et les autorités coutumières, dont l’influence demeure déterminante dans l’évolution des normes sociales. Passer de la sensibilisation à l’action structurée Au cours des deux journées de travaux, les participants ont exploré des outils pratiques adaptés au contexte socioculturel camerounais : analyse des cadres juridiques nationaux et internationaux, mécanismes de signalement, dispositifs de prise en charge et élaboration de plans d’action communaux. La représentante résidente d’ONU Femmes Cameroun, Marie Pierre Raky Chaupin, a insisté sur la dimension collective du combat : la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles ne peut être perçue comme une cause sectorielle. Elle engage l’ensemble de la société, appelée à transformer les normes sociales et à garantir aux femmes et aux filles leur pleine participation au développement. Une dynamique locale pour un changement durable Au-delà des échanges théoriques, l’ambition affichée est de structurer un réseau d’élues et de leaders communautaires capables de porter le plaidoyer contre les VBG au sein de leurs communes et chefferies. L’enjeu est d’ancrer la riposte dans les territoires, là où les décisions coutumières, religieuses et municipales influencent directement la vie quotidienne. En réunissant autorités locales et partenaires internationaux à Garoua, le séminaire envoie un signal fort : face à une prévalence de 68,7 %, la réponse doit être coordonnée, contextualisée et durable. Car c’est au cœur des communautés que se joue la transformation des mentalités et la protection effective des droits des femmes et des filles.