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Eau potable : le projet de neuf villes affiche 84,25 % d’avancement

Le Projet d’alimentation en eau potable de neuf villes du Cameroun – Phase 2 entre dans sa dernière ligne droite. Réunis jeudi 10 septembre 2026 à l’Hôtel United de Yaoundé, les membres du Comité de pilotage ont dressé un bilan jugé satisfaisant de l’état d’avancement des travaux, tout en identifiant les derniers obstacles à lever avant la mise en service des infrastructures.

Présidée par le Directeur général de la CAMWATER, Dr Blaise Moussa, en sa qualité de président du Comité de pilotage, la rencontre a réuni les représentants du Ministère de l’Eau et de l’Énergie, du Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, de la Caisse autonome d’amortissement, ainsi que les partenaires techniques et financiers et les entreprises impliquées dans l’exécution et le contrôle du projet.

Cinq villes directement concernées

La deuxième phase du projet porte sur cinq villes : Maroua, Garoua, Garoua-Boulaï, Yabassi et Dschang. D’un coût global de plus de 71,86 milliards de FCFA, le programme est financé conjointement par l’EximBank of China et l’État du Cameroun. Sa réalisation est confiée à CGCOC Group, sous la maîtrise d’ouvrage de la CAMWATER.

À terme, les infrastructures doivent permettre d’accroître la production d’eau potable de 42 700 m³ par jour, de renforcer les capacités de stockage de 10 100 m³ et de déployer plus de 250 kilomètres de réseaux de distribution. L’ambition est d’améliorer durablement l’accès à l’eau potable pour plusieurs centaines de milliers de ménages.

Maroua et Garoua en tête

Selon le bilan présenté au cours de la session, le taux d’avancement physique global du projet s’établit à 84,25 %, pour une consommation des délais de 83,46 %.

Dans le détail, Maroua affiche le meilleur niveau d’exécution avec 91 %. Les travaux comprennent notamment sept nouveaux forages, un réservoir surélevé de 5 000 m³ et 78,6 kilomètres de réseau.

À Garoua, le taux d’avancement atteint 90 %. Le programme prévoit huit nouveaux forages, la réhabilitation de quatre autres, deux châteaux d’eau et 99,1 kilomètres de réseau.

À Garoua-Boulaï, les travaux sont exécutés à 80 %, avec notamment une station de traitement, un château d’eau de 1 000 m³ et 28,8 kilomètres de réseau.

Le niveau d’exécution est de 71 % à Yabassi, où sont réalisés un captage en rivière, une station de traitement, un château d’eau de 100 m³ et 18,7 kilomètres de réseau.

Avec 70 % d’avancement, Dschang bénéficie notamment d’une station de traitement d’une capacité de 7 000 m³ par jour, d’un château d’eau de 1 500 m³ et de 24,65 kilomètres de réseau.

Les infrastructures électriques nécessaires au fonctionnement des installations progressent également, avec un taux d’exécution de 67 % pour les postes cabines, transformateurs et lignes moyenne et basse tension.

Des infrastructures au-delà de l’eau

Le projet comporte également un volet environnemental et social. Dans le cadre du Plan de gestion environnementale et sociale (PGES), des ouvrages de proximité sont réalisés au bénéfice des communautés riveraines. Il s’agit notamment de forages à motricité humaine dans plusieurs localités de Garoua, Maroua, Yabassi et Garoua-Boulaï.

À Dschang, la construction de blocs de classes est également prévue, tandis que des campagnes de reboisement et des actions de création d’emplois locaux accompagnent les travaux sur les différents sites.
Malgré les avancées enregistrées, plusieurs défis restent à relever. Le premier concerne la mobilisation des ressources financières, avec la nécessité d’accélérer le paiement des décomptes et les contributions de l’État afin de préserver le rythme d’exécution.

À Garoua-Boulaï, la question du captage demeure également un point d’attention. Les équipes doivent poursuivre les démarches administratives et techniques auprès de l’EximBank of China et travailler à l’apaisement des préoccupations des riverains.

Autre enjeu : l’extension des réseaux de distribution complémentaires, particulièrement à Garoua-Boulaï. Des financements additionnels sont recherchés afin de permettre une utilisation optimale des 1 800 m³ d’eau produits quotidiennement.

Au terme des travaux du Comité de pilotage, des recommandations ont été formulées à l’endroit de l’entreprise adjudicataire, de la mission de contrôle et des équipes du projet. Elles portent notamment sur l’accélération du traitement des points résiduels, la finalisation des essais d’étanchéité et de pression et la préparation des mises en service progressives.

L’objectif fixé est désormais clair : achever les différentes composantes du projet d’ici fin février 2027 et engager progressivement la mise en service des infrastructures dans les villes bénéficiaires.

Denise Ebelle

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