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Budget 2027 : entre recettes en baisse et dépenses en hausse, l’État prépare des arbitrages décisifs*

Budget 2027 : entre recettes en baisse et dépenses en hausse, l’État prépare des arbitrages décisifs

Le gouvernement camerounais engage la préparation du budget de l’État pour l’exercice 2027 dans un environnement économique marqué par de fortes tensions. La baisse des recettes, l’alourdissement des dépenses publiques sous l’effet des crises internationales et la nécessité de rendre les investissements plus performants imposent de nouveaux choix budgétaires.

Ces défis étaient au cœur du séminaire de lancement officiel des travaux de préparation du budget 2027, ouvert mardi à Yaoundé par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Placées sous le thème « Le budget du Cameroun face aux défis de l’amélioration de la performance des investissements publics en vue de stimuler la croissance et d’améliorer les conditions de vie des populations », ces assises réunissent les principaux acteurs de la chaîne budgétaire autour des orientations de la prochaine loi de finances.

D’emblée, le ministre des Finances a situé le contexte dans lequel s’inscrivent ces travaux. Selon lui, l’économie mondiale demeure fragilisée par une succession de crises dont les effets continuent de se faire sentir sur les finances publiques nationales.

« Ces crises ne se succèdent pas, elles s’additionnent », a résumé Louis Paul Motaze, évoquant les répercussions de la crise financière, des défis sécuritaires, de la pandémie de Covid-19, de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, ainsi que des tensions au Moyen-Orient.

Pour le membre du gouvernement, cette conjoncture s’est déjà traduite par une diminution sensible des recettes publiques. Il a indiqué que les prévisions de recettes de l’État enregistrent un manque à gagner de près de 200 milliards de FCFA, conséquence du ralentissement de l’activité économique et de la baisse des recettes fiscales.

Dans le même temps, les charges de l’État augmentent. Le ministre a expliqué que le choix du gouvernement de maintenir les prix des carburants afin de préserver le pouvoir d’achat des populations mobilise des ressources importantes. Selon ses estimations, cette mesure représente un coût compris entre 250 et 350 milliards de FCFA pour le budget de l’État.

Face à cette double contrainte, le gouvernement entend revoir sa manière d’investir. Pour Louis Paul Motaze, les investissements publics devront désormais être évalués à l’aune de leur impact réel sur le développement économique et les conditions de vie des populations.

Le ministre a notamment invité les administrations à s’interroger sur l’opportunité de lancer de nouveaux projets alors que plusieurs infrastructures engagées restent inachevées.

« Peut-être faudrait-il donner la priorité à la finalisation des investissements déjà en cours avant d’en lancer de nouveaux », a-t-il suggéré, appelant à un débat approfondi sur les priorités de l’État.

Autre préoccupation soulevée : le paiement des entreprises ayant exécuté des marchés publics. Louis Paul Motaze a reconnu que les retards de règlement pèsent sur leur trésorerie et constituent un frein à leur activité, soulignant la nécessité pour l’État de respecter ses engagements.
Pendant deux jours, les participants examineront plusieurs axes stratégiques, notamment le suivi des recommandations des exercices précédents, le cadrage macroéconomique, l’amélioration de la qualité des investissements publics, les innovations dans les procédures budgétaires et les outils de programmation à moyen terme destinés aux ministères sectoriels.

L’exercice s’annonce déterminant. Avec un budget 2026 de 8 816,4 milliards de FCFA, le gouvernement devra concilier maîtrise des finances publiques, poursuite des investissements structurants et soutien au pouvoir d’achat dans un contexte international toujours marqué par de nombreuses incertitudes.

Au-delà de la préparation d’une nouvelle loi de finances, le séminaire ouvre ainsi une réflexion sur les choix qui orienteront l’action publique en 2027 : investir moins, mais investir mieux, afin de garantir un impact plus durable sur le développement du Cameroun.

Denise Ebelle

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