CAMWATER : quatre ans de leadership Blaise Moussa, entre grands chantiers et transformation
Depuis son arrivée à la tête de la Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER) en 2022, Blaise Moussa a inscrit son action dans une dynamique qui dépasse la seule production d’eau potable. Infrastructures, extension des réseaux, nouveaux branchements, digitalisation, performance commerciale et dialogue social constituent les principaux axes d’un management qui entend accompagner la transformation de l’entreprise publique de distribution d’eau. Quatre ans après sa prise de fonctions, plusieurs grands chantiers permettent de mesurer cette orientation. Le plus emblématique reste sans doute le renforcement de l’alimentation en eau potable de Yaoundé et de ses environs à partir de la Sanaga. Mis en service en août 2024, le PAEPYS a porté la capacité de production destinée à la capitale à 300 000 m³ par jour, avec une possibilité d’extension à 400 000 m³. La CAMWATER a, dans la foulée, été appelée à relever un autre défi : assurer l’intégration effective de ces volumes supplémentaires dans un réseau de distribution qui devait lui aussi être renforcé. C’est tout l’enjeu du Projet d’urgence pour une meilleure intégration du volume d’eau supplémentaire du PAEPYS, le PUMIP. En tant que maître d’ouvrage, la CAMWATER a engagé des travaux sur plusieurs points stratégiques du réseau de Yaoundé afin d’absorber et de redistribuer cette nouvelle production. Le projet a notamment concerné les secteurs de Golf, Nyom, Tsinga Village, Ebogo, Nkolbong, Mvan Tropicana, Odza et Minkan. Mais l’action sur le réseau ne s’est pas limitée aux grands projets structurants. En 2026, le renforcement de l’étage de distribution d’Etoug-Ebe a permis d’engager la pose de 1 200 mètres de conduite en fonte ductile DN400, avec l’objectif d’augmenter le flux vers cette partie de la capitale de quelque 10 000 m³ par jour. Plusieurs quartiers, dont Mendong, Zibi, Maetur, Simbock, Jouvence, Damase et Ebom, sont concernés par cette opération. La même logique est perceptible dans d’autres secteurs de Yaoundé. À Yaoundé VI, des travaux de renforcement, d’extension et de densification du réseau ont été lancés en septembre 2025 pour améliorer la desserte de plusieurs quartiers. Ces interventions traduisent une évolution dans l’approche : il ne s’agit plus seulement d’augmenter la production, mais de travailler simultanément sur le transport, le stockage et la distribution afin que l’eau produite puisse effectivement parvenir aux usagers. À Douala, le projet de réhabilitation et d’extension de la station de Japoma constitue un autre chantier majeur. Le contrat avec l’entreprise INRIGO AS a été signé en juin 2025. L’objectif affiché est de faire passer la capacité de production de la station de 55 000 à environ 123 000 m³ par jour. Ce projet doit ainsi contribuer au renforcement de l’offre dans la capitale économique, où la croissance démographique exerce une pression constante sur les infrastructures. De nouveaux branchements pour élargir l’accès L’extension de la couverture constitue également un marqueur du mandat. En 2024, la CAMWATER annonçait une campagne visant 200 000 nouveaux branchements à l’échelle nationale, après l’apurement de 8 000 branchements alors en attente. L’initiative devait notamment permettre de rapprocher davantage le réseau public des ménages et d’accélérer l’accès au service. Cette orientation s’est poursuivie en 2026 avec une nouvelle impulsion donnée à l’extension des réseaux et aux branchements. Dans plusieurs villes, des opérations de densification ont été engagées. À Dang, par exemple, le réseau a été étendu de plus de 35 kilomètres et de nouvelles bornes-fontaines ont été mises en service. Au-delà des deux principales métropoles, la CAMWATER a également relancé ou engagé plusieurs projets destinés aux villes secondaires. En janvier 2025, un troisième avenant au contrat commercial avec Biwater a été signé pour la mise en œuvre du projet d’alimentation en eau potable de 13 villes. Le programme doit notamment permettre l’extension des réseaux et la fourniture de kits de branchement et de compteurs. Autre avancée à mettre au crédit de cette période : la signature, en septembre 2025, d’un accord pour la réhabilitation et le renforcement des systèmes d’approvisionnement en eau potable de dix villes. Le projet concerne notamment Tignère, Abong-Mbang, Guidiguis, Kribi, Bandjock, Monatélé, Ndokayo, Ngong, Ntui et Pitoa. La transformation ne se limite pas aux infrastructures Le bilan de ces quatre années ne saurait cependant être réduit aux kilomètres de conduites posés ou aux capacités de production annoncées. La CAMWATER travaille également à une transformation de ses méthodes de fonctionnement. La digitalisation occupe ainsi une place croissante dans la stratégie de l’entreprise. Téléphonie par voix sur Internet, interconnexion des sites et gestion électronique des documents font partie des outils déployés pour fluidifier les échanges internes et améliorer la prise en charge des demandes des abonnés. Cette évolution s’est poursuivie en 2026 avec le développement de solutions numériques dédiées au secteur de l’eau. La plateforme « WaterIS by CAMWATER » doit notamment accompagner la gestion des données et des opérations liées au service public de l’eau, avec des applications consacrées au relevé des compteurs et à d’autres fonctions opérationnelles. La modernisation passe également par la recherche d’une meilleure maîtrise du réseau. Les questions de fuites, de rendement, de maintenance et de densification sont désormais régulièrement intégrées aux interventions de terrain. À Bafoussam, une mission spéciale a ainsi été déployée en 2026 pour réparer les casses et les fuites, stabiliser le réseau et identifier les zones encore insuffisamment desservies. Le capital humain au cœur du dispositif Dans cette transformation, le volet social occupe une place particulière. En mars 2026, Blaise Moussa a réuni les partenaires sociaux autour des principaux défis de l’entreprise. Les discussions ont notamment porté sur les carrières, les indemnités de fin de carrière, les frais de mission et les conditions de travail. La direction générale a alors présenté 2026 comme une année « décisive » et annoncé plusieurs mesures destinées à améliorer la relation avec le personnel. Cette volonté de transformation interne accompagne une ouverture plus large de la CAMWATER sur le secteur continental de l’eau et de l’assainissement. Blaise Moussa a été porté à la présidence de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement (AAEA) pour la période 2025-2027, tandis que Yaoundé a accueilli, en février 2026, le






























































































































































