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À Yaoundé, une nouvelle promotion d’éducateurs se forme à l’inclusion

Seize professionnels de l’éducation ont achevé, le 31 août 2026, une formation intensive consacrée à l’accompagnement des apprenants à besoins éducatifs particuliers. Une première expérience portée par l’IFPEC-B et le CJARC, avec des participants camerounais et étrangers.

 

L’inclusion scolaire se construit aussi dans les salles de formation. À Ekie, à Yaoundé, l’Institut de formation professionnelle inclusive Coco Bertin (IFPEC-B) a célébré, le 31 août 2026, la fin d’une session intensive consacrée à l’éducation inclusive. Initiée par le Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC), cette première promotion a rassemblé 16 participants venus se perfectionner dans la prise en charge des apprenants présentant des besoins éducatifs spécifiques.

 

La particularité de cette promotion tient à sa diversité. Elle compte 14 femmes et deux hommes, issus de plusieurs régions et villes du Cameroun, parmi lesquelles Yaoundé, Mfou, Foumban, Bamenda, Dschang et Foumbot. Des participants de Guinée équatoriale et du Ghana ont également pris part à la session.

 

Durant huit semaines, les stagiaires ont travaillé sur dix modules destinés à leur fournir des outils immédiatement utilisables dans les établissements scolaires. Les enseignements ont notamment porté sur les relations entre l’école, la famille et la communauté, les méthodes d’enseignement différencié, l’adaptation pédagogique, le braille, la langue des signes et les technologies d’assistance destinées aux personnes ayant des déficiences visuelles ou des troubles de l’apprentissage.

La formation s’est également intéressée aux réponses pédagogiques adaptées aux différents profils d’apprenants. L’installation d’un élève malvoyant à une place appropriée, l’utilisation de supports agrandis ou du braille, le recours à des consignes orales pour certains apprenants, mais aussi l’adaptation du rythme de travail pour les élèves présentant des troubles de l’apprentissage figurent parmi les pratiques abordées.

 

Pour les personnes présentant des troubles neurodéveloppementaux, notamment l’autisme ou le TDAH, les participants ont été sensibilisés à l’importance d’un cadre structuré, des repères visuels et des espaces favorisant l’autorégulation.

 

Cette approche a progressivement modifié la perception des stagiaires sur la notion même d’inclusion. Dans son intervention, Ntenjem Marcel Nshutpuen, représentant des apprenants, a expliqué que l’expérience leur avait permis de comprendre que placer un enfant handicapé dans une classe ordinaire ne suffit pas. L’inclusion exige également de revoir les méthodes d’apprentissage, les supports, les modalités d’évaluation et l’organisation de l’espace scolaire.

 

Mme Monesso épouse Efa Marie Gerard Secondine, conseillère d’orientation et co-représentante de la promotion, a, elle aussi, insisté sur la dimension opérationnelle des connaissances acquises. Elle a notamment appelé les administrations compétentes à valoriser ces nouvelles compétences en facilitant le recrutement d’éducateurs formés à l’inclusion dans les services déconcentrés et les établissements publics.

 

Les performances de la promotion viennent conforter cette première expérience. Tous les participants ont obtenu leur diplôme, soit un taux de réussite de 100 %. Les moyennes enregistrées vont de 12,78/20 à 16,22/20. Yonga Tchouameni Nadia Gisèle, avec 16,22/20, s’est distinguée comme major de la promotion.

La cérémonie de sortie a réuni plusieurs acteurs institutionnels. Les ministères des Affaires sociales (MINAS), de l’Éducation de base (MINEDUB), des Enseignements secondaires (MINESEC) et de l’Emploi et de la Formation professionnelle (MINEFOP) y étaient représentés. Au nom du MINAS, le délégué régional des Affaires sociales a salué l’initiative et l’importance du renforcement des capacités dans le domaine de l’inclusion.

 

Pour le CJARC, cette session constitue une première étape. Coco Bertin, cofondateur de l’organisation, a rappelé que le programme de deux mois avait été conçu comme une formation accélérée destinée notamment aux professionnels en exercice. Le cursus régulier de l’IFPEC-B demeure, quant à lui, établi sur douze mois.

 

L’établissement prévoit déjà la suite. Les inscriptions pour l’année académique 2026-2027 doivent s’ouvrir en septembre 2026. L’objectif affiché est d’élargir progressivement le recrutement, notamment aux candidats issus d’autres pays de la sous-région.

 

Avec cette première promotion, le CJARC et l’IFPEC-B entendent ainsi contribuer à faire évoluer les pratiques éducatives. Car derrière le principe d’inclusion se trouve une exigence concrète : donner aux professionnels les compétences nécessaires pour que chaque enfant puisse apprendre dans un environnement réellement adapté à ses besoins.

 

Denise Ebelle

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