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Vaccination contre la rougeole et la rubéole : le Cameroun mise sur la prévention pour protéger les enfants et les ménages

La lutte contre la rougeole et la rubéole dépasse le seul cadre sanitaire. Elle constitue également un enjeu économique et social pour les familles camerounaises. C’est l’un des messages forts de la cérémonie de lancement de la campagne nationale de vaccination de suivi contre ces deux maladies, organisée le mercredi 14 octobre 2026 à l’école catholique Saint-Joseph de Mvolyé, à Yaoundé.

Présidée par le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, et l’archevêque métropolitain de Yaoundé, Mgr Jean Mbarga, la cérémonie a connu la participation du représentant résident de l’OMS au Cameroun, le Dr Bagayoko Magaran Monzon, ainsi que des responsables de l’UNICEF et d’autres partenaires du secteur de la santé. Au-delà de l’objectif de couverture vaccinale, cette initiative rappelle que prévenir une maladie permet aussi d’éviter des dépenses parfois insoutenables pour les ménages.

 

La non-vaccination, un coût humain et économique considérable

Pour le représentant résident de l’OMS au Cameroun, le coût de la non-vaccination, ou de l’inaction, est exorbitant. Il se mesure d’abord en vies humaines, à travers les conséquences parfois irréversibles de maladies qui auraient pu être évitées.

La rougeole peut entraîner des complications graves, notamment des pneumonies, des atteintes neurologiques, la cécité et la malnutrition. Quant à la rubéole, lorsqu’elle survient pendant la grossesse, elle peut provoquer chez le nouveau-né des malformations cardiaques, une surdité et d’autres handicaps durables.

À ce coût humain s’ajoute une charge financière importante pour les familles. L’hospitalisation d’un enfant malade peut mobiliser une part considérable des ressources du ménage, fragiliser son équilibre financier et accentuer la précarité. À l’échelle des communautés, les conséquences des maladies évitables peuvent également peser sur la productivité et ralentir les activités économiques.

C’est dans cette perspective que le Cameroun s’est engagé en faveur de la couverture sanitaire universelle (CSU), qui vise notamment à réduire les obstacles financiers à l’accès aux soins et à prévenir les dépenses de santé catastrophiques pour les ménages.

La vaccination apparaît ainsi comme un investissement dans la santé des enfants, mais aussi dans la protection économique des familles et le développement du pays.

« Chaque enfant ciblé doit recevoir sa dose de protection. Aucun enfant ne doit être laissé de côté », a insisté le Dr Bagayoko Magaran Monzon, réaffirmant la disponibilité de l’OMS à accompagner les autorités camerounaises dans cette opération.

 

Des progrès encourageants, mais des enfants restent exposés

Malgré les avancées enregistrées ces dernières années, des insuffisances persistent dans la couverture vaccinale nationale. En 2025, la couverture de la première dose du vaccin contre la rougeole et la rubéole s’établissait à 85 %, tandis que celle de la deuxième dose atteignait 70 %. Ce dernier indicateur a néanmoins connu une progression notable, passant de 28 % en 2020 à 70 % en 2025.

Ces résultats témoignent des efforts engagés, mais révèlent également la nécessité de poursuivre les interventions pour atteindre les enfants qui échappent encore aux services de vaccination.

Selon les données présentées lors du lancement, environ 76 % des cas confirmés de rougeole concernent des enfants non vaccinés. La rubéole, pour sa part, continue d’être signalée chaque année sur l’ensemble du territoire national.

Les disparités géographiques, l’accumulation d’enfants non vaccinés, les difficultés d’accès aux formations sanitaires et les situations humanitaires entretiennent cette vulnérabilité.

Face à ce constat, la campagne ambitionne d’atteindre 95 % des enfants âgés de 9 à 59 mois, grâce à une mobilisation renforcée des familles, des professionnels de santé et des acteurs.

Pour le ministre de la Santé publique, la protection des enfants contre ces maladies évitables relève d’une responsabilité qui dépasse les seules compétences de son département ministériel.

Le Dr Manaouda Malachie a rappelé que la santé des enfants représente un investissement stratégique pour l’avenir du Cameroun. Il a notamment invité les parents et les tuteurs à faire vacciner gratuitement les enfants concernés et à ne pas se laisser influencer par les rumeurs ou les informations erronées susceptibles de compromettre leur protection.

Cette mobilisation implique également les autorités administratives, les collectivités territoriales, les professionnels des médias, les organisations de la société civile ainsi que les leaders religieux et traditionnels.

Présent à la cérémonie, l’archevêque métropolitain de Yaoundé, Mgr Jean Mbarga, a souligné l’importance de l’engagement communautaire face à des maladies capables de se propager rapidement lorsque la couverture vaccinale demeure insuffisante.

De son côté, Juliette Haenni, représentante adjointe aux programmes de l’UNICEF au Cameroun, a insisté sur la nécessité d’associer la disponibilité des vaccins à un travail de proximité avec les populations. L’écoute des préoccupations parentales, le renforcement de la confiance et la suppression des obstacles à la vaccination figurent parmi les conditions essentielles à la réussite de l’opération.

 

L’OMS garantit la qualité du vaccin utilisé

Dans le cadre de son accompagnement, l’OMS soutient les autorités sanitaires camerounaises, aux côtés de l’UNICEF, de Gavi et des autres partenaires, pour renforcer la vaccination et favoriser un accès plus équitable aux services de santé.

Le Dr Bagayoko Magaran Monzon a également tenu à rassurer les populations sur la qualité du vaccin combiné contre la rougeole et la rubéole utilisé pendant la campagne. Selon lui, celui-ci est sûr, efficace et préqualifié par l’OMS, conformément aux exigences internationales en matière de qualité, de sécurité et d’efficacité.

Cette assurance intervient dans un contexte où la désinformation peut compromettre l’adhésion des familles aux programmes de vaccination.

Pour les autorités sanitaires et leurs partenaires, l’enjeu consiste désormais à transformer la mobilisation institutionnelle en actes concrets, en veillant particulièrement aux enfants vivant dans les zones difficiles d’accès ou appartenant aux communautés les plus vulnérables.

En ciblant les enfants de 9 à 59 mois, cette campagne nationale de suivi vise à consolider les acquis de la vaccination systématique et à réduire les risques de transmission de la rougeole et de la rubéole.

Au-delà des doses administrées, son succès se mesurera à la capacité du dispositif sanitaire à atteindre les enfants encore insuffisamment protégés.

Le message défendu par l’OMS est clair : le coût de la prévention reste préférable à celui de l’inaction. En protégeant les enfants contre ces maladies, le Cameroun cherche non seulement à préserver des vies, mais aussi à limiter les dépenses médicales des familles et à renforcer les fondements de sa couverture sanitaire universelle.

La mobilisation des parents et des communautés demeure donc déterminante pour atteindre l’objectif de 95 % de couverture et

faire de la vaccination un levier durable de protection sanitaire et sociale.

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