#Économie

Forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant : les données au cœur des politiques publiques

Forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant : les données au cœur des politiques publiques

Yaoundé accueille depuis le 6 juillet la 8e édition du Forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant. Pendant cinq jours, experts, responsables gouvernementaux et partenaires au développement examinent les moyens de produire des données plus fiables afin d’améliorer les politiques publiques en faveur des femmes, des filles et des enfants en Afrique.
À l’heure où les États africains sont appelés à prendre des décisions fondées sur des preuves, la qualité des statistiques apparaît plus que jamais comme un enjeu majeur. C’est autour de cette conviction que se tient, du 6 au 10 juillet 2026 à Yaoundé, la 8e édition du Forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant, placée sous le thème : « Droits, justice et opportunités pour tous ».
La rencontre rassemble des représentants des instituts nationaux de statistique, des administrations publiques, des organisations internationales ainsi que des partenaires techniques et financiers. Leur objectif est de renforcer les systèmes statistiques africains afin de mieux mesurer les inégalités, suivre les progrès réalisés et éclairer les décisions publiques.
Des chiffres pour mieux gouverner
Les participants partagent un même constat : sans données fiables, il est difficile de concevoir des politiques publiques efficaces. Les statistiques permettent aujourd’hui d’identifier les populations les plus vulnérables, d’évaluer l’impact des programmes mis en œuvre et d’orienter les investissements vers les secteurs prioritaires.
Les travaux de Yaoundé visent ainsi à améliorer la production, la qualité et l’utilisation des statistiques relatives aux femmes, aux filles et aux enfants, dans une approche fondée sur les droits humains et la justice sociale.
L’égalité de genre progresse lentement
L’urgence est d’autant plus grande que les disparités demeurent importantes sur le continent. D’après l’Indice de l’Égalité de Genre en Afrique 2023, élaboré par le Groupe de la Banque africaine de développement et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, les femmes africaines ne bénéficient encore que d’environ la moitié des droits et des opportunités socio-économiques accordés aux hommes.
Ces résultats rappellent la nécessité de disposer d’indicateurs fiables pour mesurer les écarts, suivre les évolutions et adapter les réponses des pouvoirs publics.
Mieux mesurer pour mieux agir
Pour Marie Pierre Raky Chaupin, représentante résidente d’ONU Femmes Cameroun, les données constituent un levier indispensable de transformation sociale.
« Si les discriminations faites aux femmes et aux filles issues des normes sociales négatives ne sont pas mesurées, étudiées, analysées, elles ne pourraient pas servir de support pour des politiques inclusives. Il est important que les inégalités soient connues et qu’elles servent de base à engager des politiques inclusives et des budgets en conséquence », souligne-t-elle.
Le renforcement des capacités des systèmes nationaux de statistique apparaît ainsi comme une condition essentielle pour élaborer des politiques publiques fondées sur des preuves.
Capitaliser les expériences africaines
Le forum offre également un cadre d’échanges entre les pays africains. Les experts examinent les bonnes pratiques développées sur le continent et réfléchissent à de nouvelles méthodes de collecte, d’analyse et de diffusion des données.
Pour Joseph Tedou, Directeur général de l’Institut national de la statistique du Cameroun, ces échanges permettront de formuler des recommandations destinées à améliorer la réponse des États face aux défis du développement grâce à des statistiques de qualité, capables de mieux cibler les groupes vulnérables.
La BAD prépare l’édition 2027 de son indice
La Banque africaine de développement entend poursuivre son accompagnement des pays dans ce domaine. Selon Koffi Marc Kouakou, économiste statisticien principal sur le genre à la BAD, les travaux de Yaoundé serviront notamment à préparer la troisième édition, prévue en 2027, de l’Indice de l’Égalité de Genre en Afrique.
L’institution accompagnera les États dans la collecte, l’analyse et la validation des données nécessaires à l’élaboration de cet outil de référence.
Au terme des cinq jours de travaux, les participants espèrent renforcer la coopération entre les instituts nationaux de statistique, les gouvernements et les partenaires au développement. L’ambition est de faire des statistiques un véritable instrument d’aide à la décision, au service de politiques publiques plus inclusives, capables d’améliorer durablement les conditions de vie des femmes, des filles et des enfants à travers le continent africain.

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *