VIH/Sida : les résultats de l’enquête CAMPHIA 2024-2025 confirment les progrès du Cameroun

VIH/Sida : les résultats de l’enquête CAMPHIA 2024-2025 confirment les progrès du Cameroun  Le Cameroun dispose désormais d’un nouvel état des lieux de son épidémie de VIH. Les résultats de synthèse de l’Enquête nationale sur l’évaluation de l’impact du VIH au Cameroun (CAMPHIA 2024-2025), publiés ce mardi 7 juillet à Yaoundé, mettent en évidence des avancées encourageantes dans la riposte nationale, tout en soulignant les défis qui restent à relever, notamment en matière de dépistage. Les données issues de cette enquête devront orienter les politiques publiques et les interventions destinées à accélérer l’atteinte des objectifs mondiaux 95-95-95 de l’ONUSIDA. Présidée par le ministre de la Santé publique, la cérémonie de publication des résultats a réuni les partenaires techniques et financiers, les responsables des programmes de lutte contre le VIH, les professionnels de santé, les organisations de la société civile ainsi que les représentants des communautés. Réalisée entre septembre 2024 et janvier 2025 auprès des personnes âgées de 15 ans et plus, l’enquête a enregistré un taux global de réponse de 76,2 %. Au total, 25 083 personnes ont été interrogées et dépistées sur 29 029 personnes éligibles, avec un taux de participation de 77 % chez les femmes et de 75,3 % chez les hommes. Une photographie de l’épidémie Au-delà de l’évaluation de la prévalence du VIH, CAMPHIA 2024-2025 fournit des données sur l’incidence de l’infection, l’accès au dépistage, la prise en charge des personnes vivant avec le VIH, la suppression de la charge virale et les progrès accomplis vers les objectifs 95-95-95. Ces résultats serviront de base à l’actualisation des stratégies nationales de lutte contre le VIH et à une meilleure orientation des ressources vers les interventions les plus efficaces. L’enquête estime la prévalence nationale du VIH à 3,1 % chez les personnes âgées de 15 ans et plus. Chez les 15 à 49 ans, elle est évaluée à 2,6 %, en recul par rapport à la précédente enquête. Les résultats font également état d’une baisse de l’incidence du VIH, désormais estimée à 0,15 %, soit environ 21 000 nouvelles infections par an. Pour le ministre de la Santé publique, ces évolutions traduisent les effets des efforts consentis depuis plusieurs années pour renforcer la riposte nationale. Il a notamment cité l’extension du dépistage, la disponibilité des traitements antirétroviraux, le renforcement de la prévention de la transmission mère-enfant, l’amélioration de la prise en charge communautaire, la mobilisation en faveur des populations les plus exposées, ainsi que la gratuité des services destinés aux personnes vivant avec le VIH instaurée depuis 2020. Des acquis à consolider Le membre du gouvernement a souligné que les résultats de l’enquête permettent également d’apprécier les progrès réalisés par le Cameroun vers les objectifs 95-95-95, qui visent à faire en sorte que les personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, bénéficient rapidement d’un traitement et obtiennent une suppression durable de leur charge virale. Selon lui, les résultats montrent des avancées importantes dans la prise en charge des patients, notamment en matière de suppression de la charge virale. Il a rappelé qu’une personne dont la charge virale est durablement indétectable ne transmet plus le virus, insistant sur la nécessité de mieux faire connaître le principe « Indétectable = Intransmissible » afin de renforcer l’adhésion au traitement et de réduire la stigmatisation. Toutefois, le ministre a relevé que le premier objectif des « 95 » demeure le principal défi de la riposte nationale. « Tant que des personnes vivent avec le VIH sans le savoir, elles ne peuvent ni bénéficier du traitement, ni protéger efficacement leur santé, ni contribuer pleinement à l’interruption de la chaîne de transmission », a-t-il déclaré. Il a ainsi appelé à intensifier le dépistage, à diversifier les stratégies d’offre de services, à renforcer les approches communautaires et à mieux atteindre les hommes, les adolescents, les jeunes adultes ainsi que les zones où persistent des insuffisances en matière de diagnostic. Le ministre a également plaidé pour un recours accru aux solutions de santé numérique, au suivi de proximité des patients et à la lutte contre la stigmatisation, qu’il considère comme l’un des principaux obstacles à l’accès au dépistage et aux soins. Des décisions fondées sur les données Les résultats de CAMPHIA 2024-2025 devraient désormais guider l’actualisation des priorités stratégiques nationales, améliorer l’allocation des ressources et renforcer les interventions à fort impact. Réaffirmant l’engagement du gouvernement en faveur d’une politique de santé fondée sur les données probantes, le ministre de la Santé publique a appelé l’ensemble des acteurs — administrations publiques, partenaires au développement, collectivités territoriales décentralisées, parlementaires, chercheurs, professionnels de santé, médias, organisations de la société civile et communautés — à maintenir une mobilisation collective. Pour lui, la fin du VIH comme menace de santé publique ne pourra être obtenue que grâce à une action concertée, durable et solidaire. Convaincu de la dynamique engagée, il s’est montré optimiste quant à la capacité du Cameroun à atteindre les objectifs internationaux, estimant que le pays est « sur la bonne voie » pour figurer parmi les premiers d’Afrique centrale à réaliser les objectifs 95-95-95.

Travail des enfants : le Comité national renforce l’arsenal de prévention et de suivi

Travail des enfants : le Comité national renforce l’arsenal de prévention et de suivi Prévention renforcée, meilleure application des textes, amélioration du suivi statistique et prise en compte des enseignements du précédent plan d’action. Telles sont les principales résolutions arrêtées le 2 juillet 2026 à Yaoundé par le Comité national de lutte contre le travail des enfants, réuni en session annuelle sous la présidence du ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona. Les membres du comité ont convenu de faire de la prévention l’un des principaux axes de la stratégie nationale. Ils recommandent ainsi d’intensifier les campagnes de sensibilisation auprès des parents, des familles et des communautés afin de mieux faire la distinction entre le travail des enfants, interdit lorsqu’il compromet leur développement, et les activités à caractère socialisant, une confusion qui demeure fréquente dans plusieurs localités. Le comité a également décidé de capitaliser les enseignements tirés de l’évaluation finale du Plan d’action national d’élimination du travail des enfants au Cameroun (PANETEC). Les recommandations issues de cette évaluation devront être intégrées à la préparation du prochain plan d’action national, avec l’objectif d’améliorer la coordination des interventions, leur efficacité ainsi que leur pérennité. Autre priorité retenue : le renforcement de l’application des textes en vigueur. Les participants appellent les administrations compétentes, les partenaires sociaux, les organisations de la société civile et les collectivités territoriales décentralisées à mieux s’approprier la liste nationale des travaux dangereux interdits aux enfants. Pour y parvenir, ils préconisent le renforcement des actions de formation, de sensibilisation et de contrôle sur le terrain. La session a aussi mis l’accent sur la nécessité de disposer de données plus fiables pour orienter les politiques publiques. Les membres du comité recommandent la diffusion, en français et en anglais, du rapport national sur le travail des enfants, considéré comme un instrument d’aide à la décision et de suivi des progrès accomplis. Dans la même logique, ils demandent l’achèvement des différents outils du système national d’observation et de suivi du travail des enfants. Leur mise en œuvre effective est attendue au plus tard le 31 juillet 2026 afin d’améliorer la collecte des données, le suivi de l’évolution du phénomène et l’évaluation des actions engagées. Les participants ont enfin insisté sur l’importance d’une culture de résultats. Ils recommandent que les activités menées soient systématiquement confrontées aux objectifs fixés, afin de produire des statistiques plus pertinentes et de mesurer avec davantage de précision l’impact des programmes. Réunie dans la salle des conférences du ministère du Travail et de la Sécurité sociale, la session 2026 du Comité national de lutte contre le travail des enfants a également permis de dresser le bilan des actions menées au cours de l’année écoulée et de définir les priorités des prochains mois. À travers les résolutions adoptées, les pouvoirs publics et leurs partenaires entendent consolider les acquis et accélérer les efforts visant à éliminer progressivement le travail des enfants au Cameroun. Denise Ebelle

Minsep : le mérite et l’excellence célébrés à travers 19 distinctions honorifiques

Le mérite, l’excellence et le dévouement au service de l’État étaient à l’honneur le 2 juillet 2026 au Palais polyvalent des sports de Yaoundé. Présidant la cérémonie de remise des distinctions honorifiques décernées par le président de la République, Paul Biya, Grand Maître des Ordres nationaux, le ministre des Sports et de l’Éducation physique a salué l’engagement de 19 personnels de son département ministériel distingués pour la qualité des services rendus à la nation. Organisée dans le cadre des célébrations de la Fête du Travail et de la Fête nationale, la cérémonie a mis en lumière des femmes et des hommes dont le parcours professionnel a été jugé exemplaire. Pour le ministre, ces distinctions traduisent la volonté constante du chef de l’État de promouvoir une culture du mérite, de la discipline, de l’excellence et du dévouement dans l’administration publique. Parmi les récipiendaires, Joseph Yerima, secrétaire général du ministère des Sports et de l’Éducation physique, a été élevé au grade de Commandeur dans l’Ordre de la Valeur. Dans le même ordre, Medouane Alvine Noëlle Hortense, chef de la Division des études, de la planification et de la coopération, a été faite Chevalier. D’autres personnels ont également été distingués dans l’Ordre du Mérite et dans l’Ordre du Mérite sportif, aux grades d’Officier et de Chevalier, tandis que cinq agents ont reçu la Médaille d’honneur du travail en reconnaissance de leur ancienneté, de leur loyauté et de leur contribution au service public. Dans son allocution, le membre du gouvernement a rappelé que ces récompenses constituent la reconnaissance de la République envers des serviteurs de l’État qui se sont illustrés par leur professionnalisme et leur sens élevé du devoir. Il a souligné que le travail bien accompli trouve toujours une reconnaissance au plus haut sommet de l’État et que les sacrifices consentis au quotidien dans l’exercice des missions de service public ne sont jamais ignorés. S’adressant aux récipiendaires, le ministre a indiqué que ces distinctions sont à la fois une récompense et une responsabilité. Selon lui, être décoré par la République implique désormais d’incarner les valeurs de probité, de rigueur, de patriotisme et d’excellence, tout en servant de référence pour les autres agents publics et les jeunes générations. Le ministre a également eu une pensée pour les personnels qui n’ont pas encore été distingués. Il les a exhortés à poursuivre leurs efforts avec constance et professionnalisme, rappelant que le mérite, lorsqu’il est entretenu dans la durée, finit toujours par être reconnu. Cette célébration intervient dans un contexte où le ministère des Sports et de l’Éducation physique poursuit ses ambitions de modernisation de la gouvernance sportive, de développement des infrastructures, d’amélioration des performances des sélections nationales et de promotion de la pratique sportive pour tous. Pour le ministre, l’atteinte de ces objectifs repose avant tout sur la qualité des ressources humaines appelées à mettre en œuvre cette politique publique. Au terme de la cérémonie, le membre du gouvernement a renouvelé la gratitude du département ministériel au président de la République pour son attachement à la valorisation du mérite au sein de l’administration publique. Il a enfin encouragé les récipiendaires à poursuivre leur engagement au service de l’État afin de continuer à porter haut les valeurs d’excellence et de performance qui fondent l’action publique.

Bauxite de Minim Martap : le projet muscle son dispositif ferroviaire avec l’arrivée imminente de sept locomotives

Le projet d’exploitation de la bauxite de Minim Martap poursuit sa montée en puissance. Des locomotives diesel fabriquées par le constructeur chinois CRRC Corporation Ltd sont attendues dans les prochaines semaines au port de Douala pour le compte de Camalco, filiale camerounaise de la société australienne Canyon Resources, porteuse de ce vaste projet minier situé dans la région de l’Adamaoua.   L’information a été rendue publique par le groupe logistique Cosco Shipping, qui indique avoir récemment expédié douze locomotives vers plusieurs destinations africaines. Le Cameroun doit en recevoir sept, destinées à renforcer le futur dispositif de transport du minerai entre le site d’exploitation et les infrastructures d’exportation. Cette livraison s’inscrit dans le cadre d’un contrat portant sur vingt-deux locomotives conclu entre Camalco et CRRC. À travers cet investissement, le promoteur entend sécuriser l’acheminement de la bauxite produite à Minim Martap, dont la capacité annuelle est projetée à environ dix millions de tonnes. Pour assurer cette évacuation dans des conditions optimales, les investissements engagés dans le volet ferroviaire sont déjà considérables. Camalco et son partenaire ferroviaire, Camrail, ont mobilisé à ce jour près de 176,8 milliards de FCFA sur les 252,6 milliards de FCFA prévus pour l’acquisition du matériel roulant nécessaire au projet. Le programme logistique ne se limite toutefois pas aux seules locomotives. Une première commande de 560 wagons ouverts a été passée auprès de l’entreprise indienne Texmaco Rail & Engineering Limited. Le contrat prévoit également une option portant sur 1 040 wagons supplémentaires susceptibles d’être livrés progressivement au cours des cinq prochaines années, en fonction de l’évolution de la production et des besoins opérationnels. Parallèlement à l’acquisition de ces équipements, Canyon Resources devra prendre en charge plusieurs aménagements structurants. Le groupe est notamment appelé à financer le raccordement de la mine au réseau ferré national ainsi que la réhabilitation de certains points sensibles de la voie existante. Ces travaux sont jugés indispensables pour garantir un acheminement fluide du minerai jusqu’au port de Douala, principal point de sortie des futures exportations. L’arrivée prochaine des premières locomotives constitue ainsi un indicateur tangible de l’avancement du projet. Après les étapes consacrées aux financements, aux autorisations et aux contrats industriels, le chantier entre désormais dans une phase plus opérationnelle marquée par la mise en place progressive de l’infrastructure logistique qui soutiendra l’exploitation du gisement. Considéré comme l’un des plus importants projets miniers en développement au Cameroun, Minim Martap continue ainsi de franchir des étapes décisives en vue de son entrée en production et de son positionnement futur sur le marché international de la bauxite.   Denise Ebelle

Dialogue social : le droit de grève au cœur des échanges au Mintss

Dialogue social : le droit de grève au cœur des échanges au Mintss L’exercice du droit de grève, les conditions de travail, la protection sociale ainsi que l’adaptation du cadre législatif aux mutations du monde professionnel ont dominé les débats lors des 48e et 49e sessions du Comité de concertation sociale, tenues le 30 juin à Yaoundé sous la présidence du ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona. La rencontre a réuni les représentants des organisations syndicales, des fédérations professionnelles et des administrations publiques autour d’un objectif commun : renforcer le dialogue social afin de préserver la paix sociale et promouvoir le travail décent au Cameroun. Au centre des discussions figurait la question du droit de grève. Tout en rappelant que cette liberté est consacrée par les textes nationaux et les conventions internationales ratifiées par le Cameroun, le ministre du Travail a souligné la nécessité d’un exercice responsable de ce droit. « Le droit de grève, auquel nous sommes fondamentalement attachés, doit s’effectuer dans le respect des lois de la République et de la préservation de l’ordre public social », a déclaré Grégoire Owona. Les échanges ont également permis de mettre en lumière plusieurs défis auxquels sont confrontés les travailleurs. Stress professionnel, épuisement au travail, harcèlement, troubles musculo-squelettiques, violences en milieu professionnel et précarité de l’emploi ont été évoqués. Face à ces préoccupations, le gouvernement a plaidé pour une mobilisation accrue des partenaires sociaux en faveur d’un environnement de travail plus sûr et plus protecteur. Prenant la parole au nom des organisations syndicales, la présidente de la Confédération camerounaise du travail (CCT), Ekoan Antoinette, a insisté sur la nécessité de rendre le dialogue social plus efficace et davantage orienté vers des résultats concrets. Elle a notamment attiré l’attention sur la montée du chômage des jeunes, le respect des normes internationales du travail et l’extension de la couverture sociale. La responsable syndicale a par ailleurs plaidé pour une révision du Code du travail de 1992, estimant que celui-ci ne répond plus entièrement aux réalités actuelles du marché de l’emploi. Selon elle, l’émergence des métiers du numérique, des plateformes digitales et du télétravail impose une actualisation du cadre juridique national. Elle a également appelé au respect effectif des conventions collectives conclues entre partenaires sociaux. Abordant la question des principes et droits fondamentaux au travail, Ekoan Antoinette a reconnu que le droit de grève constitue un acquis majeur garanti par la Constitution et les conventions internationales relatives à la liberté syndicale. Toutefois, elle a relevé plusieurs obstacles à son exercice effectif, d’où la nécessité, selon elle, de revisiter certaines dispositions législatives et réglementaires. Les préoccupations spécifiques de certains secteurs d’activité ont aussi été portées à l’attention des pouvoirs publics. Président de la Confédération générale des syndicats des transporteurs du Cameroun, Pierre Ntamack Nyemeck a salué l’existence de ce cadre de concertation, qu’il considère comme un instrument privilégié de dialogue entre les travailleurs et les autorités. Le responsable syndical a notamment évoqué les pratiques de corruption sur certains axes routiers, les dysfonctionnements observés dans les postes de contrôle de charge ainsi que la circulation de véhicules en surcharge sur les corridors sous-régionaux. Il a également dénoncé la prolifération du carburant frelaté en provenance du Nigeria, qu’il considère comme une menace pour les transporteurs et les opérateurs formels du secteur pétrolier. Au terme des travaux, les participants ont réaffirmé leur attachement au dialogue social comme outil privilégié de prévention et de règlement des conflits professionnels. Gouvernement et partenaires sociaux se sont accordés sur la nécessité de poursuivre les concertations afin d’améliorer les conditions de travail, de renforcer la protection sociale des travailleurs et d’adapter progressivement la législation aux transformations économiques et technologiques. Pour le ministère du Travail et de la Sécurité sociale, la consolidation du dialogue entre les différents acteurs du monde du travail demeure un levier essentiel pour préserver la stabilité sociale, améliorer la productivité des entreprises et accompagner durablement le développement du Cameroun.