Avec Rhapsodies sur l’Absence, Narcisse Mouelle Kombi célèbre la résilience et les valeurs humaines

Avec Rhapsodies sur l’Absence, Narcisse Mouelle Kombi célèbre la résilience et les valeurs humaines  Le paysage littéraire camerounais s’enrichit d’une nouvelle œuvre. Le Pr Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Sports et de l’Éducation physique, a présenté et dédicacé, mercredi 15 Juillet 2026, à Yaoundé, son nouveau recueil de poésie intitulé Rhapsodies sur l’Absence. Une publication qui invite à une réflexion profonde sur les épreuves de l’existence, la mémoire et l’espérance. Publié aux Éditions Éclosions, cet ouvrage de 86 pages rassemble une cinquantaine de poèmes dans lesquels l’auteur explore les multiples visages de l’absence. Devant un parterre d’universitaires, d’écrivains, de critiques littéraires, d’étudiants et de passionnés des lettres, la cérémonie s’est voulue un moment d’échanges autour de la place de la poésie dans la société contemporaine. Une poésie tournée vers la dignité humaine À travers cette neuvième œuvre, Narcisse Mouelle Kombi entraîne le lecteur dans une quête intérieure où les mots deviennent un moyen de résister aux blessures de la vie. L’auteur y aborde notamment les thèmes de l’exil, de la solitude, de la disparition des êtres chers et de l’espérance, dans une écriture qui fait dialoguer émotion, spiritualité et engagement. Pour le Pr Dolisané Cécile Ebosse Nyambe, chef du département de Littérature et Civilisations africaines à l’Université de Yaoundé I, qui a présenté une note de lecture de l’ouvrage, Rhapsodies sur l’Absence met en lumière des valeurs universelles telles que la sérénité, la justice, l’équité, l’humanisme et la solidarité. Selon elle, le recueil s’articule autour de trois grands axes : la solitude face à la déchirure, les vicissitudes de l’existence et la puissance de l’espérance. Un plaidoyer contre les violences Prenant la parole, le ministre-écrivain a expliqué que son inspiration est née des différentes formes d’absence qui traversent les sociétés actuelles. Il a évoqué les pertes causées par les conflits, les violences, les féminicides, les homicides et les actes terroristes. L’auteur a notamment rendu hommage aux victimes des crises qui frappent certaines régions du Cameroun, notamment le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et l’Extrême-Nord. Pour lui, ces drames rappellent la nécessité de promouvoir un système de valeurs fondé sur l’éthique, la justice et la solidarité afin de préserver la dignité humaine. La rencontre a rassemblé plusieurs personnalités du monde culturel et universitaire, parmi lesquelles le Dr Pascal Bekolo, dit Pabe Mongo, président de l’Association des Poètes et Écrivains du Cameroun, ainsi que le Pr Charles Binam Bikoi, secrétaire exécutif du CERDOTOLA. Les différents intervenants ont salué une œuvre qui s’inscrit dans la continuité de la production littéraire de Narcisse Mouelle Kombi, caractérisée par une réflexion constante sur la condition humaine, la mémoire et la résilience. Une carrière littéraire récompensée Professeur agrégé de droit public et de science politique, écrivain, homme politique et chef traditionnel, Narcisse Mouelle Kombi figure parmi les auteurs majeurs de la littérature camerounaise contemporaine. Son parcours a été distingué par plusieurs récompenses, notamment le Grand Prix international de poésie du Cercle international de la pensée et des arts français (CIPAF) en 1980 pour Renaître à la parole, le Prix de poésie de l’Association nationale des poètes et écrivains camerounais (APEC) en 1986 pour Traduit de l’événementiel, ainsi que le Grand Prix littéraire du Mont Cameroun obtenu en 2025 pour Les Luminaires de l’espoir. Avec Rhapsodies sur l’Absence, l’auteur confirme son attachement à une littérature engagée, qui interroge la société tout en portant un message de paix, de mémoire et d’espérance. Denise Ebelle

8th ISBEE World Congress

Yaoundé Opens the Debate on Rebalancing Business and Economic Ethics From 13 to 17 July 2026, Cameroon’s capital, Yaoundé, is bringing together researchers, academics, and practitioners from all five continents to reflect on the future of business and economic ethics. Organized by the International Society of Business, Economics and Ethics (ISBEE), the forum seeks to challenge the dominant discourse on business ethics by incorporating the realities of the Global South into academic, economic, and entrepreneurial thinking. Following previous congresses held in Geneva, Tokyo, São Paulo, and Melbourne, Yaoundé is hosting the 8th ISBEE World Congress—the first ever to be held in Sub-Saharan Africa—under the theme: « Rethinking Business Ethics from the Perspective of the Global South: Local Perspectives and Global Impact. » The opening ceremony, held on 14 July at the Catholic University of Central Africa (UCAC) in Ekounou, Yaoundé, brought together distinguished guests, including Gabriel Bahina Evina, Mayor of Yaoundé IV; Bienvenu Thomas Tchoungui, Rector of UCAC Cameroon; and Nathalie Kohli, Swiss Ambassador to Cameroon. For the organizers, choosing Yaoundé represents a significant shift. Their goal is to move the center of academic debate in order to promote genuine epistemic justice and learn from African realities rather than imposing a single model. Researchers from around the world gathered to address one fundamental question: What place should human beings occupy in the way businesses operate? According to Professor Thierry Ngosso, who teaches at universities in both Cameroon and Switzerland, the objective is not to provide immediate solutions to systemic problems but to initiate an essential debate. « We want to examine the issue of justice in the way knowledge about business ethics is produced. Global narratives tend to overlook the productive potential of local communities in shaping the transformation of our societies, » he explained. The forum therefore aims to promote a more equitable, inclusive, and locally grounded reflection on business ethics. For many years, criticism of corporations and profit-driven models has largely been shaped by scholars from the Global North. Yet the needs and realities of countries in the Global South differ considerably. ISBEE therefore hopes to achieve three concrete outcomes: decentralizing knowledge, fostering global dialogue, and influencing business practice. According to Florian Wettstein, President of ISBEE Switzerland, discussions on business ethics remain overwhelmingly dominated by Northern perspectives. « We want to challenge some of these assumptions, frameworks, and concepts. To do so effectively, we believed it was essential to relocate the ISBEE Congress. That is why we ultimately chose Yaoundé, » he said. A Systemic Challenge For participants, geographical diversity is not merely symbolic—it is methodological. Local realities should actively shape the global discourse on business ethics. The expectation in Yaoundé is not to replace existing perspectives but to enrich them. « This is a systemic problem that requires solutions developed over many years. At this stage, what matters most is simply initiating a conversation about marginalization, exclusion, inclusion, and more holistic and comprehensive approaches to business ethics. Ultimately, we hope to develop broader frameworks that can be applied consistently around the world, » emphasized Florian Wettstein. It is worth recalling that hosting the forum in Yaoundé is fully aligned with ISBEE’s mission. Founded in 1989 in Geneva and bringing together members from around 40 countries, ISBEE is the world’s first professional association devoted exclusively to the study of business, economics, and ethics. The organization meets every four years with the aim of uniting the global scholarly community and influencing business school curricula. The hope emerging from Yaoundé is that every participant will return home with new perspectives and knowledge, contributing to the development of a more balanced global approach to business and economic ethics. In this sense, Yaoundé is positioning itself as a gateway for the voices of the Global South in this important international debate. Germaine Ngo Holl

Décentralisation : le gouvernement veut lever les derniers verrous de l’autonomie des régions

Décentralisation : le gouvernement veut lever les derniers verrous de l’autonomie des régions Réuni le 10 juillet 2026 à Yaoundé sous la présidence du Premier ministre, Joseph Dion Ngute, le Conseil national de la décentralisation (CND) a procédé à une évaluation approfondie de la mise en œuvre de la décentralisation au niveau régional. Si le gouvernement estime que les régions sont désormais pleinement installées, il reconnaît que leur montée en puissance reste freinée par l’insuffisance des ressources financières, les lenteurs dans le transfert effectif des compétences et l’absence de certains textes d’application. Plusieurs mesures ont été prescrites pour accélérer le processus. Cette rencontre avait pour objectif d’évaluer le fonctionnement des régions, d’apprécier les avancées enregistrées depuis leur mise en place et d’identifier les principaux obstacles qui freinent encore leur développement. Une attention particulière a été accordée aux régions à statut spécial du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Les membres du Conseil ont successivement examiné le rapport d’activités du Secrétariat permanent du CND présenté par Evelyne Otsili Medzoggo épouse Koa, l’état de la mise en œuvre de la décentralisation dans les régions présenté par le ministère de la Décentralisation et du Développement local (Minddevel), les perspectives de financement exposées par le ministère des Finances, ainsi que les contributions de l’Association des Régions du Cameroun (ARC) et des responsables des régions à statut spécial. Un consensus sur les acquis À l’issue des travaux, un constat semble faire l’unanimité. Selon le ministre de la Décentralisation et du Développement local, Georges Élanga Obam, le processus de mise en place des régions durant cette première mandature est globalement une réussite. Les institutions régionales fonctionnent, disposent d’organes délibérants, d’une administration et d’un environnement de travail. Cette étape, considérée comme fondamentale, marque l’achèvement de l’installation institutionnelle des régions prévue par les réformes engagées ces dernières années. Toutefois, les participants reconnaissent que cette réussite institutionnelle ne suffit pas encore à permettre aux régions d’exercer pleinement les missions qui leur sont confiées. Des compétences encore à clarifier Parmi les difficultés identifiées figure la nécessité de préciser davantage les compétences transférées aux régions et leur articulation avec celles des communes, des communautés urbaines et des services déconcentrés de l’État. Pour le Minddevel, il devient indispensable de mettre en place un cadre formel de concertation afin d’encadrer les relations entre les différents acteurs de la décentralisation, mais également entre les collectivités territoriales et les administrations de l’État.L’objectif est d’éviter les chevauchements de compétences et de rendre plus efficace l’action publique au niveau local. Le défi du financement Le principal obstacle demeure cependant financier.Les échanges ont mis en évidence les difficultés rencontrées par les régions pour disposer effectivement des ressources prévues par les textes. Au cœur des discussions figurait la réforme de la fiscalité locale introduite par la loi de 2024. Selon les explications apportées par le ministre des Finances, les recettes issues de cette fiscalité sont actuellement centralisées et seront reversées aux collectivités dès que les dispositifs techniques et numériques de gestion seront entièrement opérationnels. Le Premier ministre a demandé que cette opérationnalisation intervienne dans les meilleurs délais afin que les régions puissent bénéficier rapidement des ressources qui leur reviennent de droit. Il a également prescrit l’accélération de la production des textes d’application relatifs à la décentralisation et le règlement des questions liées aux ressources humaines, deux conditions jugées indispensables pour permettre aux exécutifs régionaux de remplir efficacement leurs missions. Accompagnement renforcé pour le Nord-Ouest et le Sud-Ouest La situation des deux régions à statut spécial a également occupé une place importante durant les travaux. Le chef du gouvernement a demandé que le Nord-Ouest et le Sud-Ouest soient davantage associés aux réflexions portant sur l’amélioration de l’enseignement dans le sous-système éducatif anglophone. Il a également prescrit que les Houses of Chiefs soient pleinement impliquées dans les questions relatives à l’organisation de la chefferie traditionnelle dans ces deux régions.Ces orientations visent à consolider la prise en compte des spécificités institutionnelles de ces collectivités. accélérer la décentralisation Au terme de cette session, le gouvernement affiche sa volonté de faire évoluer la décentralisation vers une phase plus opérationnelle. Si les régions disposent désormais d’une existence institutionnelle incontestable, leur efficacité dépendra désormais de la disponibilité des ressources financières, de l’effectivité des transferts de compétences et du renforcement de la coopération entre l’État et les collectivités territoriales.Les prescriptions formulées par le Premier ministre traduisent ainsi la volonté de transformer les régions en véritables leviers du développement territorial, conformément aux ambitions portées par la politique nationale de décentralisation.

Forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant : à Yaoundé, l’Afrique s’engage à faire des données un moteur des politiques publiques

Forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant : à Yaoundé, l’Afrique s’engage à faire des données un moteur des politiques publiques  Pendant cinq jours, statisticiens, décideurs, chercheurs et partenaires techniques ont débattu de la manière dont les données peuvent contribuer à faire progresser les droits, la justice et les opportunités pour tous. Au terme du premier Forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant, organisé autour du thème « Des statistiques qui comptent : faire progresser les droits, la justice et les opportunités pour tous », les participants sont repartis avec une conviction commune : les chiffres n’ont de valeur que lorsqu’ils améliorent concrètement la vie des populations. « Derrière chaque donnée collectée, il y a une réalité humaine » L’émotion était perceptible dans la salle au moment de refermer cette première édition du Forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant. Les discours de clôture ont dépassé le cadre technique des travaux pour rappeler la finalité des statistiques : servir les populations. Représentant le directeur général de l’Institut national de la statistique (INS), SHE Etoundi a donné le ton en invitant les participants à ne jamais perdre de vue la dimension humaine de leur mission. « Derrière chaque donnée collectée, il y a une réalité humaine », a-t-il rappelé, résumant en quelques mots l’esprit des cinq journées d’échanges. Selon lui, le forum aura démontré que l’Afrique ne pourra bâtir « une prospérité véritablement inclusive » qu’en apprenant à mieux connaître ses populations, à mieux mesurer les inégalités et à mieux comprendre les réalités que vivent les femmes, les filles, les garçons et les groupes les plus vulnérables. Il a salué la mobilisation des délégations africaines, des organisations internationales et des partenaires techniques et financiers qui ont fait de Yaoundé « une véritable capitale africaine du dialogue statistique au service des droits, de la justice et de l’action publique ». Des progrès, mais des défis persistants Les différentes sessions du forum ont permis de dresser un état des lieux des statistiques de genre et de l’enfant sur le continent. Pour le représentant de l’INS, plusieurs avancées sont enregistrées dans les États africains. Les capacités nationales de production statistique progressent, de nouvelles sources de données se développent et les gouvernements accordent une place croissante aux statistiques dans l’élaboration des politiques publiques. Mais ces progrès ne doivent pas masquer les défis. Les inégalités entre les femmes et les hommes persistent, les vulnérabilités qui affectent les enfants demeurent préoccupantes et les systèmes statistiques doivent encore être renforcés afin de produire des données plus complètes, plus fiables et davantage désagrégées. Autant de défis qui appellent, selon lui, à une responsabilité partagée entre les gouvernements, les instituts nationaux de statistique, les organisations régionales et les partenaires au développement. Transformer les recommandations en actions Prenant la parole au nom de la directrice de StatAfric, Gildas Crépin Nzingoula a remercié le gouvernement camerounais pour l’accueil réservé aux délégations et la qualité de l’organisation de cette rencontre continentale. Au-delà du bilan des travaux, son message s’est voulu résolument tourné vers l’avenir. « Le véritable succès de ce forum ne réside pas uniquement dans la qualité de nos échanges, mais surtout dans notre capacité à transformer les recommandations formulées cette semaine en actions concrètes dans chacun de nos pays », a-t-il déclaré. Les discussions ont notamment mis en évidence la nécessité de renforcer les systèmes statistiques nationaux, d’améliorer les données administratives, de promouvoir l’innovation, de produire davantage de données désagrégées et de développer des partenariats solides entre producteurs et utilisateurs de données, y compris la société civile. StatAfric a également réaffirmé son engagement à accompagner les États membres de l’Union africaine dans le cadre de la deuxième Stratégie pour l’harmonisation des statistiques en Afrique (SHaSA 2), à travers le renforcement des capacités, l’harmonisation des méthodes et le développement des compétences. L’institution a annoncé sa volonté de poursuivre la dynamique engagée à Yaoundé, notamment par la formalisation d’un groupe de travail continental et la préparation d’une publication africaine consacrée aux statistiques de genre. Faire des statistiques un instrument de justice Pour Marie Pierre Raky Chaupin, représentante d’ONU Femmes au Cameroun, cette première édition marque un tournant dans la manière de produire et d’utiliser les statistiques sur le continent. Elle s’est réjouie que, pour la première fois en Afrique, producteurs et utilisateurs de statistiques sensibles au genre et à l’enfant aient partagé un même espace de réflexion. « Nous avons confronté nos approches, clarifié nos besoins, commencé à parler un langage commun autour des données et défini ensemble un agenda qui relie la production statistique aux décisions publiques, du niveau continental jusqu’aux territoires », a-t-elle souligné. La représentante d’ONU Femmes a replacé ces échanges dans un contexte mondial marqué par les conflits, les crises économiques, les effets du changement climatique et les violences qui continuent d’affecter les femmes et les filles.Dans un tel environnement, a-t-elle insisté, les approximations n’ont plus leur place. Des données fiables, accessibles et utilisées par les décideurs deviennent indispensables pour concevoir des9 politiques publiques efficaces et garantir les droits des populations. Au terme de cette première édition, un message s’est imposé comme le fil conducteur des interventions : les statistiques ne constituent pas une fin en soi.Elles n’acquièrent leur pleine valeur que lorsqu’elles permettent d’améliorer les décisions publiques, de mesurer les progrès accomplis et d’orienter les investissements vers les besoins réels des populations.En quittant Yaoundé, les participants ont ainsi réaffirmé leur volonté de poursuivre la coopération entre États, instituts nationaux de statistique, organisations régionales, agences des Nations unies et partenaires techniques afin de consolider des systèmes statistiques capables d’accompagner les ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et des Objectifs de développement durable. Au-delà des chiffres et des indicateurs, cette première édition du Forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant aura surtout rappelé qu’une donnée n’est jamais abstraite. Elle raconte une vie, révèle une inégalité, met en lumière une injustice ou témoigne d’un progrès. Et c’est précisément cette réalité humaine que les participants ont appelé à

Coopération Cameroun–BAD : le portefeuille de projets retrouve des couleurs à mi-parcours du DSP 2023-2028

Coopération Cameroun–BAD : le portefeuille de projets retrouve des couleurs à mi-parcours du DSP 2023-2028  Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, a présidé, mardi 14 Juillet 2026 à Yaoundé, les travaux de la revue à mi-parcours du Document de stratégie pays (DSP) 2023-2028, couplée à la revue 2026 de la performance du portefeuille des projets financés par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) au Cameroun. Cette rencontre a permis d’évaluer les progrès enregistrés, d’identifier les défis persistants et de fixer les priorités pour améliorer l’exécution des projets. Depuis le lancement de sa coopération avec le Cameroun en 1972, le Groupe de la Banque africaine de développement a accordé au pays 130 prêts et dons, représentant un engagement cumulé d’environ 3 345 milliards de FCFA. Aujourd’hui, le portefeuille actif compte 30 opérations pour un montant de 1 629,24 milliards de FCFA, principalement concentrées dans les secteurs des transports, de l’énergie, de l’agriculture et du social, qui représentent plus de 96 % des financements. Une stratégie qui dépasse les prévisions Le bilan présenté au cours de la rencontre montre que la BAD a approuvé huit nouveaux projets sur les onze initialement programmés dans le cadre du DSP 2023-2028, pour un montant de 833,8 milliards de FCFA. À ces financements s’ajoutent des ressources destinées à la préparation de projets et à l’assistance technique, ainsi que deux opérations non souveraines en faveur du secteur privé, dont une ligne de financement accordée à CCA Bank et une autre au groupe SUCDEN SA. Au total, les approbations réalisées pendant cette période atteignent 923,7 milliards de FCFA, portant les engagements globaux de la Banque au Cameroun à 1 603,59 milliards de FCFA. Selon les responsables de la BAD, ces performances s’expliquent notamment par l’augmentation significative des ressources mises à la disposition du Cameroun, les allocations annuelles étant passées de 273,25 milliards de FCFA en 2023 à 429,39 milliards de FCFA en 2026. Des réalisations visibles sur le terrain La revue a également mis en lumière plusieurs résultats concrets issus des interventions de la Banque au cours des trois dernières années. Parmi les principales réalisations figurent la construction de 571 kilomètres de routes bitumées, l’inauguration du pont sur le fleuve Logone, reliant Yagoua au Cameroun à Bongor au Tchad, ainsi que la mise en service du barrage hydroélectrique de Nachtigal d’une capacité de 420 MW, qui couvre près de 30 % des besoins énergétiques du pays. Les participants ont également cité la centrale hydroélectrique de Lom Pangar, le décaissement d’un appui budgétaire de 48,7 milliards de FCFA destiné au secteur de l’électricité, ainsi que d’importants investissements dans les infrastructures rurales, notamment la construction de magasins de stockage, de marchés de viande et de poisson, d’adductions d’eau potable et de près de 1 000 kilomètres de routes rurales. Dans le secteur agricole, les appuis de la BAD ont notamment permis de soutenir la distribution d’engrais subventionnés, de semences certifiées et de graines pré-germées de palmier à huile, au bénéfice de centaines de milliers de producteurs. L’ensemble de ces projets devrait générer 14 509 emplois directs entre 2023 et 2025, dont 39 % au profit des femmes et près de 50 % pour les jeunes. Une amélioration de la performance du portefeuille Les échanges ont également porté sur la qualité de l’exécution des projets. Si la performance du portefeuille demeure perfectible, les indicateurs affichent une amélioration sensible. Le taux d’opérations classées en alerte rouge est passé de 48 % en février 2026 à 26 % à la mi-juillet 2026, se rapprochant de l’objectif institutionnel fixé à 25 %. Cette évolution est attribuée au renforcement du suivi des projets, aux missions régulières de supervision et à une meilleure coordination entre la Banque, les administrations sectorielles et les unités de gestion des projets. Les participants ont toutefois souligné plusieurs défis à relever, notamment l’accélération de la signature et de la mise en vigueur des nouvelles opérations, la mobilisation plus rapide des fonds de contrepartie, la réduction des délais de production des audits, le renforcement des capacités des unités de gestion des projets et l’amélioration des dispositifs de suivi-évaluation. Une stratégie tournée vers la transformation structurelle Le Document de stratégie pays 2023-2028 de la BAD vise à accompagner la transformation structurelle de l’économie camerounaise à travers deux axes majeurs : le développement des infrastructures au service de l’agro-industrie, et le renforcement du capital humain ainsi que de la gouvernance. La stratégie met également l’accent sur l’emploi des jeunes et des femmes, le développement du secteur privé, la croissance verte, la résilience face au changement climatique et l’intégration régionale, notamment dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). À l’issue des travaux, la Banque africaine de développement et le gouvernement camerounais ont réaffirmé leur engagement à accélérer la mise en œuvre du Plan d’amélioration de la performance du portefeuille, avec l’objectif de consolider les résultats obtenus et d’accroître l’impact des investissements sur le développement économique et social du Cameroun. Denise Ebelle

Construction du pont définitif sur la rivière Lessogone : les travaux achevés, la réception provisoire attendue

Construction du pont définitif sur la rivière Lessogone : les travaux achevés, la réception provisoire attendue Entièrement achevés, les travaux de construction du pont définitif sur la rivière Lessogone, dans le département du Haut-Nyong (région de l’Est), affichent un taux d’exécution de 100 %. L’ouvrage est désormais en attente de sa réception provisoire. Réalisé sur la route en terre Lomié–Ngoyla, au point kilométrique PK 93+200, le projet concerne la construction d’un pont définitif d’une portée de 14 mètres linéaires destiné à améliorer la circulation des personnes et des biens sur cet axe stratégique. Les travaux ont été financés à hauteur de 108 774 848 FCFA TTC sur le Budget d’investissement public (BIP) du ministère des Travaux publics (MINTP), ligne Fonds routier, au titre des exercices 2022 et suivants. Leur exécution a été assurée par ETS Alvine Company. L’ensemble des prestations prévues au marché a été réalisé. Elles comprennent notamment l’installation du chantier, l’amenée et le repli du matériel, le débroussaillement, l’abattage d’arbres, les enrochements, la mise en place des barbacanes, les fouilles en terrain ordinaire, en lit de rivière et en terrain rocheux, les matériaux filtrants à l’arrière des culées, le remblai contigu à l’ouvrage, le béton de propreté, le béton armé dosé à 400 kg/m³, les entretoises, la pose des poutres métalliques de type IPE 500, les gargouilles, les études géotechniques et d’exécution, les garde-corps mixtes, les panneaux de signalisation métallique de type A, les mesures de maintien de la circulation ainsi que les travaux de peinture anticorrosive et de finition. Avec un taux d’avancement de 100 %, le projet est désormais en attente de la réception provisoire, dernière étape avant sa mise en service officielle. La réalisation de cet ouvrage contribuera à renforcer la continuité du réseau routier et à faciliter les déplacements entre Lomié et Ngoyla, tout en améliorant les échanges économiques dans cette partie de la région de l’Est.

Construction du pont définitif sur la rivière Mienne : un financement additionnel attendu pour achever le projet

Construction du pont définitif sur la rivière Mienne : un financement additionnel attendu pour achever le projet La réalisation du pont définitif sur la rivière Mienne, dans la commune de Lomié (département du Haut-Nyong), approche de son terme. Toutefois, l’achèvement complet de l’ouvrage reste conditionné à la mobilisation d’un financement additionnel par le ministère des Travaux publics (MINTP). Financé sur le Budget d’Investissement Public (BIP), ligne Fonds routier, au titre des exercices 2019 et suivants, le projet bénéficie d’une enveloppe de 137 789 499 FCFA TTC. Les travaux portent sur la construction d’un pont définitif de 20 mètres linéaires sur la route communale Mepale–Alat Makay, un axe essentiel pour la mobilité des populations et le transport des biens dans cette partie du département du Haut-Nyong. Si le chantier affiche un niveau d’exécution avancé, son achèvement intégral nécessite des ressources financières complémentaires. L’ouvrage a fait l’objet d’une réception provisoire le 12 septembre 2024, mais l’entreprise ALTI Construction, chargée de son exécution, demeure dans l’attente du financement additionnel sollicité auprès du MINTP afin de réaliser les travaux restants. À ce jour, plusieurs prestations ont déjà été exécutées. Elles comprennent notamment l’installation du chantier, l’amenée et le repli du matériel, le débroussaillement, l’abattage d’arbres, les enrochements, la mise en place des barbacanes, les fouilles en terrain ordinaire et en lit de rivière, les fouilles en terrain rocheux, la mise en œuvre des matériaux filtrants à l’arrière des culées, le remblai contigu à l’ouvrage, le béton de propreté ainsi que le béton armé dosé à 400 kg/m³ et les entretoises. L’achèvement de ce projet permettra de sécuriser durablement le franchissement de la rivière Mienne et d’améliorer les conditions de circulation des personnes et des marchandises dans la commune de Lomié, tout en renforçant la connectivité de cette zone de la région de l’Est.

Coopération décentralisée : EFRACAM mise sur la diaspora pour accélérer le développement des territoires

Transformer les liens historiques entre le Cameroun et la France en investissements, partenariats et projets concrets au bénéfice des collectivités locales. C’est l’ambition affichée à l’ouverture des premières Assises de l’Association des Élus Français d’Origine ou de Nationalité Camerounaise (EFRACAM), qui se tiennent du 8 au 12 juillet dans plusieurs villes du pays. Lancée dans la salle Ongola Samba du Conseil régional du Centre à Yaoundé, cette rencontre réunit des élus locaux camerounais et français, des représentants d’institutions publiques, des partenaires techniques, des opérateurs économiques ainsi que des membres de la diaspora. Les travaux se poursuivront notamment à Buea, Elig-Mfomo, Kribi et Douala autour du thème : « Contribution des élus de la diaspora pour le développement des territoires ». L’objectif est de renforcer les passerelles entre les collectivités territoriales des deux pays afin de faire émerger des initiatives communes dans des secteurs tels que la gouvernance locale, les infrastructures, l’investissement, la formation ou encore le développement économique territorial. Partenaires de l’événement, les Communes et Villes Unies du Cameroun (CVUC) participent activement aux échanges. L’organisation entend contribuer aux réflexions sur le renforcement des capacités des collectivités locales et sur la création de nouvelles opportunités de coopération avec les élus issus de la diaspora. Dans son allocution d’ouverture, le président d’EFRACAM, Pierre de Gaëtan Djikam Mouliom, a rappelé que l’association se veut avant tout un cadre permanent de concertation entre les collectivités camerounaises et françaises, les institutions et les acteurs du développement. Selon lui, ces assises illustrent l’engagement d’élus exerçant des responsabilités en France tout en restant profondément attachés au développement de leur pays d’origine. Le président d’EFRACAM a également insisté sur la continuité de l’action de l’association au Cameroun. « EFRACAM n’a jamais quitté le Cameroun. Nous ne sommes pas de retour. Nous poursuivons la dynamique que nous avons enclenchée il y a deux ans à travers des démarches concrètes », a-t-il déclaré, soulignant que l’organisation privilégie désormais les réalisations aux intentions. Les enjeux économiques occupent également une place importante dans ces assises. Invité à la cérémonie d’ouverture, le directeur du Port de Bordeaux a qualifié le Cameroun de partenaire stratégique pour la France, mettant en avant le potentiel économique et démographique du pays ainsi que les perspectives qu’il offre pour le développement des échanges commerciaux. Le responsable français a plaidé pour la construction de nouvelles chaînes logistiques et industrielles entre les deux pays afin de renforcer leur compétitivité et de consolider des partenariats mutuellement bénéfiques. À ses yeux, le Port de Bordeaux a tout intérêt à intensifier sa coopération avec le Cameroun dans une logique de développement partagé. Pendant cinq jours, ateliers, rencontres institutionnelles et échanges d’expériences devront permettre d’identifier des projets susceptibles d’être portés conjointement par les collectivités territoriales, les acteurs économiques et les élus de la diaspora. À travers cette première édition, EFRACAM entend démontrer que les compétences et les réseaux de la diaspora peuvent constituer un levier majeur pour le développement local et le renforcement de la coopération décentralisée entre le Cameroun et la France. Denise Ebelle

Mobiliser l’épargne de la diaspora pour financer le développement : la CDEC affine son projet DIASDEV

Mobiliser l’épargne de la diaspora pour financer le développement : la CDEC affine son projet DIASDEV Transformer une partie des fonds envoyés par les Camerounais de l’étranger en une source durable de financement de l’économie nationale. C’est l’ambition du projet DIASDEV, dont les conclusions ont été présentées ce mardi à Yaoundé par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDEC), à l’occasion d’une conférence consacrée au rôle de l’épargne nationale dans le financement du développement. Selon les données rappelées par la CDEC, les transferts de fonds de la diaspora camerounaise ont atteint 1,2 milliard de dollars, soit environ 652 milliards de FCFA en 2024. Tirés du rapport d’évaluation à mi-parcours de la Stratégie nationale de développement 2020-2030, ces chiffres traduisent une progression de 8 % par rapport à 2023. Les principaux flux proviennent de la France, des États-Unis et des pays de la CEMAC. Pour autant, ces montants ne constituent pas une réserve immédiatement mobilisable pour l’investissement. Une large part de ces ressources est destinée aux besoins quotidiens des familles, notamment les dépenses de consommation, de santé, d’éducation, de logement ou encore l’entraide sociale. L’objectif poursuivi par DIASDEV est donc de créer les conditions permettant d’orienter volontairement une partie de cette épargne vers des investissements de long terme. Une diaspora au cœur de la stratégie Les chiffres du ministère des Relations extérieures, repris par la CDEC, estiment à près de 500 000 le nombre de détenteurs d’un passeport camerounais vivant à l’étranger. En élargissant le périmètre aux personnes d’origine camerounaise, la diaspora pourrait atteindre environ 6 millions de personnes, soit près de 20 % de la population nationale. Cette estimation reste toutefois à préciser selon les critères retenus, notamment l’inclusion des descendants et des binationaux. La CDEC insiste sur le fait qu’elle ne se substituera pas aux banques dans la commercialisation du futur produit. En raison de son statut et des règles fixées par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), l’institution n’a pas vocation à collecter directement l’épargne des particuliers. Sa mission consistera plutôt à définir l’architecture du dispositif, à en assurer la cohérence et à garantir son fonctionnement, tandis que les opérations de collecte seront confiées à des banques et à des établissements de microfinance partenaires. À ce stade, trois options demeurent à l’étude : un produit d’épargne bancaire à court terme, un dépôt à terme de longue durée ou une formule d’épargne financière adossée à des fonds d’investissement. Les conclusions de l’étude devront permettre de retenir la solution la plus adaptée, en précisant les modalités de collecte, le niveau de rémunération, les garanties offertes aux épargnants ainsi que les secteurs économiques qui bénéficieront des ressources mobilisées. Un projet soutenu par plusieurs partenaires DIASDEV est développé dans le cadre d’un programme d’appui aux Caisses de dépôt porté par l’Agence française de développement (AFD), Expertise France et le Forum des Caisses de Dépôt. L’étude de faisabilité a été confiée au cabinet Onepoint, avec l’appui technique de FICOM. Plusieurs administrations et institutions ont participé aux travaux, notamment le ministère des Finances, le ministère des Relations extérieures, le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, la Direction nationale de la BEAC, l’AFD Cameroun, l’Agence de promotion des investissements, la Société immobilière du Cameroun, ainsi que des banques et des institutions de microfinance. Afin d’assurer le suivi du projet, un groupe de travail interne a été mis en place le 19 janvier 2026 par décision du directeur général de la CDEC, Richard Evina Obam. Au-delà des aspects techniques, la réussite de DIASDEV dépendra avant tout de la confiance que les Camerounais de la diaspora accorderont au dispositif. Sécurité des fonds, cadre juridique solide, rémunération attractive, transparence dans la gestion des ressources, information régulière des épargnants et garanties sur l’utilisation des capitaux figurent parmi les attentes identifiées. À travers cette initiative, la CDEC entend démontrer qu’une partie des transferts privés de la diaspora peut contribuer au financement de projets structurants, qu’il s’agisse des infrastructures, de l’industrie, des petites et moyennes entreprises ou encore de l’innovation. Le passage de l’étude à une mise en œuvre effective dépendra toutefois de la capacité du mécanisme à inspirer durablement confiance aux futurs souscripteurs. Denise Ebelle

Forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant : les données au cœur des politiques publiques

Forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant : les données au cœur des politiques publiques Yaoundé accueille depuis le 6 juillet la 8e édition du Forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant. Pendant cinq jours, experts, responsables gouvernementaux et partenaires au développement examinent les moyens de produire des données plus fiables afin d’améliorer les politiques publiques en faveur des femmes, des filles et des enfants en Afrique. À l’heure où les États africains sont appelés à prendre des décisions fondées sur des preuves, la qualité des statistiques apparaît plus que jamais comme un enjeu majeur. C’est autour de cette conviction que se tient, du 6 au 10 juillet 2026 à Yaoundé, la 8e édition du Forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant, placée sous le thème : « Droits, justice et opportunités pour tous ». La rencontre rassemble des représentants des instituts nationaux de statistique, des administrations publiques, des organisations internationales ainsi que des partenaires techniques et financiers. Leur objectif est de renforcer les systèmes statistiques africains afin de mieux mesurer les inégalités, suivre les progrès réalisés et éclairer les décisions publiques. Des chiffres pour mieux gouverner Les participants partagent un même constat : sans données fiables, il est difficile de concevoir des politiques publiques efficaces. Les statistiques permettent aujourd’hui d’identifier les populations les plus vulnérables, d’évaluer l’impact des programmes mis en œuvre et d’orienter les investissements vers les secteurs prioritaires. Les travaux de Yaoundé visent ainsi à améliorer la production, la qualité et l’utilisation des statistiques relatives aux femmes, aux filles et aux enfants, dans une approche fondée sur les droits humains et la justice sociale. L’égalité de genre progresse lentement L’urgence est d’autant plus grande que les disparités demeurent importantes sur le continent. D’après l’Indice de l’Égalité de Genre en Afrique 2023, élaboré par le Groupe de la Banque africaine de développement et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, les femmes africaines ne bénéficient encore que d’environ la moitié des droits et des opportunités socio-économiques accordés aux hommes. Ces résultats rappellent la nécessité de disposer d’indicateurs fiables pour mesurer les écarts, suivre les évolutions et adapter les réponses des pouvoirs publics. Mieux mesurer pour mieux agir Pour Marie Pierre Raky Chaupin, représentante résidente d’ONU Femmes Cameroun, les données constituent un levier indispensable de transformation sociale. « Si les discriminations faites aux femmes et aux filles issues des normes sociales négatives ne sont pas mesurées, étudiées, analysées, elles ne pourraient pas servir de support pour des politiques inclusives. Il est important que les inégalités soient connues et qu’elles servent de base à engager des politiques inclusives et des budgets en conséquence », souligne-t-elle. Le renforcement des capacités des systèmes nationaux de statistique apparaît ainsi comme une condition essentielle pour élaborer des politiques publiques fondées sur des preuves. Capitaliser les expériences africaines Le forum offre également un cadre d’échanges entre les pays africains. Les experts examinent les bonnes pratiques développées sur le continent et réfléchissent à de nouvelles méthodes de collecte, d’analyse et de diffusion des données. Pour Joseph Tedou, Directeur général de l’Institut national de la statistique du Cameroun, ces échanges permettront de formuler des recommandations destinées à améliorer la réponse des États face aux défis du développement grâce à des statistiques de qualité, capables de mieux cibler les groupes vulnérables. La BAD prépare l’édition 2027 de son indice La Banque africaine de développement entend poursuivre son accompagnement des pays dans ce domaine. Selon Koffi Marc Kouakou, économiste statisticien principal sur le genre à la BAD, les travaux de Yaoundé serviront notamment à préparer la troisième édition, prévue en 2027, de l’Indice de l’Égalité de Genre en Afrique. L’institution accompagnera les États dans la collecte, l’analyse et la validation des données nécessaires à l’élaboration de cet outil de référence. Au terme des cinq jours de travaux, les participants espèrent renforcer la coopération entre les instituts nationaux de statistique, les gouvernements et les partenaires au développement. L’ambition est de faire des statistiques un véritable instrument d’aide à la décision, au service de politiques publiques plus inclusives, capables d’améliorer durablement les conditions de vie des femmes, des filles et des enfants à travers le continent africain.