Secteur des Douanes de l’Extrême-Nord : les portes ouvertes aux anciens douaniers à Maroua

Maroua, 18 août 2026. Le Secteur des Douanes de l’Extrême-Nord entend renforcer les liens entre générations et mieux capitaliser sur l’expérience de ses anciens. C’est dans cette dynamique que le Commandant DIMA Quentin Achille, récemment nommé à la tête de cette circonscription douanière stratégique, a accordé sa première audience à une délégation de l’Association des anciens douaniers de la région, conduite par son président, André DJAFSIA. Cette rencontre de prise de contact intervient dans un contexte marqué par d’importants enjeux économiques, sécuritaires et sociaux dans la région de l’Extrême-Nord. Elle a notamment permis aux deux parties d’échanger sur la contribution que les anciens douaniers peuvent continuer d’apporter au fonctionnement et aux missions de l’administration douanière. Une passerelle entre générations Au cours de l’audience, la délégation des anciens douaniers a officiellement présenté l’association et ses membres au nouveau chef de secteur. Elle a également sollicité son accompagnement en qualité de Président d’honneur de l’association. Une demande accueillie favorablement par le Commandant DIMA Quentin Achille, qui s’est dit honoré de pouvoir accompagner ses devanciers. Pour André DJAFSIA, cette marque de considération dès le début du mandat du nouveau chef de secteur constitue un signal encourageant. L’association souhaite ainsi bénéficier d’un accompagnement institutionnel, d’une écoute permanente et d’une meilleure implication dans la vie de la corporation. Au-delà de leur statut de retraités, les anciens douaniers entendent mettre leur expérience au service de la jeune génération et contribuer, aux côtés des équipes en activité, à la réalisation des missions assignées à la Douane. « Le douanier ne meurt jamais » En réponse, le Commandant DIMA Quentin Achille a réaffirmé sa volonté de maintenir les portes du Secteur des Douanes de l’Extrême-Nord largement ouvertes aux anciens. Pour lui, « le douanier ne meurt jamais. Il reste actif dans l’âme ». Le nouveau chef de secteur a surtout invité les membres de l’association à mettre leur expérience au profit de l’administration. Il souhaite notamment voir les anciens partager leur savoir-faire avec les jeunes douaniers à travers des causeries professionnelles et des échanges d’expérience. Leur contribution pourrait également s’étendre à la sensibilisation des opérateurs économiques, des transporteurs et des populations sur les missions de la Douane, notamment en matière de sécurisation des frontières, de lutte contre la fraude et la contrebande et de protection de la société. Le Commandant DIMA compte par ailleurs sur les anciens douaniers pour contribuer à expliquer aux populations l’importance de la mobilisation des recettes douanières dans le financement du développement, notamment la construction des routes, ponts, écoles, hôpitaux et marchés. Dans une région confrontée à des défis transfrontaliers spécifiques, leur expertise pourra enfin être mise à contribution dans les initiatives de lutte contre les trafics illicites et les menaces sécuritaires. Cette première audience ouvre ainsi la voie à une collaboration plus étroite entre anciens et nouveaux douaniers. À Maroua, l’expérience des vétérans entend désormais se conjuguer avec l’énergie de la nouvelle équipe dirigeante pour accompagner l’administration douanière dans l’accomplissement de ses missions.

Fondation ELESSA Lothin-Sen : 600 bourses pour encourager le mérite scolaire

À Dibombari, dans le département du Moungo, la Fondation ELESSA Lothin-Sen a choisi l’éducation comme levier d’action sociale. Pour la 10e édition de son programme de bourses d’excellence scolaire, l’organisation a récompensé les élèves les plus méritants et distribué des kits scolaires, apportant ainsi un soutien concret aux familles à quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027. 24 établissements mobilisés Pour cette édition, la Fondation s’est fixé pour objectif d’attribuer 600 bourses d’excellence à des élèves issus d’établissements publics, privés et confessionnels. À Dibombari, 24 établissements scolaires ont pris part à l’opération. Dans chacun d’eux, 18 élèves ont été distingués, avec une attention particulière portée aux trois meilleurs de chaque classe selon le classement du mérite. L’excellence n’a cependant pas été appréciée à travers les seuls résultats académiques. Des distinctions spéciales ont également été accordées à des élèves qui se sont illustrés dans les activités post et périscolaires. Une approche qui traduit la volonté de la Fondation de valoriser une conception plus large de la réussite scolaire, fondée également sur l’engagement, les talents et les aptitudes des jeunes. Selon Charles Enonga Ngombi, président de la commission permanente des affaires sociales de la Fondation, l’identification des bénéficiaires se fait en collaboration avec les responsables locaux de l’éducation. Les directeurs d’écoles communiquent notamment les noms des élèves les plus performants de chaque classe, à partir des résultats de fin d’année. La préparation de l’opération commence plusieurs mois avant la cérémonie. Dès le mois de mai, les équipes de la Fondation mettent en place le dispositif et attendent les résultats scolaires afin d’identifier les élèves appelés à recevoir les récompenses. Les responsables d’écoles saluent un encouragement Dans les établissements bénéficiaires, l’initiative est accueillie favorablement par les responsables scolaires. Pour eux, la remise des bourses constitue d’abord une reconnaissance des efforts accomplis par les élèves au cours de l’année écoulée. Les directeurs d’écoles y voient également un puissant facteur de motivation. En mettant les meilleurs élèves à l’honneur, la Fondation encourage ceux-ci à maintenir leurs performances et incite leurs camarades à davantage d’efforts. Les distinctions attribuées dans les activités post et périscolaires permettent, elles aussi, de montrer que la réussite ne se résume pas aux seules notes obtenues en classe. Les responsables d’établissements mettent par ailleurs en avant le caractère opportun de cette action. À quelques jours de la rentrée, les kits scolaires représentent un appui appréciable pour les parents confrontés aux nombreuses dépenses liées à la reprise des cours. Du côté des familles, ce geste est donc perçu comme un soulagement. La Fondation associe ainsi la reconnaissance du mérite à une forme de solidarité envers les ménages. Faire du livre un outil partagé Pour le fondateur, l’objectif de l’opération ne se limite pas à remettre des fournitures aux élèves primés. Le livre doit également devenir un outil accessible à la communauté. Les bénéficiaires sont ainsi encouragés à partager leurs ouvrages avec leurs camarades, leurs frères et leurs amis. Une démarche qui vise à élargir l’impact des récompenses et à favoriser la circulation du savoir au sein des communautés scolaires. Une action qui s’étend à l’échelle nationale L’initiative de la Fondation ELESSA Lothin-Sen dépasse le cadre de Dibombari. Chaque année, une nouvelle localité est choisie pour accueillir le programme d’accompagnement scolaire. Après des actions menées dans sept départements et quatre régions, notamment à Ébolowa II, dans le Sud, lors de la précédente édition, la Fondation a posé cette année ses valises dans le Littoral, précisément dans le département du Moungo. La prochaine destination sera déterminée ultérieurement, avec une ambition qui demeure la même : encourager l’excellence, accompagner les familles et donner aux jeunes de meilleures conditions pour préparer leur avenir. À Dibombari, cette 10e édition aura ainsi permis de joindre le geste à la parole : célébrer le mérite scolaire tout en apportant un soutien concret aux familles à l’orée de la rentrée 2026-2027.   Denise EBELLE

CAN féminine 2026 : le message du Président Biya n’est pas tombé dans les oreilles des sourdes, les Lionnes l’ont fait !

À Rabat, les Lionnes Indomptables ont répondu de la plus belle des manières aux encouragements du Président de la République. En dominant le Malawi 3-0 en finale de la CAN féminine 2026, les Camerounaises ont décroché le premier sacre continental de leur histoire dans cette compétition. Une victoire historique qui sonne comme une réponse éclatante au message présidentiel transmis à la veille de la finale. Elles avaient reçu le message. Elles l’ont entendu. Et surtout, elles l’ont transformé en actes. À quelques heures de la finale de la Coupe d’Afrique des nations féminine 2026, les Lionnes Indomptables avaient été galvanisées par le message du Président de la République, Paul Biya. Représentant le Chef de l’État auprès de la sélection nationale, le Premier ministre, chef du Gouvernement, Joseph Dion Ngute, était allé à la rencontre des joueuses dans leur tanière à Rabat. Il leur avait transmis les encouragements du couple présidentiel et rappelé l’immense responsabilité qui était la leur : défendre les couleurs de toute une nation. Le message était clair : ne rien lâcher, rester concentrées et déterminées jusqu’au dernier coup de sifflet. Le Président de la République avait également fait savoir que le couple présidentiel attendait les Lionnes à Yaoundé avec la Coupe. Un appel à l’engagement patriotique qui, manifestement, n’est pas tombé dans les oreilles des sourdes. Une réponse sur le terrain Dimanche soir à Rabat, les filles ont parlé avec leurs pieds. Face au Malawi, elles n’ont laissé aucune place au doute. Trois buts, aucun encaissé et, au bout des 90 minutes, une consécration historique. Le Cameroun devient champion d’Afrique et inscrit une nouvelle page dans l’histoire du football féminin national. Cette victoire vient surtout couronner un parcours remarquable. Après avoir éliminé le Nigeria, champion d’Afrique en titre, en quarts de finale sur le score de 1-0, les Camerounaises avaient ensuite écarté le Maroc, pays hôte, en demi-finale à l’issue d’une séance de tirs au but remportée 3-1 après un score nul de 0-0. Il fallait donc encore franchir le dernier obstacle. Les Lionnes l’ont fait avec autorité. « Nous voulons lui offrir la Coupe » La veille de cette finale historique, le message présidentiel avait visiblement touché les joueuses. La capitaine Gabrielle Aboudi Onguene avait notamment exprimé la volonté des Lionnes de se battre pour offrir ce cadeau au Chef de l’État. Elle avait salué la mobilisation des autorités et expliqué combien la présence et le soutien des membres du Gouvernement avaient renforcé la motivation de la sélection. Le lendemain, la promesse a été tenue. Le discours s’est transformé en engagement. L’engagement en détermination. Et la détermination en trophée. Au-delà du résultat sportif, ce sacre revêt une dimension particulière. Pendant toute la compétition, les Lionnes ont porté les espoirs d’un peuple qui attendait depuis longtemps une nouvelle grande conquête du football féminin. Elles ont désormais leur Coupe. Elles ont également démontré que les encouragements reçus au plus haut sommet de l’État pouvaient se traduire en énergie supplémentaire sur le terrain. Le message présidentiel appelait au courage, à la discipline, à la concentration et au sacrifice. La réponse des joueuses aura été collective : trois buts, zéro encaissé et un titre continental historique.Le Cameroun peut désormais savourer Les Lionnes Indomptables ont entendu le message. Elles ne l’ont pas laissé se perdre dans le bruit de la compétition. Elles l’ont porté sur le terrain, l’ont défendu pendant 90 minutes et l’ont finalement ramené sous la forme la plus précieuse qui soit : la Coupe d’Afrique. Le Président avait demandé de défendre les couleurs de toute une nation. Les Lionnes l’ont fait. Et elles l’ont fait avec panache. Denise Ebelle

WATERIS BY CAMWATER : la transformation digitale entre dans sa phase opérationnelle

La CAMWATER accélère sa transformation numérique. Après cinq jours de travaux consacrés à la mise en cohérence de ses nouvelles solutions digitales, l’entreprise engage désormais le déploiement opérationnel de WATERIS BY CAMWATER, un écosystème appelé à modifier en profondeur la gestion de ses activités et sa relation avec les abonnés. Tenue du 10 au 14 août 2026 au Complexe MUNDI à Yaoundé, la rencontre a été présidée par le Directeur Général de la CAMWATER, Dr Blaise Moussa. Elle a réuni les responsables des différents métiers, les équipes de terrain ainsi que les partenaires techniques mobilisés autour de cette mutation. L’enjeu était de mettre en cohérence les différentes composantes du nouvel environnement numérique et de préparer leur appropriation par les utilisateurs. Un changement de modèle Avec WATERIS BY CAMWATER, l’entreprise entend dépasser la logique d’outils fonctionnant de manière cloisonnée. Le nouveau dispositif privilégie l’interconnexion des processus et la centralisation des données afin de permettre un meilleur suivi des opérations. Cette évolution concerne plusieurs maillons de l’activité, du branchement au paiement des factures, en passant par la relève des compteurs, la gestion des stocks et le pilotage de l’entreprise. Le dispositif s’appuie sur huit briques digitales interconnectées : WATERIS-COMMERCIAL, WATERIS-METER, WATERIS-PAY, WATERIS-STOCK, WATERIS-INTEGRATION, WATERIS-DASHBOARD, WATERIS-MAIL et OFFIXPRESS. Au cœur du système commercial, WATERIS-COMMERCIAL accompagne la gestion du parcours de l’abonné. WATERIS-METER, pour sa part, est dédié à la relève et à la télérelève des compteurs, avec des possibilités de géolocalisation et de traçabilité des opérations. La dimension financière est portée par WATERIS-PAY, tandis que WATERIS-STOCK vise une gestion plus centralisée et plus traçable des stocks et des matériels. WATERIS-DASHBOARD fournit des outils de pilotage et de suivi, alors que WATERIS-INTEGRATION assure l’interconnexion des différentes composantes du système, notamment avec la comptabilité client. Les autres briques, WATERIS-MAIL et OFFIXPRESS, complètent cet environnement numérique destiné à élargir progressivement la digitalisation aux différents métiers de l’entreprise. Des opérations davantage automatisées Les travaux conduits pendant l’atelier ont permis d’identifier plusieurs applications concrètes du nouveau système. Dans le traitement des branchements et des abonnements, l’objectif est d’automatiser le parcours de l’usager, depuis les premières étapes de la demande jusqu’à son traitement final. La gestion des devis, des sorties de matériel et des encaissements doit ainsi être davantage sécurisée et suivie. La relève des compteurs bénéficiera également d’une évolution majeure. La synchronisation automatique des données, prévue à intervalles réguliers, permettra aux agents d’accéder à l’historique de consommation des abonnés depuis leurs terminaux et de repérer plus rapidement les anomalies. Le recouvrement sera lui aussi davantage automatisé grâce aux fonctionnalités de WATERIS-PAY. La gestion des stocks doit, quant à elle, offrir une visibilité globale sur les mouvements de matériels, avec une traçabilité renforcée des opérations. Ces évolutions doivent contribuer à réduire les traitements manuels, limiter les risques d’erreurs et faciliter le contrôle des opérations. Après la réflexion, place au sport Après cinq journées d’intenses réflexions, de travaux en ateliers et de restitution des recommandations, les séminaristes ont bénéficié d’un moment de détente placé sous le signe du sport et de la convivialité. Les employés de la CAMWATER se sont ainsi retrouvés autour d’un match de football, une parenthèse récréative qui a permis de relâcher la pression après plusieurs jours consacrés aux enjeux de la transformation digitale. Répartis en deux équipes, les collaborateurs ont livré une rencontre dans une ambiance chaleureuse. Les femmes ont pris part au match aux côtés de leurs collègues hommes, partageant le même enthousiasme et la même envie de jouer. Sur le terrain comme autour, les encouragements, les cris de joie et les éclats de rire ont offert un autre visage du séminaire, loin des salles de travail et des discussions techniques. Au-delà du simple divertissement, cette activité sportive a contribué à renforcer les relations entre les collaborateurs. Le sport en milieu professionnel constitue en effet un espace propice à la détente, à la communication et au développement de l’esprit d’équipe. Il permet aux collègues de se découvrir autrement, de renforcer les liens de confiance et de favoriser une dynamique collective. Pour les participants, ce moment partagé a ainsi constitué une respiration bienvenue avant de reprendre le chemin des agences. Le défi de l’appropriation Au-delà du déploiement technique, la réussite de WATERIS BY CAMWATER dépendra de la capacité des agents à s’approprier les nouveaux outils. C’est précisément l’un des objectifs de l’atelier organisé par la Division de l’Informatique et de la Transformation Digitale (DITRAD), avec l’assistance technique de GREENTECH. Les participants ont travaillé en groupes thématiques avant de restituer leurs recommandations et de valider les prochaines étapes du déploiement. L’accompagnement des équipes et l’implication des responsables métiers apparaissent ainsi comme des conditions essentielles à la réussite de la réforme. La communication autour de WATERIS constitue également un volet important du projet, avec l’ambition d’assurer une meilleure visibilité de la transformation engagée et de favoriser son appropriation au sein de l’entreprise comme auprès des usagers. Après cette phase de mise en cohérence, les équipes sont désormais appelées à poursuivre le travail dans les différentes agences. La CAMWATER veut ainsi faire du numérique un levier d’amélioration de la qualité du service public de l’eau potable, avec à terme une information plus fiable, des opérations mieux tracées et une relation plus efficace avec les abonnés. Denise Ebelle

Patrimoine autochtone : le Cameroun et le Canada veulent ouvrir une nouvelle page de coopération culturelle

Patrimoine autochtone : le Cameroun et le Canada veulent ouvrir une nouvelle page de coopération culturelle Une coopération structurée sur trois ans pourrait bientôt rapprocher les communautés autochtones du Cameroun et les Premières Nations du Canada. C’est l’ambition portée par l’International Indigenous Peoples Organization (IIPO), dont le fondateur et CEO, Paul Eddy Tsoungui, a présenté le projet au ministre des Arts et de la Culture, vendredi 14 août 2026 à Yaoundé. La protection du patrimoine culturel des peuples autochtones s’invite dans les relations culturelles entre le Cameroun et le Canada. Reçu en audience par le ministre des Arts et de la Culture, Paul Eddy Tsoungui, fondateur et Chief Executive Officer de l’International Indigenous Peoples Organization (IIPO), est venu défendre un projet de partenariat destiné à donner une nouvelle dimension à la sauvegarde et à la promotion des cultures autochtones camerounaises. L’audience, tenue dans la salle de convivialité du département ministériel, s’est déroulée en présence d’une importante délégation de l’IIPO et de plusieurs responsables du ministère. La rencontre intervenait après l’examen du dossier par un groupe de travail mis en place au sein du MINAC, avec la Direction du Patrimoine culturel comme point focal.   Une coopération qui veut dépasser les frontières Le projet soumis au ministre s’articule autour d’un programme triennal de partenariat couvrant la période 2026-2029. Il vise à établir un cadre institutionnel de coopération entre le MINAC et l’IIPO pour mieux préserver et valoriser les patrimoines matériels et immatériels des peuples autochtones du Cameroun. L’idée défendue par l’organisation est de faire circuler les cultures plutôt que de les enfermer dans une logique de conservation. Les langues, les traditions, les danses, les musiques, l’artisanat, les récits et les savoirs ancestraux pourraient ainsi devenir des supports d’échanges entre les communautés camerounaises et leurs homologues canadiennes. Le Cameroun compte notamment les Baka, Bakola (Bagyéli), Bedzang et Mbororo, dont les patrimoines sont présentés dans le projet comme des composantes importantes de la diversité culturelle nationale. Le document relève cependant plusieurs menaces, parmi lesquelles la disparition de certaines langues, la perte progressive des savoirs traditionnels, l’insuffisance de documentation et le manque de visibilité internationale. Pour l’IIPO, la réponse passe donc par une coopération capable de mettre en relation les communautés, les artistes, les chercheurs et les jeunes.   Des voyages culturels dans les deux sens À la sortie de l’audience, le responsable de l’IIPO a donné quelques précisions sur les actions envisagées. Au-delà d’un partenariat institutionnel, le projet prévoit des rencontres directes entre peuples autochtones camerounais et communautés autochtones du Canada. Des festivals, des voyages culturels, des échanges d’artistes et des résidences sont notamment envisagés. Le principe serait de permettre aux peuples autochtones du Canada de découvrir les communautés autochtones camerounaises, mais également d’offrir aux Camerounais l’occasion de se rendre au Canada à la rencontre des Premières Nations. Le programme prévoit plus largement des missions culturelles entre le Cameroun, le Canada et d’autres peuples autochtones partenaires, ainsi que des conférences internationales. Cette dimension internationale constitue l’un des principaux ressorts du projet. Pour Paul Eddy Tsoungui, les distances géographiques ne doivent pas empêcher des peuples qui partagent des préoccupations similaires de se connaître et de travailler ensemble. La coopération envisagée ne se résume pas aux festivals et aux déplacements. Une partie importante du programme est consacrée à la documentation du patrimoine. L’IIPO propose notamment de réaliser des inventaires, de produire des contenus audiovisuels, de numériser des archives culturelles et de mettre en place une banque de données nationale. Le projet entend également soutenir la recherche sur les traditions orales, les langues autochtones, la médecine traditionnelle, les pratiques artistiques et les savoirs ancestraux. La jeunesse apparaît comme un autre maillon essentiel. L’objectif est de permettre aux nouvelles générations de connaître leur histoire et de recevoir les connaissances détenues par leurs communautés. Des formations en gestion du patrimoine, entrepreneuriat culturel, marketing culturel, numérisation des archives et transmission des savoirs sont ainsi prévues.   Le MINAC ouvre la voie à un accompagnement La présentation du projet n’a pas été le seul temps fort de l’audience. La Direction du Patrimoine culturel a rendu compte des travaux du groupe chargé d’étudier le dossier. Son analyse a identifié plusieurs domaines correspondant aux priorités du ministère : promotion des expressions artistiques traditionnelles, sauvegarde et transmission des savoirs, mais aussi solidarité et action sociale en faveur des communautés. Sur cette base, la Direction du Patrimoine culturel a formulé un avis technique favorable à l’accompagnement institutionnel du projet. Cet accompagnement pourrait notamment permettre au ministère de contribuer à l’identification des communautés et artistes à associer au programme et d’appuyer sa visibilité au Cameroun comme à l’étranger. Une attention particulière a toutefois été portée au respect des spécificités des communautés. Les activités devront être conduites dans le respect des us et coutumes et sur la base du consentement libre et éclairé des populations concernées.   Un cadre institutionnel à construire Le projet prévoit plusieurs étapes avant son déploiement complet. La première doit notamment permettre de formaliser le partenariat, avec la signature d’un protocole d’accord, la définition des priorités et l’élaboration d’une feuille de route. Un comité technique conjoint devrait ensuite assurer le suivi de la coopération. Parmi les initiatives envisagées figure également un Forum national des cultures autochtones, réunissant communautés, chercheurs, artistes, partenaires techniques et institutions. À plus long terme, l’IIPO propose la création d’un programme national de valorisation des peuples autochtones et l’organisation d’un Festival international des peuples autochtones du Cameroun, auquel seraient conviées les Premières Nations du Canada ainsi que d’autres délégations africaines et internationales. Le partenariat projeté est prévu pour trois ans, avec une possibilité de renouvellement. Son budget indicatif est estimé à 430 millions de FCFA. Le financement devrait reposer sur une combinaison de contributions du MINAC, de l’IIPO, de partenaires canadiens, d’organisations autochtones, d’agences de coopération, d’organismes multilatéraux, de fondations et du secteur privé. Pour l’IIPO, l’enjeu est finalement plus large que la seule sauvegarde des traditions. Le projet ambitionne de renforcer les capacités des communautés, de soutenir les artistes et artisans, de développer le tourisme culturel et

Bôme François : De la controverse à l’amélioration continue

Face aux allégations qui circulent sur les réseaux sociaux autour du Bôme François, François Ekouma Ananga, promoteur de François Santé SARL, a choisi de jouer la carte de la transparence. Lors d’un point de presse tenu le 12 août 2026 à l’Hôtel La Falaise de Yaoundé, il a présenté les actions engagées avec le LANACOME pour renforcer la qualité, l’hygiène, la sécurité sanitaire et la traçabilité des produits. À ses côtés, Christophe Mvondo, directeur de la communication du Laboratoire national de contrôle de qualité des médicaments et d’expertise (LANACOME), dont l’accompagnement constitue l’un des axes majeurs de la démarche présentée au cours de cette rencontre avec la presse. Pour le promoteur, cette prise de parole ne vise pas uniquement à répondre à la polémique. Elle entend également montrer le chemin parcouru par l’entreprise en matière d’amélioration des pratiques. Les constats du LANACOME comme point de départ François Ekouma Ananga est revenu sur la mission d’évaluation conduite par les experts du LANACOME en août 2025. Réalisée selon la méthode des « 5 M », et en référence notamment aux Bonnes Pratiques de Fabrication et à la norme ISO 22000:2018, cette mission avait permis d’identifier les forces de l’entreprise, mais également les domaines nécessitant des améliorations. L’entreprise affirme avoir choisi de considérer ces observations comme un levier de progression. « Nous avons choisi de ne pas considérer ces constats comme une critique, mais comme une opportunité de progresser », a expliqué le promoteur. Cette démarche s’inscrit dans le prolongement de la convention d’accompagnement technique conclue en juillet 2025 entre François Santé SARL et le LANACOME. L’objectif est notamment de renforcer les pratiques de production, la qualité, l’hygiène, la traçabilité et la maîtrise des risques. La formation au cœur du dispositif L’un des premiers chantiers engagés a été la formation du personnel. Avec l’accompagnement du LANACOME, les équipes ont été formées aux Bonnes Pratiques d’Hygiène et de Fabrication, à la démarche HACCP, à la méthode 5S, aux procédures opératoires standardisées ainsi qu’à la traçabilité. Pour François Ekouma Ananga, cette formation dépasse le simple cadre réglementaire. « Cette formation n’est pas une simple formalité ; elle traduit une conviction : la qualité commence par les femmes et les hommes qui fabriquent le produit », a-t-il souligné. Les premiers résultats présentés sont encourageants, selon le promoteur. Ils portent notamment sur une amélioration de la discipline en matière d’hygiène et de traçabilité, une meilleure appropriation des outils HACCP et 5S, ainsi que sur la structuration progressive du système documentaire de l’entreprise. Cette évolution répond à une exigence centrale : pouvoir non seulement réaliser correctement une opération, mais également la documenter et en apporter la preuve. « Pour nous, la culture qualité signifie une chose simple : mieux documenter ce que nous faisons, mieux contrôler ce que nous faisons, et surtout, pouvoir démontrer ce que nous faisons », a déclaré François Ekouma Ananga. Produire mieux, une exigence revendiquée Le promoteur reconnaît toutefois que la démarche n’est pas achevée. François Santé entend poursuivre le travail engagé et consolider progressivement les acquis obtenus.« Notre objectif n’est pas simplement de produire davantage, notre objectif est de produire mieux », a-t-il affirmé. L’entreprise annonce ainsi la poursuite de sa dynamique avec l’Agence des normes et de la qualité (ANOR), parallèlement au travail réalisé avec le LANACOME. Pour François Santé, l’enjeu est désormais d’inscrire les améliorations dans la durée. Cela passe, selon le promoteur, par des investissements dans les équipes, les méthodes de travail et l’organisation interne. « Nous avons choisi la transparence, l’accompagnement technique et l’amélioration continue », a-t-il insisté. Le Made in Cameroon à l’épreuve de la qualité Au-delà du Bôme François, le promoteur veut donner à cette démarche une portée plus large. Celle de la crédibilité des produits fabriqués localement.Pour lui, le « Made in Cameroon » ne doit pas être uniquement un slogan. Il doit être associé à des exigences de qualité, de rigueur, de traçabilité et de responsabilité. « Nous voulons qu’un produit fabriqué au Cameroun soit regardé avec confiance, fierté et exigence dans le monde entier », a-t-il déclaré. Cette ambition repose, selon François Ekouma Ananga, sur plusieurs facteurs : la qualité des matières premières, la rigueur des équipes, la maîtrise des procédés de fabrication, la traçabilité, le contrôle et la capacité de l’entreprise à corriger ses insuffisances. Un discours qui place donc la qualité au centre de la stratégie de François Santé, au moment où le Bôme François fait l’objet d’une attention particulière sur les réseaux .Au terme de cette rencontre avec la presse, le promoteur a voulu recentrer le débat sur la responsabilité du fabricant vis-à-vis du consommateur. Pour lui, la confiance ne peut reposer uniquement sur la notoriété acquise par un produit. Elle doit être constamment confortée par des pratiques vérifiables et une capacité à améliorer ce qui doit l’être. « Parce qu’au-delà d’un produit, il y a une responsabilité, celle de mettre sur le marché des produits pour lesquels le consommateur peut continuer à accorder sa confiance », a-t-il conclu. À travers cette démarche, François Santé entend donc faire de la qualité un élément central de son identité et transformer les interrogations suscitées autour du Bôme François en une occasion de renforcer ses standards de production. Le défi reste désormais de traduire ces engagements en résultats durables et vérifiables, afin que la promesse du « Made in Cameroon » s’accompagne effectivement de qualité, de traçabilité et de confiance. Denise EBELLE

GETEC 2026 : la Douane mise sur la proximité avec les étudiants et les jeunes entrepreneurs

GETEC 2026 : la Douane mise sur la proximité avec les étudiants et les jeunes entrepreneurs Présente à la 8e édition du Salon du Génie et du Talent de l’Étudiant Camerounais, du 11 au 14 août à Yaoundé, la Direction générale des Douanes entend mieux faire connaître ses missions, ses innovations et les opportunités offertes par le secteur douanier. À l’esplanade de la Place de l’Indépendance à Yaoundé, le public du GETEC 2026 ne découvre pas seulement des projets portés par les étudiants et jeunes entrepreneurs. Le rendez-vous constitue également une occasion pour plusieurs administrations publiques de se rapprocher de cette jeunesse appelée à jouer un rôle central dans la transformation de l’économie nationale. La Direction générale des Douanes a choisi d’y installer un espace consacré à l’information et aux échanges. Durant les quatre jours du salon, les visiteurs sont invités à mieux comprendre le fonctionnement de l’administration douanière, ses responsabilités et les transformations engagées ces dernières années. Au-delà de la mobilisation des recettes publiques, les agents présents sur le site mettent en avant les missions liées à la sécurisation du territoire, à la protection de l’économie et à la lutte contre les trafics illicites. La présence de la Douane au GETEC est aussi l’occasion de présenter les outils technologiques désormais utilisés dans ses opérations. Parmi eux figure le Cameroon Customs Information System (CAMCIS), qui accompagne la dématérialisation des procédures douanières. Le dispositif de suivi des marchandises en transit par géolocalisation, l’application COSMOS destinée au contrôle de l’effectivité du dédouanement des véhicules ainsi que les mécanismes de collecte électronique des droits et taxes sur certains terminaux numériques font également partie des innovations présentées au public. À travers ces solutions, l’administration entend montrer que le métier de douanier évolue avec les nouvelles technologies et que la modernisation constitue désormais un axe majeur de son fonctionnement. Le stand douanier sert par ailleurs de cadre aux échanges sur les questions de sécurité et de protection de la société. Les opérations de lutte contre les produits illicites et les stupéfiants menées par les unités opérationnelles, notamment dans le cadre de la mission spéciale HALCOMI III, sont expliquées aux visiteurs. L’objectif est de sensibiliser particulièrement les jeunes aux conséquences des trafics et à la nécessité de promouvoir une économie fondée sur les activités licites. La Douane profite également de cette rencontre pour présenter aux étudiants la diversité des métiers accessibles au sein de l’administration ainsi que les conditions d’accès à la fonction publique, notamment à travers les concours administratifs. Cette démarche s’inscrit dans l’esprit même du GETEC 2026, dont l’ouverture a été placée sous le signe de la professionnalisation et du rapprochement entre l’université et le monde de l’entreprise. Dans son discours d’ouverture, le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr Jacques Fame Ndongo, a insisté sur la nécessité de faire de l’université un véritable espace de production et de valorisation des compétences. L’ambition affichée est notamment d’encourager davantage de jeunes à entreprendre, de donner une plus grande visibilité aux projets issus des laboratoires et incubateurs universitaires et de renforcer l’accompagnement des étudiants-entrepreneurs. Une cohorte de 22 jeunes entrepreneurs ayant déjà concrétisé leurs projets grâce aux financements ministériels figure parmi les initiatives mises en avant. En participant à ce rendez-vous consacré au génie et au talent des étudiants camerounais, la Douane cherche ainsi à parler directement à une génération appelée à devenir entrepreneure, salariée, innovatrice ou future cadre de l’administration. Une manière pour l’institution de faire de la proximité avec les jeunes un levier supplémentaire de modernisation et de compréhension de l’action douanière.

CAMWATER accélère sa transformation numérique

CAMWATER accélère sa transformation numérique La Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER) a lancé, lundi 10 août à Yaoundé, un atelier consacré à l’intégration de ses nouvelles solutions digitales. Pendant cinq jours, l’entreprise entend harmoniser ses outils, renforcer les capacités de ses personnels et préparer le déploiement de son nouvel écosystème numérique. La transformation numérique de la CAMWATER franchit une nouvelle étape. Depuis lundi 10 août 2026, cadres dirigeants, responsables d’agences, personnels relais et partenaires techniques de l’entreprise sont réunis au Complexe MUNDI, à Yaoundé, dans le cadre d’un atelier consacré à la mise en cohérence des nouvelles solutions digitales. Les travaux, qui s’achèvent le 14 août, sont placés sous la présidence du Directeur général, Dr Blaise Moussa. L’objectif est de faire converger plusieurs outils numériques vers un même système afin d’améliorer le fonctionnement interne de l’entreprise, mais aussi la qualité des services proposés aux abonnés. Cette démarche intervient dans un contexte où la CAMWATER souhaite réduire la dépendance aux procédures manuelles, limiter les risques d’erreurs et renforcer le suivi de ses opérations commerciales et financières. Un écosystème numérique intégré Baptisé « WATERIS by CAMWATER », le nouvel environnement numérique regroupe huit solutions destinées à couvrir différentes étapes de l’activité de l’entreprise. WATERIS-METER est consacré à la relève et à la télérelève des index de consommation. WATERIS-COMMERCIAL constitue la plateforme de gestion du cycle commercial, notamment les contrats, la facturation, le suivi des abonnés, les réclamations et les interventions. À ces deux outils s’ajoutent WATERIS-STOCK, destiné à la gestion des magasins et des matériels, et WATERIS-PAY, qui doit faciliter le règlement des factures à travers les différents moyens de paiement électronique. WATERIS-INTEGRATION assure, pour sa part, la synchronisation des transactions de paiement avec la comptabilité client. Le dispositif comprend également WATERIS-GEC pour la gestion électronique des documents administratifs, WATERIS-MAIL pour la communication interne et WATERIS-DASHBOARD, consacré aux tableaux de bord de pilotage commercial et financier. L’enjeu de l’atelier est précisément de faire fonctionner ces différentes composantes comme un système intégré. Il ne s’agit donc plus seulement de disposer de plusieurs applications, mais de permettre leur interconnexion afin que les informations puissent circuler entre les différents maillons de la chaîne. De la démonstration à la mise en situation Le programme de la semaine prévoit une progression allant de la présentation des solutions à leur utilisation pratique. Après le cadrage général du projet et la présentation de WATERIS-GEC et WATERIS-MAIL lundi, les participants découvrent mardi WATERIS-COMMERCIAL et WATERIS-METER. La journée de mercredi est consacrée à WATERIS-STOCK, WATERIS-PAY, WATERIS-INTEGRATION et WATERIS-DASHBOARD. Elle doit également permettre aux participants d’échanger sur l’articulation entre les différentes solutions. Jeudi, les travaux passeront à une phase plus pratique avec la démonstration de l’ensemble de la chaîne, du branchement au paiement, en passant par la gestion du stock, la relève et la facturation. Des travaux en sous-groupes permettront ensuite d’aborder les problématiques techniques et les besoins liés aux métiers. La dernière journée sera consacrée à la restitution des travaux, à la consolidation du plan de déploiement et à l’élaboration du plan de renforcement des capacités. Miser sur l’appropriation des outils Au-delà de la technologie, la CAMWATER entend mettre l’accent sur la maîtrise des nouveaux outils par ses personnels. Les travaux portent ainsi sur deux volets : la sécurisation des infrastructures, la migration des données et l’interfaçage des systèmes d’une part ; le paramétrage des processus et la prise en main des applications selon les profils des agents d’autre part. Plusieurs partenaires techniques prennent part à cette démarche, aux côtés des équipes de la Direction des technologies, de la recherche et du développement (DITRAD). Une autre mesure accompagne le dispositif : les supports de formation sont transmis aux participants par courrier électronique à l’issueF3 de chaque session. À terme, la CAMWATER veut s’appuyer sur cette nouvelle architecture numérique pour améliorer le suivi de ses opérations, fluidifier les processus et renforcer le pilotage de son activité. Le déploiement progressif dans les agences locales constituera la prochaine étape, avec pour perspective d’étendre les bénéfices de cette transformation aux abonnés. Denise Ebelle

AGAB : les premières « diplômées » passent le relais à une nouvelle génération de jeunes filles

AGAB : les premières « diplômées » passent le relais à une nouvelle génération de jeunes filles À Yaoundé, la cérémonie de lancement de la deuxième cohorte du Conseil consultatif des adolescentes a aussi été l’occasion de célébrer les parcours de celles qui achèvent trois années d’engagement au sein de l’Adolescent Girls Advisory Board (AGAB). Entre plaidoyer, leadership et actions communautaires, plusieurs membres de la première cohorte ont reçu leur attestation avant de devenir, à leur tour, les mentors des nouvelles participantes. Lorsque Lydia Bife s’est avancée pour recevoir son attestation, les applaudissements ont largement couvert les mots du maître de cérémonie. En trois années de participation au programme AGAB, cette jeune femme vivant avec un handicap s’est particulièrement illustrée dans le plaidoyer et la prise de parole en public. Elle a notamment modéré des panels de haut niveau et représenté les filles du Cameroun au Sommet régional des filles pour l’Afrique centrale et de l’Ouest, tenu à Dakar en octobre dernier. Son expérience ne s’arrête pas à la prise de parole. Spécialisée dans les questions d’inclusion sociale au sein du groupe AGAP, Lydia a également mené des actions de sensibilisation sur le VIH et sur la compréhension du langage lié à la canne blanche. Désormais, elle change de positionnement sans quitter le programme : elle est appelée à accompagner la deuxième cohorte en qualité de coach et de mentor. Même passage de témoin pour Julienne. Étudiante en deuxième année, option analyse biologique, elle repart de cette expérience avec une compétence renforcée en plaidoyer et une confiance accrue dans ses capacités de leadership. Parmi ses engagements figure la sensibilisation à la prévention des cancers liés au papillomavirus humain (HPV). Mais son parcours au sein d’AGAB a également produit des effets dans sa propre famille : le dialogue parent-enfant instauré dans le cadre du programme lui a permis, selon son témoignage, de dépasser des difficultés de communication qui persistaient avec ses parents. Ces trajectoires donnent un aperçu de ce que la première cohorte laisse derrière elle. Damaris, autre bénéficiaire distinguée au cours de la cérémonie, s’est notamment investie dans la finance verte et les questions environnementales. Ingénieure en formation et consultante sur les thématiques environnementales au sein du groupe AGAP, elle a participé à une campagne de plantation d’arbres au lycée d’application ainsi qu’à des consultations de jeunes dans la région du Sud. De bénéficiaires à actrices du changement Ces expériences constituent désormais le socle sur lequel doit s’appuyer la deuxième cohorte. La cérémonie organisée le 7 août 2026 à l’hôtel Mérina de Yaoundé n’était donc pas seulement une cérémonie de lancement. Elle marquait aussi une transition entre deux générations de jeunes filles appelées à porter la voix de leurs pairs. Pour Marie Thérèse Abena Ondoa, ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, cette évolution traduit une nouvelle manière de considérer les adolescentes dans l’action publique. Elles ne sauraient être réduites au rôle de bénéficiaires des politiques conçues à leur intention. Leurs expériences, leurs aspirations et leurs propositions doivent également contribuer à orienter les réponses qui leur sont destinées. L’enjeu est d’autant plus important que l’adolescence constitue une période où se construisent la confiance en soi, les ambitions, le sens des responsabilités et les premiers engagements citoyens. Or, de nombreuses jeunes filles restent confrontées à des difficultés susceptibles de compromettre leur avenir : violences basées sur le genre, mariages précoces, grossesses en milieu scolaire, inégalités d’accès à l’éducation, difficultés d’accès aux services de santé, au numérique ou encore aux espaces de participation citoyenne. Dans ce contexte, le Conseil consultatif des adolescentes entend offrir un cadre où les jeunes filles peuvent non seulement exposer leurs préoccupations, mais également participer à la recherche de solutions. Pour la ministre, cette approche participe d’une gouvernance plus inclusive, dans laquelle les adolescentes deviennent progressivement des partenaires de la réflexion sur les politiques qui les concernent. Une école du leadership Le programme ne se limite donc pas aux échanges ou aux consultations. Au fil de leur parcours, les participantes sont formées à l’art oratoire, aux compétences de vie et aux outils numériques. Elles sont également initiées au plaidoyer, à la participation aux espaces de décision, au leadership transformationnel, au développement personnel et au travail en équipe. À cela s’ajoute la mise en œuvre de microprojets communautaires. L’objectif est de transformer les connaissances acquises en actions concrètes dans les communautés. Les thèmes sur lesquels les jeunes filles sont appelées à travailler couvrent notamment l’éducation de qualité, le mariage d’enfants et les grossesses précoces, la santé et les droits sexuels et reproductifs, les violences et abus, l’hygiène menstruelle ainsi que les changements climatiques. Autant de problématiques qui dépassent le cadre scolaire et touchent directement les conditions de vie et les perspectives d’avenir des adolescentes. Les anciennes comme guides des nouvelles La particularité de cette nouvelle étape réside ainsi dans la transmission. Celles qui ont expérimenté le plaidoyer, les espaces de décision et les actions communautaires deviennent désormais des repères pour les nouvelles membres. Lydia Bife en est déjà l’une des illustrations. Après avoir elle-même bénéficié de l’accompagnement du programme, elle contribue désormais à encadrer la deuxième cohorte. Une responsabilité qui prolonge, sous une autre forme, son engagement en faveur de l’inclusion et de la participation des jeunes filles. Cette logique de transmission rejoint la vision portée par l’UNICEF, partenaire de l’initiative. Chaque participante arrive avec une ambition, une préoccupation ou un projet personnel ; l’accompagnement vise à lui permettre de transformer cette volonté en capacité d’action. À travers cette deuxième cohorte, l’AGAB entend donc poursuivre un pari : faire de la parole des adolescentes un outil d’influence, mais surtout une force de proposition. Car, au-delà des attestations remises aux premières participantes, le véritable enjeu est désormais de voir leurs expériences se prolonger dans celles qui prennent le relais. Denise Ebelle

Cacao : le Cameroun ouvre une nouvelle campagne sous le signe de la confiance malgré les défis

Cacao : le Cameroun ouvre une nouvelle campagne sous le signe de la confiance malgré les défis Lancée le 6 août 2026 à l’Hôtel de Ville de Yaoundé par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, la campagne cacaoyère 2026-2027 s’est ouverte devant une salle comble, témoignant de l’intérêt que suscite une filière stratégique pour l’économie camerounaise. Malgré une baisse des volumes commercialisés lors de la campagne écoulée, les pouvoirs publics affichent leur confiance, portés par l’amélioration de la qualité des fèves, la progression de la transformation locale et la préparation du pays aux nouvelles exigences du marché international. La salle Ongola a fait le plein le 6 août 2026. Producteurs, exportateurs, transformateurs, coopératives, acheteurs, partenaires techniques, responsables des administrations publiques et autres acteurs de la chaîne de valeur cacao ont répondu massivement à l’invitation du ministère du Commerce pour le lancement officiel de la campagne cacaoyère 2026-2027. La forte mobilisation, dans une salle pleine à craquer, traduisait l’importance que revêt cette nouvelle saison pour une filière qui demeure l’un des principaux moteurs des exportations agricoles du Cameroun. Tous étaient venus prendre le pouls d’une campagne qui suscite autant d’attentes que d’interrogations. Devant cette assemblée, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a officiellement donné le coup d’envoi de la nouvelle campagne. « Je peux donc, avec une certaine fierté et satisfaction, dire que la campagne cacaoyère 2026-2027 est officiellement ouverte », a déclaré le membre du gouvernement, dans un discours visiblement d’optimisme. Un contexte plus favorable qu’il y a quelques mois Pour le ministre, plusieurs indicateurs permettent d’envisager la nouvelle campagne avec davantage de sérénité. Après les fortes turbulences observées au cours de la saison écoulée, le marché retrouve progressivement un meilleur équilibre. La précédente campagne avait en effet été marquée par une forte volatilité des prix bord champ. Si les producteurs avaient bénéficié de cours exceptionnellement élevés à certaines périodes, ils avaient également subi des replis importants, certains achats descendant jusqu’à environ 700 FCFA le kilogramme dans plusieurs bassins de production. Aujourd’hui, selon Luc Magloire Mbarga Atangana, le contexte apparaît plus favorable. Le marché intérieur affiche une plus grande vitalité, notamment grâce à la montée en puissance de la transformation locale, qui continue de créer davantage de valeur ajoutée pour les fèves camerounaises. Près de 250 000 tonnes de cacao auraient ainsi été transformées au cours de la précédente campagne, signe que l’industrie locale poursuit sa progression et réduit progressivement la dépendance exclusive aux exportations de fèves brutes. Une qualité qui fait désormais la réputation du cacao camerounais Autre motif de satisfaction : la qualité. Le cacao camerounais poursuit son ascension sur les marchés internationaux. Les efforts consentis ces dernières années en matière de bonnes pratiques agricoles, de collecte, de fermentation et de séchage permettent aujourd’hui au produit national de rivaliser avec les meilleurs standards internationaux. Cette amélioration qualitative constitue un avantage concurrentiel majeur dans un contexte où les acheteurs internationaux accordent une importance croissante à la traçabilité, à la durabilité et à la qualité des fèves. Le défi européen en ligne de mire L’entrée en vigueur, dès janvier 2027, du règlement européen sur la déforestation constitue l’un des principaux enjeux de cette nouvelle campagne. Cette réglementation imposera aux pays producteurs de démontrer que le cacao exporté vers l’Union européenne n’est pas issu de zones déboisées. Sur ce point, le ministre du Commerce s’est voulu rassurant. Selon lui, le Cameroun a multiplié les actions préparatoires afin de permettre aux producteurs, aux exportateurs et à l’ensemble des opérateurs de satisfaire aux nouvelles exigences de traçabilité imposées par ce marché stratégique. Une campagne précédente en net recul Cet optimisme gouvernemental contraste néanmoins avec les résultats de la campagne 2025-2026. Selon les données de l’Office national du cacao et du café (ONCC), les volumes officiellement commercialisés se sont établis à 247 914 tonnes contre 309 518 tonnes un an auparavant, soit une baisse de 61 604 tonnes représentant près de 20 %. Cette diminution met fin à la progression spectaculaire enregistrée lors de la campagne précédente, qui avait permis au Cameroun d’atteindre un niveau historique de commercialisation. Toutefois, cette baisse mérite d’être nuancée. Les statistiques publiées par l’ONCC concernent exclusivement les volumes passés par les circuits officiels de commercialisation. Elles n’intègrent ni les stocks conservés par les producteurs, ni les ventes différées, encore moins les éventuels flux échappant aux circuits déclarés. À ce stade, il demeure donc difficile d’attribuer ce recul uniquement à une baisse de la production nationale. Des contraintes structurelles toujours présentes Au-delà des chiffres, la filière continue de faire face à plusieurs défis de fond. Les changements climatiques, les épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, le vieillissement des plantations, la baisse de fertilité des sols ainsi que les attaques parasitaires affectent durablement les rendements. La Société de développement du cacao (Sodecao) indique d’ailleurs perdre entre 40 % et 60 % des jeunes plants dans certaines pépinières en raison du déficit hydrique, compliquant ainsi le renouvellement des vergers. Face à ces difficultés, des systèmes d’irrigation sont progressivement mis en place afin de sécuriser la production de plants destinés aux exploitants. Le Centre demeure le principal bassin de commercialisation La répartition géographique des achats confirme le poids de la région du Centre, qui concentre près de 45 % des volumes commercialisés. Elle est suivie du Sud-Ouest, du Littoral, du Sud, de l’Est et de l’Ouest, tandis que les régions septentrionales représentent encore une part marginale des transactions. Cette cartographie illustre davantage les lieux où les fèves sont commercialisées que leur origine exacte, une partie de la production transitant par différents centres de collecte avant d’être enregistrée. L’ouverture de la campagne cacaoyère 2026-2027 intervient ainsi dans un contexte paradoxal. D’un côté, les chiffres de la précédente saison rappellent la fragilité d’une filière confrontée aux aléas climatiques, aux fluctuations du marché et aux défis du renouvellement des plantations. De l’autre, l’amélioration continue de la qualité du cacao camerounais, la progression de la transformation locale et les préparatifs engagés pour répondre aux nouvelles normes européennes nourrissent l’espoir d’une