Élisabeth Atangana : « Nous devons décider ensemble de ce que nous faisons pour une meilleure alimentation »
La deuxième rencontre du Bassin du Congo consacrée à l’agroécologie, aux systèmes alimentaires durables, à la biodiversité et à la justice climatique s’est ouverte ce 25 août à Yaoundé. Les travaux ont été officiellement ouverts par Son Excellence Gabriel Mbaïrobe, ministre de l’Agriculture et du Développement rural du Cameroun. L’initiative réunit des acteurs venus des pays du Bassin du Congo autour de la nécessité de renforcer la coopération régionale en faveur de systèmes alimentaires plus durables.
Pour Élisabeth Atangana, agro-éleveuse, présidente de la Concertation nationale des organisations paysannes du Cameroun (CNOP-CAM) et ambassadrice spéciale de la FAO pour les coopératives, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique engagée depuis plusieurs années.
« La conférence du Bassin du Congo est née à la suite de la conférence sur le lancement du programme “Je mange africain”, qui avait été inauguré en 2022 », explique-t-elle, en référence à la dynamique engagée autour de la promotion des systèmes alimentaires africains.
Selon Élisabeth Atangana, les acteurs ont ensuite sollicité l’accompagnement de l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) afin d’étendre cette dynamique à la région du Bassin du Congo. Une première conférence s’est tenue à Kinshasa, en République démocratique du Congo, en 2023. Cette rencontre avait notamment abouti à la mise en place de plusieurs groupes de travail portant sur le renforcement des capacités, le plaidoyer en faveur de l’agroécologie, ainsi que sur les questions relatives aux femmes, aux jeunes, à la biodiversité, à l’environnement et aux peuples autochtones. « Un certain nombre d’activités ont été menées avec l’appui de l’AFSA. Il était donc de bon ton que nous puissions évaluer », souligne-t-elle.
Initialement prévue en République démocratique du Congo, la deuxième rencontre a finalement été organisée au Cameroun. Elle doit permettre aux participants de faire le bilan des actions menées depuis Kinshasa et de définir les prochaines priorités. L’enjeu est désormais d’identifier, pour chaque pays, les actions prioritaires, mais également les initiatives pouvant être conduites collectivement à l’échelle du Bassin du Congo.
« L’objectif aujourd’hui est d’évaluer ce qui a été fait depuis Kinshasa et de définir des actions prioritaires pour chaque pays, ainsi que des actions prioritaires communes », précise Élisabeth Atangana.
Au cœur des échanges figure notamment le renforcement des partenariats autour d’une agroécologie inclusive, associant les décideurs, les organisations paysannes, les ONG, les chercheurs, les partenaires au développement et le secteur privé.
Cette approche doit contribuer, selon elle, à renforcer la sécurité et la souveraineté alimentaires des États de la région.
Le deuxième axe concerne le renforcement des capacités et du plaidoyer afin d’accompagner l’évolution des politiques publiques en faveur de systèmes alimentaires durables.
« Nous sommes ici pour travailler ensemble entre partenaires et pouvoir décider ensemble de ce que nous faisons pour qu’il y ait une meilleure alimentation, une alimentation saine et durable », affirme-t-elle.
La démarche ne se limite toutefois pas à la question alimentaire. Elle vise également la création de richesses au profit des femmes et des jeunes, ainsi que la préservation de l’environnement pour les générations actuelles et futures.
« Il faut qu’il y ait également la création de richesses pour les femmes et les jeunes, et un environnement qui soit préservé de manière actuelle et pour les générations futures », insiste-t-elle.
La date de la prochaine conférence n’est pas encore arrêtée. Élisabeth Atangana estime qu’elle pourrait se tenir dans deux ou trois ans, mais que cette échéance dépendra des stratégies et mécanismes de suivi qui seront adoptés au terme des travaux de Yaoundé. « Nous déciderons ici ensemble. Elle pourra avoir lieu dans deux ou trois ans, mais cela dépendra des stratégies que nous mettrons en place pour pouvoir les évaluer alors à la troisième année », explique-t-elle. La décision devrait donc intervenir à l’issue de la rencontre, en fonction des actions prioritaires retenues et des mécanismes d’évaluation convenus par les participants.
La deuxième rencontre du Bassin du Congo se poursuit jusqu’au 27 août 2026, avec notamment l’adoption attendue d’une déclaration de Yaoundé et d’une feuille de route régionale.
Denise Ebelle





































































































































