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Violences contre les enfants et féminicides : le gouvernement promet une riposte implacable

Violences contre les enfants et féminicides : le gouvernement promet une riposte implacable

Face à la recrudescence des violences sexuelles, des infanticides et des féminicides qui bouleversent l’opinion publique camerounaise depuis plusieurs semaines, le gouvernement est sorti de son silence. Au cours d’une conférence de presse conjointe tenue ce lundi au ministère de la Communication, les ministres de la Communication, de la Promotion de la Femme et de la Famille et des Affaires sociales ont réaffirmé la détermination de l’État à protéger les personnes vulnérables et à sanctionner sévèrement les auteurs de ces crimes.

Cette prise de parole intervient dans un contexte marqué par une forte émotion nationale provoquée par plusieurs affaires particulièrement choquantes. Parmi elles, le viol présumé de la petite Joyce Nawal, âgée de trois ans et scolarisée au groupe scolaire La Gloire Olympique à Odza, ainsi que le viol suivi du meurtre de la jeune Divine, une élève de 11 ans retrouvée morte à Nkoabang. Ces drames ont suscité une vague d’indignation au sein de la population et relancé le débat sur la protection des enfants au Cameroun.

Devant la presse nationale et internationale, le gouvernement a tenu à rappeler que la lutte contre les violences faites aux enfants et aux femmes ne date pas d’aujourd’hui. Plusieurs mesures préventives ont déjà été mises en œuvre afin de renforcer la protection des mineurs.

Parmi celles-ci figurent l’élaboration et la diffusion du Programme de parentalité positive, destiné à promouvoir une meilleure éducation familiale, la création des « Child Desks » au sein de certaines unités de police et de gendarmerie pour une prise en charge adaptée des enfants victimes, ainsi que la lutte renforcée contre les abus sexuels à l’égard des mineurs.

Le gouvernement a également mis en place une Ligne d’Assistance aux Enfants, accessible à travers le numéro vert 116, qui permet de signaler les cas de maltraitance, d’abandon, d’exploitation ou de violences sexuelles. Cet outil constitue aujourd’hui l’un des principaux mécanismes d’alerte et d’orientation des victimes.

S’agissant des forces de sécurité, plusieurs dispositifs ont été renforcés. Les autorités évoquent notamment la mise en place de numéros verts facilitant les dénonciations, une présence accrue des forces de l’ordre dans les zones à risque ainsi qu’autour des établissements scolaires et universitaires, sans oublier la formation spécifique des personnels de sécurité à la protection de l’enfance et à la prise en compte des questions de genre.

Sur le plan répressif, le gouvernement rappelle que le Cameroun dispose d’un arsenal juridique conséquent. Celui-ci comprend notamment le Code pénal de 2016, les textes relatifs à la lutte contre la traite et le trafic des enfants, la Charte de protection des enfants en ligne ainsi que la législation sur la cybersécurité et la cybercriminalité.

Les autorités soulignent également que le pays a ratifié plusieurs instruments internationaux de protection de l’enfance, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, qui consacrent le droit des mineurs à être protégés contre toutes formes de violence, d’abus et d’exploitation.

Selon les membres du gouvernement, les forces de sécurité investies des missions de police judiciaire ouvrent systématiquement des enquêtes lorsqu’un cas de violence sur une personne vulnérable est signalé. Elles procèdent également à l’identification et à la poursuite des infractions connexes afin d’assurer une répression complète des faits.

Pour illustrer cette fermeté, le gouvernement a rappelé la condamnation à la peine de mort du meurtrier du petit Mathys, tout en précisant que plusieurs autres procédures sont actuellement en cours et demeurent couvertes par le secret de l’enquête et de l’instruction judiciaire.

« Ni le gouvernement ni le pouvoir judiciaire ne sont insensibles à ces drames qui affectent de plus en plus notre société avec une fréquence et une ampleur stupéfiantes », ont insisté les autorités, promettant une réaction à la hauteur de la gravité de la situation.

Au-delà de l’action de l’État, les responsables gouvernementaux ont lancé un appel à la mobilisation générale. Gouvernement, institutions publiques, autorités administratives et traditionnelles, confessions religieuses, associations, organisations de la société civile, familles et citoyens sont invités à unir leurs efforts pour prévenir, dénoncer et combattre ces actes criminels.

Pour les autorités, la lutte contre les violences faites aux enfants et aux femmes ne peut être gagnée que grâce à une véritable synergie d’actions impliquant l’ensemble du corps social. Une responsabilité collective qui apparaît aujourd’hui comme une nécessité face à la multiplication de crimes qui choquent et indignent la nation tout entière.

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