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Yaoundé : Gabriel Fopa présente « Aňdjeun», une bibliothèque numérique pour éveiller la jeunesse africaine

Yaoundé : Gabriel Fopa présente « Aňdjeun», une bibliothèque numérique pour éveiller la jeunesse africaine

Après un lancement officiel à Douala le 6 mai 2026, la plateforme numérique Aňdjeun a été présentée ce 28 mai à Yaoundé au cours d’une cérémonie ayant réuni écrivains, journalistes, acteurs culturels et représentants institutionnels, sous la présidence du ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique. Portée par Gabriel Fopa, fondateur et *PDG d’ITGStore*, cette bibliothèque numérique ambitionne de démocratiser l’accès au savoir, à la culture et aux formations pratiques pour la jeunesse africaine. Dans cet entretien accordé à 237 News, le promoteur du projet revient sur la vision d’Aňdjeun, les contenus proposés et les ambitions sociales de cette initiative.

237 News : Vous venez de présenter officiellement la plateforme Aňdjeun à Yaoundé. Quelle est la vision qui se cache derrière ce projet ?

Gabriel Fopa:

Aňdjeun est avant tout une plateforme de bibliothèque numérique pensée pour rendre le savoir accessible partout dans le monde, et particulièrement au Cameroun et en Afrique. Aujourd’hui, nous avons déjà plus de 4 000 livres disponibles et ce chiffre continue d’augmenter chaque jour.
Notre conviction est simple : l’être humain est fondamentalement un être d’esprit. Ce qui nous transforme réellement, ce qui développe notre génie intérieur, c’est notre capacité à rencontrer les grandes idées, les grands penseurs et les grands textes de l’humanité. De Nietzsche à Cheikh Anta Diop, de Guy de Maupassant à Achille Mbembe, de Chinua Achebe à Felwine Sarr ou Jean-Marc Ela, nous voulons permettre aux jeunes Africains d’accéder à ces ressources intellectuelles et philosophiques.
L’objectif est d’aider chacun à déconstruire les conditionnements qui freinent encore notre continent : le complexe d’infériorité, l’idée que tout est meilleur ailleurs, ou encore cette dépendance intellectuelle héritée de l’histoire. La culture est une arme contre l’ignorance, et sans connaissance, il est impossible de créer, d’innover ou même de se comprendre soi-même.

237 News : La plateforme ne se limite pas seulement aux livres. Vous proposez également des formations pratiques. Pourquoi ce choix ?

Gabriel Fopa:

Parce que nous voulons associer le savoir-être au savoir-faire. Une société ne peut pas se développer uniquement avec des discours intellectuels ; il faut aussi des compétences concrètes capables de créer de l’emploi et de la dignité.
Nous avons commencé par des formations agricoles autour de l’apiculture, de l’aquaculture, de l’héliciculture — c’est-à-dire l’élevage des escargots — ainsi que la culture des champignons. Ce sont des activités accessibles à de nombreux jeunes, y compris dans les zones rurales.
Par exemple, un jeune vivant à Foumban, à Guider ou dans l’Adamaoua peut, avec deux ou trois de ces activités, générer des revenus mensuels importants sans forcément quitter son village. Nous voulons montrer que les solutions existent aussi ici, sur notre territoire.
Ensuite, nous allons intégrer des modules sur l’ébénisterie, la mécanique automobile, la chaudronnerie et d’autres métiers techniques. Ce sont des secteurs qui créent rapidement des emplois.
Mais il est essentiel que ce savoir-faire repose sur un savoir-être solide. Comme le disait Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » Nous voulons former des jeunes compétents, mais aussi enracinés culturellement et humainement.

237 News : Comment fonctionne concrètement l’accès à Aňdjeun et comment comptez-vous toucher les jeunes vivant dans les zones éloignées ?
Gabriel Fopa:

Nous avons voulu construire un modèle accessible et durable. L’abonnement annuel coûte 5 000 FCFA pour les adultes et 2 500 FCFA pour les jeunes détenteurs de la carte jeune biométrique.
Cet abonnement donne accès à toute la bibliothèque numérique, aux formations et également aux « causeries d’auteurs » que nous organiserons chaque mois. Ce seront des échanges avec des écrivains, intellectuels et penseurs africains ou amis de l’Afrique, autour de sujets liés à la persévérance, à l’engagement, à la créativité ou encore au développement personnel.
Nous voulons également travailler avec les opérateurs de télécommunications pour installer des espaces de lecture dans les zones enclavées. Des tablettes et terminaux numériques permettront aux jeunes n’ayant ni smartphone ni connexion internet d’accéder malgré tout aux contenus de la plateforme.
L’idée est que la culture et le savoir ne soient plus réservés à une élite urbaine. Nous voulons que chaque jeune Africain puisse découvrir son potentiel, développer son génie intérieur et offrir le meilleur de lui-même au monde.

Denise Ebelle

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