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Travail au Cameroun : la CDHC alerte sur le non-respect du SMIG dans plusieurs entreprises

Travail au Cameroun : la CDHC alerte sur le non-respect du SMIG dans plusieurs entreprises

À l’occasion de la célébration de la Fête internationale du Travail, la Commission des droits de l’homme du Cameroun a exprimé ses inquiétudes concernant les conditions de travail et la protection des droits des employés au Cameroun. Dans une déclaration rendue publique, l’institution pointe notamment le non-respect du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) par certains employeurs du secteur privé.
Actuellement, le SMIG est fixé à 60 000 FCFA pour le secteur privé non agricole, à 45 000 FCFA dans le secteur agricole et à 43 969 FCFA pour les agents publics des catégories inférieures. Malgré l’entrée en vigueur du décret n°2023/00338/PM du 21 mars 2023 fixant le salaire minimum à 60 000 FCFA dans le secteur non agricole, la Commission affirme que plusieurs entreprises continuent de ne pas appliquer cette mesure.
Pour la CDHC, cette situation accentue la précarité des travailleurs et compromet plusieurs droits essentiels. L’institution estime que le non-respect du SMIG affecte directement le droit à un niveau de vie convenable, l’accès aux soins de santé, la sécurité sociale ainsi que l’éducation des enfants des travailleurs.
La Commission considère également que les atteintes au droit à une rémunération suffisante et régulière peuvent avoir des conséquences sur la stabilité sociale. Elle appelle ainsi les employeurs à prendre en considération les effets de l’inflation et de l’érosion du pouvoir d’achat sur les conditions de vie des populations. Selon elle, le dialogue social demeure un mécanisme indispensable pour prévenir les tensions et préserver l’équilibre au sein des entreprises.
Dans le même temps, l’institution dénonce certaines pratiques de corruption observées dans le monde du travail. Elle cite notamment les prélèvements illégaux sur les salaires, le monnayage des recrutements ou encore la falsification des registres de sécurité sociale, des actes qui portent atteinte aux droits des employés.


Face à ces constats, la Commission recommande au Ministère du Travail et de la Sécurité sociale du Cameroun ainsi qu’aux syndicats de travailleurs de renforcer le contrôle des contrats temporaires et du recours à l’externalisation de la main-d’œuvre. Elle encourage également la transformation progressive des emplois précaires en contrats à durée indéterminée.
Pour sa part, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, a évoqué une éventuelle revalorisation du SMIG dans un « délai raisonnable » afin d’améliorer les conditions de vie des travailleurs. Toutefois, aucune date précise n’a encore été annoncée pour la mise en application de cette mesure, alors que de nombreux salariés peinent à faire face à la hausse du coût de la vie.

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