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Climat des affaires : l’API s’attaque aux zones d’ombre du parcours de l’investisseur

Climat des affaires : l’API s’attaque aux zones d’ombre du parcours de l’investisseur

Créer une entreprise, obtenir les informations utiles, franchir les étapes administratives, produire puis accéder aux marchés : pour de nombreux opérateurs économiques, le parcours de l’investissement reste encore marqué par des interrogations et des obstacles. C’est à cette réalité que l’Agence de Promotion des Investissements (API) a consacré une conférence organisée vendredi 19 juin 2026, en marge du Salon Promote à Yaoundé.

Sous le thème « Parcours administratif de l’opérateur économique au Cameroun : analyse critique et pistes de réforme pour un meilleur climat des affaires », la rencontre a réuni administrations publiques, chefs d’entreprises, organisations professionnelles, partenaires au développement, chercheurs, universitaires et étudiants. L’objectif : comprendre les difficultés qui persistent et dégager des pistes pour rendre l’environnement économique plus favorable.

Pour Emmanuel Tamungang Ako, Directeur de la promotion des investissements à l’API, représentant le Directeur général de l’institution, l’un des principaux freins reste l’asymétrie d’information. Selon lui, plusieurs opérateurs économiques ne disposent pas toujours d’une connaissance suffisamment claire des étapes à suivre, des administrations compétentes ou des mécanismes d’accompagnement disponibles.

« L’investisseur doit pouvoir comprendre son parcours, depuis la naissance de son idée jusqu’à la commercialisation et l’exportation », a-t-il expliqué, rappelant la nécessité de rendre les procédures plus lisibles et mieux coordonnées.

Faire du parcours administratif un levier de compétitivité

Les échanges ont permis de mettre en lumière plusieurs défis : circulation de l’information, articulation entre les différentes structures, rapidité des procédures et efficacité des réformes engagées.

Pour l’API, l’amélioration du climat des affaires repose sur une approche collective. L’institution entend continuer à jouer son rôle d’interface entre le secteur public et le secteur privé afin d’identifier les blocages et de favoriser l’émergence de solutions adaptées aux réalités des entreprises.

Car au-delà des textes, c’est l’expérience concrète de l’opérateur économique qui permet de mesurer l’efficacité d’un environnement d’affaires.

Des réformes attendues dans leur application

Au cours des échanges, les participants ont insisté sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre des réformes afin qu’elles produisent des effets visibles sur le terrain.

Sandra Gouadjo, Directrice exécutive de la Chambre de commerce européenne au Cameroun (Eurocham), a relevé que le défi actuel est moins lié à l’annonce de nouvelles mesures qu’à leur application effective.

« L’investisseur ne demande pas un système parfait, il demande un système prévisible pour mieux s’organiser », a-t-elle indiqué, soulignant l’importance d’un dialogue public-privé orienté vers des résultats concrets.

Du côté du secteur privé, les attentes portent notamment sur une meilleure fluidité des démarches et une plus grande visibilité pour permettre aux entreprises de planifier leurs activités.

Une ambition : renforcer l’attractivité du Cameroun

À travers cette conférence, l’API a voulu ouvrir un espace de réflexion sur les moyens de transformer les contraintes actuelles en opportunités d’amélioration.

Le défi reste désormais de traduire les recommandations issues de ces échanges en actions concrètes, capables de simplifier le quotidien des investisseurs et de renforcer la position du Cameroun comme destination économique compétitive.

Denise Ebelle

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