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Drépanocytose : le combat silencieux d’Emmanuel Minkoe, entre douleur, abandon et espoir

Drépanocytose : le combat silencieux d’Emmanuel Minkoe, entre douleur, abandon et espoir

Debout à l’entrée d’African Genesic Health (AGH), au quartier Mimboman, Emmanuel Minkoe attend patiemment que l’espace aménagé à l’extérieur pour accueillir les malades soit un peu moins encombré. À quelques pas de l’entrée, ce jeune homme de 21 ans garde les yeux tournés vers le lieu où il espère être reçu. Il est venu chercher une nouvelle chance face à une maladie qui accompagne son quotidien : la drépanocytose.

Ce 15 juin 2026, la rédaction de 237 News rencontre Emmanuel lors d’une campagne de dépistage et de sensibilisation organisée par AGH dans le cadre des activités marquant la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose, célébrée chaque année le 19 juin.

Originaire de la région du Sud, Emmanuel vit avec cette maladie génétique depuis son enfance. Mais au-delà de la douleur physique, son parcours est aussi marqué par des difficultés sociales qui compliquent son accès aux soins.

« Je ne suis plus vraiment suivi à l’hôpital depuis au moins deux ans. Je ne fais plus régulièrement les examens de contrôle », confie-t-il.

Pour gérer ses crises, il bénéficie de l’aide d’un pharmacien qui connaît son protocole médical. « Il m’aide beaucoup. Il connaît bien le protocole et je vais souvent à sa pharmacie pour m’approvisionner gratuitement », raconte-t-il.

Après une longue période sans crise majeure — plus d’un an — Emmanuel a récemment été rattrapé par la maladie.

« La semaine dernière, j’ai eu une violente crise », explique-t-il.

C’est ce pharmacien qui l’a orienté vers AGH. « Il m’a demandé de venir ici parce qu’il y a plusieurs actions menées pour les personnes qui vivent avec cette maladie. J’attends d’être reçu », dit-il.

Derrière cette attente se cache une histoire plus complexe. Emmanuel n’a jamais connu son père. Il vivait avec sa mère et son frère aîné avant de perdre le contact avec sa mère.

« Elle est sortie de la maison et elle n’est plus jamais revenue. Je pense qu’elle a craqué face à la dureté de la vie. Les crises étaient fréquentes et elle avait aussi perdu son travail », témoigne-t-il.

Aujourd’hui, Emmanuel vit chez un ami avec son frère aîné âgé de 23 ans. Ce dernier multiplie les petits travaux sur les chantiers pour subvenir à leurs besoins.

« Mon frère se bat comme il peut pour nous nourrir. Les parents de mon ami nous aident aussi parfois, même s’ils n’ont pas beaucoup de moyens », explique-t-il.

La maladie a également interrompu son parcours scolaire. Emmanuel a dû arrêter ses études en classe de première D.

« J’ai arrêté parce qu’il n’y avait pas les moyens pour payer les frais de scolarité, les fournitures et même les déplacements », regrette-t-il.

Son histoire rappelle que la drépanocytose n’est pas seulement une question médicale. Elle révèle aussi les défis liés à l’accès aux soins, au soutien familial et à l’accompagnement social.

À l’entrée d’AGH, Emmanuel attend toujours. Mais derrière cette attente, il y a l’espoir d’un suivi meilleur et d’une vie où la maladie ne décidera pas seule de son avenir.

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