ELECAM : Une session stratégique pour renforcer la préparation des élections de 2026

La sixième session de plein droit du Conseil électoral, consacrée à l’évaluation des élections régionales du 30 novembre 2025, s’est tenue ce 8 décembre au siège d’Elections Cameroon (ELECAM). Cette rencontre a permis aux membres du Conseil de revenir en profondeur sur les défis rencontrés lors du scrutin et d’en extraire les enseignements en vue des élections législatives et municipales prévues en 2026. Cette introspection, qui balaie l’ensemble des activités conduites lors des dernières consultations, vise à identifier sans complaisance les faiblesses, tout en mettant en lumière les forces et les acquis sur lesquels ELECAM pourra s’appuyer pour mieux affronter les échéances électorales à venir. Le président du Conseil électoral a salué la mobilisation des différents acteurs du processus électoral : partis politiques, organisations de la société civile, autorités traditionnelles, médias, administrations publiques et partenaires stratégiques. « Je voudrais, au nom d’ELECAM, exprimer notre gratitude à tous les acteurs du processus électoral. Leur implication constructive témoigne de la vitalité de notre démocratie et illustre un engagement collectif en faveur de la transparence, de la paix et de la cohésion nationale. Bien que l’élection des conseillers régionaux se soit déroulée avec succès, notre quête d’amélioration et de crédibilité demeure constante », a-t-il déclaré. La session de ce lundi s’inscrit ainsi dans une dynamique de consolidation des acquis et de renforcement du cadre juridique et réglementaire mis en place par le législateur camerounais. L’évaluation en cours exige, selon les membres du Conseil électoral, une approche alliant objectivité, rigueur, transparence et professionnalisme. Dernière session de plein droit de l’année, cette rencontre offre au Conseil électoral l’occasion de poursuivre ses délibérations dans un esprit de convivialité, d’ouverture et de contribution constructive. L’objectif : parvenir à des résolutions fortes capables d’améliorer significativement les performances d’Elections Cameroon dans les prochains mois. En clôturant les travaux, le président du Conseil électoral a encouragé l’ensemble des membres à transformer les leçons tirées du scrutin régional en actions concrètes, afin d’aborder l’année électorale 2026 avec davantage de maîtrise, d’efficacité et d’ambition.

Action humanitaire inclusive : la Plateforme Inclusive ouvre une nouvelle phase du projet LNOB4

La Plateforme Inclusive Society for Persons with Disability, en partenariat avec Christian Blind Mission (CBM), a présenté le vendredi 05 décembre dernier, les orientations de la quatrième phase du projet Leave No One Behind (LNOB4). Cette étape vise à renforcer l’action humanitaire inclusive au Cameroun en plaçant la personne handicapée au centre de la réponse. Données fiables et renforcement des capacités Pour Boniface Mvondo, chef de projet LNOB4, cette phase repose d’abord sur une exigence : disposer de données précises sur les besoins réels des personnes handicapées dans les zones d’intervention. « Nous devons collecter des données fiables pour savoir exactement ce qu’il faut faire et mieux soutenir l’action humanitaire, » explique-t-il. En parallèle, la Plateforme poursuivra trois axes majeurs : – renforcer les capacités des organisations de personnes handicapées, – intensifier la sensibilisation, – mobiliser les acteurs humanitaires et les institutions étatiques autour de l’inclusion. Faire des personnes handicapées des acteurs du développement Boniface Mvondo a par ailleurs lancé un appel aux premiers concernés : « Nous sommes des acteurs de développement. Nous devons nous investir pour ne plus être perçus comme de simples bénéficiaires. » Aux décideurs politiques, il rappelle que le cadre légal existe : « Nous avons des lois. Elles doivent être mises en œuvre pour permettre l’épanouissement de la personne handicapée et bâtir une société inclusive. » Virginie Emmanuelle Tchotchom, directrice exécutive de la Plateforme Inclusive, a salué les avancées obtenues grâce à la collaboration avec Christian Blind Mission, représentée par son directeur pays. « Aujourd’hui, les leaders des organisations des personnes handicapées participent aux réunions de coordination humanitaire dans toutes nos zones cibles : le Centre, l’Est, l’Extrême-Nord et la Dawa, » souligne-t-elle. Elle rappelle toutefois que l’action humanitaire inclusive reste un domaine encore méconnu, même si d’importants progrès ont été réalisés : « Nous avons fait de grands pas. Beaucoup reste à faire, mais nous y sommes déjà. » Le projet LNOB4 entend intégrer pleinement la dimension handicap dans le dispositif humanitaire : accessibilité des services, communication adaptée, dispositifs de soutien, espaces sûrs, prise en compte des besoins spécifiques. Cette approche vise à améliorer durablement l’accès aux droits des personnes handicapées et à renforcer la qualité de la réponse humanitaire dans un contexte marqué par de multiples crises.

Djaili Amadou Amal, nouvelle Ambassadrice ONU Femmes : un symbole puissant pour les 16 jours d’activisme

Le siège d’ONU Femmes Cameroun a servi de cadre, ce 26 novembre 2025, à une cérémonie chargée d’émotion et de sens. Devant une foule impressionnante de journalistes, de volontaires et d’acteurs de la société civile, l’écrivaine Djaili Amadou Amal a été officiellement consacrée Ambassadrice ONU Femmes. Survivante de violences conjugales devenue auteure mondialement reconnue, Djaili Amadou Amal incarne désormais une voix incontournable dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Un choix salué par la Représentante pays d’ONU Femmes, Marie-Pierre Raky Chaupin, qui souligne « une légitimité rare, forgée dans l’expérience et l’engagement ». Très émue, la nouvelle Ambassadrice promet de poursuivre son combat : « Porter la voix des femmes est un honneur. Je continuerai à agir, à sensibiliser et à défendre celles qui n’ont pas encore la force de parler. » Moment fort de la rencontre : la signature d’un mémorandum d’entente entre ONU Femmes et son association Femmes du Sahel, pour renforcer les actions sur le terrain. Avec cette nomination, Djaili Amadou Amal devient bien plus qu’une icône littéraire : un moteur de mobilisation, capable d’inspirer et de rallier des milliers de femmes et d’hommes à la lutte contre les violences basées sur le genre.

Traçabilité du bois : SciLife et ses partenaires misent sur la transparence pour assainir la filière forestière

Le 26 novembre dernier, l’Association des Journalistes et Communicateurs Scientifiques, SciLife, a réuni chercheurs, spécialistes du secteur forestier et professionnels des médias autour d’un Café-Science organisé à Yaoundé. L’initiative, menée avec l’appui du World Resources Institute (WRI), s’inscrit dans le projet OTP-OI CAM, un programme dédié à la transparence dans la filière bois grâce à l’Open Timber Portal et à l’Observation Indépendante. Une plateforme numérique pour mieux contrôler l’origine du bois Au cœur des échanges, le Directeur du projet OTP-OI CAM, Serge Christian Moukouri, a présenté l’Open Timber Portal comme un instrument essentiel pour améliorer la circulation des données forestières au Cameroun. Cette plateforme en ligne regroupe des informations certifiant la légalité et la traçabilité du bois, permettant aux entreprises, aux acheteurs étrangers et aux administrations de consulter, en toute transparence, les documents relatifs à l’exploitation forestière. Selon lui : « L’OTP offre un point d’accès unique aux informations nécessaires pour vérifier si le bois mis sur le marché respecte les normes légales. Les données partagées par la société civile et les opérateurs y sont archivées et accessibles à tous. » La démarche du projet repose notamment sur l’analyse des rapports annuels du COMCAM pour la période 2019 à 2024, période où les informations sont suffisamment disponibles pour nourrir l’étude. Parcs à bois : un fonctionnement encore loin des exigences de conformité Le Café-Science a également permis à l’organisation FLAG (Field Legality Advisory Group) de dévoiler les réalités observées sur le terrain dans les parcs à bois, maillons stratégiques de la chaîne d’approvisionnement. Les constats sont préoccupants : contrats d’approvisionnement inexistants, empotage non autorisé, absence ou défaut de déclaration des sites, limites des parcs non matérialisées, sources d’approvisionnement non actualisées, ouverts sans autorisation officielle. Ces irrégularités ne se reflètent pourtant pas dans les statistiques officielles : les gestionnaires de parcs à bois représentent moins de 2 % des contentieux publiés par les services compétents du ministère des Forêts et de la Faune. FLAG note également une disparité dans les décisions administratives. Pour des situations semblables, certaines structures sanctionnent tandis que d’autres privilégient la sensibilisation, révélant un manque d’équité et un risque de subjectivité dans la mise en œuvre des contrôles. Autre faiblesse majeure : le suivi des bois en transit reste manuel, sans système permettant d’empêcher l’entrée de bois illégal dans les parcs de rupture. Cela fragilise tout le dispositif de traçabilité. Des communautés impliquées, mais encore en marge des actions de contrôle FLAG a expliqué que, même si elles n’ont pas été directement sollicitées pour cette action précise, les communautés locales demeurent des partenaires clés dans ses activités d’observation indépendante. Elles alertent souvent l’organisation sur des anomalies constatées dans leur environnement. Un exemple cité concerne une dénonciation provenant d’une communauté du Sud, qui a conduit à une mission d’investigation dans une forêt communautaire. La rencontre a également insisté sur la nécessité de renforcer l’implication des journalistes scientifiques. Leur rôle est déterminant pour vulgariser les données issues de l’observation indépendante et pour alerter les institutions concernées — MINFOF, MINFI, MINEPAT, MINJUSTICE — ainsi que les marchés internationaux, notamment européens et asiatiques. Parmi les pistes retenues : faciliter l’accès des journalistes aux données des observateurs indépendants ; produire davantage de contenus médiatiques (radio, télé, presse écrite, numérique) portant sur la légalité forestière ; hiérarchiser les priorités du projet OTP-OI CAM pour la période allant jusqu’à décembre 2025. Dans un contexte où le Cameroun cherche à concilier exploitation forestière, lutte contre la déforestation illégale et respect des engagements internationaux, l’Open Timber Portal et l’Observation Indépendante apparaissent comme des leviers incontournables. Le Café-Science organisé par SciLife a permis de mettre en lumière non seulement les faiblesses structurelles qui persistent dans la filière bois, mais aussi les solutions concrètes qui émergent grâce à l’accès accru aux données, à la mobilisation des communautés et à l’implication des médias. La transparence, désormais au centre des discussions, est appelée à devenir un véritable standard pour la gestion durable du patrimoine forestier camerounais.

Plus de 1 500 adolescentes unissent leurs voix pour tracer l’Agenda National des Droits des Filles

Le Palais Polyvalent des Sports de Yaoundé s’est transformé ce vendredi 28 novembre en une vaste agora citoyenne où plus de 1 500 filles et garçons âgés de 10 à 24 ans, venus des dix régions du Cameroun, ont pris la parole pour écrire une nouvelle page de l’histoire des droits des filles. Réunies à l’occasion du premier Forum National sur les Droits des Filles, ces jeunes ont porté haut leurs aspirations, leurs revendications et surtout leur ambition collective : faire adopter un Agenda National qui garantisse la pleine réalisation de leurs droits et leur participation aux décisions qui les concernent. Organisé sous le haut patronage du MINPROFF et de l’UNICEF en partenariat avec plusieurs autres agences onusiennes parmi lesquelles Onu Femmes, le Forum marque une étape décisive dans la dynamique lancée en avril 2025 avec le Mouvement des Filles. Ce mouvement, né pour promouvoir le leadership des adolescentes, a mobilisé durant l’été une Caravane nationale ayant consulté plus de 5 600 filles, y compris celles vivant en zones rurales, déplacées internes, réfugiées ou vivant avec un handicap. Toutes ont contribué à l’élaboration du Manifeste des filles du Cameroun, présenté officiellement ce 28 novembre devant les décideurs, institutions publiques, partenaires techniques et financiers, secteur privé, artistes engagés et médias. « Nos voix comptent, notre avenir nous appartient » : un message clair Les participantes ont dénoncé, avec maturité et détermination, les réalités qui entravent leur parcours : les mariages et grossesses précoces, les violences physiques, sexuelles et psychologiques, l’accès inégal à l’éducation, la faible représentation dans les espaces de décision, l’insuffisance des services de santé sexuelle et reproductive. Le Forum, pensé par les filles et pour les filles, a mêlé plaidoyer, débats, ateliers créatifs, performances artistiques et échanges intergénérationnels. Objectif : porter des solutions concrètes et co-construites pour bâtir un Cameroun où chaque fille peut s’épanouir et exercer pleinement son leadership. Des engagements attendus pour un changement durable L’un des moments phares de la cérémonie a été la présentation de l’Agenda National des Droits des Filles, un document stratégique aligné sur les cadres nationaux et internationaux, et conçu pour guider l’action publique dans les années à venir. « Les filles du Cameroun ne demandent pas la permission d’exister : elles réclament la place qui leur revient », a rappelé Nadine Perrault, Représentante de l’UNICEF, saluant l’engagement inédit de milliers de jeunes. Pour sa part, la Ministre Marie Thérèse Abena Ondoua a réaffirmé la volonté du gouvernement de traduire ces aspirations en actions concrètes : « Le leadership des filles est une réalité que nous devons consolider. Ce Forum en est une pierre angulaire. » Un point de départ En donnant la parole à plus de 1 500 jeunes, ce Forum marque le début d’une nouvelle ère pour la promotion des droits des filles. Une feuille de route nationale, enrichie par les solutions proposées par les adolescentes elles-mêmes, guidera désormais les actions prioritaires. Comme l’a exprimé Haoua, jeune participante venue de la région du Nord : « Nous ne voulons plus être des spectatrices. Nous voulons construire un Cameroun qui respecte nos droits et nous donne les moyens de réussir. » Le premier Forum National sur les Droits des Filles aura réussi son pari : rassembler, écouter et amplifier les voix des jeunes du Cameroun. Parce que leur avenir leur appartient, elles ont décidé de le façonner dès aujourd’hui. Et désormais, elles ne marcheront plus seules.

Industrie et Mines : Fuh Calistus promet 50 000 emplois en 2026 et rassure les députés

Devant les membres de la Commission des Finances, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Pr Fuh Calistus Gentry, a détaillé avec assurance, le 28 novembre dernier, les perspectives de son département pour 2026, annonçant jusqu’à 50 000 emplois nouveaux grâce à la montée en puissance des projets miniers et industriels. Une intervention maîtrisée, où le ministre, visiblement dans son élément, a cherché à convaincre que la transformation du secteur est bel et bien enclenchée. Bien que le budget du ministère ait légèrement reculé — passant de 13,154 milliards à 13,105 milliards de FCFA après le collectif budgétaire — Fuh Calistus a insisté sur la rigueur et l’efficacité de l’exécution. Les chiffres parlent : près de 66% d’investissements déjà réalisés et un fonctionnement exécuté à 99,85%. Une performance qui lui a permis d’aborder la suite avec confiance. Sûr de ses dossiers, le ministre a rappelé que cinq grands projets miniers sont déjà en exploitation, propulsant le Cameroun dans le cercle des pays où l’activité extractive n’est plus seulement potentielle, mais réelle. Fer, bauxite, or, marbre : les secteurs s’activent et structurent progressivement une nouvelle économie. Il a notamment cité : Le fer de Bipindi–Grand Zambi : 6 millions de tonnes/an, 5 000 emplois attendus. Sinosteel à Lobé : le plus important gisement de fer du pays, 46 milliards FCFA/an de recettes. La bauxite de Minim-Martap : 10 millions de tonnes/an et un vaste chantier d’infrastructures sociales. Le marbre de Bidzar : un levier pour résoudre la pénurie de ciment dans le Nord. L’or de Colomine : dont les revenus doivent être fortement réévalués après avenant. Tout au long de son exposé, Fuh Calistus a multiplié les chiffres, les estimations et les échéances, démontrant une maîtrise technique saluée par plusieurs députés. Le secteur aurifère demeure fragile, dominé par l’artisanat et exposé à l’informalité. Le ministre a reconnu une baisse des volumes officiellement collectés en 2025, mais a relativisé en soulignant la progression de la réserve nationale : de 37 kg il y a dix ans, à 1 368 kg aujourd’hui. Il mise sur l’entrée en production des mines industrielles de Mbarguéné et Bibemi pour inverser la tendance, en plus d’un dispositif de contrôle renforcé impliquant la SONAMINES, les Douanes et le Processus de Kimberley. D’un ton posé, mais assuré, le ministre a présenté l’année 2026 comme celle de la consolidation : avancée des projets de fer (Nkout, Ntem), montée en puissance des métaux stratégiques (nickel, cobalt, rutile, terres rares), relance de la filière aluminium avec ALUCAM et Minim-Martap, structuration accrue de l’exploitation semi-mécanisée de l’or, nouvelles zones industrielles à Édéa et Bertoua. L’accueil du CIMEC 2026, grand rendez-vous mondial du secteur minier, devrait par ailleurs propulser la visibilité du Cameroun. L’intervention du ministre a également mis en avant la montée en puissance de plusieurs filières : ciment, sidérurgie, carreaux en céramique, engrais, aluminium, technopole agro-industriel, avec des usines déjà opérationnelles ou en construction. Ces secteurs combinés participeront à la création des 50 000 emplois attendus l’an prochain, argument central du discours du ministre. Loin de se limiter à un exposé technique, Fuh Calistus a voulu rassurer : la restructuration du secteur minier et industriel suit une trajectoire claire, articulée autour de la transparence, de la transformation locale et du renforcement de l’emploi. « Le Cameroun produit désormais huit métaux et s’installe durablement comme acteur minier régional », a-t-il affirmé, sûr de lui. Pour les parlementaires, le message est clair : 2026 doit être l’année où les mines et l’industrie commencent réellement à transformer la vie des Camerounais.

À Yaoundé, les femmes élues locales affûtent leurs outils pour combattre les violences basées sur le genre

Durant deux jours, les femmes élues locales du Cameroun se sont réunies à Yaoundé pour un atelier de renforcement des capacités consacré à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Portée par ONU Femmes, cette formation a permis d’outiller les participantes, de consolider un réseau d’action et d’élaborer un plan stratégique destiné à guider leurs interventions dans les communes. Un atelier pour comprendre, analyser et agir La représentante résidente d’ONU Femmes, Marie Pierre Racky Chaupin, a salué en clôturant les travaux la posture collective adoptée tout au long de la rencontre. Selon elle, la force de cet atelier réside dans sa capacité à réunir des femmes dirigeantes autour d’un même objectif : « venir ensemble, parler ensemble, s’engager ensemble et coordonner nos efforts pour créer un véritable impact ». Elle a souligné que les échanges ont permis d’approfondir la compréhension des formes visibles et invisibles de violences : violences structurelles, culturelles, normes patriarcales et VBG. Elle a appelé les élues à maintenir le cap : « Vous êtes et vous devez rester des ambassadrices du changement dans vos communes ». Rappelant que « une femme sur trois dans le monde subit des violences au cours de sa vie », elle a insisté sur l’urgence de s’attaquer aux causes profondes et de bâtir des solutions locales pertinentes. Elle a aussi salué la diversité des profils présents, notamment la contribution d’une écrivaine venue partager son expérience, et réaffirmé l’engagement d’ONU Femmes et des autres agences du système onusien à accompagner les municipalités dans la mise en œuvre du plan d’action adopté. Pour la présidente du Réseau des Femmes Élues Locales du Cameroun (REFELACAM), Marie Angèle Meyanga Noah, cet atelier a été bien plus qu’une simple formation. C’est une mobilisation autour d’un enjeu national. Elle a rappelé que les violences faites aux femmes ne peuvent être perçues comme un simple fait de société : elles constituent « un appel à l’action, à la solidarité et au changement ». Elle a salué la force du réseau consolidé au fil des échanges et encouragé les participantes à porter cette dynamique sur le terrain. Elle a adressé ses remerciements aux femmes maires, aux organisations de la société civile, aux partenaires techniques et financiers, ainsi qu’à la jeune femme ayant courageusement partagé son histoire. Elle a invité les élues à se tenir unies pour soutenir les survivantes et amplifier les voix des femmes dans les instances locales de décision. Cap sur la mise en œuvre d’un plan d’action ambitieux L’un des acquis majeurs de la rencontre est l’élaboration d’un plan d’action concret. Celui-ci servira de guide pour développer des initiatives de prévention, renforcer la communication autour des VBG, améliorer la médiation et accompagner les victimes dans les communes. Les modules sur le plaidoyer, la médiation et la résolution des conflits ont par ailleurs permis de renforcer le leadership des participantes, désormais mieux armées pour impulser des initiatives locales. Cet atelier ouvre une nouvelle phase pour les femmes élues locales, qui entendent désormais traduire ces connaissances en actions tangibles dans leurs territoires. Avec l’appui d’ONU Femmes et des agences des Nations Unies, et le leadership affirmé du REFELACAM, les participantes repartent engagées à faire reculer les violences faites aux femmes et aux filles et à renforcer la protection des populations féminines dans leurs communautés.

Le Cameroun se lève contre les violences numériques dirigées vers les femmes et les filles

Le Cameroun a lancé, ce 25 novembre à Yaoundé, la 19ᵉ édition de la campagne mondiale « 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles ». Placée sous le thème : « Unis pour mettre fin à la violence numérique à l’égard de toutes les femmes et filles », cette mobilisation vise à alerter sur les abus en ligne et à promouvoir des mesures efficaces de prévention, de protection et de prise en charge des survivantes. Organisée par le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), l’édition 2025 s’est tenue en partenariat avec plusieurs institutions nationales et internationales, notamment AFIRI, l’UNFPA, ONU Femmes et l’UNICEF, tous engagés dans la lutte contre les violences basées sur le genre. La campagne relie symboliquement la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes (25 novembre) à la Journée internationale des droits de l’homme (10 décembre), rappelant l’urgence de protéger les droits fondamentaux des femmes et des filles. Les statistiques mondiales montrent que 16 % à 58 % des femmes sont victimes de violence numérique, tandis que 85 % ont subi ou observé du harcèlement en ligne. Au Cameroun, la violence numérique prend diverses formes : harcèlement, intimidation, traque en ligne, usurpation d’identité, diffusion non consentie d’images ou de vidéos. Les femmes particulièrement visibles — journalistes, militantes, entrepreneures, politiciennes — sont davantage ciblées, mais aucune n’est épargnée. Lors de la cérémonie, la Ministre Marie Thérèse ABENA ONDOA a salué l’engagement de tous les partenaires et rappelé les dispositifs juridiques existants : la Loi sur la cybersécurité et la cybercriminalité (2010), la Loi relative à la protection des enfants en ligne (2023), ainsi que le projet de loi spécifique contre les violences faites aux femmes et aux filles. Elle a insisté sur la nécessité de sensibiliser, renforcer les sanctions, et sécuriser l’espace numérique, afin que chaque femme puisse s’exprimer librement, en ligne comme dans la société. La table ronde d’ouverture a réuni experts du numérique, forces de sécurité, représentants du secteur éducatif et acteurs privés. Orange Cameroun, Camtel et l’ANTIC ont présenté leurs dispositifs de prévention et de dénonciation des abus, tandis que des initiatives comme le Réseau des survivantes anonymes et des plateformes de signalement et d’accompagnement en ligne ont été mises en avant pour renforcer l’appui aux victimes. Cette campagne structurée s’appuie sur six axes majeurs : placer les survivantes au centre ; garantir la sécurité numérique ; promouvoir l’inclusion ; renforcer le leadership des femmes et des jeunes ; valoriser le rôle des organisations de défense des droits humains ; agir sur les causes profondes des violences. La MINPROFF réaffirme que nul ne doit craindre d’exister ou de prendre la parole dans l’espace numérique. Le Cameroun appelle ainsi le gouvernement, les organisations de la société civile, les communautés, les hommes et les garçons à s’engager pour faire du numérique un espace sûr, accessible et libérateur pour toutes. Plusieurs associations de défense des droits humains ont également pris part à la cérémonie, témoignant de la mobilisation collective pour mettre fin à toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles.

Journée mondiale du SIDA 2025 : À Yaoundé, entre espoirs et alertes, les jeunes tirent la sonnette d’alarme

La Journée mondiale de lutte contre le SIDA s’ést célébrée , ce 1er décembre, dans une atmosphère à la fois grave et dynamique, marquée par une mobilisation visible de tous les acteurs engagés dans la riposte. Au premier rang, les représentants du gouvernement, des organisations internationales et des structures communautaires. Ils ont suivi avec attention les différentes prises de parole. Mais ce furent les jeunes qui attirèrent l’essentiel des regards, venus porter une voix devenue incontournable dans la lutte contre le VIH. “Nous avançons mais nous avançons blessés” : les jeunes posaient le diagnostic Lorsque la Vice-Présidente du RECAJ+ s’ést avancée au pupitre, un silence s’est installé. Elle a livré un constat lucide, sans complaisance. « Oui, des progrès ont été réalisés. Oui, la prise en charge s’est améliorée. Mais nous avançons avec des obstacles qui continuent de nous blesser », avait-elle lancé d’une voix posée mais déterminée. Autour d’elle, plusieurs adolescents vivant avec le VIH acquiesçaient. En marge de la cérémonie, certains racontaient les longues heures d’attente pour obtenir une charge virale, les retours répétés faute de matériel ou les protocoles qui changeaient trop souvent. La Vice-PCA a résumé ces difficultés dans un plaidoyer direct : – une intégration réelle des jeunes dans les décisions ; – un engagement massif de l’État ; – un renforcement urgent des organisations communautaires, “premier refuge et souvent dernier recours”. ONUSIDA : entre optimisme prudent et avertissement sévère Quelques minutes plus tard, le Représentant pays de l’ONUSIDA, Taoufik Bakkali, a pris la parole. Son intervention a mêlé réalisme et espoir. « Le Cameroun est en bonne voie pour atteindre les objectifs 95-95-95. La dynamique est solide, les efforts visibles », a t-il affirmé. Mais son ton s’ést vite fait plus grave. Il a évoqué la hausse des nouvelles infections chez les jeunes et les femmes — 3 220 cas enregistrés en 2024, selon l’OMS — et la crise internationale du financement, véritable coup de massue pour les pays africains. « Certains États ont perdu jusqu’à 90 % de leur financement VIH. Au Cameroun, plusieurs organisations communautaires ont tout simplement collapsé », a-il déploré. Sur les visages des activistes présents, l’inquiétude était palpable. Beaucoup savent combien le maintien des activités de prévention, de dépistage ou d’accompagnement psychosocial est devenu difficile. Dans les coulisses : tests rapides, files d’attente et espoirs tenaces À quelques mètres de la tribune, l’effervescence ne faiblissait pas. Des dizaines de jeunes et de moins jeunes faisaient la queue pour se faire dépister. D’autres discutaient avec des agents de santé, récupéraient des préservatifs ou s’informaient sur les traitements. Les équipes médicales notaient une mobilisation plus forte qu’en 2024, notamment grâce aux campagnes ciblées comme Vacances sans SIDA, qui avaient atteint plus de 4,8 millions de jeunes ces dernières années. Mais elles reconnaissaient aussi les limites : retards dans la remise des résultats, stocks irréguliers de tests, manque de personnel. Un message commun : consolider les acquis avant qu’il ne soit trop tard Toutes les interventions convergeaient celles du RECAJ+ et de l’ONUSIDA,de l’Oms, du ministère de.la santé convergeaient sur un point essentiel : la riposte camerounaise pouvait réussir, mais seulement si elle s’adaptait à un contexte totalement bouleversé. Taoufik Bakkali proposait une feuille de route claire : – assurer la durabilité financière de la riposte ; – renforcer l’intégration des programmes de santé ; – maintenir l’accès continu aux traitements ; – éviter un retour de l’épidémie malgré la baisse des financements. De son côté, le RECAJ+ appelait à une exigence simple mais fondamentale : écouter les jeunes, les intégrer, en faire des acteurs à part entière de la lutte. Lorsque les tentes s’étaient repliées et que les stands s’étaient vidés, une impression générale subsistait : le Cameroun avance, mais sur une ligne de crête. Entre progrès indéniables et fragilités structurelles, la riposte devait désormais se réinventer pour tenir la promesse de 2030 : un pays où le VIH ne serait plus une menace de santé publique. Et ce jour-là, ce furent les jeunes — par leur voix directe, leur présence et leur détermination — qui avaient rappelé que cette promesse ne pourrait être tenue sans eux.

16 jours d’activisme : ONU Femmes Cameroun renforce les capacités des journalistes contre les violences faites aux femmes

16 jours d’activisme : ONU Femmes Cameroun renforce les capacités des journalistes contre les violences faites aux femmes Dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes, ONU Femmes Cameroun a organisé, le 26 novembre 2025, une séance de formation à l’intention des professionnels des médias. L’initiative s’est tenue dans les locaux de l’institution onusienne et visait à outiller les journalistes, reconnus comme de véritables bâtisseurs de conscience et architectes du changement social. La rencontre a été ouverte par Gabriel Tchokomakwa, représentant la Représentante résidente de ONU Femmes Cameroun, après l’allocution de Prince Mpondo, Coordonnateur général du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN). Les travaux ont mis en lumière la persistance des violences basées sur le genre, un fléau social qui continue de freiner le développement de la société, malgré les nombreuses actions entreprises au fil des années. Les participants ont également été sensibilisés aux nouvelles formes de violences, notamment numériques et cybernétiques, amplifiées par les avancées technologiques. Pour Prince Mpondo, les médias ont une responsabilité majeure dans la lutte contre ces violences : « Les productions médiatiques percutantes ont déjà permis d’influencer l’agenda politique national et de briser le silence autour de certaines réalités sociales. Il est donc essentiel que les journalistes jouent pleinement et convenablement leur rôle. » Afin de permettre aux participants de mieux appréhender les contours de la problématique, Joséphine Medjom, chargée du programme de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles à ONU Femmes Cameroun, a axé sa présentation sur la compréhension du concept de genre, préalable indispensable à un traitement médiatique responsable et efficace de ces questions. Ahmadou Djaili Amal, nouvelle Ambassadrice de ONU Femmes Cameroun Moment fort de cette journée de formation : l’annonce de la nomination de l’écrivaine Ahmadou Djaili Amal comme Ambassadrice de ONU Femmes Cameroun. Ancienne victime de violences basées sur le genre et présidente-fondatrice de l’association Femmes du Sahel, la romancière incarne une voix engagée et crédible dans la défense des droits des femmes et des filles. Cette désignation vise à renforcer l’impact des actions de ONU Femmes Cameroun, en s’appuyant sur des personnalités influentes capables de sensibiliser l’opinion publique et de porter le plaidoyer au plus haut niveau. Organisée dans le cadre de l’activité baptisée « Les rendez-vous du REMAPSEN », cette séance de formation marque une étape importante dans la mobilisation des médias camerounais contre les violences faites aux femmes, en les plaçant au cœur de la stratégie de prévention, de sensibilisation et de changement des mentalités.