Destruction d’un marché solidaire à Nsam : violences, pertes économiques et crise de gouvernance locale

Destruction d’un marché solidaire à Nsam : violences, pertes économiques et crise de gouvernance locale Aux premières heures du mercredi 17 décembre 2025, les installations de la foire organisée par l’Association des Bayam Sallam du Cameroun, au quartier Nsam dans l’arrondissement de Yaoundé III, ont été détruites par la police municipale. Cette opération musclée a plongé des centaines de commerçantes dans la détresse et ravivé de profondes interrogations sur la gestion des marchés publics et la protection des acteurs de l’économie populaire. Deux témoignages majeurs, celui de la présidente de l’association et celui d’une commerçante, révèlent l’ampleur des dégâts humains, économiques et sociaux. Marie Mbala Biloa : « En une nuit, ils ont détruit un projet construit pendant sept ans » Présidente de l’Association des Bayam Sallam du Cameroun, Marie Mbala Biloa revient sur un projet initié depuis 2018, visant la construction d’un marché écologique moderne avec crèche, entrepôts et système de tri des déchets, grâce à l’appui de la Banque Africaine de Développement (BAD) et de plusieurs ministères sectoriels. Dans l’attente du démarrage officiel du marché prévu en 2026, l’association organisait chaque année une foire solidaire, destinée à permettre aux populations vulnérables d’accéder à des produits de première nécessité à moindre coût. La 12ᵉ édition, qualifiée d’exceptionnelle, avait mobilisé des productrices venues des dix régions du Cameroun, avec l’accompagnement du système des Nations Unies. Mais dans la nuit du 16 au 17 décembre 2025, le site a été entièrement détruit. Selon Marie Mbala Biloa, l’intervention s’est déroulée en présence d’autorités municipales et des forces de sécurité. La présidente affirme avoir été violemment brutalisée, malgré un état de santé déjà fragile. Elle souffre aujourd’hui d’un bras et d’un pied fracturés, témoignant de l’ampleur des violences subies lors de l’opération. Traînée au sol, dénudée en public selon son récit, elle dit avoir été humiliée et blessée sous les yeux des commerçantes. Son fils, venu à son secours, a été interpellé et placé en détention, accusé d’avoir porté atteinte à un agent des forces de l’ordre. Elle dénonce également la destruction d’infrastructures construites à crédit, pour un montant estimé à plusieurs dizaines de millions de francs CFA, et l’interruption brutale d’une foire qui devait s’achever le 20 décembre, avec une cérémonie de distinction prévue pour les participantes. Christine Nicole, Bayam Sallam : « On nous enlève le droit de travailler et de nourrir nos enfants » Commerçante et mère de sept enfants, Christine Nicole décrit les conséquences immédiates de cette opération sur les petites vendeuses. Elle affirme avoir perdu l’ensemble de ses marchandises ( manioc, noix de palme, produits vivriers) représentant plusieurs dizaines de milliers de francs CFA, soit l’unique source de revenus de sa famille. Selon elle, de nombreuses Bayam avaient été précédemment déguerpies du marché public, avec des coûts de comptoirs et de taxes jugés inaccessibles pour des femmes en situation de précarité. Faute de moyens, elles se seraient installées sur le site de la foire, avec l’accord de l’association et sur la base de documents légaux, notamment un bail authentique datant de 2018. Christine Nicole s’interroge ouvertement : Un marché public peut-il devenir la propriété d’un individu ? Peut-on contraindre des citoyens à vendre exclusivement dans un site déterminé ? Elle dénonce des violences, des arrestations arbitraires et la détention de plusieurs personnes pour des motifs liés au non-paiement de taxes, malgré la présence de plus de cent commerçantes sur le site au moment des faits. Au-delà de la destruction matérielle, cet événement met en lumière un malaise profond : celui de la précarité des femmes de l’économie informelle, du dialogue rompu entre autorités locales et initiatives communautaires, et de la vulnérabilité des projets sociaux pourtant soutenus par des partenaires institutionnels. Pendant ce temps, des centaines de femmes venues de toutes les régions du pays se retrouvent sans marchandises, sans ressources et sans perspectives immédiates, alors que leur principale responsable est hospitalisée avec des fractures au bras et au pied, symbole d’une violence qui dépasse le simple cadre administratif. Denise Ebelle

Education, solidarité et espoir : Nkolossananga offre un Noël inoubliable à ses enfants et à ses veuves

Education, solidarité et espoir : Nkolossananga offre un Noël inoubliable à ses enfants et à ses veuves À environ quatre kilomètres du centre-ville de Monatélé, le village Nkolossananga a accueilli la 11ᵉ édition de la cérémonie de l’Arbre de Noël des écoles publiques maternelle et primaire, associée à la remise des prix aux meilleurs élèves du primaire. Cette célébration, devenue un rendez-vous annuel incontournable, s’est tenue dans une atmosphère chaleureuse, marquée par la joie, le partage et une forte mobilisation communautaire. Pensée comme un levier de promotion de l’éducation et de renforcement de la cohésion sociale, cette initiative revêt une portée particulière pour les enfants vivant en milieu rural. Dans un contexte où les opportunités de célébration et de loisirs sont souvent limitées, l’Arbre de Noël permet à ces élèves de vivre pleinement la magie des fêtes, au même titre que les enfants des zones urbaines. Ce moment festif contribue à leur épanouissement, renforce leur estime de soi et constitue une source de motivation supplémentaire pour leur parcours scolaire. La cérémonie a réuni de nombreuses personnalités et forces vives du village, notamment Monsieur le Maire, fils de Nkolossananga, plusieurs anciens élèves dont Madame Blandine Lema Ngono, Monsieur le Maire de la commune de Monatélé, Sa Majesté Mbassi Bessala Prosper, ainsi que la marraine de l’événement, Madame Laure Atangana, dont l’engagement constant en faveur de l’éducation et du développement communautaire a été salué. L’un des temps forts de cette 11ᵉ édition a été la remise des prix aux meilleurs élèves du primaire. En valorisant le mérite, la discipline et la persévérance, cette reconnaissance encourage une saine émulation et incite les apprenants à cultiver l’excellence scolaire. Pour les tout-petits de la maternelle, la cérémonie a été ponctuée par la distribution de cadeaux, offrant des instants de bonheur, essentiels à leur développement émotionnel et social. Au-delà de la dimension éducative, l’événement a également mis l’accent sur la solidarité sociale. Du matériel agricole ainsi qu’un moulin à écraser ont été remis aux veuves du village de Nkolossananga afin de soutenir leurs activités génératrices de revenus. Cette action vise à renforcer leur autonomie économique, à réduire la pénibilité de leurs tâches quotidiennes et à améliorer durablement les conditions de vie de leurs ménages, tout en favorisant leur inclusion et leur dignité au sein de la communauté. Très touchées par ce geste, les femmes bénéficiaires ont exprimé leur reconnaissance à travers des dons symboliques, notamment du plantain, du bâton de manioc et d’autres produits du terroir. Ces présents traduisent l’esprit de gratitude, de solidarité et de vivre-ensemble qui anime la communauté de Nkolossananga. À travers cette 11ᵉ édition de l’Arbre de Noël, Nkolossananga réaffirme son engagement en faveur de l’éducation des enfants, de la valorisation de l’excellence scolaire et du soutien aux couches sociales les plus vulnérables, démontrant que la solidarité communautaire demeure un pilier essentiel du développement local durable.

Personnes aveugles et emploi : l’urgence d’un passage à l’acte au Cameroun

  Personnes aveugles et emploi : l’urgence d’un passage à l’acte au Cameroun Le 16 décembre 2025, le Cercle des Jeunes Aveugles Réunis du Cameroun (CJARC) a rendu public un plaidoyer stratégique en faveur du recrutement des personnes handicapées visuelles (PHV). Plus qu’une revendication sectorielle, cette initiative met en lumière une contradiction persistante : un pays doté de textes protecteurs, mais encore incapable de transformer ces engagements en opportunités économiques réelles. À travers cette sortie, le CJARC appelle à repenser l’inclusion non comme un acte de solidarité, mais comme une exigence de développement et de performance nationale. Des compétences formées, mais écartées du marché du travail Le Cameroun dispose d’un cadre juridique avancé en matière de protection des droits des personnes handicapées. La ratification des instruments internationaux et l’adoption de textes nationaux sur l’emploi protégé traduisent une volonté politique affirmée. Toutefois, sur le terrain, les diplômés aveugles et malvoyants demeurent largement absents des administrations et des entreprises. Selon l’analyse du CJARC, cette situation s’explique en grande partie par des perceptions erronées. De nombreux employeurs associent encore handicap visuel et faible rendement, tout en surestimant les coûts liés à l’aménagement des postes. Ce décalage entraîne une perte de compétences pourtant qualifiées et immédiatement mobilisables. Le plaidoyer adressé aux institutions publiques et au secteur privé propose une approche pragmatique du recrutement inclusif. Employer une personne aveugle aujourd’hui implique l’intégration d’outils numériques adaptés, favorisant la dématérialisation et l’optimisation des procédures de travail. Dans cette dynamique, l’accessibilité ne bénéficie pas uniquement aux PHV. Elle accélère la transformation digitale des administrations et améliore les conditions de travail pour l’ensemble du personnel. L’inclusion devient ainsi un facteur d’innovation et d’efficacité organisationnelle.   La canne blanche, symbole d’une citoyenneté incomplète Le CJARC a élargi la réflexion en reliant la question de l’emploi à celle de la mobilité et de l’inclusion sociale. La reconnaissance de la canne blanche comme symbole de droit et de sécurité révèle une réalité essentielle : la performance professionnelle est indissociable de la capacité à se déplacer librement et dignement dans l’espace public. L’inaccessibilité des infrastructures urbaines, la stigmatisation sociale et l’insécurité quotidienne constituent des obstacles majeurs à l’insertion professionnelle. À travers le message « Un code pour tous », le CJARC rappelle que l’inclusion économique ne peut être dissociée d’une politique urbaine réellement inclusive. De l’intention politique aux obligations concrètes Pour éviter que ce plaidoyer ne reste sans effets, le CJARC plaide pour des actions structurantes. Parmi elles figurent l’instauration d’incitations fiscales en faveur des entreprises aménageant des postes accessibles, ainsi que la mise en place de quotas effectifs dans les recrutements de la Fonction publique, accompagnés de mécanismes de suivi et de sanctions. Ces mesures visent à faire évoluer l’inclusion d’un principe déclaratif vers une obligation mesurable et vérifiable. Le plaidoyer du CJARC ne cherche pas à susciter la compassion, mais à provoquer un changement de regard. En plaçant la compétence au centre du débat, il rappelle que l’exclusion des personnes handicapées visuelles constitue un frein silencieux au développement du Cameroun. À l’horizon 2026, l’enjeu est clair : une nation ne progresse pleinement que lorsqu’elle choisit d’intégrer tous ses talents, sans exception.

Validation d’une étude clé sur les violences faites aux femmes et aux filles au Cameroun : Un atelier à Ebolowa pour affiner les résultats

  Validation d’une étude clé sur les violences faites aux femmes et aux filles au Cameroun : Un atelier à Ebolowa pour affiner les résultats   Du 16 au 19 décembre 2025, un atelier national de validation du rapport de l’étude qualitative sur les violences faites aux femmes et aux filles (VFF) au Cameroun se tient à Ebolowa, dans la région du Sud. Cet événement réunit une trentaine de participants issus d’institutions publiques, d’universités et d’organisations de la société civile. L’objectif principal de l’atelier est de renforcer la compréhension des différentes formes de violences subies par les femmes et les filles, et de promouvoir une réponse plus efficace à ce phénomène à l’échelle nationale.   Une problématique nationale d’envergure Les violences faites aux femmes et aux filles au Cameroun sont un enjeu majeur, avec des statistiques alarmantes sur les violences domestiques. Les crises sécuritaires dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord, ainsi que l’afflux de réfugiés, exacerbent les risques et vulnérabilités des femmes et des filles. Ces dernières sont fréquemment exposées à des violences sexuelles, à l’exploitation et à la traite. Malgré des avancées significatives, telles que la Politique nationale genre (2022-2030) et la Stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre (2022-2026), le manque de données récentes constitue un frein. Les dernières statistiques officielles remontent à 2018, ce qui rend difficile une évaluation précise de la situation.   Une étude qualitative inédite à l’échelle nationale Pour combler ce déficit d’informations, ONU Femmes a soutenu le gouvernement camerounais dans la réalisation d’une étude qualitative nationale sur les violences faites aux femmes et aux filles. Menée par le cabinet Research Action Consulting (Re-Act), cette étude s’est déroulée du 10 au 25 novembre 2025 dans toutes les régions du pays. Intitulée « Autopsie socio-anthropologique des violences faites aux femmes et aux filles au Cameroun », l’étude offre une analyse approfondie des différentes formes de violences, du profil des victimes et des auteurs, tout en évaluant la qualité des services d’accompagnement. C’est la première fois qu’une étude aussi complète est menée à l’échelle du pays.     Un atelier pour valider et enrichir le rapport L’atelier d’Ebolowa vise à examiner et valider les résultats préliminaires de l’étude avant leur publication officielle. Les participants, issus de divers secteurs (ministères, forces de sécurité, société civile, universités et agences des Nations Unies), sont invités à apprécier la validité des résultats, à discuter des méthodologies employées et à proposer des améliorations. Cet exercice de validation est essentiel pour garantir que les conclusions de l’étude soient solides, cohérentes et pertinentes, et qu’elles servent de base pour des actions concrètes en matière de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.   Une « pandémie mondiale », selon l’ONU Lors de la cérémonie d’ouverture, Raky Chaupin, Représentante résidente d’ONU Femmes au Cameroun, a souligné que les violences faites aux femmes et aux filles représentent une « pandémie mondiale », citant les propos du Secrétaire général des Nations Unies. « Aucune société n’est épargnée. Les victimes n’ont souvent pas le courage de dénoncer par peur de représailles. Cette étude permettra d’améliorer les services d’accompagnement et de mieux comprendre les mécanismes de ces violences », a-t-elle précisé. Les travaux ont été ouverts par Matip Matip Alain, représentant du MINPROFF, qui a réaffirmé l’engagement du gouvernement camerounais dans la lutte contre les violences basées sur le genre et dans l’élaboration de politiques publiques fondées sur des données fiables. Cet atelier est un moment clé pour affiner les politiques publiques en matière de violences faites aux femmes et aux filles, avec un impact à la fois local et national.

Lutte contre le VIH au Cameroun : plaidoyer, pharmacovigilance et réponses communautaires au cœur du débat

À l’occasion d’un échange stratégique tenu en marge de la Journée mondiale de lutte contre le sida, représentants gouvernementaux, experts onusiens et organisations communautaires ont mis en lumière les avancées, les défis et les priorités urgentes pour garantir un accès continu et sécurisé aux traitements antirétroviraux (ARV) au Cameroun. L’accent a été particulièrement mis sur la pharmacovigilance, les intolérances médicamenteuses, les ruptures de stock, ainsi que les besoins spécifiques de certaines populations, notamment les jeunes et les personnes souffrant de maladies chroniques.   «Nous devons travailler ensemble pour finaliser le plaidoyer » — Taoufik Bakkali, ONUSIDA   Le représentant pays de l’ONUSIDA, Taoufik Bakkali, a salué la qualité des échanges et insisté sur la nécessité d’un plaidoyer structuré et collectif.   « C’est ensemble que nous trouverons des solutions. Certaines problématiques mériteraient à elles seules une demi-journée de débat. D’où l’importance de documenter, de dialoguer et de construire un dossier de plaidoyer solide. »   Il a rappelé que le plaidoyer ne doit pas uniquement cibler le ministère de la Santé, mais aussi les partenaires internationaux, dont certains exercent parfois une pression au niveau des stratégies thérapeutiques. Il a insisté sur l’importance de la communication proactive pour informer les populations, lutter contre la désinformation et renforcer les partenariats communautaires :   « Il ne s’agit pas seulement de réagir aux fake news, mais de préparer les communautés, d’adapter l’information selon les besoins et d’impliquer les médias et les organisations communautaires. »   Le SP/CNLS rappelle les priorités nationales : efficacité des ARV, pharmacovigilance et élimination du sida à l’horizon 2030   Le Secrétaire permanent du Comité national de lutte contre le sida (CNLS) a réaffirmé l’engagement du Cameroun :   « Éliminer le sida comme problème de santé publique d’ici 2030, c’est viser zéro décès, zéro nouvelle infection et zéro discrimination. »   Il a rappelé que le pays progresse vers l’atteinte des « trois 95 » d’ici fin 2025, et que la pharmacovigilance fait partie des 10 interventions prioritaires définies par le ministre de la Santé, Dr Manaouda Malachie.   *Tolérances et intolérances rapportées par les communautés*   Les données issues du monitoring communautaire montrent :   certaines prises de poids excessives,   des cas d’hypertension artérielle,   des insomnies,   et d’autres plaintes isolées.   « Nous ne pouvons pas démontrer la causalité à ce stade, mais toute plainte doit être prise en compte. Le contrôle du poids et de la tension artérielle doit être systématique. »   Il précise :   « S’il y a une intolérance, nous pouvons basculer vers un autre protocole. Ce qui compte, c’est la continuité du traitement et l’efficacité des ARV disponibles. »   Maintien de l’offre malgré la baisse des financements externes   Le SP note que malgré une baisse des financements américains et du Fonds mondial :   aucune rupture critique n’a affecté la disponibilité des ARV,   un plan de mitigation a permis d’éviter toute interruption,   le pays a mis en place depuis 2025 la prise en charge de la maladie avancée, incluant les tests CD4.   Le Cameroun affiche aujourd’hui 93 % de suppression virale, un indicateur majeur de succès.   « Si nous atteignons 95 %, nous franchirons un cap décisif. La suppression virale montre que les médicaments fonctionnent. »   Il plaide aussi pour la lutte contre la stigmatisation, encore responsable de retards dans le dépistage et le suivi.   Les organisations communautaires alertent : intolérances au Dolutégravir et besoin urgent de Telétravir 400 oui   Makoutcha Odile, présidente de la Task Force des organisations communautaires du Centre, a lancé un plaidoyer appuyé pour le retour du Telétravir 400.   « Le Dolutégravir provoque chez certains bénéficiaires des insuffisances rénales, de l’hypertension, et des complications chez les personnes âgées souffrant de maladies non transmissibles. »   Elle souligne une situation critique survenue après la rupture du DTG 50 mg, laissant des patients fragiles sans alternative appropriée.   « Le système communautaire est prêt à accompagner l’État, mais nous avons besoin que les commandes soient accélérées. Les bénéficiaires doivent poursuivre leur traitement sans interruption. »   Elle rappelle enfin que la santé publique repose d’abord sur la ressource humaine, qu’il faut soutenir et écouter.   Jeunes vivant avec le VIH : l’émergence inquiétante de « résistances silencieuses » au TLD   Un représentant des jeunes PVVIH a soulevé un phénomène préoccupant : des résistances silencieuses au TLD, non détectables par des symptômes visibles.   « Avec les anciens protocoles, on voyait des signes : boutons, perte de poids… Mais avec TLD, la charge virale revient détectable alors même que le jeune affirme prendre correctement son traitement. »   Cette situation crée :   de la stigmatisation injuste,   des doutes sur l’adhérence,   un suivi virologique trop espacé (6 à 12 mois), insuffisant pour détecter rapidement un échec thérapeutique.   Les jeunes demandent :   un renforcement de la fréquence des charges virales,   un meilleur suivi des échecs non volontaires,   une communication plus claire sur la gestion des résistances.   une plateforme de dialogue saluée par tous   Les échanges entre bénéficiaires, décideurs, partenaires et experts ont permis :   d’identifier les défis persistants,   de valoriser l’efficacité des traitements,   d’améliorer la compréhension des mécanismes de pharmacovigilance,   et de renforcer la collaboration pour éviter toute interruption thérapeutique.   Ce dialogue continu, encouragé par le ministère de la Santé et soutenu par l’ONUSIDA, constitue un levier essentiel pour atteindre l’élimination du sida au Cameroun.en word

Médias: le CNC sévit et rappelle les règles du jeu

Le 10 decembre dernier, le Conseil National de la Communication (CNC) a durci le ton à l’issue de sa 48ᵉ session ordinaire tenue ce mercredi. L’organe de régulation des médias a examiné vingt-et-un dossiers impliquant des organes de presse écrite et audiovisuelle et rendu une série de décisions marquées par des suspensions, des avertissements et des reports de procédure, traduisant sa volonté de renforcer la discipline dans le paysage médiatique camerounais.   Le premier dossier opposait NGO’O Cyrus, Directeur général du Port Autonome de Douala, au journal Première Heure, accusé d’avoir publié des informations insuffisamment étayées le présentant comme un « prédateur foncier ». Le CNC a conclu à un manquement aux règles professionnelles d’investigation et de recoupement de l’information. Il a, à cet effet, adressé un avertissement au directeur de publication et suspendu pour une durée de deux mois le journaliste Serge Ateba.   Même fermeté dans l’affaire opposant l’Honorable Manfouo David au journal Climat Social, poursuivi pour des accusations de fraude foncière portées à la Une. Le refus du directeur de publication de répondre aux convocations du Conseil a été assimilé à une entrave à la mission de régulation. Le CNC a ainsi décidé de le suspendre pour deux mois de ses fonctions et de l’exercice de la profession de journaliste.   Le Ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, était également plaignant dans plusieurs dossiers. Le Conseil a sanctionné le journal L’Indépendant Économie pour diffusion d’allégations jugées non fondées, en adressant un avertissement à son directeur de publication et en suspendant pour un mois le journaliste Arsène Ndzana. L’examen des affaires visant Le Reporter Hebdo et L’Émissaire a été reporté, la première pour raisons médicales du mis en cause, la seconde en raison de l’impossibilité de localiser le siège du média. Sur le plan audiovisuel, la chaîne Vision 4 a été rappelée à l’ordre après la diffusion, sans autorisation, d’un échange téléphonique impliquant le président de la Fédération camerounaise de judo. Le CNC a estimé qu’il s’agissait d’une atteinte à l’éthique et à la vie privée et a adressé un avertissement à la journaliste Annette Keysha Tsoyi à Ikono. À l’inverse, la procédure engagée contre le journaliste Serge Alain Otou d’Equinoxe TV a été classée sans suite. Le Conseil a jugé que le débat diffusé à l’antenne avait été suffisamment encadré et que le caractère incontestable des décisions du Conseil constitutionnel avait été clairement rappelé. Enfin, treize chaînes de télévision et de radio, parmi lesquelles la CRTV, Canal 2 International, Equinoxe TV, Vision 4, STV, LTM et My Media Prime, ont été interpellées pour non-respect des mesures d’encadrement en période électorale lors de la campagne des élections régionales du 30 novembre 2025. Sans prononcer de sanctions immédiates, le CNC leur a adressé un avertissement ferme et les a appelées au strict respect des règles, sous peine de mesures disciplinaires plus sévères à l’avenir. À travers ces décisions, le Conseil National de la Communication réaffirme son rôle de garant de l’éthique, de la responsabilité et du respect des lois dans l’exercice de la liberté de la presse.

Lutte contre les violences faites aux femmes : ONU Femmes dresse le bilan des 16 jours d’activisme à Yaoundé

Lutte contre les violences faites aux femmes : ONU Femmes dresse le bilan des 16 jours d’activisme à Yaoundé ONU Femmes a procédé, le 12 décembre à son siège à Yaoundé, à la clôture officielle des activités de la campagne mondiale des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, à l’occasion d’un atelier de renforcement des capacités des acteurs sur la littératie numérique. Cette rencontre a servi à la fois de cadre d’évaluation des actions menées depuis le lancement de la campagne, le 25 novembre, et d’espace de formation à l’intention des acteurs communautaires, des médias et des juristes engagés dans la prévention et la lutte contre les violences basées sur le genre. S’exprimant à cette occasion, Marie-Pierre Racky Chaupin, Représentante pays d’ONU Femmes au Cameroun, a indiqué que cette activité visait à faire un bilan global de la campagne tout en renforçant les capacités des acteurs clés. Selon elle, l’initiative a permis d’évaluer les actions de communication et de sensibilisation menées sur le terrain, l’état actuel des violences faites aux femmes et aux filles, ainsi que le niveau d’engagement des communautés, des jeunes et des médias. Elle a salué la mobilisation collective observée durant ces 16 jours d’activisme, soulignant que les efforts conjoints ont contribué à faire comprendre que les violences faites aux femmes et aux filles constituent une violation grave des droits humains. L’édition 2025 a mis un accent particulier sur les violences en ligne, dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies, qui exposent davantage les femmes et les filles à des formes inédites de vulnérabilité. Tout en se félicitant des résultats obtenus, la Représentante pays d’ONU Femmes a reconnu l’existence de certaines insuffisances, notamment en matière de financement. Elle a relevé que les ressources disponibles restent insuffisantes pour assurer une prévention efficace et une prise en charge adéquate des survivantes. « Sans financements suffisants, il est difficile de déployer des services adaptés, de créer des espaces sûrs et d’accompagner durablement les victimes », a-t-elle expliqué, tout en exprimant l’espoir d’un engagement accru des partenaires techniques et financiers, des États et du système des Nations Unies. La rencontre a également été marquée par une communication juridique de Yvonne Léopoldine Akoa, présidente de l’Association Camerounaise des Femmes Juristes (ACAFEJ). Elle a présenté les différentes sanctions prévues par la législation camerounaise en matière de violences en ligne, notamment les sanctions pénales et administratives, ainsi que les peines accessoires telles que l’interdiction d’exercer certaines activités liées au cyberespace, la fermeture temporaire d’entreprises ou la publication des décisions de justice. Elle a par ailleurs rappelé que les victimes disposent de plusieurs voies de recours, allant de l’action pénale à l’action civile, en passant par des solutions amiables lorsque cela est possible. Toutefois, a-t-elle souligné, la suppression totale des contenus malveillants sur Internet demeure complexe, même avec l’intervention de spécialistes du nettoyage du web. Au terme des travaux, les participants ont salué la pertinence de cette formation, qui a favorisé une interaction directe entre acteurs de terrain et experts juridiques, tout en leur fournissant des outils concrets pour mieux orienter et accompagner les victimes de violences basées sur le genre.

Conseil régional du Sud : l’urgence d’un nouveau cap pour relancer le développement local

Après cinq années marquées par des contre-performances notoires et de graves manquements en matière de gouvernance, le Conseil régional du Sud (CRS) se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. À la veille de la mise en place d’un nouvel exécutif, les attentes sont immenses : les nouveaux élus sont appelés à impulser une dynamique de rupture, en confiant les rênes de cette institution stratégique à un leader visionnaire, rigoureux et fin stratège, capable de replacer le CRS au cœur du développement local tel que prescrit par le Code de la décentralisation.   Une mandature en décalage avec les missions du CRS Durant la mandature écoulée, le Conseil régional du Sud a été dirigé par une gouvernance largement décriée, marquée par une gestion solitaire et une orientation davantage centrée sur des convictions personnelles que sur les missions fondamentales de la collectivité. Cette posture a progressivement éloigné l’institution des directives légales qui font du conseil régional un pilier du développement territorial. À plusieurs reprises, observateurs, élus locaux et fils de la région ont alerté l’opinion publique sur la léthargie administrative dans laquelle le CRS s’est enlisé. Le manque d’ingéniosité dans la maturation des projets, les difficultés d’exécution des marchés publics et l’absence de livraisons effectives pour nombre d’entre eux ont fini par cristalliser le malaise, renforcé par un déficit de concertation et de gouvernance participative.   Des ressources retournées au Trésor et des projets sans impact Selon des investigations menées auprès de sources internes au CRS, plus de six milliards de FCFA initialement destinés au développement régional auraient été retournés au Trésor public, faute de consommation effective ou de réalisation d’actions concrètes. Ces ressources étaient pourtant censées contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations, conformément aux orientations de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30). Ces dysfonctionnements sont corroborés par le rapport 2023 de l’Agence de régulation des marchés publics (ARMP), qui attribue au Conseil régional du Sud un taux de 0 % de marchés réceptionnés par rapport aux marchés démarrés et non clôturés par des réalisations effectives. Dans le même registre, un audit commandité par le ministère des Finances indique que le CRS aurait fonctionné sans budget effectif depuis sa mise en place, naviguant de 2020 à 2025 sans impact tangible sur le développement régional.   Marchés publics : des pratiques controversées La gestion des marchés publics demeure l’un des aspects les plus controversés de cette mandature. En 2022, un scandale relatif à l’achat de « rideaux à 60 millions de FCFA » pour des bureaux du Conseil régional avait suscité une vive indignation. Ce marché, attribué de gré à gré, semblait en contradiction avec les exigences du Code des marchés publics, tant dans la procédure que dans le descriptif publié au journal des marchés. Les accusations de corruption, de favoritisme et de mauvaise gouvernance, relayées par la presse et dénoncées par les populations ainsi que certains élus du Sud, ont contribué à ternir durablement l’image de l’institution régionale.   Une gouvernance sous le feu des critiques Directement mis en cause, le président sortant du Conseil régional du Sud, Emmanuel Mve Elemva, a été interpellé à plusieurs reprises par le gouverneur de la région du Sud, à la suite de saisines du MINDDEVEL. Parmi les griefs évoqués figurent les arriérés de salaires du personnel dit « d’astreinte » sans contrat de travail, la forclusion de près de deux milliards de FCFA destinés aux projets régionaux, ainsi qu’un décalage manifeste entre les priorités annoncées et les actions effectivement menées. Cette situation est d’autant plus préoccupante que les Plans communaux de développement (PCD) et le Plan régional de développement (PRD) sont censés s’inscrire dans une logique de cohérence stratégique, de transparence et d’équité. Or, la gouvernance jugée rigide et solitaire du président sortant a souvent été dénoncée par des membres du CRS, au regard de sa faible ouverture au dialogue collégial.   Pour un renouveau à la tête du CRS À l’orée de l’élection d’un nouvel exécutif régional, l’enjeu est clair : éviter une reproduction des erreurs du passé. Les nouveaux conseillers régionaux sont appelés à porter leur choix sur un homme d’expérience, doté d’un projet concret et réaliste pour faire du Sud un véritable hub économique. Il leur revient d’écarter les candidatures opportunistes et les approches fondées sur la communication tapageuse, au profit d’un leadership capable de redonner crédibilité et efficacité à cette institution clé du développement régional.   Les chantiers prioritaires du nouvel exécutif Dès sa prise de fonction, le futur exécutif régional devra tirer les leçons des échecs passés. Cela passera par la définition claire des priorités, la clarification des compétences et la mobilisation stratégique des ressources financières. L’assainissement de la gouvernance, le renforcement de la transparence dans la passation des marchés publics, la mise en place de mécanismes de contrôle efficaces, ainsi que la priorisation des infrastructures sociales  -routes, écoles, santé- devront constituer des axes majeurs de l’action publique. L’élaboration d’un budget stratégique assorti d’indicateurs de performance permettra d’assurer le suivi et la réalisation effective des projets. Denise Ebelle                        

Participation politique : parlementaires, gouvernement et ONU Femmes unis contre les VBG

Participation politique : parlementaires, gouvernement et ONU Femmes unis contre les VBG   Mardi 9 décembre 2025, le palais de verre Paul Biya à Yaoundé a accueilli un atelier de haut niveau réunissant le Gouvernement, le Caucus des Femmes Parlementaires et ONU Femmes Cameroun. Cette rencontre stratégique, dédiée à la lutte contre les discriminations et les violences basées sur le genre (VBG) dans le champ politique, a rassemblé plusieurs personnalités, parmi lesquelles la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), Mme ABENA ONDOA née OBAMA Marie Thérèse, accompagnée de ses proches . La cérémonie d’ouverture a été présidée par l’Hon. Mary Mujuli Epse MEBOKA, représentante du Pan-African Parliament (PAP), aux côtés de l’Hon. Laurentine Koa Fegue, présidente du Caucus des Femmes Parlementaires. Dans son allocution, cette dernière a rappelé que les VBG demeurent « un fléau persistant, nourri par les inégalités entre les sexes, les rapports de pouvoir déséquilibrés et des normes sociales discriminatoires ». La présence de la Représentante Résidente d’ONU Femmes Cameroun, Mme Racky Chauptin, a permis d’enrichir les échanges sur les actions conjointes à mener pour bâtir un espace politique plus sûr, inclusif et respectueux des droits des femmes.   Cadres juridiques et défis persistants Dans son intervention, la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille a rappelé les nombreux instruments juridiques internationaux et nationaux ratifiés par le Cameroun pour garantir les droits des femmes. Elle a insisté sur la nécessité de : renforcer les capacités de leadership féminin, améliorer la connaissance de l’environnement sociopolitique, mobiliser davantage de ressources financières pour soutenir durablement les femmes engagées en politique. Elle a toutefois souligné les obstacles persistants à leur pleine participation : discrimination, violences de genre, pauvreté, faible niveau d’éducation, stéréotypes sexistes, insuffisance de moyens, et manque d’appui institutionnel. Autant de freins qui entravent la liberté d’expression des femmes et fragilisent les communautés qu’elles représentent.   Un projet de loi en préparation Dans cette dynamique, le MINPROFF a annoncé l’élaboration d’un projet de loi spécifique sur les violences faites aux femmes et aux filles, conçu en collaboration avec l’ensemble des administrations sectorielles. Actuellement en cours d’adoption, ce texte vise à consolider le cadre juridique national en introduisant des dispositions adaptées aux formes traditionnelles mais aussi émergentes de violence. Le projet accorde une attention particulière à la prévention, à la protection des survivantes, à la poursuite des auteurs et à la prise en charge globale des victimes, constituant ainsi une avancée majeure dans la lutte contre les VBG au Cameroun. À l’issue des travaux, participantes et partenaires ont réaffirmé leur détermination à poursuivre les efforts conjoints afin de renforcer la participation politique des femmes, condition indispensable à un développement démocratique véritablement inclusif et équitable.  

Transparence dans le secteur extractif : le Cameroun publie le rapport ITIE 2023 et accélère les réformes

Transparence dans le secteur extractif : le Cameroun publie le rapport ITIE 2023 et accélère les réformes   Le Cameroun a franchi une nouvelle étape dans sa quête de transparence et de bonne gouvernance des ressources naturelles. Le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, le Pr Fuh Calistus Gentry, a officiellement présenté, ce mardi à l’hôtel Mont Fébé à Yaoundé, le rapport ITIE 2023 de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE). Cette publication, intervenue avant la date butoir du 31 décembre 2025, constitue le 17ᵉ rapport ITIE du Cameroun et le deuxième depuis la suspension du pays de l’initiative internationale. Les travaux étaient présidés par le Pr Fuh Calistus Gentry, également vice-président du Comité national ITIE, en présence des représentants de l’administration publique, des entreprises extractives, de la société civile et des partenaires techniques.   Plus de 1 035 milliards de FCFA collectés par l’État   L’un des faits saillants du rapport 2023 concerne les recettes issues des industries extractives. Selon le document, les entreprises du secteur ont versé 1 232,69 milliards de FCFA, dont 1 035,85 milliards de FCFA effectivement collectés par le budget de l’État. Des ressources appelées à croître davantage avec l’entrée en phase industrielle de cinq projets miniers majeurs en cours de développement. Le rapport révèle également que la contribution du secteur extractif au Produit intérieur brut (PIB) s’est établie à 4,2 % en 2023, tandis que sa part dans les exportations nationales atteint 32 %. En matière d’emploi, le secteur affiche une progression, passant de 0,58 % en 2022 à 0,62 % en 2023, traduisant un impact économique graduel mais réel.     Présentant les principaux enseignements du rapport, le Pr Fuh Calistus Gentry a insisté sur la nécessité d’une adhésion ferme de toutes les parties prenantes – État, entreprises privées et société civile – afin de consolider les réformes engagées. « Nous avons renforcé nos efforts en matière de divulgation systématique des données, permettant des mises à jour plus fréquentes et des informations précises par entreprise, par région et par flux de revenus », a-t-il déclaré. Le rapport ITIE 2023 met un accent particulier sur l’intégration des données ITIE dans les systèmes nationaux, la transparence des contrats, ainsi que la divulgation des bénéficiaires effectifs, autant de leviers essentiels dans la lutte contre la corruption et les flux financiers.   Aligné sur la Norme ITIE 2023, le document élargit pour la première fois sa portée au sous-secteur minier artisanal et aux carrières, longtemps marginalisés dans les mécanismes de transparence. Il aborde également des thématiques transversales telles que l’impact environnemental des activités extractives, l’inclusion du genre, et l’amélioration de la mobilisation des recettes domestiques. Le rapport met en lumière les réformes législatives et technologiques engagées, notamment l’introduction du partage de production dans le Code minier, obligeant les entreprises minières à reverser entre 9,5 % et 12 % de leurs revenus à l’État dès l’entrée en production. À cela s’ajoutent de nouveaux modes d’exploitation – artisanale, semi-mécanisée et en vase clos – destinés à améliorer le contrôle des quantités produites et à renforcer la traçabilité.   Au-delà des chiffres, la publication du rapport ITIE 2023 est perçue comme un signal fort adressé à la communauté internationale. Le ministre a souligné que les avancées enregistrées traduisent un engagement renouvelé du Cameroun en faveur de la transparence et de la responsabilité, ouvrant ainsi la voie à la levée de la suspension du pays au sein de l’ITIE. En établissant un lien entre performance financière, enjeux sociaux et protection de l’environnement, le rapport ambitionne de démontrer comment une gouvernance responsable des ressources naturelles peut contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations. Avec cette nouvelle publication, le Cameroun réaffirme sa volonté de transformer ses ressources extractives en véritables leviers de développement durable, faisant de la transparence non plus une contrainte, mais une opportunité stratégique pour l’avenir.