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Mauvaise alimentation : l’étiquetage nutritionnel, une arme clé contre les maladies silencieuses au Cameroun

Mauvaise alimentation : l’étiquetage nutritionnel, une arme clé contre les maladies silencieuses au Camerou

Au Cameroun, les maladies non transmissibles progressent à un rythme inquiétant, nourries par une alimentation de plus en plus riche en produits ultra-transformés. Face à cette menace sanitaire, experts et journalistes ont sonné l’alerte lors du premier « Rendez-vous du REMAPSEN », plaidant pour l’adoption urgente de politiques alimentaires saines, notamment l’étiquetage nutritionnel et la taxation des produits malsains.

Une bombe sanitaire à retardement

Diabète, hypertension, maladies cardiovasculaires, cancers… Ces pathologies, longtemps perçues comme des maladies de pays développés, frappent désormais durement le Cameroun. Les maladies non transmissibles (MNT) représentent aujourd’hui plus de 43 % des décès annuels, avec un risque de mortalité prématurée estimé à 22 % chez les adultes âgés de 30 à 69 ans.
La cause est largement identifiée : la mauvaise alimentation, marquée par une consommation croissante de produits emballés riches en sucres, en graisses, en sel et en calories, souvent sans information claire pour les consommateurs.

REMAPSEN–RADA : une rencontre pour agir

C’est pour répondre à cette urgence qu’a été organisé, le 24 janvier 2026, le 1er “Rendez-vous du REMAPSEN” Cameroun, réunissant journalistes et experts de santé autour du thème :
« Étiquetage nutritionnel et enjeu de prévention des maladies non transmissibles ».
Prenant la parole, le président et CEO de RADA-Cameroun, Mbiydzenyuy Ferdinant Sonyuy, a insisté sur la nécessité d’impliquer les médias dans la prévention : « Ce qui est doux au goût n’est pas toujours bon pour le corps », a-t-il rappelé, soulignant la perte de repères alimentaires au sein des populations.
Informer pour mieux protéger
Selon RADA, une grande partie des risques nutritionnels découle d’un manque d’information fiable et lisible sur les produits alimentaires. D’où la nécessité d’adopter :
un étiquetage nutritionnel frontal clair,
des restrictions de marketing sur les produits malsains,
et une taxation sanitaire ciblant les aliments à forte teneur en nutriments nocifs.
Ces mesures, recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), figurent parmi les interventions les plus efficaces pour réduire la charge des MNT à l’horizon 2030.

Des chiffres qui inquiètent sérieusement

Les données présentées lors de la rencontre confirment l’ampleur du problème :
26 % des adultes camerounais sont en surpoids,
15,1 % souffrent d’obésité,
Chez les enfants de moins de cinq ans, le surpoids est passé de 5 % en 1991 à 11 % en 2018,
En milieu urbain, 12,5 % des enfants de 3 à 13 ans sont en surpoids, avec une prévalence plus élevée chez les filles.
Parallèlement, le pays continue de lutter contre la sous-nutrition, révélant une double charge nutritionnelle de plus en plus préoccupante.

Contrairement aux idées reçues, la taxation des produits alimentaires malsains n’a pas pour objectif de pénaliser les consommateurs, mais de réduire leur consommation et d’inciter les industriels à reformuler leurs produits.
« Si nous ne faisons pas de la nourriture notre médicament, nous ferons des médicaments notre nourriture », a averti le président de RADA, rappelant que la prévention reste toujours préférable au traitement.

Les médias, acteurs de changement

Pour RADA, les médias doivent devenir des alliés stratégiques dans la lutte contre les MNT. Leur rôle va au-delà de l’information : ils façonnent les comportements, influencent les décisions publiques et amplifient les messages de prévention.
« Les médias relient les réalités des populations aux décideurs et contribuent à sauver des vies », a souligné Mbiydzenyuy Ferdinant Sonyuy.

La rencontre a également été l’occasion de saluer les efforts du Ministre de la Santé Publique, Dr Manaouda Malachie, et de ses équipes, pour l’élaboration du plan national de promotion des régimes alimentaires sains, intégrant la question de la fiscalité nutritionnelle.
L’enjeu désormais est de mobiliser l’opinion publique afin de renforcer l’adhésion sociale à ces politiques de santé.
À travers cette collaboration entre RADA et le REMAPSEN, un message fort a été lancé : lutter contre les maladies non transmissibles commence dans l’assiette. Informer, prévenir et agir aujourd’hui permettra d’éviter des drames sanitaires demain.
Les médias sont appelés à porter ce message jusque dans les zones les plus reculées, afin de permettre à chaque citoyen de faire des choix alimentaires éclairés et protecteurs de sa santé.

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