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EXPLOITATION MINIÈRE : LE CAMEROUN S’ENGAGE DANS L’INDUSTRIALISATION ET RÉORGANISE LE SECTEUR ARTISANAL

EXPLOITATION MINIÈRE :
LE CAMEROUN S’ENGAGE DANS L’INDUSTRIALISATION ET RÉORGANISE LE SECTEUR ARTISANAL

Le Cameroun amorce une nouvelle étape dans son secteur minier, marquée par l’entrée dans l’exploitation industrielle et une profonde restructuration de l’activité artisanale.
Désormais, toute entreprise souhaitant exploiter l’or doit se conformer à de nouvelles exigences strictes. Parmi celles-ci figurent le paiement préalable d’une caution environnementale de 63 millions de francs CFA (soit 3 millions par hectare), l’obligation de migrer vers un système d’exploitation à vase clos, ou, à défaut et de manière transitoire, l’engagement à atteindre un seuil minimal de production de 10 kg d’or par mois.
La reprise des activités est conditionnée au respect rigoureux de ces mesures. Les autorités entendent ainsi mettre un terme à l’exploitation frauduleuse de l’or. À cet effet, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (ai) a ordonné la suspension totale des activités aurifères sur l’ensemble du territoire national. Cette opération a été conduite par l’Inspecteur général du MINMIDT, le magistrat Philippe Nyetam.
Du 22 au 29 mars 2026, une mission conjointe réunissant le MINMIDT, les autorités administratives et les forces de défense a été déployée dans plusieurs arrondissements de la région de l’Est. L’objectif principal était de s’assurer de l’arrêt effectif des exploitations semi-mécanisées après le retrait des autorisations, tout en sensibilisant les opérateurs à la mise en place du seuil minimal de production en attendant l’adoption du système à vase clos.
Sur le terrain, les actions menées ont été claires : arrêt immédiat des activités sur les sites illégaux ou non autorisés, retrait des engins d’exploitation, signature des cahiers de charges conformes à la réglementation en vigueur, et sensibilisation au paiement de la caution de réhabilitation des sites, condition indispensable à toute reprise d’activité.
Les sites frauduleux situés dans les arrondissements de Garoua-Boulaï, Ngoura, Bétaré-Oya, Batouri et Ketté ont été particulièrement ciblés. Tous ont reçu l’ordre de cesser immédiatement leurs activités et de retirer leurs équipements. Au total, plus d’une centaine de sites ont été inspectés, et plusieurs dizaines d’engins lourds — camions-bennes, pelleteuses, bulldozers et chargeuses — ont été saisis ou scellés.


À travers ces mesures, le gouvernement vise à mieux encadrer la production aurifère, accroître les recettes de l’État, renforcer les réserves nationales et lutter efficacement contre la contrebande, source de pertes importantes pour l’économie.
Cette première phase d’évaluation a permis aux autorités d’établir un diagnostic précis de la situation sur le terrain et d’engager le dialogue avec les acteurs du secteur. Plusieurs réunions de sensibilisation et de concertation ont été organisées, réunissant notamment les responsables du MINMIDT, les autorités locales — dont le maire de Batouri — ainsi que les opérateurs miniers.
La mission s’est achevée le 27 mars à Batouri par une réunion de synthèse. Celle-ci a permis de rappeler aux exploitants des sites semi-mécanisés les nouvelles conditions à remplir pour la reprise de leurs activités, dans un cadre désormais strictement réglementé.
Denise Ebelle

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