Maladies non transmissibles au Cameroun : des chiffres alarmants au cœur du débat national
À l’occasion du symposium national sur la nutrition et les maladies non transmissibles (MNT), prévu les 8 et 9 avril 2026 à Yaoundé, les données sanitaires tirent la sonnette d’alarme. Derrière cette rencontre de haut niveau se cache une réalité préoccupante : les MNT progressent rapidement et pèsent de plus en plus lourd sur la santé des Camerounais.
Selon les estimations, les maladies non transmissibles ( notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète et les cancers ) sont responsables de près de 43 % des décès annuels dans le pays. Un chiffre révélateur d’un basculement épidémiologique, où les maladies chroniques viennent désormais concurrencer les maladies infectieuses.
Les analyses de l’Organisation mondiale de la santé mettent en cause l’évolution des modes de vie, en particulier les habitudes alimentaires. Depuis plusieurs années, la consommation d’aliments ultra-transformés, riches en sucre, en sel et en graisses, ne cesse d’augmenter, contribuant à l’explosion des facteurs de risque.
Les statistiques sur le surpoids et l’obésité confirment cette tendance. D’après une étude de 2019, environ 26 % des adultes camerounais sont en surpoids, tandis que 15,1 % souffrent d’obésité. Chez les enfants de moins de cinq ans, la situation est tout aussi préoccupante : la prévalence du surpoids est passée de 5 % en 1991 à 11 % en 2018, soit plus du double en moins de trois décennies.
En milieu urbain, la situation est encore plus marquée. Près de 12,5 % des enfants âgés de 3 à 13 ans sont en surpoids, avec une proportion légèrement plus élevée chez les filles (13,2 %) que chez les garçons (11,8 %). Des chiffres qui traduisent une transformation rapide des habitudes alimentaires et des modes de vie.
À l’échelle mondiale, les tendances ne sont guère plus rassurantes. Depuis 2016, les régimes alimentaires malsains ont dépassé le tabac comme principal facteur de risque des maladies non transmissibles, toujours selon l’Organisation mondiale de la santé. Une évolution qui souligne l’urgence d’agir sur les déterminants nutritionnels.
Face à cette situation, le symposium organisé par la Reconciliation and Development Association, en collaboration avec le Ministère de la Santé Publique, ambitionne de transformer ces constats en actions concrètes. L’événement réunira décideurs, experts et partenaires pour définir des réponses adaptées à l’ampleur du phénomène.
Parmi les mesures envisagées figurent l’étiquetage nutritionnel simplifié, la taxation des boissons sucrées et la régulation du marketing alimentaire. Des politiques qui, selon plusieurs études, pourraient générer des gains significatifs en espérance de vie, estimés à plus de six ans pour la réduction de la consommation de boissons sucrées.
Au-delà des chiffres, c’est donc un véritable enjeu de société qui se dessine. La progression des MNT n’est plus seulement une question de santé, mais un défi majeur pour le développement du Cameroun. Le symposium de Yaoundé apparaît ainsi comme une réponse urgente à une crise silencieuse, mais désormais bien mesurable.





























































