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Contrat de scanning douanier avec SGS : pourquoi le Cameroun doit y mettre fin

Contrat de scanning douanier avec SGS : pourquoi le Cameroun doit y mettre fin

Présenté comme un partenariat public-privé stratégique, le contrat de scanning douanier confié à la société SGS apparaît, à l’analyse, comme un accord profondément déséquilibré, largement défavorable aux intérêts de l’État camerounais. L’examen des chiffres met en lumière une perte colossale de ressources publiques et une occasion manquée de renforcer le développement national.

Un partage des recettes largement défavorable à l’État

L’activité de scanning douanier génère des recettes brutes estimées à 164,42 milliards de FCFA. Sur ce montant, l’État camerounais ne perçoit que 26,05 milliards de FCFA, soit 15,8 %, tandis que SGS capte plus de 138 milliards de FCFA, représentant 84,2 % des revenus.
Ce déséquilibre a pour conséquence directe une perte de plus de 120 milliards de FCFA pour le Trésor public sur la période considérée, des ressources qui auraient pu être réinvesties dans les priorités nationales.

Un manque à gagner aux lourdes conséquences sociales

Ces milliards de FCFA auraient permis de construire des hôpitaux modernes, de financer des centaines d’écoles, de réhabiliter des infrastructures routières stratégiques et de renforcer les universités publiques. Leur absence se traduit par des services sociaux insuffisants et contribue à entretenir un retard structurel dans plusieurs secteurs clés du développement.

Un frein à l’emploi et à la souveraineté de l’État

Le maintien de ce contrat empêche toute internalisation du scanning douanier. Une telle internalisation aurait favorisé la création de centaines d’emplois qualifiés, le transfert de compétences, ainsi que le renforcement durable des capacités de l’administration douanière. En l’état, l’État camerounais demeure dépendant d’un opérateur privé pour une fonction éminemment régalienne.

Un partenariat public-privé de façade

Dans ce contrat, l’État supporte la souveraineté, le cadre réglementaire et une partie des risques, pendant que le partenaire privé capte l’essentiel des revenus. Or, dans plusieurs pays aux profils économiques comparables, les dispositifs de scanning sont soit internalisés, soit encadrés par des redevances publiques dépassant 30 à 40 %, bien loin des 15,8 % concédés au Cameroun.

Rompre ou renégocier : un impératif de bonne gouvernance

Mettre fin au contrat de scanning avec SGS, ou le renégocier en profondeur, ne relève ni d’une posture idéologique ni d’une hostilité au secteur privé. Il s’agit d’un choix rationnel de bonne gouvernance, visant à récupérer des ressources nationales pour financer les priorités nationales.
Les chiffres sont sans appel : ce contrat prive le Cameroun d’hôpitaux, d’écoles, de routes et d’emplois. Y mettre un terme, c’est faire le choix de l’intérêt général, de la souveraineté économique et du développement au bénéfice des citoyens.

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