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Assainissement scolaire : quand une initiative citoyenne devient un levier de gouvernance publique

Assainissement scolaire : quand une initiative citoyenne devient un levier de gouvernance publique

L’amphithéâtre de l’Institut des hautes études sur la gouvernance territoriale et de la décentralisation (IHEGTD) affichait complet ce jeudi 22 janvier. Étudiants, responsables institutionnels et jeunes porteurs de projets s’y sont retrouvés autour d’une master class inscrite dans la saison 2025-2026 des Grands Mentors de l’entrepreneuriat. À l’honneur : Yvonne Flore Belema, entrepreneure sociale et actrice engagée de la transformation du cadre scolaire au Cameroun.

Au-delà d’un parcours personnel inspirant, cette rencontre a surtout mis en lumière la capacité d’une initiative locale à influencer durablement l’action publique, en articulant gouvernance territoriale, inclusion sociale et développement durable.

De l’observation citoyenne à la réponse systémique

À l’origine du projet Clean School, un constat simple mais alarmant : l’état de dégradation avancée des infrastructures sanitaires dans certaines écoles camerounaises. Une réalité découverte par Yvonne Flore Belema à son retour des États-Unis, lors d’une visite dans l’établissement fréquenté par sa fille. Ce choc a agi comme un révélateur des enjeux structurels liés à l’hygiène scolaire.

« L’assainissement n’est pas un détail technique. Il conditionne la dignité, la santé et l’égalité des chances », a-t-elle rappelé devant l’assistance. Refusant de s’arrêter à l’indignation, elle a choisi de formuler une réponse organisée, structurée et reproductible.

Clean School : un modèle opérationnel au service de l’État

Le programme Clean School repose sur une approche intégrée : amélioration durable des sanitaires scolaires, sécurisation des espaces, gestion des déchets et implication des communautés éducatives. Ce modèle a rapidement suscité l’intérêt du ministère des Enseignements secondaires, conduit par la professeure Pauline Nalova Lyonga, présente à la cérémonie.

Cette collaboration institutionnelle a permis au projet de dépasser le stade expérimental pour s’inscrire dans une logique de déploiement national, démontrant comment une innovation sociale peut nourrir les politiques publiques sectorielles.

Femmes, emploi et impact social

Un autre pilier du dispositif réside dans sa dimension inclusive. Les activités d’entretien et de maintenance générées par Clean School bénéficient majoritairement aux femmes, qui représentent près de 80 % des recrutements.

« Les femmes sont à la fois les premières victimes des déficits d’assainissement et les principales actrices du changement », a souligné la mentore. À travers son ONG ACAHIJEC, Yvonne Flore Belema a structuré un partenariat durable avec les associations de parents d’élèves (APEE) et les administrations locales, renforçant l’ancrage territorial du projet.

Une reconnaissance académique et institutionnelle

La master class a également été marquée par une double reconnaissance. Sur le plan académique, Yvonne Flore Belema a reçu son diplôme de Master II en Ingénierie du développement des territoires, obtenu à l’IHEGTD sous la tutelle de l’Université de Dschang. Son mémoire, consacré à la gestion des déchets au Cameroun, fait écho à son engagement de terrain.

Sur le plan institutionnel, son action a été saluée par plusieurs personnalités. La ministre Pauline Nalova Lyonga a loué son engagement constant en faveur de l’entrepreneuriat féminin et de l’amélioration du bien-être en milieu scolaire. De son côté, l’honorable Georgette Menana, députée et représentante du Réseau des parlementaires pour l’entrepreneuriat privé, a insisté sur la portée exemplaire de son parcours, rappelant que « l’entrepreneuriat se construit par la volonté et l’apprentissage ».

Le mentorat comme outil de transformation sociale

Cette rencontre s’inscrivait dans le programme Saison des Grands Mentors, coordonné par Henri Séverin Assembe, qui a invité les participants à concevoir le leadership comme un devoir d’impact. « Le développement durable commence par la responsabilité individuelle et collective », a-t-il déclaré.

Récemment désignée parmi les 15 Grands Mentors de l’Assemblée nationale pour son action en faveur des femmes et des jeunes, Yvonne Flore Belema entend faire de ce rôle un espace de transmission. « Encadrer la jeunesse, surtout les filles, c’est multiplier les chances de changement durable », a-t-elle confié.

Plus qu’un hommage, cette master class a posé les jalons d’une réflexion stratégique sur la place de l’entrepreneuriat social dans la gouvernance territoriale. En reliant expérience citoyenne, expertise académique et action publique, Yvonne Flore Belema incarne une nouvelle génération de leaders pour qui l’innovation naît de l’écoute attentive des besoins fondamentaux des communautés.

Son parcours illustre une conviction forte : les solutions durables émergent souvent du terrain, lorsqu’elles sont portées par une vision claire, un engagement constant et une volonté de servir l’intérêt général.

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