Libération des voies à Yaoundé IV: le Maire lance l’opération de dégagement

Libération des voies à Yaoundé IV: le Maire lance l’opération de dégagement   Le Maire de la Commune d’Arrondissement de Yaoundé IV, S.M Gabriel B. EFFILA, a lancé une opération de dégagement des emprises de la voie publique sur le tronçon Ékié dernier poteau jusqu’à la sortie Petou. Cette opération, financée par la Présidence de la République, vise à libérer le terrain pour le projet de construction de la route.   Les constructions illégales, notamment les commerces et dépôts, ont été démolies en présence du Sous-préfet de l’Arrondissement de Yaoundé IV, M. AKONDI Elvis MBAHANGWEN, et d’autres autorités locales. Le Sous-préfet a rappelé l’importance de se munir d’un permis de bâtir et de respecter les procédures de construction.   La prochaine étape de l’opération est prévue sur le tronçon Essomba boulangerie weme jusqu’au lieu dit entrée Tchad. Cette initiative vise à améliorer la circulation et la sécurité routière dans la zone.   Line TCHAKOUNTE

Journée mondiale du braille : des parcours inspirants au service de l’inclusion

Journée mondiale du braille : des parcours inspirants au service de l’inclusion Journaliste, enseignant, doctorant… Leurs parcours académiques et professionnels forcent l’admiration et déconstruisent les préjugés liés au handicap visuel. Tous ont en commun la maîtrise du braille, cet outil qui leur a ouvert les portes du savoir, de l’information et d’une insertion professionnelle réussie. Ces trajectoires inspirantes étaient au cœur de la conférence-partage organisée, le 7 janvier dernier, par le Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC), en partenariat avec la Mission Évangélique Braille, à l’occasion de la 25ᵉ édition de la Journée mondiale du braille. Placée sous le thème « Témoin et transformateur : le braille comme moteur d’inclusion entre journalisme et enseignement », cette rencontre engagée avait pour objectif de promouvoir le braille comme levier fondamental d’inclusion scolaire, professionnelle et sociale des personnes vivant avec un handicap visuel. Dans un monde marqué par une digitalisation accélérée des savoirs, le CJARC a tenu à rappeler que le braille demeure un pilier incontournable de l’autonomie intellectuelle des personnes aveugles ou malvoyantes. Loin d’être un outil dépassé, il constitue une véritable passerelle vers l’éducation de qualité, l’accès à l’information et l’exercice de métiers exigeants. « Nous avons voulu saisir cette 25ᵉ Journée mondiale du braille pour favoriser un échange entre personnes expérimentées et jeunes utilisateurs du braille. L’objectif est de transmettre des connaissances, mais surtout de motiver ceux qui doutent encore de son utilité », explique COCO Bertin, Directeur du CJARC. « En invitant des profils professionnels variés, nous avons voulu démontrer que la maîtrise du braille permet une insertion sociale réussie et ouvre de réelles perspectives d’avenir », ajoute-t-il. Journalisme et enseignement : des parcours qui brisent les préjugés Au cœur de cette conférence-partage, des professionnels non-voyants ont livré des témoignages édifiants sur leurs parcours académiques et professionnels. Journalistes, enseignants et formateurs ont démontré que la maîtrise du braille, combinée aux outils numériques adaptés, permet d’exercer des fonctions de haute responsabilité. « Le braille est fondamental. Après avoir perdu la vue très jeune, je n’avais d’autre choix que de l’apprendre. C’est grâce à lui que j’ai obtenu mes examens officiels au secondaire. Aujourd’hui, grâce à ce même braille, je suis candidat au doctorat, journaliste et enseignant. Le braille est comme le stylo qui nous permet d’écrire notre avenir », témoigne Pascal Somb Lingom, journaliste en service au poste national. Braille et numérique : une complémentarité gagnante Le numérique ne signe pas la fin du braille. Le CJARC a démontré que les deux outils se renforcent mutuellement. Les plages braille, les logiciels de lecture d’écran et les supports numériques adaptés élargissent aujourd’hui les opportunités académiques et professionnelles. « Le braille est un outil de base que j’utilise notamment pour la préparation de mes cours. Associé à l’informatique braille, il améliore considérablement la qualité de mes enseignements. Je me bats pour prouver que le handicap visuel n’est pas une limite à l’accès aux métiers de l’enseignement », confie Gabriel, enseignant de philosophie. À travers cette commémoration, le CJARC et la Mission Évangélique Braille entendent sensibiliser les pouvoirs publics, les établissements scolaires et les médias à l’urgence d’investir dans l’enseignement du braille dès le plus jeune âge. « De nombreux jeunes souhaitent apprendre le braille mais se heurtent au manque de matériel didactique spécialisé, encore très coûteux et peu accessible dans notre pays. Dans nos organisations, nous faisons de notre mieux pour pallier ce déficit », déplore COCO Bertin. Selon lui, le Cameroun compte environ 200 000 personnes déficientes visuelles qui ont besoin d’apprendre le braille, mais restent limitées par l’insuffisance de matériel tel que les tablettes braille, poinçons, cubarithmes et autres outils spécialisés. Un appel est ainsi lancé aux décideurs publics afin qu’ils prennent des mesures concrètes pour rendre ces équipements accessibles et favoriser une inclusion durable.

Gouvernance de l’or : clarifier les responsabilités, relever les défis en 2026

Gouvernance de l’or : clarifier les responsabilités, relever les défis en 2026 Les écarts entre les quantités d’or déclarées par les États africains producteurs et les volumes enregistrés dans les statistiques internationales suscitent depuis plusieurs mois interrogations et controverses. Au Cameroun, cette situation a parfois été présentée comme une anomalie nationale, mettant en cause le Ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (MINMIDT). Pourtant, l’examen attentif des données disponibles et des procédures en vigueur permet de replacer le débat dans son véritable contexte. Un phénomène continental Les statistiques publiées par l’organisme onusien UN Comtrade, relayées par Swissaid pour l’année 2024, montrent que ces écarts sont largement répandus en Afrique. Ils atteignent notamment 29 tonnes au Soudan, 52 tonnes au Togo, 18 tonnes au Tchad, 19 tonnes au Rwanda, 9 tonnes en Libye et en Ouganda. Au Ghana, près de 80 % de l’or importé ne transiterait pas par les circuits formels. Dans ce contexte, le Cameroun apparaît loin d’être un cas isolé ou extrême. Les différences relevées entre les chiffres reconnus par l’État dans le rapport ITIE 2023 et ceux publiés au niveau international traduisent une problématique structurelle commune aux pays producteurs d’or : poids de l’informel, faiblesse de la traçabilité et circulation transfrontalière incontrôlée des produits miniers. Des sorties frauduleuses hors du champ d’action du MINMIDT Il convient de rappeler que le MINMIDT n’est ni à l’origine ni le facilitateur des sorties frauduleuses de l’or du territoire national. Ces pratiques relèvent d’activités illégales menées en marge du cadre réglementaire : exploitation clandestine, contrebande, exportations non déclarées ou fausses déclarations. L’intervention du MINMIDT s’opère uniquement lorsque les produits miniers entrent dans une procédure administrative régulière. À ce titre, les documents relatifs au traitement des saisies d’or en contrebande apportent un éclairage précis sur le rôle du ministère. L’affaire des lingots d’or : la loi appliquée sans exception L’affaire des 44 lingots d’or saisis à l’Aéroport International de Douala en octobre 2023 a donné lieu à de nombreuses interprétations. Elle illustre pourtant une application rigoureuse du Code minier de 2016. Conformément aux textes en vigueur, la saisie donne lieu à un procès-verbal établi par les services compétents, à la mise sous scellés de l’or, puis à la saisine d’une Commission interministérielle associant le MINMIDT et le ministère des Finances pour expertise. Le mis en cause dispose d’un délai légal pour produire les justificatifs attestant de la détention régulière de l’or. Dans ce dossier, les justificatifs requis ont été fournis, les expertises réalisées et les obligations fiscales et douanières acquittées. La restitution des lingots, accompagnée d’un certificat d’exportation, est donc intervenue conformément à la loi. l’affaire des lingots d’or montre le respect de la loi par le MINMIDT. 2026 : des défis clairs pour une gouvernance renforcée À l’horizon 2026, le MINMIDT est confronté à des défis majeurs : renforcer la traçabilité de l’or, réduire l’emprise des circuits informels, améliorer la coordination entre les administrations concernées et assurer une meilleure cohérence entre les données nationales et internationales. Les réformes structurelles annoncées traduisent une volonté de rupture et d’amélioration durable de la gouvernance minière, avec l’ambition de positionner le Cameroun comme un acteur crédible et responsable dans la gestion de ses ressources aurifères. Les éléments disponibles montrent que les dysfonctionnements observés relèvent moins d’une défaillance institutionnelle que d’un environnement régional complexe. Le véritable enjeu pour les pouvoirs publics n’est donc pas de nourrir les amalgames, mais de consolider une gouvernance minière plus transparente, plus efficace et adaptée aux réalités du terrain.