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Résolution 1325 : à Yaoundé, un plaidoyer pour une plus grande implication des femmes dans la paix et la sécurité

Résolution 1325 : à Yaoundé, un plaidoyer pour une plus grande implication des femmes dans la paix et la sécurité

À l’approche de la Journée internationale de la femme, le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, ONU Femmes et l’Université de Yaoundé I ont organisé, le 4 mars 2026, une table ronde consacrée à la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Dans l’enceinte de l’Université de Yaoundé I, diplomates, universitaires, responsables sécuritaires et étudiants ont échangé autour d’un enjeu majeur : le rôle des femmes dans la prévention des conflits, la consolidation de la paix et la sécurité.
Cette rencontre s’inscrivait dans la dynamique de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, prévue le 8 mars prochain autour du thème : « Droits, égalité et autonomisation pour toutes les femmes et les filles ».

25 ans après la résolution 1325

Adoptée en 2000 par le Conseil de sécurité des Nations unies, la Résolution 1325 constitue un texte fondateur reconnaissant l’importance de la participation des femmes dans les processus de paix et de sécurité.
Pour Marie-Pierre Raky Chaupin, représentante d’ONU Femmes au Cameroun, ce texte demeure d’une actualité majeure.
« Cela fait déjà 25 ans que cette résolution existe. Elle rappelle que les femmes doivent participer pleinement aux négociations de paix, aux opérations de maintien de la paix et aux processus de reconstruction après les conflits », a-t-elle souligné.
Elle a toutefois relevé que les défis restent considérables. Dans le monde, plus de 600 millions de femmes et de filles vivent encore dans des zones affectées par des conflits armés, ce qui rend la mise en œuvre de la résolution encore plus urgente.

Le rôle déterminant des femmes camerounaises

Prenant la parole, la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa, a rappelé la contribution croissante des femmes camerounaises dans la promotion de la paix.
Elle a notamment évoqué la participation des femmes dans les missions de maintien de la paix, y compris dans la République centrafricaine voisine, ainsi que leur engagement dans les domaines du journalisme, de la société civile et de la médiation communautaire.
« Les femmes jouent un rôle essentiel dans la consolidation de la paix, au Cameroun comme ailleurs dans le monde », a affirmé la ministre, soulignant les efforts du gouvernement pour renforcer leur participation dans la gouvernance et les mécanismes de prévention des conflits.

L’université comme espace de sécurité et de sensibilisation

Le recteur de l’Université de Yaoundé I, Pr Rémy Magloire Dieudonné Etoua, a pour sa part insisté sur la responsabilité des institutions universitaires dans la promotion d’une culture de paix.
Selon lui, la sécurité sur un campus ne se limite pas aux dispositifs policiers, mais repose également sur la qualité de l’environnement académique et social.
Le recteur a ainsi évoqué plusieurs mesures prises pour améliorer les conditions de vie des étudiants : réhabilitation des infrastructures, amélioration des espaces verts et renforcement de la sécurité avec la collaboration des forces de l’ordre.
« La paix commence dans les esprits. L’université doit être un espace où se construit cette culture du dialogue et du respect », a-t-il déclaré.

Les défis de la justice et de la sécurité

Les échanges ont également abordé les difficultés rencontrées par les femmes lorsqu’elles cherchent justice, notamment dans les cas de violences basées sur le genre.
Une magistrate qui prenait part à la rencontre a expliqué que de nombreuses victimes hésitent encore à dénoncer les abus, surtout lorsque les auteurs appartiennent à leur entourage familial.
Du côté des forces de sécurité, le commissaire de police Yahya Amadou, du corps de la police judiciaire, a mis en lumière la complexité de l’environnement sécuritaire actuel, marqué par la menace terroriste, la criminalité urbaine et le manque de moyens logistiques.
Il a plaidé pour une plus grande spécialisation des forces de l’ordre et pour l’utilisation des nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, dans la lutte contre la criminalité.
Au-delà des analyses institutionnelles, les intervenants ont rappelé que la construction d’une paix durable repose sur la collaboration entre les citoyens, les institutions et les forces de sécurité.

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