Transparence dans le secteur extractif : le Cameroun publie le rapport ITIE 2023 et accélère les réformes
Transparence dans le secteur extractif : le Cameroun publie le rapport ITIE 2023 et accélère les réformes
Le Cameroun a franchi une nouvelle étape dans sa quête de transparence et de bonne gouvernance des ressources naturelles. Le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, le Pr Fuh Calistus Gentry, a officiellement présenté, ce mardi à l’hôtel Mont Fébé à Yaoundé, le rapport ITIE 2023 de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE).
Cette publication, intervenue avant la date butoir du 31 décembre 2025, constitue le 17ᵉ rapport ITIE du Cameroun et le deuxième depuis la suspension du pays de l’initiative internationale. Les travaux étaient présidés par le Pr Fuh Calistus Gentry, également vice-président du Comité national ITIE, en présence des représentants de l’administration publique, des entreprises extractives, de la société civile et des partenaires techniques.
Plus de 1 035 milliards de FCFA collectés par l’État
L’un des faits saillants du rapport 2023 concerne les recettes issues des industries extractives. Selon le document, les entreprises du secteur ont versé 1 232,69 milliards de FCFA, dont 1 035,85 milliards de FCFA effectivement collectés par le budget de l’État. Des ressources appelées à croître davantage avec l’entrée en phase industrielle de cinq projets miniers majeurs en cours de développement.
Le rapport révèle également que la contribution du secteur extractif au Produit intérieur brut (PIB) s’est établie à 4,2 % en 2023, tandis que sa part dans les exportations nationales atteint 32 %. En matière d’emploi, le secteur affiche une progression, passant de 0,58 % en 2022 à 0,62 % en 2023, traduisant un impact économique graduel mais réel.

Présentant les principaux enseignements du rapport, le Pr Fuh Calistus Gentry a insisté sur la nécessité d’une adhésion ferme de toutes les parties prenantes – État, entreprises privées et société civile – afin de consolider les réformes engagées.
« Nous avons renforcé nos efforts en matière de divulgation systématique des données, permettant des mises à jour plus fréquentes et des informations précises par entreprise, par région et par flux de revenus », a-t-il déclaré.
Le rapport ITIE 2023 met un accent particulier sur l’intégration des données ITIE dans les systèmes nationaux, la transparence des contrats, ainsi que la divulgation des bénéficiaires effectifs, autant de leviers essentiels dans la lutte contre la corruption et les flux financiers.
Aligné sur la Norme ITIE 2023, le document élargit pour la première fois sa portée au sous-secteur minier artisanal et aux carrières, longtemps marginalisés dans les mécanismes de transparence. Il aborde également des thématiques transversales telles que l’impact environnemental des activités extractives, l’inclusion du genre, et l’amélioration de la mobilisation des recettes domestiques.
Le rapport met en lumière les réformes législatives et technologiques engagées, notamment l’introduction du partage de production dans le Code minier, obligeant les entreprises minières à reverser entre 9,5 % et 12 % de leurs revenus à l’État dès l’entrée en production. À cela s’ajoutent de nouveaux modes d’exploitation – artisanale, semi-mécanisée et en vase clos – destinés à améliorer le contrôle des quantités produites et à renforcer la traçabilité.
Au-delà des chiffres, la publication du rapport ITIE 2023 est perçue comme un signal fort adressé à la communauté internationale. Le ministre a souligné que les avancées enregistrées traduisent un engagement renouvelé du Cameroun en faveur de la transparence et de la responsabilité, ouvrant ainsi la voie à la levée de la suspension du pays au sein de l’ITIE.
En établissant un lien entre performance financière, enjeux sociaux et protection de l’environnement, le rapport ambitionne de démontrer comment une gouvernance responsable des ressources naturelles peut contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Avec cette nouvelle publication, le Cameroun réaffirme sa volonté de transformer ses ressources extractives en véritables leviers de développement durable, faisant de la transparence non plus une contrainte, mais une opportunité stratégique pour l’avenir.








































