#société

Secteur aurifère : le gouvernement enclenche une nouvelle offensive contre la fraude

Secteur aurifère : le gouvernement enclenche une nouvelle offensive contre la fraude

Le ton se durcit dans le secteur artisanal de l’or au Cameroun. Dans un communiqué radio-presse publié le 9 février 2026, le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (MINMIDT) annonce une série de mesures contraignantes destinées à mettre fin à la contrebande et à renforcer la traçabilité de la production nationale.
Cette décision intervient à la suite d’une concertation tenue le 21 janvier dernier entre le ministre en charge des Mines, le Directeur général de la SONAMINES et les opérateurs du secteur. Objectif : assainir un domaine encore fortement marqué par l’informel et les circuits parallèles.

Retrait d’autorisations dès le 20 février

Les titulaires d’autorisations d’exploitation artisanale semi-mécanisée qui n’ont pas respecté le délai de quinze jours accordé pour s’acquitter de la caution de remise en état des sites et signer les cahiers de charges verront leurs titres purement et simplement retirés à compter du 20 février 2026. Les sites concernés seront fermés, conformément aux dispositions de l’article 168(2) du Code minier de décembre 2023.
Le ministère entend ainsi rappeler que la régularité administrative et le respect des obligations environnementales ne sont plus négociables.

Généralisation du système « en vase clos »

Pour les opérateurs en règle, un délai de trois mois est accordé afin de mettre en place un système d’exploitation dit « en vase clos », ou de conclure un partenariat avec une structure déjà équipée. Ce dispositif vise à assurer un meilleur contrôle des quantités extraites et à limiter les pertes vers les circuits frauduleux.
Les exploitants devront en outre soumettre une étude de faisabilité sommaire précisant notamment la teneur moyenne du site et le seuil minimal de production. Cette exigence marque une volonté d’introduire davantage de rigueur technique dans l’exploitation artisanale semi-mécanisée.
Dorénavant, toute nouvelle demande d’autorisation sera conditionnée par une autorisation préalable d’accès au site délivrée par le délégué régional compétent. Cette étape permettra d’effectuer les sondages nécessaires à l’élaboration de l’étude technique. Le dossier devra également comporter un cahier de charges signé avec les parties prenantes ainsi que les preuves de contribution au fonds de restauration des sites miniers.

Interdictions maintenues et rappelées

Le ministre rappelle par ailleurs que le travail de nuit et toute activité d’exploitation artisanale semi-mécanisée à l’intérieur des permis de recherche demeurent strictement interdits, conformément à l’article 24(5) du Code minier.

À travers cette réforme, le Cameroun ambitionne de mieux maîtriser un secteur stratégique pour son économie. Le communiqué souligne que la fraude aurifère est un phénomène répandu en Afrique, avec des volumes significatifs exportés hors des circuits officiels dans plusieurs pays.
Le gouvernement met en avant les progrès enregistrés ces dernières années : environ 1 500 kg d’or ont été canalisés vers le Trésor public, contre seulement 37 kg cumulés entre l’indépendance et les années 2000.
Des discussions sont par ailleurs engagées avec des partenaires privés afin d’organiser la collecte de l’or directement sur les sites de production. Cette approche vise à sécuriser la perception de l’impôt synthétique de 25 % et de la taxe à l’exportation de 5 %, sur la base de la production réelle.
En appelant au civisme et à la responsabilité des opérateurs, le MINMIDT affirme sa détermination à faire du secteur aurifère un levier de développement durable, alliant protection de l’environnement, transparence et optimisation des recettes publiques.

Cameroun : une place de marché des

Cameroun | Droits d’auteur : le prélèvement

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *