#Santé/Environnement

Octobre Rose : des journalistes à l’écoute de la santé féminine

Ils étaient une vingtaine, carnet et micro en main, à suivre avec une attention soutenue les échanges du café-médias organisé le 29 octobre dernier à Yaoundé. Dans la salle de conférence du Centre hospitalier African Genesic Health, le silence n’était rompu que par les questions pointues des participants, désireux de mieux comprendre les enjeux des cancers féminins. Cette rencontre venait clore le mois d’Octobre Rose, temps fort mondial consacré à la sensibilisation et à la prévention.

Un dialogue entre médias et médecins

À l’initiative du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (Remapsen), ce café-médias a transformé un simple moment de formation en véritable espace de dialogue entre professionnels de santé et acteurs de la presse.
Le Dr Patrice Teufack, gynécologue-obstétricien, y a partagé son expérience et rappelé une vérité souvent négligée :

« Le dépistage précoce reste l’arme la plus sûre contre les cancers du sein et du col de l’utérus. Ces deux maladies, bien que redoutables, peuvent être détectées tôt et traitées efficacement. »

Son message a trouvé un écho particulier auprès des journalistes présents, conscients de leur rôle dans la transmission des messages de santé publique au plus grand nombre.

Les discussions se sont appuyées sur des statistiques alarmantes : le cancer du sein représente aujourd’hui 36 % des cancers gynécologiques, et le cancer du col de l’utérus, 21 %.
Ces chiffres ne sont pas qu’un rappel scientifique ; ils traduisent une réalité que vivent des milliers de femmes au Cameroun et en Afrique. D’où la nécessité, selon les experts, de renforcer la communication, de démystifier le dépistage et de rendre les soins plus accessibles.

Prévenir avant tout : le message de fond

Le Dr Teufack a insisté sur une triple stratégie : prévention, vaccination et dépistage.
Il a rappelé que la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), administrée aux jeunes filles de 11 à 14 ans, constitue une première barrière contre le cancer du col de l’utérus.
Mais la vigilance doit se poursuivre à l’âge adulte :

« Il faut identifier les lésions précancéreuses avant qu’elles n’évoluent. C’est à ce stade que la guérison complète est encore possible », a-t-il expliqué.

Trois gestes simples, une chance de plus

Les échanges ont également permis de rappeler les moyens concrets de dépister le cancer du sein :

L’auto-examen mensuel des seins, un geste à pratiquer soi-même devant le miroir ;

L’examen clinique annuel chez un professionnel de santé ;

La mammographie tous les deux ans à partir de 45 ans, voire plus tôt pour les femmes à risque.

Les participantes ont salué ces rappels pratiques, soulignant qu’un simple réflexe peut parfois sauver une vie.

Ce café-médias n’était pas seulement une activité de clôture ; il s’est voulu un laboratoire d’engagement. Les journalistes du Remapsen, forts des connaissances acquises, ont exprimé leur volonté d’intensifier la sensibilisation communautaire, notamment dans les zones où les campagnes d’information atteignent difficilement les femmes.
L’ambiance studieuse du début a laissé place, en fin de séance, à une note d’émotion et de responsabilité partagée : celle de raconter autrement, avec humanité, les défis de la santé féminine.

En refermant le chapitre d’Octobre Rose 2025, le Centre African Genesic Health et le Remapsen ont surtout ouvert une nouvelle page : celle d’une collaboration durable entre médias et médecins pour parler du cancer sans peur ni fatalité.
Parce qu’au-delà des statistiques, chaque message relayé, chaque femme sensibilisée et chaque dépistage accompli sont déjà une victoire silencieuse contre la maladie.

Octobre Rose : des journalistes à l’écoute de la santé féminine

Le REMAPSEN consacré à Dakar : une

Octobre Rose : des journalistes à l’écoute de la santé féminine

Le 8ᵉ Forum Galien Afrique s’est achevé

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *